Immigration : de l’art d’agiter le chiffon rouge !

Publié le 21 septembre 2007 - par
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Je ne sais pas si c’est involontaire ou si cela relève d’une stratégie bien réfléchie mais en tous les cas ça marche. Le projet de loi présenté par Brice Hortefeux apparaissait plus comme un texte complémentaire à la loi de 2006 sans mesure spectaculaire et on pouvait vraiment se demander quel était l’intérêt de proposer une quatrième loi sur l’immigration alors que certains textes d’application de la loi de 2004 ne sont toujours pas parus. Pas de quoi fouetter un chat. Mais un amendement du rapporteur, le député UMP Thierry Mariani, spécialiste de la surenchère a réussi à mettre en ébullition les bataillons de la bien-pensance.

L’introduction de la possibilité, dans certaines conditions, que certains étrangers puissent faire valoir pour justifier de leur filiation et leur entrée en France (celle de leur enfant) un test génétique a agi comme de l’explosif et tout le monde s’agite, les rotatives tournent, les plumitifs écrivent, les commentateurs s’égosillent.

On peut légitimement s’interroger sur l’utilité d’une telle disposition, certes pratiquée depuis longtemps par la Grande-Bretagne et d’autres Etats. Ce n’est pas cela qui mettra un terme à l’impérieuse volonté d’un grand nombre de ressortissants étrangers de vouloir coûte que coûte quitter leur pays pour rejoindre des pays qu’ils perçoivent comme des Eldorado ce qui en comparaison est souvent vrai. Au lieu de s’engager comme il l’a annoncé dans une politique innovante de coopération avec les pays d’origines, le gouvernement reste obsédé par le regroupement familial qui pourtant ne cesse de diminuer et qui est très encadré alors qu’augmente le nombre de conjoints de Français et les régularisations qui, elles, ne sont soumises à aucune condition de logement ou de ressources.
On peut réellement douter de l’efficacité de cette disposition pour lutter contre les fraudes et maîtriser l’immigration.

En revanche, s’il s’agit de créer un abcès de fixation (pendant qu’ils s’occupent de l’ADN ils ne regardent pas le reste) alors c’est une brillante réussite… le recours à la technique du chiffon rouge utilisée pour attirer les taureaux (pour ceux qui ne fréquentent pas les corridas) se révèle alors et à nouveau d’une grande efficacité. Souvenons-nous de la dernière loi : le landernau s’est agité car on supprimait la disposition concernant la régularisation au bout de 10 ans de séjour (2000 régularisations annuelles). Un certain nombre d’étrangers n’hésitant pas à déclarer qu’ils étaient obligés de vivre dans la clandestinité 10 ans pour être régularisés ! Ils n’étaient certes pas obligés, leur seule obligation étant de repartir chez eux s’ils n’avaient pas d’autorisation de séjour. Tout le monde s’étant excité là-dessus, alors que la régularisation au fil de l’eau introduite par Chevènement était maintenue et qu’elle a encore permis de régulariser plus de 20 000 personnes en 2006.

Personne n’a observé qu’en revanche cette loi revenait sur 30 ans de suspension d’immigration de travail et autorisait l’accès à l’emploi pour de nombreuses catégories ’étrangers. Ni les journalistes ni les associations. Curieusement, le gouvernement n’a rien fait pour les éclairer… Car l’ouverture qu’il fait à l’immigration de travail qui ne répond même pas à une demande des employeurs n’est sans doute pas du goût des Français durablement traumatisés par le chômage.

Idem pour la loi précédente, celle de 2003. Là, le phénomène était inversé : alors qu’il s’agissait d’une loi plus restrictive, les associations, attirées comme des papillons par la lumière par les dispositions censées supprimer la double peine, avaient été pour une fois fort timorées dans leurs réactions.

En attendant, au lieu d’avoir un vrai débat sur l’immigration, les associations vont à nouveau dénoncer les dérives vichystes de ce gouvernement mais quel gouvernement échappe à ces désignations… et la « gauche » en joignant ses critiques à ce chœur de belles âmes évitera encore comme l’écrivait fort justement Marie Christine Tabet dans le Figaro de clarifier ses positions ou comme le déclarait Manuel Vals de rompre avec la compassion et la victimisation.

Car la « gauche », après ouvert grand les vannes en 1981, avoir affirmé apurer le passé, refermé les écoutilles en 1983, ouvert à nouveau grand les vannes en1997 n’a rien à offrir d’autre. Elle a laissé venir des immigrés sans logement, sans emploi, a refusé de voir ou pire a encouragé le communautarisme. Devant sa propre incurie à mettre en œuvre une politique volontariste d’intégration des immigrés, elle a préféré considérer que la cause de leurs difficultés finalement résidait dans les comportements discriminatoires qu’ils subissaient de la part de la société d’accueil.

Comprenant le résultat des élections de 2002, Jacques Chirac a impulsé une politique d’accueil en instaurant un contrat d’accueil et d’intégration, invitant les étrangers à respecter les valeurs de la République et en particulier l’égalité hommes femmes et la laïcité, a développé l’apprentissage du français, dispositif rendu obligatoire par la loi de 2006 de Sarkozy.

La nouvelle loi prévoit d’informer les étrangers en amont afin qu’ils acquièrent avant de venir quelques rudiments de français et qu’ils sachent qu’on leur demandera de respecter les principes de la République. Les modalités ne sont pas parfaites mais ces orientations vont dans le bon sens pour permettre aux étrangers qui arrivent de s’intégrer dans de meilleures conditions.

Mais les réseaux associatifs et le RESF continuent à encourager l’immigration clandestine et des élus de la gauche socialiste et verte continuent à parrainer des clandestins au mépris de la légalité.
Ils s’arrogent ainsi le pouvoir de décider qui doit rester en France, usurpant sans sourciller les compétences de l’OFPRA ou de la CRR sans parler de la préfecture ou des tribunaux administratifs en bafouant sans complexe et au nom d’une prétendue résistance ( à qui et à quoi ?) les principes élémentaires de la démocratie et du respect du droit

Face à ces comportements irresponsables, les Français eux continuent de soutenir la politique de Sarkozy selon le sondage opinion way le Figaro LCI qui montre qu’ils sont très majoritairement favorables (74 %) à la limitation du regroupement familial aux seules personnes qui maîtrisent la langue française. Cela est vrai évidemment des électeurs de Sarkozy mais également de ceux de Bayrou et même encore à 65 % de ceux de Ségolène. Comme le note Bruno Jeanbart, directeur des études d’Opinion way, l’opposition aura du mal à attaquer le projet de loi de Brice Hortefeux. Finalement avec son amendement ADN, Mariani rend un fier service à l’opposition.

Allez, allez : dites merci au monsieur..

Gabrielle Desarbres

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