Il faut tordre le cou au politiquement correct

Publié le 29 novembre 2010 - par
Share

Le langage du politiquement correct oblige de plus en plus à des effets de styles alambiqués et à l’emploi de formules toutes faites qui, une fois prononcées et tenant lieu de raisonnement, agissent à la manière d’un « Sésame » qui ouvrirait les portes à une possibilité d’expression.

La première de ces formules toute faites qui me vient à l’esprit, peut-être parce qu’elle redonde inlassablement dans presque toutes les conversations, est la fameuse « je ne suis pas raciste… », presque immanquablement suivie d’un « mais » qui en dit long sur le refoulement profond de celui qui parle et qui doit en avoir tellement sur le cœur que son seul exutoire consiste en cette formule magique. « Je ne suis pas raciste, mais »… fourches caudines des temps modernes sous lesquelles il faut plier l’échine pour avoir le droit de continuer son propos, surtout s’il touche aux problèmes de l’immigration. Par cette expression, on montre patte blanche (horreur !), on essaie de prouver qu’on n’est pas un « affreux méchant » et qu’on se situe à des années-lumière de l’image du « sale beauf franchouillard dégénéré ».

On tente ainsi de se démarquer de « l’inacceptable » et du « honteux », pour ne pas tomber sous le coup des lois dites « antiracistes ». Même si l’intention ne sous-entend aucun appel au meurtre, ou carrément au génocide, mais exprime juste un légitime sentiment d’appartenance, la passe est obligatoire. Surtout si vous êtes blanc. Cette expression est une sorte de clé qui donne la possibilité de continuer son propos sans trop encourir la suspicion de racisme, précisément. Cette précaution oratoire n’est en réalité que de l’autocensure, une énième reculade. Elle prouve simplement qu’on est entré dans le moule. La liberté de parole n’est alors qu’une illusion, un mythe. La liberté d’expression est ici un peu comme l’arlésienne dont tout le monde parle mais que personne ne voit.

Sacha Guitry avait coutume de dire que « la culture, c’est comme la confiture : moins il y en a, plus on l’étale ». Il en va de même pour cette pseudo liberté d’expression dont se targuent les « politiques » et les médias : ces gens-là en ont plein la bouche, mais peu en profitent.
Au fait, allez donc voir l’autre abruti de Cortex et dites-lui « je ne suis pas raciste, mais… ». Vous verrez alors si cela vous gagne le respect. Vous verrez si cela permet le dialogue et l’échange culturel tout en favorisant le « mieux-vivre ensemble ».

Une autre de ces formules stéréotypées est la non moins illustre « toutes les idées sont bonnes à prendre d’où qu’elles viennent ». Ah, la belle affaire ! Comme celui qui profère ce genre d’insanité a envie qu’on le tienne pour un grand esprit, une grande âme, un grand humaniste… comme quelqu’un qui a l’esprit large et ouvert à l’autre !… alors qu’il n’est en fait, le plus souvent, qu’un hésitant, un indécis qui n’ose pas défendre sa position et s’apprête même à admettre le contraire de ce qu’il pense.

Si vous avez un jour à faire à un de ces poncifs qui vous ennuie et vous sort ce type de phrase passe-partout, rétorquez-lui simplement quelque-chose du genre :  » J’ai une idée. Nous sommes au 5ème étage. Vous devriez sauter par la fenêtre, ça vous ferait prendre l’air. C’est pas une bonne idée ça ? ». Votre interlocuteur, s’il a un peu de jugeote, comprendra aussitôt que, d’où qu’elles viennent, toutes les idées ne sont pas nécessairement bonnes à prendre. Et qu’il peut même en exister de franchement nuisibles. CQFD. Évidemment, si la personne se précipite au contraire vers la fenêtre et se dispose à faire le grand saut en se prenant pour le Surfer d’Argent… à vous de voir si vous avez envie de la retenir ! Mais Riposte Laïque décline alors toute responsabilité quant à la qualité de l’atterrissage.

Parmi tous ces points de passages obligés du langage, il y a aussi la savoureuse phrase : « Toute vie mérite respect » souvent liée à sa petite sœur « une vie égale une vie ». Si vous prononcez ce genre de fadaise, pour vous c’est le jackpot assuré, la reconnaissance universelle de votre grandeur d’âme et de votre tolérance. On touche pourtant là aux sommets de l’absurdité. Quoi ! La vie d’un meurtrier, celle d’un violeur, celle d’un pédophile, d’un dealer vaudrait autant que la vie d’un honnête et vertueux citoyen ! Mis à part ceux qui sont prêts à vivre couché devant le crime, qui pourrait soutenir pareille ignominie ?… La vie d’un ennemi vaut-elle autant que celle d’un Frère d’Armes ?… « Quand on est c…, on est c… », chantait Georges Brassens. Ça, par contre, c’est une certitude !

Et puis, pour clore ce rapide tour d’horizon citons encore une dernière phrase qui fait recette, y compris dans les rangs des mieux intentionnés : « Nous ne sommes pas contre les musulmans, mais contre l’islam ». Sous couvert d’une objectivité et d’une honnêteté intellectuelle évidentes, cette formulation est pourtant dangereuse car elle travestit, elle aussi, la vérité. Là encore, nous sommes dans le politiquement correct le plus parfait. Ce politiquement correct qui voudrait nous faire admettre que ce n’est pas l’homme -les hommes- qui est responsable de quoi que ce soit, mais l’idée. Comme si une idée, quelle qu’elle soit, procédait d’une sorte de génération spontanée et n’avait rien à voir avec celui ou ceux qui l’ont produite et qui la véhiculent.

Prenons un exemple concret : quand un ennemi vous tire dessus, ce n’est pas tant la balle qui est l’ennemi que celui qui vous l’a décochée. On ne combat pas la balle, mais le tireur. On ne combat pas une arme, mais l’ennemi qui s’en sert. De la même manière, et c’est le colonel américain Allen West qui le rappelait justement, on ne combat pas le terrorisme, qui est une tactique, mais bien ceux qui l’utilisent. On ne fait pas la guerre à une tactique, terrorisme ou « blitzkrieg », mais à l’ennemi qui l’emploie.

Dans cet esprit, on ne peut donc pas combattre l’islam sans combattre les islamistes qui sont des musulmans.
Quand on combat une idée, on combat forcément ceux qui la portent. Tout autre attitude est vouée à l’échec.

Marc Noé

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.