Je m’inquiète : un sentiment de révolte qui monte en moi, et cela me fait peur…

Publié le 25 octobre 2010 - par - 1 064 vues
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Je suis né deux décennies après la deuxième guerre mondiale. Mes grands-parents m’ont raconté ce qu’ils ont vécus pendant cette période. Mon grand-père était prisonnier en Allemagne et travaillait pour des agriculteurs fanatisés par le nazisme. Le père de famille l’humiliait quotidiennement en lui rappelant que les français étaient inférieurs aux allemands et que le führer dominerait la France pour toujours…

Ne supportant plus la situation, il s’est évadé et a été rattrapé par la police allemande pour être envoyé dans une cimenterie où le travail était très dur. Il est revenu en France en 1945 psychologiquement affaibli et pesant 35 kg.  » Ce n’était pas un camp de concentration mais presque  » m’a t’il dit à la fin de sa vie.  » Je te souhaite de ne jamais subir la tyrannie que j’ai vécu  ».

Ma grand-mère est restée seule avec ses 3 enfants dans une ville de l’ouest de la France subissant chaque jour la pression de l’occupant et le rationnement alimentaire.

Elle m’a raconté l’anecdote suivante : un jour vers la fin de la guerre un peu avant le débarquement, en sortant pour aller à la ferme chercher du ravitaillement, un allemand en vélo l’interpelle et lui fait remarquer en mauvais français que les couleurs de ses habits rappellent les couleurs du drapeau français. En effet, ses chaussettes étaient blanches, son pull en laine bleue foncée et sa longue robe d’un rouge délavé.

Ma grand-mère lui a fait remarquer que c’était la guerre et qu’elle n’avait pas d’autre choix que de s’habiller avec de vieux vêtements car on ne trouvait plus rien dans les magasins depuis longtemps. L’allemand arrogant et peut-être encore plus parce que c’était une femme, lui a rappelé que son pays n’existait plus et que toute référence à la France était une insulte pour l’Allemagne, que la loi était maintenant celle du Reich allemand. Il l’a obligé à faire demi tour et à rentrer chez elle. Résignée, ma grand-mère a obéi pour ne pas finir à la Kommandantur. Elle en a gardé un ressentiment farouche contre les Allemands jusqu’à la fin de sa vie.

Leur histoire, bien que vécue, m’a toujours paru lointaine et presque irréelle. Comment un peuple, paisible aujourd’hui, pouvait être aussi agressif envers un autre et l’envahir ?

Finalement, pour moi, cela ne pouvait pas arriver et ne me concernerait jamais. Je vis depuis ma naissance dans une ère de paix qui me semble éternelle. J’ai une épouse, des enfants, un travail et la routine d’une vie de monsieur tout le monde avec ses joies, ses peines et ses emmerdements.

Je vis dans un quartier tranquille d’une grande ville où il fait à peu près bon vivre hormis que, comme dans toutes les grandes villes, il manque un coin de verdure. Mais ce coin, je le retrouve le week-end dans la maison de mes grands-parents en province.

J’allais dire où je vivais tranquille car depuis quelques années les choses changent. Elles changent par des petits détails qui me semblaient anodins au début mais qui ont pris toute leur importance au regard de ce que j’ai pu comprendre ultérieurement, j’y reviendrai après.

Il y a 4 ans, le boucher du coin de la rue a pris sa retraite. Une autre boucherie a ouvert mais ce n’était plus une boucherie française traditionnelle mais une boucherie… halal… Pourquoi une boucherie halal ici ? je ne vois pas la clientèle qui pourrait la fréquenter et pourtant cette boucherie confessionnelle est toujours ouverte depuis 4 ans. Et d’ailleurs peut-on vraiment appeler ce commerçant une boucherie quand on voit les bouteilles de soda devant la viande et les pâtisseries orientales trônant près des côtes d’agneau. C’est plutôt une bouchépicerie dédiée à une religion que je ne connais pas : l’islam.

Moi qui achetait avant mes cotes de porc chez le boucher français et bien c’est fini. Je me suis rabattu sur un supermarché quelques centaines de mètres plus loin, la viande est moins bonne mais je n’ai pas le choix. J’y gagne sur le plan santé car je fais de la marche à pied. Mais j’ai l’impression d’avoir été viré de ma rue en quelque sorte…

Et les choses ont continué à changer petit à petit, modestement, discrètement mais surement.

Il y a 3 ans un petit restaurant, proposant de la cuisine française simple, situé dans la même rue que l’ancienne boucherie a fermé. Les propriétaires, un couple de quinquagénaires, sont partis en province. A la place, un autre restaurant a ouvert mais d’un genre très différent; la viande est empalée et cuite sur une broche tournante. On la voit bien depuis la rue car la fenêtre est toujours ouverte. Sur la devanture, il y a un panneau où il est écrit en gros et en vert ‘HALAL’. Mais pourquoi encore un commerce confessionnelle ici ? Pour qui ?

Moi qui allait de temps en temps dans le petit restaurant, et bien c’est fini aussi. La viande empalée et cuite sur une broche tournante ne m’attire pas. Et de plus, on ne peut plus manger de bonnes cotes de porc charcutière que cuisinait le restaurant précédent.

En fait, j’aurais dû y faire plus attention car la réponse à mes interrogations est peut-être sur le trottoir des rues du quartier où l’on voit des femmes dont la tenue vestimentaire est particulière : elles portent un voile couvrant plus ou moins la tête, plus que moins d’ailleurs. Ce voile est prôné par la même religion des commerçants halal. Et je trouve qu’il y en a de plus en plus de voiles depuis l’arrivée de nouvelle la boucherie il y a 4 ans. Sont-ce ces femmes qui achètent et mangent dans ces commerçants confessionnels ?

Les mois ont passé, la vie a continué. Je me suis habitué au nouveau décors et comme toujours, à force, on n’y fait plus attention.

Mais un évènement récent est arrivé. A la fin de l’été, nous revenions un dimanche soir de province. Quand soudain, j’ai vu à l’entrée de la ville où j’habite une publicité d’un genre nouveau s’affichant sur des dizaines de panneaux. On y voit des animaux symbolisant la France, notamment un coq, ventant la fierté d’être halal !

Toujours et encore ce halal, sur la boucherie, sur le restaurant, dans la bouche et sous le voile des femmes !

Mais pourquoi le voit-on partout ? Cela commence à m’agacer et je fais remarquer à mon épouse que j’ai un sentiment bizarre un peu comme une sorte de malaise face à halal : j’ai l’impression d’être agressé comme si on me forçait à admettre que c’était maintenant halal qui commandait. Et puis c’est la première fois que je vois de la publicité religieuse affichée massivement dans les rues. Qu’est ce que cela veut dire ?

En rentrant, je décide de prendre un moment pour regarder si les médias sur Internet en parlent. Effectivement, ils parlent de la publicité en rapport avec le jeûne des musulmans qui va bientôt commencer. D’après les médias c’est un très grand moment pour eux. En lisant les articles, j’ai l’impression qu’on les met à l’honneur.

Ma curiosité n’étant pas vraiment satisfaite, je lance Google et tape 3 mots de recherche : halal, voile, islam.

Le premier site dans la liste fait référence à une boutique islamique qui vend des petits pots halal pour bébés, des sauces et des bouillons halal. Encore ! halal est aussi sur le net ! le site vend également des livres dont le coran et des foulards islamiques.

Le deuxième site parle de laïcité. Je clique sur le lien ‘Qui sommes nous ?’. Il est fait état de tirer un signal d’alarme concernant l’offensive de l’islam politique en France. Inconsciemment et comme par réflexe en lisant ces lignes, je me dis que ce site est extrémiste. Mais il est tard et j’arrête mes recherches ici. Demain, c’est le boulot.

Le lundi, je déjeune par hasard avec un collègue avec qui on peut discuter de presque tout (ce n’est pas forcément le cas avec tout le monde dans le milieu où je travaille). J’ai bien envie de lui parler de la publicité Halal vue ce week-end mais j’hésite dans la mesure où je ne connais pas son opinion.

Au cours du repas, je me souviens qu’il m’avait dit que l’année dernière un de ses fils avait eu une remarque en colonie de vacances d’un enfant du même âge et d’origine magrébine parce que l’image sur un de ses t-shirts représentait une petite tête de cochon. Le garçon se moquait de son fils parce qu’il portait un vêtement sale.

Du coup, j’en profite pour lui demander si cette année son fils avait remis son t-shirt en colonie et lui pose aussitôt la question de savoir s’il a vu la campagne publicitaire pour le Halal.

Sa réponse est immédiate et me fait l’effet d’une claque :  » oui je l’ai vu dans un centre commercial. C’est un des signes précurseurs à une invasion de l’islam en France  ». Je lui fait remarquer discrètement que nous ne sommes pas seuls et qu’il vaudrait peut-être mieux en discuter ailleurs. Nous allons donc à la cafétéria.

Mon collègue se lâche complètement pendant que nous buvons un café… Il habite une ville de banlieue où des commerces halal ont fleuri un peu partout depuis 10 ans. Il y a de plus en plus de femmes voilées dont certaines des pieds à la tête et des hommes barbus en djellaba dans la rue surtout en période de ramadan. Il y a même un projet en cours de construction d’une mosquée ! Sa femme le supplie chaque jour de déménager pour fuir cet environnement. Il me demande de ne le répéter à personne parce qu’il ne veut pas que cela se sache au travail.
Je lui dit que j’observe aussi la même chose dans mon quartier mais à un degré bien moindre. Il me répond que cela a commencé de cette façon dans sa ville.

Je passe l’après-midi à me poser un tas de questions. Est-ce que ce phénomène existe seulement dans les grandes villes ou leur banlieue ? pourquoi n’en parle t’on pas ? les hommes politiques sont-ils au courant ?

Le soir, je retourne sur internet et je retape les 3 mots de recherche sur Google : halal, voile, islam. Je retombe sur le site parlant de laïcité. Et je commence à lire leurs articles, il y en a des dizaines. J’y passe une partie de la nuit. Tous dénoncent le danger de la montée de l’islam en France qui n’est pas seulement qu’une religion mais un système politique, juridique et social. Ils dénoncent le risque de remplacement des lois françaises par celles de la charia (un mot que je ne connaissais pas). Ils dénoncent le remplacement massif des populations autochtones par des populations immigrées et progressivement islamisées.

C’est un vrai cauchemar qui est décrit. Par réflexe et par peur, je refuse de le croire. Ceux qui ont écrit ces articles sont en plein délire, ce sont des paranoïaques. Et pourtant cela ressemble à ce que j’observe dans mon quartier et à l’histoire de mon collègue de travail.
Et puis, si d’un seul coup des publicités s’affichent sans complexe indirectement pour l’islam, c’est qu’il doit se passer quelque chose.

Fatigué de lire ce scénario catastrophe, j’arrête l’ordinateur et vais me coucher. Je n’arrive pas à trouver le sommeil. Je repense à mes grands-parents, à leur vie pendant la guerre il n’y a finalement pas si longtemps que ça, à l’histoire de ma grand-père dont les habits rappelaient les couleurs du drapeau français : ‘la loi est maintenant celle du Reich !’ lui avait dit un allemand arrogant et agressif.

Je me dis que ce n’est pas possible, cela ne peut pas recommencer. On est en paix, il n’y a pas d’ennemie, il n’y a pas de guerre. Comment une religion pourrait remplacer nos lois sans invasion, sans guerre, sans mise au pas autoritaire de la population ? Qui serait complice ? pourquoi ?

Mon esprit est confus. Si cela arrivait, que pourrais-je y faire ? Et ma famille, que deviendrait-elle ?

Je me sens impuissant face à tout cela. Mais ce sentiment d’impuissance génère au delà de l’angoisse un sentiment de révolte qui par sa force m’inquiète. C’est une révolte que je ne pourrai pas contrôler si l’avenir donnait raison à l’avènement d’une tyrannie religieuse. Je ne veux pas baisser la tête, mes grands-parents n’ont pas eu ce choix, moi je l’aurai, devrais-je en mourir !

Jean-Pierre Duchemin

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