Véronique Bouzou, auteur de "Ces profs qu'on assassine"

Riposte Laïque : Pouvez-vous expliquer à nos lecteurs qui vous êtes, quel est votre parcours, et quelles sont les circonstances qui vous ont amenée à écrire ce livre « Ces profs qu’on assassine » ?
Véronique Bouzou : Après un passage dans les classes préparatoires littéraires (Hypokhâgne et Khâgne), j’ai passé le CAPES de Lettres Modernes et ai commencé à enseigner à 22 ans devant des élèves de Seconde, à peine moins âgés que moi.
Animée par le goût de la transmission, j’ai par ailleurs retiré une certaine aisance de mes nombreuses expériences dans l’animation et la direction de centres de vacances, ce qui m’a permis de me sentir très vite à l’aise devant des classes de trente adolescents.
C’est ainsi que depuis une douzaine d’années, j’enseigne le français dans des collèges – et ponctuellement des lycées – en région parisienne.
J’ai choisi cette profession comme une véritable vocation et ai toujours preuve de dynamisme pour affronter les difficultés dans des établissements qualifiés par euphémisme de « sensibles ».
Parallèlement à mon métier d’enseignante, j’ai très vite ressenti le besoin d’écrire. Révoltée par les injustices de toutes sortes et par les aberrations d’un système éducatif défaillant, j’ai pris la plume pour raconter mon quotidien. Deux témoignages en ont découlé : Manuel de survie à l’usage d’un prof de banlieue aux éditions Le Manuscrit (2004) et Confessions d’une jeune prof aux éditions Bartillat (2005).
Puis, devant des élèves totalement happés par la télévision qui, en début d’année scolaire, me rapportaient leur désir de « devenir star », ce qui, à leurs yeux, signifiaient « passer à la télé », j’ai mené ma petite enquête et ai écrit un pamphlet sur les ravages de la téléréalité qui gangrène la télévision tout entière et contribue à décrédibiliser l’école et ses professeurs au profit des mirages de l’argent facile et d’une starisation illusoire. Les éditions de Jouvence basées en Suisse m’ont publiée et Le Vrai visage de la téléréalité a vu le jour en 2007.
Un an plus tard, le film Entre les murs remporte la Palme de d’or au festival de Cannes. Les médias font l’éloge de ce professeur démagogue qui se refuse à faire étudier Voltaire – trop difficile à ses yeux – à des élèves de banlieue. Mon sang ne fait qu’un tour. J’écris en quelques semaines L’École dans les griffes du septième art qui sera publié aux éditions de Paris en septembre 2008.
Enfin, depuis ces dernières années, j’ai constaté que de plus en plus de professeurs venaient travailler à reculons, la peur au ventre ; que nous autres enseignants étions livrés à nous-mêmes et bien peu soutenus par notre hiérarchie, que les élèves se sentant impunis prenaient de plus en plus de liberté vis-à-vis des professeurs vilipendés par les parents d’élèves et l’opinion publique en générale. J’ai voulu en savoir plus et ai recueilli des témoignages de professeurs en dépression soignés à l’hôpital psychiatrique de la Verrière situé dans les Yvelines, de médecins psychiatres, de responsables juridiques, de confrères et consœurs écœurés par un système ubuesque, par des proches d’enseignants qui s’étaient suicidés. J’ai souhaité faire entendre tous ces cris de colère et de douleur. J’ai rédigé les pages de Ces profs qu’on assassine et les éditions J-C Gawsewitch ont publié l’ouvrage en mai 2009. Mon livre commence et se clôt sur un suicide, le premier étant fictif, le second, bien trop réel.
Ainsi s’achève pour moi le constat. Il est désormais grand temps d’agir.
Riposte Laïque : Vous parlez du « politiquement correct » très présent dans le monde enseignant. Pensez-vous que la majorité des enseignants soit sur cette position, ou qu’une majorité silencieuse se tait, mais n’en pense pas moins ?
Véronique Bouzou : La plupart des enseignants se situent « à gauche » sur l’échiquier politique. Les notions de fraternité, de solidarité, de tolérance nourrissent leurs discours. Certains d’entre eux font du « déni de réalité » quand ils ont affaire à des élèves issus de l’immigration violents et pourfendeurs des valeurs républicaines. En effet, ces professeurs craignent par-dessus tout d’être assimilés à des « racistes » ou des « fachos ». Ils trouvent alors des excuses exogènes aux incivilités, menaces et agressions dont ils sont témoins ou victimes. La pauvreté, selon eux, serait la cause de tous les maux. Ils revoient également leurs niveaux d’exigence à la baisse pour « acheter » la paix dans leurs classes.
D’autres – et selon moi, il s’agit bien de la majorité silencieuse – se taisent mais n’en pensent pas moins. La peur dicte leur mutisme. La peur et la lassitude. Absorbés dans leurs tâches quotidiennes, ils rentrent chez eux exténués et préfèrent s’évader par d’autres biais que celui de la révolte. Beaucoup d’entre eux s’adonnent alors à des activités artistiques, voyagent ou se consacrent à leur vie de famille. Ceux-là sont déçus par le Parti Socialiste et votent « écolo », « front de gauche »… mais le plus souvent, comme désormais la plupart des Français, ils préfèrent s’abstenir.
En ce qui me concerne, bien que je n’ai jamais été « encartée » politiquement, je me suis longtemps sentie proche de la gauche républicaine, laïque, proche des classes populaires et incarnée un temps par des personnalités comme Chevènement ou Bérégovoy. Aujourd’hui, le PS n’est plus qu’un nid de bobos – Delanoë à Paris en est la parfaite illustration – qui tente de séduire les minorités ethniques et religieuses au détriment de la grande majorité des Français. L’UMP ne vaut pas mieux : lutte inefficace contre l’insécurité, inauguration en grande pompe de mosquées….A croire que l’UMPS ne forme plus qu’une seule et même entité, constituée d’élites qui, par le jeu de l’alternance, se partagent les mêmes fauteuils depuis une trentaine d’années et n’ont absolument pas intérêt à ce que les choses changent en profondeur.
Parmi les personnalités politiques susceptibles de concourir à la présidentielle, celle qui me semble aujourd’hui la plus apte à rassembler des gens autour des valeurs républicaines, laïques et nationales, c’est Marine Le Pen. Faut-il rappeler qu’elle est la seule à avoir salué les résultats de la votation suisse sur l’interdiction des minarets ou à s’être indignée des Quick halal ?
A ceux qui ne manqueront pas de critiquer mes préférences politiques, je répondrai que, dans le cas où se présenterait le cas de figure d’un 21 avril à l’envers, je ne me verrais guère donner ma voix à un parti qui s’est abstenu de voter pour l’interdiction de la burqa dans tous les lieux publics. A l’heure où nos soldats se battent en Afghanistan contre des Talibans qui veulent imposer la charia, nous pourrions considérer cette abstention comme un acte de « haute trahison ». Il arrive dans l’Histoire que la résistance et les « collabos » ne soient pas toujours là où on le pense.
C’est pourquoi j’admire les esprits libres comme Albert Camus, l’homme révolté qui s’est fait des ennemis chez les communistes en dénonçant le stalinisme, Eliot Ness, l’incorruptible qui ne s’est jamais laissé acheter par Al Capone ou encore Cyrano de Bergerac, personnage d’Edmond Rostand, qui refuse de « grimper par ruse au lieu de s’élever par force » et clame haut et fort « Non, merci ! » quand il s’agit de perdre sa liberté et de se soumettre pour gagner un ersatz de tranquillité et de sécurité.

Riposte Laïque : Comment expliquez-vous le décalage entre le discours traditionnel des syndicats enseignants majoritaires, et la réalité quotidienne que vous décrivez ?
Véronique Bouzou : Au début de ma carrière, j’ai adhéré à des syndicats enseignants. J’ai rencontré parmi certains syndicalistes des personnes de grande qualité et de conviction.
Mais je me suis également heurtée à des gens dogmatiques, éloignés de la détresse du corps enseignant. Ainsi, le discours des syndicats enseignants majoritaires tend trop souvent à réclamer davantage de moyens financiers et humains pour redresser l’Éducation nationale sans jamais chercher à éradiquer les causes du problème. Jamais ils ne réclament plus d’autorité du professeur dans ses classes, de sanctions pour les élèves insolents, violents et dangereux. Selon eux, l’autorité et la répression sont des notions de « droite », rétrogrades et réactionnaires. Ils se sont éloignés peu à peu des difficultés réelles auxquelles sont confrontés les professeurs aujourd’hui.
Riposte Laïque : Dans vos écoles, il y a beaucoup d’élèves de culture arabo-musulmane. Le rapport Obin, auquel vous faites référence lors de vos conférences, pointait la grande majorité des problèmes scolaires autour de la pression de ces élèves, et de demandes religieuses particulières. Avez-vous fait le même constat ? Et constatez-vous de grandes différences d’attitude entre les garçons et les filles ?
Véronique Bouzou : Le rapport intitulé Les Signes et manifestations d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires fut présenté en 2004 par un Inspecteur général de l’Éducation nationale, Jean-Pierre Obin. Chaque fois que l’occasion m’en a été donnée – lors de conférences ou d’interviews – j’ai mis en avant ce rapport aux conclusions dérangeantes dont peu de médias se sont fait l’écho. Les exemples pris sur le terrain témoignaient alors de la régression de la condition féminine, de la montée de l’antisémitisme et d’une nouvelle forme d’intégrisme, à travers, par exemple, le refus de tracer des figures mathématiques qui pourraient ressembler à une croix…
Aujourd’hui, la situation s’est encore aggravée dans des établissements scolaires ghettoïsés, en plein cœur des cités.
A l’heure où l’on nous serine nuit et jour que l’on « stigmatise » les musulmans, je n’ai jamais rencontré de cas d’islamophobie avérés dans les établissements scolaires que j’ai fréquentés. En revanche, je ne compte plus les propos ou agressions antisémites, anti-blancs ou homophobes.
Pour preuve, j’ai été témoin de propos antisémites à l’égard d’une auteur que j’avais invitée pour parler de son livre et j’ai recueilli bon nombre de témoignages du même acabit. Une de mes collègues d’Histoire-Géographie refusait quant à elle une année de traiter du conflit israélo-palestinien en classe de lycée de peur de provoquer une émeute. Elle prenait un sujet de rechange prévu par les programmes, à savoir l’Amérique latine, bien moins polémique…
A l’antisémitisme s’ajoute un racisme anti-blanc exacerbé. Une fois, dans l’un des établissements scolaires que j’ai fréquentés, une élève d’origine africaine a planté au compas un autre élève en lui lançant : « Vous êtes tous des pédés de sales blancs ». Hélas, ce type de vexations et d’insultes est devenu monnaie courante.
Il y a dix ans, je voyais des filles maghrébines s’habiller à la garçonne, en jogging et en vêtements amples pour ne pas se faire alpaguer par des « grands frères » autoritaires. Elles m’apparaissaient comme des victimes et je me disais qu’un jour, elles se révolteraient.
Aujourd’hui, certaines d’entre elles se revendiquent comme des musulmanes laïques et sont parfaitement bien assimilées aux valeurs républicaines.
A contrario, de plus en plus de jeunes femmes choisissent de se voiler – et certaines d’entre elles vont jusqu’à porter la burqa – autant, selon moi, pour marquer leur appartenance à l’Islam que pour s’opposer à la France. Ainsi, de plus en plus souvent, j’entends des filles proclamer haut et fort : « Je me maquille pas (ou m’habille pas) comme une Française, moi ! », suggérant ouvertement que les Françaises sont des filles de mauvaise vie. Cette année, des lycéennes sont même venues passer le Bac voilées. J’ai également eu l’occasion, au cours de ma carrière, de lire des rédactions de collégiennes pour lesquelles, dans un « monde idéal », tout le monde serait converti à l’Islam et mangerait de la viande halal, et qu’elles préfèrent la burqa aux mini-jupes.
Riposte Laïque : Vous décrivez les symptômes de la dégénérescence de l’école publique, et surtout l’impossibilité, dans certaines classes, d’y transmettre un savoir, de par l’attitude de certains élèves, et de l’impuissance des enseignants, abandonnés par leur hiérarchie. La situation vous parait-elle irredressable ?
Véronique Bouzou : Je ne vous cacherai pas qu’à l’heure d’aujourd’hui, je fais montre d’un certain pessimisme. Aucune décision politique d’envergure n’a été prise pour éradiquer les causes du désastre éducatif. Ainsi, plutôt que d’éteindre l’incendie en mettant les élèves violents hors d’état de nuire, on demande aux enseignants de suivre des stages sur les comportements violents. A nous de nous habituer à cette nouvelle donne ! Les politiques se sont montrés laxistes durant ces dernières décennies et c’est à nous de payer les pots cassés. Pire ! Si un enseignant se plaint des incivilités répétées dont il est victime à longueur de journée, sa hiérarchie lui reprochera son manque d’autorité naturelle. A ce rythme, les professeurs qui s’insurgent contre la dégénérescence de l’école publique se verront rétorquer : « les plus gênés s’en vont » !
Et si les enseignants pouvaient faire valoir, à l’instar des journalistes, une « clause de conscience » pour se retirer d’un collège ou d’un lycée dans lequel ils ne partagent pas les vues de leur chef d’établissement ? Peut-être que la situation n’est pas encore totalement perdue… à condition d’adopter des mesures courageuses.
Un grand travail devrait porter sur l’école primaire pour permettre aux enfants d’acquérir les fondamentaux comme la maîtrise de la lecture et de l’écriture avant d’entrer en sixième.
Ensuite, c’est le collège unique qu’il faudrait détricoter. En prônant l’égalitarisme à outrance, ses défenseurs n’en perçoivent pas les travers. Pourtant, c’est du collège unique que provient l’échec scolaire d’un grand nombre d’élèves en difficultés.
Pour ne donner que quelques pistes, je pense également que le chef d’établissement devrait pouvoir travailler avec une équipe qui accepte de commun accord avec lui le projet pédagogique et soutenir les enseignants contre vents et marées sans mettre la parole de l’élève au même niveau que celui de l’adulte. Un principal de collège ou un proviseur de lycée ne devrait pas craindre d’être mal noté s’il fait remonter au Rectorat ou à l’Inspection académique des faits de violence. Ainsi, on en aurait fini avec cette politique de l’autruche !
Pour sauver l’école publique, il faudrait impérativement restaurer l’autorité des enseignants, faire cesser cette habitude clientéliste dont font preuve certains parents d’élèves qui réclament que leur enfant passe dans la classe supérieure… sans niveau, remettre la transmission des savoirs au cœur de l’école en faisant confiance au professionnalisme des enseignants. Quant aux professeurs démagogues et laxistes, la porte serait grande ouverte…
De même, il ne faudrait plus hésiter à exclure de nos établissements les fauteurs de troubles récidivistes qui empêchent les autres élèves, et notamment ceux dont le niveau scolaire est fragile, de travailler dans des conditions sereines. Car depuis la loi Jules Ferry de 1882, c’est l’instruction qui est obligatoire, pas l’école. Si un élève exclu pour incivilités répétées se retrouvait chez lui à devoir suivre ses cours par correspondance, ne pensez-vous pas qu’il prendrait subitement conscience de la gravité de ses actes et que ses parents feraient preuve d’un peu plus de responsabilité ?
Enfin, j’ajouterai que des cours de « désenfumage » seraient les bienvenus pour apprendre aux élèves à désapprendre, c’est-à-dire, les alerter sur les dangers de la manipulation médiatique et de la « bien-pensance ».
Riposte Laïque : Pensez-vous que l’école privée va constituer de plus en plus un refuge pour de nombreux parents désespérés des carences de l’école publique, et qu’elle pourra échapper longtemps aux phénomènes que vous décrivez dans vos interviews ? Pensez-vous souhaitable, à partir du moment où des écoles privées confessionnelles, majoritairement catholiques existent, que des écoles confessionnelles musulmanes se développent, et bénéficient des mêmes avantages, notamment de financements publics ?

Véronique Bouzou : De plus en plus de parents choisissent de retirer leur enfant de l’école publique pour les mettre dans le privé. Et cela ne concerne pas seulement les milieux les plus favorisés. Bien des parents des classes moyennes sont prêts aujourd’hui à faire des sacrifices financiers pour payer des collèges privés à leurs enfants.
Pour quelles raisons ? Les parents concernés que j’ai pu rencontrer avancent comme argument les problèmes liés à l’insécurité et aux violences. Pour certains d’entre eux, ils ont vu leur jeune adolescent rentré en pleurs à la maison après avoir été victime de racket ou de menaces. Il ne fait pas toujours bon d’être bon élève dans certains établissements scolaires…
A ce rythme, les collèges publics risquent de se « ghettoïser » à grands pas.
Quant aux écoles privées, c’est un leurre de croire qu’elles vont échapper encore longtemps à ces problèmes d’incivilités répétées, à ce laxisme ambiant qui ronge déjà leurs homologues du public. J’ai recueilli quelques témoignages de confrères du privé et la description qu’ils font de leur quotidien est loin d’être idyllique.
Enfin, selon moi, ce n’est pas à l’État de financer des écoles privées confessionnelles. Tous ses efforts devraient porter sur l’école publique. A défaut, la France aura une éducation à vitesses variables avec des communautarismes virulents et revendicatifs.
Riposte Laïque : Une amie professeur me disait que les élèves sentaient, aujourd’hui, que le rapport de forces avec l’enseignant leur était de plus en plus favorable. Partagez-vous ce constat, comment l’expliquez-vous, et quelles mesures fortes proposeriez-vous pour inverser la tendance ?
Véronique Bouzou : Je partage ce constat. Certains élèves se font même aujourd’hui assister d’un avocat pendant les conseils de discipline, ils revendiquent leurs droits et n’hésitent plus à toiser leur professeur en leur rétorquant qu’il « n’a pas le droit » de leur mettre une mauvaise note, que « ça se fait pas », qu’il « n’a pas le droit » de les sanctionner, que « c’est injuste », avec parfois une lettre des parents appuyant leurs dires.
On en arrive à des situations ubuesques où le professeur, privé de tous ses droits, y compris de son autorité légitime, se met au service de l’élève-client, de l’enfant-roi.
En ce qui concerne les mesures pour inverser cette tendance, je les ai évoquées dans les questions précédentes : restaurer l’autorité du professeur qui décide des redoublements et à qui on donne enfin le droit de sanctionner sans être contredit par sa hiérarchie.
Riposte Laïque : Que diriez-vous à un jeune homme, ou à une jeune femme, de 20 ans qui veut devenir enseignant ?
Véronique Bouzou : De s’inscrire au préalable à des cours d’arts martiaux ou bien d’envisager d’exercer ce métier formidable ailleurs qu’en France car le monde est vaste…
Plus sérieusement, je lui conseillerais de s’orienter dans cette voie qu’après mûre réflexion. Pour quelles raisons souhaite-t-il/elle devenir enseignant ? Si ses seules motivations sont les vacances scolaires ou la sécurité de l’emploi, qu’il/elle y renonce immédiatement. En effet, les conditions de travail des professeurs ne tendent pas à s’améliorer. Quant aux vacances scolaires, n’est-il pas question de les raccourcir ?
C’est donc en toute connaissance de cause qu’il/elle doit « jeter son dévolu » sur le professorat, armé(e) de l’intime conviction d’avoir un rôle éminent à jouer dans cette société.
Un professeur ne doit pas trahir ses idéaux et toujours faire preuve d’intégrité. Ainsi, mes élèves ont toujours apprécié mon franc-parler ainsi que le fait que je ne les réduise pas au seul carcan communautaire et ethnique dans lequel certains démagos voudraient les enfermer…
Propos recueillis par Pierre Cassen

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