Il faut une loi contre le voile intégral au nom de l’identité nationale

Publié le 28 décembre 2009 - par
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Notre République une et indivisible est le symbole de l’union d’un peuple aux delà de ses différences.

Notre République Laïque ne saurait accepter que les religions lui guident ce qui est bon ou mauvais pour les citoyens que nous sommes.

Tout doit être fait pour que la religion reste dans la sphère privée, ne s’impose pas dans la sphère publique et tout acte troublant l’ordre public doit être sanctionné.

A partir du moment où une communauté quelle qu’elle soit cherche à diviser le peuple par des pratiques ostentatoires, la République est en danger.

Depuis quelques années, nous avons vu progresser dans nos cités des islamistes radicaux qui par leur attitude ont semé le trouble et l’inquiétude parmi la population.

Ce courant religieux s’est développé dans des territoires délaissés par la République et a touché en particulier des français d’origine maghrébine à la recherche d’une identité. Ces français se sont retournés vers des prédicateurs, qui de façon démagogique, leur ont fait croire que leur salut passerait par un guide spirituel qui serait à même de leur redonner dignité et fierté d’appartenir à une communauté. Beaucoup de ces musulmans sont de nationalité française, contrairement à certains qui voudraient nous faire croire le contraire.

Face à cette montée de religiosité fort voyante (barbus en khamis, femmes en niqab ou burqa ) les partis politiques traditionnels n’ont rien fait et ne proposent rien , au contraire certains essaient de trouver des accommodements raisonnables. Nous avons vu de nombreux élus détourner la loi de 1905 pour acheter la paix sociale (prêt de locaux municipaux, vente de terrains à prix dérisoires etc..).Seul le Front National qui reste un parti fasciste, raciste et xénophobe cherche des remèdes à la crise sociale en disant que la cause de tous nos problèmes vient de la présence trop importante d’immigrés sur notre sol. Mais de quels immigrés parle –t-on, de ceux qui ont la nationalité française ou de ceux qui ont une carte de séjour ou des immigrés sans papier ?

Le problème avec le Front National, c’est que ce parti stigmatise la population musulmane dans son ensemble sans distinguer les musulmans totalement intégrés et respectueux des valeurs républicaines et les islamistes radicaux.

Pour comprendre ce phénomène de recherche d’identité et de repli communautaire, il ne faut pas en rester à des approches, analyses succinctes ou parcellaires, si l’on veut le combattre. Comme le dit, notre ami Pascal Hilout il ya la « question islamique » et la « question sociale » ce en quoi nous le rejoignons.

Une société qui n’intègre pas est une société qui se délite. La montée de la pauvreté et de l’exclusion est d’une des causes de ce repli identitaire.

Ne pas le comprendre et ne pas l’admettre seraient porté un mauvais diagnostic de la percée dans notre pays de l’islamisme radical qui tente de gangréner une partie de la communauté musulmane qui vit dans notre pays. L’absence d’insertion dans la société conduit inexorablement des individus à trouver une nouvelle aspiration à leur existence, même si celle-ci peut les mener dans l’impasse.

Le manque de considération pour ceux qui sont différents des « français de souche », comme on le dit de façon maladroite, a fait rejaillir le besoin pour certains d’entre nous à tort ou a raison de se tourner vers d’autres chemins que celui de l’intégration, que malheureusement, par cupidité ou par stupidité, les élites de cette société leur ont refusé.

L’extrémisme se nourrit de la misère et de l’exclusion. Aujourd’hui le constat est accablant, des zones de non droit coexistent avec le reste de la société, sans que les politiques de tout bord aient fait quelque chose de concret pour que cela change réellement. Dans ces zones de non-droit le principal fléau est le chômage, premier facteur d’exclusion.
Il devait arriver ce que nous constatons de plus en plus dans nos grandes agglomérations, des quartiers sous l’emprise d’islamistes radicaux qui ont crée une micro société parallèle à la nôtre, avec ses codes, ses rites, ses dogmes.

La République ne peut tolérer en son sein, un cancer qui la rongerait, sans y mettre un terme au risque d’entrainer les communautés vers un affrontement inéluctable.

Pourquoi le débat sur le port du voile intégral intéresse autant nos concitoyens ?

Ce débat qui a commencé il y a quelques années avec le port du voile à l’Ecole aurait du alerter nos politiques .Cet épiphénomène était le prodrome de la montée de l’islamisme radical.
La loi de 2004 a suscité de nombreuses réactions mais avec cinq ans de recul, personne maintenant ne songerait à la remettre en cause puisqu’elle permet à l’école de la République d’assumer son rôle d’intégration.

En juin 2009 sous l’impulsion d’André Gérin, député maire(PC) de Vénissieux, et quelques parlementaires de tout bord politique, une mission parlementaire contre le port du voile intégral a commencé ses travaux. Cette mission parlementaire a entamé des consultations sur cette question fondamentale .De nombreuses auditions ont eu lieu pendant six mois, pour beaucoup de personnes auditionnées la République laïque et sociale est réellement en danger.

Il faut bien noter que les femmes qui portent la burqa ne sont pas obligatoirement d’origine immigrée et de nombreux reportages nous ont appris que des françaises converties la revêtent au nom de la religion.
La Mission doit rendre son rapport en janvier 2010 et proposer des solutions pratiques.

Pour nous, il est indispensable qu’une loi soit votée pour interdire le port du voile intégral sur notre territoire. Cette tenue est une provocation pour tous les démocrates que nous sommes, cet accoutrement est la négation du vivre ensemble et surtout une atteinte à la dignité de la femme. C’est le parfait symbole de la soumission aux hommes, à une religion. Une loi contre le niqab ou la burqa ne sera pas suffisante, il faut étendre l’interdiction de signe ostentatoire à caractère religieux à l’ensemble des lieux publics.

Le 17 décembre 2009, Jean-François Copé annonce un projet de loi contre le port du voile intégral dans l’espace public qui serait déposé en janvier2010.C’est une façon très habile de la part de l’UMP de se positionner juste avant les élections régionales en coupant l’herbe sous le pied de la Mission Parlementaire. Quelques socialistes tels que Manuel Vals et Aurélie Filippeti ont fait paraitre une tribune demandant le bannissement de la burqa de l’espace public.

Nous ne pouvons pas combattre l’obscurantisme en Afghanistan et laisser cette pratique barbare et archaïque s’implanter en France au nom de la liberté de culte.

La gravité de la situation exige que nos parlementaires aient le courage de voter une loi d’interdiction. Ce signe fort ferait honneur à toutes les femmes qui cherchent par tous les moyens de se libérer de cet asservissement dans les pays théocratiques sous la domination de l’islam politique.
Il faut que la France, Pays des lumières et des Droits de l’Homme ne recule pas devant ces religieux rigoristes, qui n’ont de cesse de critiquer notre système démocratique et ses valeurs.

Cette loi ne sera pas une stigmatisation des musulmans mais un refus clair et net pour les islamistes radicaux, en effet la majorité des musulmans ne remet pas en cause les valeurs de la République contrairement à cette poignée de fanatiques.
Mais pour que les musulmans vivent en parfaite harmonie sur notre sol, ils doivent faire le ménage dans leur communauté et condamner fermement et sans équivoque l’islam rigoriste développé en Europe par Tarik Ramadan et soutenu en France par l’UOIF composante influente au sein du CFCM.

Cette idéologie rétrograde est effectivement contraire aux valeurs républicaines fondées sur l’égalité entre les hommes et les femmes, la liberté de conscience, la liberté d’opinion, et le respect des non croyants et des autres croyants.

Tant que la communauté musulmane ne se démarquera de façon claire de cet islamisme rigoriste, elle sera soupçonnée de collusion avec les fondamentalistes et en cela, favorisera la montée de partis extrémistes tels que le Front National qui véhiculent dans notre société un discours de haine et d’exclusion, tout aussi condamnable que l’islam rigoriste.

Qu’est que la laïcité ?

Le concept de laïcité inventé par nos ainés républicains nous a permis de nous soustraire de l’emprise de la religion dans notre vie quotidienne, en offrant la liberté de conscience et la liberté de culte dans le domaine privé. L’école républicaine a été le moteur essentiel de cette libération en développant l’esprit critique.
La laïcité permet aux non croyants et aux croyants de vivre ensemble, dans le respect mutuel, à condition que la pratique religieuse reste dans la sphère privée.

La laïcité n’a jamais interdit la pratique d’un culte et cela au nom de la liberté. Mais la laïcité ne doit pas être assortie d’un adjectif, car dès lors qu’elle serait dénaturée, le pacte républicain qui nous unit en serait fragilisé.

L’obscurantisme existe dans toutes les religions et n’est pas le seul apanage de l’islam. C’est pour cette raison qu’il nous faut rester vigilant et ne rien concéder aux fondamentalistes de quelque obédience qu’ils soient. Le combat contre l’obscurantisme ne doit pas conduire certains laïques ou qui se prétendent laïques vers une lutte contre les immigrés, sous prétexte que la religion qu’ils pratiquent serait rétrograde et incompatible avec nos valeurs républicaines.

Il est de notre devoir en tant que laïque de critiquer toutes les religions, en expliquant de façon pédagogique qu’elles ne mènent pas vers l’émancipation, sans pour autant stigmatiser les communautés religieuses quelles qu’elles soient.
Le combat des laïques, c’est d’éveiller les consciences en les guidant vers les valeurs universelles et en le démontrant que le siècle des lumières est indispensable pour émanciper les esprits et les libérer de l’emprise néfaste et rétrograde des religions.

Il ne faut pas oublier qu’il y a des laïques croyants ce qui prouve que la laïcité n’est en rien incompatible avec la pratique d’une religion à condition que celle-ci ne se mêle pas des affaires de la cité.

Pour quelle raison le Gouvernement a lancé un débat sur l’identité Nationale ?

Eric Besson, Ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement Solidaire lancé le 2 novembre un débat sur l’identité nationale.

De nombreux politiques, journalistes philosophes et sociologues ont commenté dans la presse ce débat qui ne laisse personne indifférent.
Fallait-il que ce débat aie lieu et avant les élections régionales prévues en mars 2010 ? Peut être pas, mais toujours est-il que l’on soit de gauche ou de droite ce débat nous interpelle même si personne n’est dupe de l’intérêt de ce débat. L’UMP veut absolument récupérer les voix des électeurs qui pourraient se tourner vers le FN.

La crise financière et économique et la mondialisation du commerce ont été de nature à créer ce débat, car les nations se sentent fragilisées par un système qui semble échapper à tout le monde.

Les crises répétées du système capitaliste ont provoqué dans nos sociétés occidentales des doutes sur la capacité de cette doctrine économique à répondre aux aspirations et aux besoins des citoyens de base, qui ne se reconnaissent plus dans le discours convenu et uniforme des élites.

Le libéralisme a engendré des inégalités de plus en plus insupportables pour les citoyens du Monde, qui ont l’impression que leur destin ne leur appartient plus et que la finance régente tout sans que les politiques ne puissent changer le cours des événements.

L’Union Européenne aussi porte une responsabilité dans l’intérêt important qu’ont accordé les Français à ce débat. Après le vote négatif des Français à la Constitution Européenne, les politiques ont voté pour le Traité de Lisbonne qui est en fait une nouvelle mouture de cette constitution. Les Irlandais qui ont voté une première fois « non » ont du repasser par les urnes pour dire « oui ». Les citoyens de base ont le sentiment de ne pas être écoutés. L’Union Européenne est ressentie comme étant une structure aux ordres des marchands, une structure qui ne tient pas compte des Européens, des individus que nous sommes.

Les peuples se sont toujours identifiés à une nation et à ses racines. Ce besoin d’appartenir à une Nation, un destin commun et un idéal de vie autour de valeurs communes est ressenti par tout à chacun sans renier pour autant l’apport enrichissant des autres cultures. Les citoyens d’une Nation ressentent l’impérieuse nécessité de garder leur particularité, leur histoire et la culture qui s’y rattachent.

La nation française est un agglomérat de particularités régionales. Il n’existe pas un « type physique français », il n’existe pas une gastronomie française mais des plats régionaux (le bœuf bourguignon, la quiche lorraine, la pipérade basque, la salade niçoise, la fondue savoyarde ….) qui à eux tous font partie de notre patrimoine culinaire.

La montée de l’islamisme radical est perçu comme un danger car il veut remettre en cause notre façon de vivre, il veut réinstaller le fait religieux au sein de la vie civile. La tenue de ce débat national a permis à la parole de se libérer .Il a donné l’occasion aux citoyens de réapproprier leur place en exprimant leurs craintes d’avenir que ce soit pour le travail ou pour le vivre ensemble qui est menacé par la montée du communautarisme.

Le rôle des politiques devrait offrir aux peuples les moyens d’avancer et de construire une société dans laquelle chacun y trouve sa place.
Mais actuellement la Gauche et la Droite n’arrivent plus à se distinguer entre elles, tant leurs programmes sur le plan économique et sociétal se ressemblent et de ce fait, la Gauche ne semble pas être à même d’offrir une alternative crédible aux difficultés grandissantes que vivent nos concitoyens.

Le débat sur l’identité nationale ne peut pas se déconnecter des réalités économiques du moment, qui cristallisent les clivages que l’on voit apparaître au sein de notre Société. Le pacte social qui a fait la richesse de notre pays, après la deuxième guerre Mondiale, est en train de se fissurer, ce qui explique les tendances nationalistes qui s’expriment ça et là.

Pour éviter que nous recherchions des boucs émissaires à notre crise identitaire, il est urgent de replacer dans le débat national, la question sociale, seul élément fédérateur et stabilisateur, à même de circonscrire une campagne de dénigrement envers les immigrés qui vivent sur notre sol.

Le débat sur l’identité nationale et la burqa sont intiment liés. La seule façon d’affirmer l’identité nationale est de faire une loi contre le port de la burqa, coutume nullement d’origine française et incompatible avec nos valeurs républicaines. Ne pas faire cette loi serait une concession irréversible aux islamistes.

Marie-José et Fabrice Letailleur

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