J’ai bientôt 40 ans, et avec la vie que j’ai, je ne souhaite pas avoir d’enfant

Publié le 30 mars 2009 - par - 263 vues
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Je vais vous raconter un petit bout de ma vie. Merci de masquer le nom des lieux, dates et prénoms, si vous souhaitez relater mon expérience :

Je suis un garçon né après 1968, dans l’ouest parisien, d’une mère issue de la communauté du voyage et d’un père alcoolique de l’assistance publique. Mon enfance ne fut pas un long fleuve tranquille pour un « blanc », car se retrouver régulièrement à l’hosto à cause de sévères corrections par mon géniteur et la sourde oreille de la police. Bref, ce fut difficile et mon corps à 37 ans en garde les stigmates (je ne suis pas pour autant hanté ou dérangé). En 1976 nous avons emménagé dans une cité HLM, mes meilleurs copains à l’époque c’était Malik, José, Sélim…

Chaque année, mes potes obtenaient des vacances aux frais de la mairie.

L’astuce qui permettait d’avoir en plus de l’argent de poche consistait à faire une photocopie de la carte d’identité des camarades et la mairie donnait pour chaque gugusse. Le jour où Brahim me passa la combine, je me suis dit « cool ». Je vais donc au service jeunesse et là, on m’annonce que je suis Français et que mon père travaille que je peux rester chez moi (ce n’est pas une légende). Avec ce refus, je me suis mis à l’intérim durant mes congés scolaires et j’ai même été caissier au Casto pendant l’ensemble de mes études. Ce n’est pas un mal, car j’ai compris le sens du mot « travail ».

Comme je suis assez sensibilisé aux besoins des enfants, à partir de 1990 j’ai participé pour le plaisir à l’animation et encadrement de gosses dans les associations loi 1901 de quartiers difficiles/pourris. C’est ici, que j’ai pu rencontrer des mömes qui ne mangeaient pas à leur faim, avec des parents bien portants, une belle voiture et pour certain portaient des vêtements de luxe. Dans les cercles où j’exerçais, je me battais avec les mairies pour obtenir des subventions, car à l’époque si c’était une association communautariste qui préservait une « culture » ça ne posait pas de problèmes pour avoir de l’argent (ça apportait surtout le calme dans les cités).

Cette période fut enrichissante intellectuellement et principalement j’y ai fait connaissance ma compagne, qui est Algérienne et musulmane. Pour moi ce n’est pas un rempart, je suis respectueux de sa foi et notamment, nous nous aimons. Mais voilà, lorsque nous nous promenons au marché ou d’autres lieux publics, nous nous noyons sous les regards noirs ou les insultes (souvent en arabe, je sais à présent comment dire chien). La famille de ma compagne m’a bien entendu rejeté et répudié ma bien-aimée après avoir fait venir du bled le frère et la soeur (ça passe mieux un hébergement chez un français). Eh oui, un Français reste un français.

Comprenez mon agacement quand j’entends les médias fustiger les « blancs » à longueur de temps. Des brèves qui poussent de plus en plus à la haine.

Croyez-moi, dans ma banlieue ouest-parisienne on peut voir et subir quotidiennement du « nique les Français », « sales gwouare ». Je bosse dans un milieu ou il est de bon aloi de défendre l’exotisme alors qu’au sein de nombreuses rédactions le bronzage naturel est rare. Ces dénonciations par les bobos sont peut-être un moyen de porter leur croix.

Enfin, je pense à Mitterand pourvoyeur du communautarisme en 10 années et consolidé par Sarkozy. J’ai les boules, à mon age je ne souhaite pas avoir d’enfant pour les préserver d’une telle vie.

Merci à vous. Cordialement,

Michael

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