J’irai dormir à Hollywood, d’Antoine de Maximie

Publié le 15 décembre 2008 - par
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Pour ceux qui veulent mieux comprendre l’Amérique après la période d’Obamania très française, je conseille d’aller voir le film d’Antoine de Maximie : j’irai dormir à Hollywood.

Antoine de Maximie est un voyageur cinéaste qui sillonne le monde de la Corée à l’Argentine, de la Norvège à l’Ethiopie non pour filmer les paysages mais pour rencontrer les gens. Quand on aime voyager, c’est souvent ce qu’il ya de plus difficile à faire à moins d’être introduit d’une façon ou d’une autre. Et c’est assez frustrant.

Antoine, lui, utilise un truc assez osé. Son objectif est de réussir à se faire inviter par des habitants pour partager un repas et, si possible, dormir chez eux. C’est loin d’être facile et les portes ne s’ouvrent pas toujours mais en général grâce à ses talents, Antoine arrive, malgré l’obstacle de la langue, à établir un dialogue, un échange qui rendent ces rencontres souvent très émouvantes mais dans une relation sans compassion. Armé d’un système de mini- caméras qu’il a confectionnées, une qui le filme, une autre qui filme ses interlocuteurs, il voyage seul à ses risques et périls. On peut voir ses reportages sur la chaîne voyage.
Sur cette idée, il a eu envie de filmer son voyage de deux mois à travers les États-Unis, de New York à Los Angeles.

Son film et son voyage commencent très simplement. Certaines situations sont comiques ou cocasses, et puis petit à petit, mine de rien, au fil des rencontres, sans avoir l’air d’y toucher se dresse progressivement le portrait d’une Amérique que l’on connaît rarement. Ce n’est pas un film pamphlet comme ceux de Mickael Moore, il n’y a pas de discours préconstruit, les mots sont ceux de ces Américains rencontrés par hasard et qu’Antoine de Maximie a su mettre en confiance et laisser parler tout simplement avec des mots de tous les jours.

Après avoir traversé avec lui les États Unis, quand il se trouve sur la plage de Santa Monica, votre image des Américains aura sans doute changé.

Je ne veux rien raconter de plus pour vous laisser le plaisir de la découverte. J’irai à Hollywood passe dans peu de salles, dépêchez vous.

Autre film à voir ou à revoir : Allemagne mère blafarde d’Helma Sanders Brahms, un film extraordinaire qui ressort après vingt ans, histoire d’une mère et de sa fille dans l’Allemagne de la guerre, bouleversant.

Gabrielle Desarbres

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