Il serait temps que le PS s’interroge sur les raisons de ses défaites

Publié le 26 mai 2009 - par
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J’ai écouté avec beaucoup d’attention l’interview faite par Pierre Cassen de Christine Tasin sur son blog concernant son engagement pour la liste  » Debout la République  » de Nicolas Dupont-Aignan.

Je dois vous dire honnêtement que je ne vote pas traditionnellement pas pour Nicolas Dupont-Aignan dont je respecte, au demeurant, profondément les idées.

Pour autant, j’ai été surprise par le parcours politique de cette femme qui vient des rangs de gauche. Et je comprends, à bien des égards, qu’elle ait quitté le Parti socialiste… en 1999. Moi aussi, j’ai grandi dans un milieu de gauche où le débat politique occupait une place majeure, souvent malgré moi d’ailleurs, dans ma vie quotidienne de jeune enfant, d’enfant puis d’adolescente. Où j’entendais parler des expériences vécues des uns et des autres : là ceux qui croyaient à l’auto-gestion, ici ceux qui vous expliquaient pourquoi et comment la gauche allait forcément revenir au pouvoir et dans quel monde fantastique nous allions alors tous vivre. Mais le réveil a été dur pour grand nombre de ceux qui avaient mis tant d’espoirs dans la capacité, du moins dans ce qu’ils croyaient être la capacité de la gauche à changer le monde. Et force est de constater que, depuis déjà un certain nombre d’années, la classe politique dite de gauche ne défend plus des valeurs de gauche.

De ce point de vue, Madame Tasin a raison. Sans doute serait-il d’ailleurs pour le moins judicieux que le Parti socialiste français se demande, un jour peut-être … un jour enfin, pour quels motifs sérieux il a perdu, pour la troisième fois, les élections présidentielles en 2007.

Dont une fois sur les trois où il n’était pas même présent au second tour ! Et je crains hélas que le scénario dramatique de 2002 ne se reproduise si rien n’est fait en France pour cesser notamment d’abandonner le socle de nos principes et valeurs fondamentales issus, pour l’essentiel mais pas exclusivement du reste, du Siècle des Lumières et de la Révolution française de 1789. Un peu de Bonaparte aussi … pardonnez-moi mais je ne peux jamais tout à fait l’oublier celui – là. Et beaucoup des Radicaux – socialistes de la Troisième République, ceux qui étaient notamment à la pointe du combat sur l’école laïque et …. dans un registre différent mais finalement pas si éloigné que celui précédemment cité, à la pointe du combat dans la défense du Capitaine Dreyfus au sujet de cette affaire dite  » l’Affaire Dreyfus  » que certains appellent encore pudiquement aujourd’hui  » l’Affaire « .

Alors évidemment, j’ai été sensible aux arguments de Madame Tasin concernant la défense des droits des femmes et le concept de laïcité bien mis à mal dans le débat actuel sur l’Europe, en cette veille d’ élections européennes. D’ailleurs, combien d’élus parlent, dans cette campagne européenne des droits des femmes et de la laïcité ?
Je remercie donc Madame Tasin de nourrir ainsi le débat sur toutes ces questions fondamentales. L’Europe est un thème qui devrait préoccuper davantage nos concitoyens qui n’ont pas forcément conscience des enjeux politiques qu’il implique pour l’avenir des européens.

Je vous remercie donc de transmettre ce message de ma part à Madame Tasin. La réflexion s’enrichit toujours du pluralisme d’opinions.
Mais avant de refermer cette parenthèse, je souhaitais toutefois et dans la ligne droite de ce qui vient d’être développé, vous faire part d’une pensée précise qui me vient souvent à l’esprit.

Vous savez, souvent je pense aux Décembristes, ces jeunes officiers russes issus pour beaucoup de la fine fleur de l’aristocratie russe qui, en Russie, en décembre 1825, déclenchèrent une révolution pour obtenir ce qui paraît évident à nos sociétés européennes : une Constitution qui modernise le régime de la Russie de l’époque, l’abolition du servage – se situer dans le contexte de l’époque -, la reconnaissance de la liberté d’opinion et d’expression. En échouant, ils ont payé le prix le plus lourd qui soit, condamnés qu’ils furent par le tsar à ne connaître que le bagne en Sibérie le reste de leur vie. Episode authentique de l’histoire du peuple russe qui d’ailleurs devrait donner à réfléchir à Monsieur Besancenot qui consacre la majeure partie de son temps de
 » révolutionnaire  » à nous expliquer que seules  » les couches populaires  » ont fait la révolution, sans que l’on sache d’ailleurs toujours très exactement à laquelle des révolutions il se réfère. Mais Monsieur Beasancenot ne cite jamais l’exemple de ces jeunes aristocrates russes qui ont donné leur vie pour progresser vers cet idéal de liberté, au point que certains historiens ont écrit que les germes de la Révolution russe trouvaient leurs sources dans le soulèvement de 1825 en Russie.

A partir de 1825, les idéaux des Décembristes ont, eux, continué à voyager à travers le temps et les espaces immenses de la Russie tsariste. Et je me dis simplement : pourquoi nos sociétés ne sont-elles pas capables, en 2009, de remettre ce monde sur pied, là où d’autres avant nous et dans des conditions bien plus dramatiques que les nôtres, ont eu le courage d’aller jusqu’au bout de leurs combats ? A méditer sans doute.

Je vous souhaite à tous une excellente journée.

Bonapartine

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