Intervention de Regards de femmes lors du rassemblement pour Sakineh Mohammadi Ashtiani

Publié le 30 août 2010 - par - 223 vues
Share

Regards de femmes, ONG féministe et laïque, engagée dans la lutte pour l’égalité en droits, devoirs et dignité des femmes et des hommes, en France, en Europe, dans le monde, appelle à la protestation internationale contre la sentence de mort de l’Iranienne Sakineh Mohammadi Ashtiani.

RDF a invité tous ceux qui refusent cette ignominie à ce rassemblement à Lyon ainsi qu’aux rassemblements de Paris et de Toulouse. Les députés Pascale Crozon et Dominique Perben, Michèle Picard, maire de Vénissieux, Philippe Mazure, maire d’Albertville et Gérard Tardy, maire de Lorette dans la Loire, m’ont chargé de dire leur soutien et d’excuser leur absence. Je salue Faroudja Moussaoui, Présidente du congrès mondial amazigh, membre active du collectif des femmes du printemps noir.

Depuis de nombreuses années, Regards de Femmes soutient les femmes et les hommes iraniens, résistants, à l’intérieur ou en exil, dans leurs combats contre les intégristes qui instrumentalisent la religion pour opprimer les femmes et asseoir leur pouvoir politique, recette archaïque du patriarcat théocratique. Chaque fois que sous prétexte de relativisme culturel, les droits universels sont niés, Regards de Femmes est présente et rappelle le Programme d’Action de Pékin : « Les aspects nocifs de certaines pratiques traditionnelles, coutumières ou modernes qui violent les droits de la femme doivent être interdits et éliminés ».

L’Universel est une référence émancipatrice. C’est penser les conditions de la concorde, alors que les particularismes, s’ils veulent s’imposer comme identité collective, politique, sont exclusifs : coutume contre coutume, croyance contre croyance

Regards de Femmes a soutenu les rassemblements du mois de juillet qui ont permis de « reporter » la lapidation prononcée par les juges. Mais Sakhineh n’est pas libérée et risque toujours d’être exécutée, par pendaison. La vigilance internationale s’impose donc.

Pour Sakineh ainsi que pour toutes les femmes agressées à coup de pierres, partout dans le monde, pour toutes les femmes lapidées sous prétexte de rapports sexuels en dehors du mariage, en Afghanistan, au Nigéria, au Soudan, en Iran, pour toute les femmes qui refusent les diktats religieux, telle Shiva, accusée d’être « moharebeh », guerrière contre dieu, qui croupit dans les prisons iraniennes depuis plusieurs mois. La liberté de conscience est un droit universel fondamental !

La situation de Sakineh est celle des milliers de femmes qui souffrent au quotidien, victimes de l’obscurantisme. Se battre contre toutes les formes d’obscurantisme est notre devoir ici et partout dans le monde. Avec d’autres ONG féministes et laïques, Regards de femmes s’est battue jusque dans l’enceinte des Nations Unies contre ce racisme qu’est le relativisme culturel.

Nous sommes légitimement inquiètes face à la présence des intégristes, au Conseil des Droits de l’Homme à Genève ou à la Commission du Statut des femmes à New York (CSW). L’Iran a su profiter d’un siège vacant dans sa zone géographique pour obtenir de siéger à la CSW à partir de 2011 ! L’ONU qualifie cette Commission de “principal organisme mondial d’élaboration des politiques” en matière des droits et des revendications des femmes, “dédié exclusivement à l’égalité entre les sexes et à la promotion des droits de la femme.” N’oublions pas qu’en 2001, lors de la Conférence contre le racisme à Durban, la République islamique d’Iran, adepte de l’enfermement et de l’invisibilité des femmes, proposait tout simplement que le mot « femme » soit supprimé de l’ensemble du texte des gouvernements.

Il est de notre devoir de protester auprès de l’Onu pour que l’Iran ne puisse pas siéger dans cette commission tant que ce pays pratique un apartheid sexué contraire aux principes fondamentaux de la Déclaration Universelle, tant qu’il contraint les femmes à se voiler pour se déplacer dans l’espace public, tant qu’il condamne à des châtiments barbares, tels la lapidation.

Ce rassemblement devant un monument symbole du combat de la république française contre la barbarie, marque la résistance à tous les intégrismes, quels qu’ils soient.

Michèle Vianès

Présidente

Samedi 28 août

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.