J’ai interpellé une voilée « féministe»

Publié le 2 juin 2009 - par

Je suis entrée dans cette grande salle où se trouvait une majorité de femmes venues applaudir les lauréates du concours de nouvelles. Elle faisait partie du public. Son voile rose fuchsia accrochait le regard. Personne ne pouvait ignorer sa présence. Elle se trouvait là, tout simplement, et sa tenue particulièrement provocatrice ne suscitait aucune réaction. Et pourtant, je ne m’étais pas trompée d’endroit, j’étais bien dans une assemblée de femmes qui se disaient « féministes », je me trouvais même avec certaines d’entre elles qui disaient ne pas supporter la vision d’un voile.

J’étais scandalisée. Cette jeune fille enfoulardée n’avait, en toute logique, rien à faire dans ce lieu. J’avais prévenu mes amies que je ne quitterai pas la salle sans l’avoir abordée. Mon verre de kir royal à la main, je l’ai donc approchée au milieu des convives. La questionnant tout de go au sujet de son voile, mais avec tact pour ne pas l’effaroucher, j’étais bien décidée à lui dire le fond de ma pensée. Tout sourire et buvant son jus d’orange, elle ne s’est pas démontée. Au cas où j’en aurais douté, elle m’a affirmée être libre et émancipée. Si elle portait un voile c’est, évidemment, parce qu’elle se sentait avant tout musulmane. De plus, horreur et damnation, elle m’a signalé qu’il y avait quelques présences masculines dans les parages. On pouvait imaginer que sans son voile, elle se serait faite violée illico presto derrière la table des petits fours par le serveur émoustillé à la vue d’une proie aussi alléchante.

Je ne vais pas vous dire tout ce que j’ai pu lui sortir en dix minutes. Mais son sourire s’est évanoui quand je lui ai dit que son voile m’agressait. J’ai senti son irritation monter lorsque je lui ai dit qu’elle usurpait nos valeurs, qu’elle ne respectait pas notre histoire. J’ai vu son impatience lorsque je lui ai dit qu’elle devrait avoir honte et que son voile était une offense à toutes les femmes qui se battaient pour ne pas le porter.

Mais le bouquet final fut de taille. Allant au bout de sa logique, elle m’a déclarée que la burqa n’était pas un problème si c’était un libre choix. J’eus donc la confirmation de ce que je pressentais : je me trouvais face au prototype de la « féministe islamique » dans toute sa splendeur !

J’argumentais encore. La tension montait entre nous. Elle abrégea notre conversation en me demandant pourquoi je m’acharnais contre elle. Je lui ai dit mon attachement à la laïcité. Sa réaction fut sans équivoque, elle avait enfin compris à qui elle avait à faire : j’étais une adversaire de la pire espèce, pour elle, une laïcarde, une islamophobe, et fière de l’être par la même occasion. Elle, la militante islamique bien infiltrée, elle pouvait se sentir à son aise dans cette assemblée où une seule personne (une “laïcarde” de surcroit) avait osé la contrarier, elle pouvait continuer à se montrer radieuse et épanouie sous son voile rose. Peu importe qu’elle se dise musulmane avant d’être française. Peu importe qu’elle prétende défendre les droits des femmes en admettant que des musulmanes puissent porter la burqa (« dans la mesure où c’est leur choix », ben voyons!). Dans cette assemblée de militantes engagées, on a accepté sans sourciller la présence de cette jeune fille voilée, tout simplement parce qu’elle faisait partie d’une des associations de quartier invitées pour l’occasion. C’est pathétique !

Visiblement énervée lorsque je l’ai questionnée sur la Charia, je ne la lâchais pas, lui demandais son avis sur la lapidation. Elle m’a répondue vaguement ceci : « La lapidation c’est vrai, c’est cruel mais je ne sais pas, je n’ai rien à en dire… ». Aujourd’hui, on peut entendre ce genre de conneries dans un rassemblement d’individus qui se disent laïques et féministes ….et on va peut-être me dire que je suis intolérante, et sans doute un peu excessive….

Brigitte Bré Bayle

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