J’appelle les féministes dignes de ce nom à se mobiliser contre tous les voiles

Publié le 18 septembre 2009 - par
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Nous avons reçu ce texte d’une fidèle lectrice Aimée Toulgoat, indignée par les amalgames d’un « Collectif Féministe pour l’Egalité », derrière lequel se cache les « Indigènes de la République » et leurs complices. Nous portons à la connaissance de nos lecteurs la réaction d’Aimée, et le texte des « Indigènes » qui se passe de commentaires.

Bonjour,

Je n’ai pas souvenir que « de mon temps » des personnes se prétendant
féministes comme celles de ce « collectif des féministes » existaient… !

On reste abasourdie devant tant d’absurdités …!

A mon avis, ces femmes n’ont rien compris au combat des femmes dans le monde pour leur liberté, leur dignité, au risque de leur vie le plus souvent.

Mettre sur le même plan la cravate et les talons aiguilles que la « bourqua » est significatif d’une incompréhension intellectuelle du combat des femmes pour un monde dans lequel elles auraient une place, une place ni plus ni moins belle que celle des hommes.

On ne parle pas le même langage. C’est une aberration !

On devrait d’ailleurs bannir de notre lexique ce mot « burqua ». Parlons
français.

La lutte contre les licenciements ne nous empêche nullement de lutter contre ce symbôle d’enfermement de la femme.

La femme voilée qui se discrimine volontairement -si on veut !- nous demande quoi : qu’on lui foute la paix ? C’est ce que l’on ferait si l’enjeu ne concernait qu’elle-même ! Hélas, nous n’ignorons pas que ce symbole
politico-religieux a pour but de marquer en France et ailleurs la place des
musulmans dans leur mode de société « antimoderniste ».

Faudrait-il ne pas prêter attention à la protection des animaux -c ‘est un
exemple – sous prétexte qu’il y a d’autres problèmes sur terre plus
importants et prioritaires ?

Ce n’est pas en pointant nos « manques » dans la lutte pour l’égalité entre
les hommes et les femmes dans tous les domaines de la société que l’on peut justifier le port des voiles en tout genre !

Parler de « domination masculine » pour les talons aiguilles, le rouge à
lèvres, (elles ont oublié le string) quand il s’agit du jeu de séduction
entre les femmes et les hommes, c’est fausser le débat.

Ces femmes placent le débat sur le mode polémique.

Elles appellent au respect des droits élémentaires comme dans toute société démocratique. Donc le droit de porter le voile pour celles qui le
souhaitent. Elles oublient qu’en France la constitution inscrit dans ses
textes « l’égalité entre les hommes et les femmes » et des lois leur donnent le droit à « disposer d’elle-même, de leurs corps ». Pour plusieurs
discriminées volontaires, faut-il abonner les autres femmes qui rejettent le voile avec ferveur ?

Doit-on considérer que les femmes d’Afghanistan, d’Iran, d’Arabie Saoudite, portent le voile parce-que la tenue leur sied ? Bien entendu, ces pays ne sont pas démocratisés, au contraire ! Faut-il abandonner ces femmes pour autant dans leur âpre lutte pour leur liberté ?

La réforme des retraite a commencé en 2003 – loi Fillon- et va continuer, on sait ce qui nous attend et les Français lutteront collectivement s’ils le
souhaitent ! Faut-il abonner la lutte pour la dignité des femmes pour autant ?

Moi j’appelle toutes les féministes dignes de ce nom à se mobiliser avec
force contre le voile !

A BAS LE VOILE SOUS TOUTES SES FORMES !

A BAS LES DISCRIMINEES VOLONTAIRES PAR LE VOILE !
VIVE LA COMMISSION D’ENQUETE SUR LE PORT DE LA BURQUA D’ ANDRE GERIN !

VIVE UNE LOI SUPPRIMANT TOUT SIGNE DISCRIMINANT LES FEMMES PAR UNE TENUE CONTRAIRE A LEUR DIGNITE !

VIVE LES MEDIAS (RIPOSTE LAIQUE) ET LES ASSOCIATIONS DE FEMMES QUI LUTTENT CONTRE LE PRIMAT DES RELIGIEUX AU DEPENDS DES PRINCIPES REPUBLICAINS ET DES POLITIQUES !

VIVE NOUS, LES VRAIES FEMINISTES D’HIER ET D’AUJOURD’HUI !

Aimée Toulgoat

COMMUNIQUE DU COLLECTIF FEMINISTE POUR L’EGALITE

577 députés et 367 burqas : où est le problème ?

En juin 2009, le député André Gérin a proposé la
création d’une commission parlementaire sur le port de la burqa et s’est
dit favorable à une loi l’interdisant : nous protestons vigoureusement
contre la campagne qui a été menée à cette occasion et rejetons avec vigueur une telle proposition. Croyantes ou non croyantes, musulmanes ou non musulmanes, voilées ou non, nous sommes féministes, et combattons depuis 2004 tous les dénis de droit et discriminations subis par les femmes voilées. Nous luttons contre l’instrumentalisation de notre cause – l’égalité entre les hommes et les femmes – à des fins politiciennes et parfois racistes. L’affaire de la burqa franchit une étape dans cette dérive : assez !

Une opération de diversion en pleine crise économique et scandale
bancaire

En août, un rapport des Renseignements généraux a établi à 367 le
nombre femmes portant la burqa. Sans revenir sur le ridicule de
l’opération (le Ministère de l’Intérieur aurait donc dépêché des
policiers dans toutes les chaumières?), on peut dire que ce chiffre a au
moins le mérite de remettre les choses à leur place. Loin d’être la
tête avancée d’une déferlante islamique en France, les femmes privilégiant cette tenue traditionnelle sont une infime minorité.

367 femmes portant la burqa : et combien de plan de licenciements depuis le printemps ? combien de Français qui ne sont pas partis en vacances cet été ? De même qu’à l’automne 2003, l’affaire du voile a été orchestrée pour déminer le mouvement social contre la réforme des retraites et l’immense impopularité du gouvernement de l’époque, on
assiste à un même stratagème. Il est bien regrettable qu’un député
dit communiste, au lieu de se préoccuper du sort des chômeurs et de
s’indigner des bonus faramineux distribués aux traders, reprenne le
thème néo-conservateur du « choc des civilisations » en lançant une
campagne contre les prétendues « zones de non droit » que sont devenues nos banlieues.

Le sexisme est partout, et notamment au Parlement

Ce stratagème ne fonctionnerait pas si depuis des années, la classe
politique et les médias n’avaient pas relayé une campagne de
stigmatisation extrêmement violente contre les musulmans. Egorgeurs de moutons selon le Président de la République, soumises et aliénées sauf si elles se conforment au schéma de la beurette abandonnant tout
attachement à sa culture, les musulmans et les musulmanes sont décrits
comme une population à part ; la majorité sont pourtant nés en France,
sont français et veulent tout simplement jouir des mêmes droits que
n’importe quel-le autre citoyen-ne.

L’argument féministe est venu conforter cette mise à l’écart. Or,
s’il existe bien, au sein du monde musulman, des rapports de domination
et des traditions sexistes, nous tenons à rappeler qu’il en existe
partout, et en premier lieu au Parlement ! Les travées à 80% masculines
de l’Assemblée nationale ne sont pas qu’un « symbole » ; elles sont
la traduction concrète d’une réalité claire : les femmes sont encore
très largement exclues des postes de pouvoir. « La vision de ces femmes
emprisonnées » est, pour André Gérin, « intolérable », « inacceptable » ;
le spectacle de l’entre soi masculin que constitue le monde politique ne
semble par contre pas le gêner.. Effectivement, les femmes ne se promènent pas en burqa à l’Assemblée ; exceptées 107
d’entre elles, elles en sont tout simplement exclues, probablement
reléguées au foyer pour s’occuper des enfants, ou conviées aux
pince-fesses officiels qui servent la carrière de leurs maris !

Et pourquoi pas interdire la cravate et les talons aiguilles ?

Nous dénonçons l’idée folle qui consisterait à interdire la burqa. De
même que l’interdiction des capuches ou des regroupements dans les halls d’immeuble, elle participe d’une logique liberticide, et il est très
inquiétant de la voir proposée et même discutée au sein de la classe
politique. Nous sommes pour le respect des droits les plus élémentaires,
qui sont au fondement des sociétés démocratiques, et à ce titre, nous défendons le droit des individu-e-s à évoluer et à s’habiller comme ils/elles le veulent dans l’espace public. Nous sommes
pour une laïcité qui garantisse la liberté de culte et celle de penser et
d’exprimer ses idées dans le respect de tous et toutes. Pas pour une
laïcité totalitaire qui implique la soumission à une culture et
entend dicter nos choix, qu’ils soient spirituels, vestimentaires ou
politiques.

Nous n’avons pas fini d’interdire si nous voulons nous attaquer à
tous les « symboles » de la domination masculine. A ce compte-là,
pourquoi ne pas interdire ceux que portent tant de femmes blanches
supposées émancipées : talons aiguilles, rouge à lèvres… ? Et
surtout, au lieu de s’attaquer toujours à des femmes, pourquoi ne pas
combattre d’abord les symboles que portent les hommes, par exemple la
cravate ? Pourquoi ne pas constituer une commission d’enquête sur la
diffusion quotidienne des normes de beauté oppressantes auxquelles doivent se plier les femmes et à tous ceux qui y participent :
publicitaires, magazines féminins, industrie de la mode, et autres
fabricants de produits amincissants ?

Assez du deux poids, deux mesures ! Assez de ces campagnes
grotesques menées au nom des femmes mais qui ne conduisent qu’à
les pénaliser ! Nous appelons toutes les forces féministes et
progressistes à dénoncer cette opération, et à combattre ensemble pour la justice sociale et l’égalité entre les hommes et (toutes) les femmes.

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