Jean Robin assigné en justice par le chantre de la repentance coloniale Claude Ribbe !

Publié le 29 novembre 2010 - par - 442 vues
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Mercredi prochain 1er décembre 2010 aura lieu un procès qui opposera Jean Robin, écrivain, gérant et fondateur des éditions Tatamis, à Claude Ribbe, écrivain et agrégé de philosophie. Claude Ribbe a en effet assigné en justice Jean Robin pour « diffamation publique envers un particulier à raison de son origine ou son appartenance ou non appartenance à une ethnie, une nation, une race, une religion ». En découvrant l’information, je me dis « Bigre, quel « délit » aurait donc commis Jean Robin ? », n’ignorant nullement que Monsieur Ribbe ne supporte aucune contestation de ses déclarations supposées par excellence relever d’une vérité qui serait, par nature, révélée.

Je rassure d’ores-et-déjà nos lecteurs : Jean Robin n’a pas commis de « crime » tel un Napoléon Ier définitivement envoyé au bûcher des pires « criminels » de l’histoire pour avoir, paraît-il, anticipé les horreurs perpétrées par Hitler. Et sans vouloir, en aucun cas, me placer par avance sur le terrain de l’analyse juridique du fond du dossier et me prononcer sur une procédure judiciaire en cours, j’informe néanmoins nos lecteurs, en qualité de citoyenne, que Jean Robin n’a, selon moi et au vu de l’examen attentif des pièces du dossier, pas davantage commis de délit.

Alors, quels sont les faits ?

En avril 2009, Place du général Catroux à Paris, était inauguré, notamment en présence du Maire de Paris Bertrand Delanöe, un monument en l’honneur du premier général afro-antillais Thomas Alexandre Davy de la Pailleterie plus communément connu sous le nom du Général Dumas, né en 1762, père de l’écrivain Alexandre Dumas et grand-père de l’écrivain Alexandre Dumas fils. Jusque là, rien qui ne soit de nature à me scandaliser : je pense que c’est l’honneur de la République de rendre hommage à ceux qui ont servi la France, quelles que soient leurs origines ethniques, leurs convictions philosophiques et/ou religieuses, qu’ils aient aimé Bonaparte ou pas. Car n’oublions pas de préciser, en effet, que le général Dumas avait fait la campagne de Belgique, le guerre de Vendée, la guerre des Alpes mais aussi et peut-être surtout, au vu de la réaction virulente de Monsieur Ribbe dans le présent dossier, la campagne d’Italie et la campagne d’Egypte.

A l’occasion de cette cérémonie, plusieurs journalistes intervieweront Claude Ribbe, au nombre desquels Jean Robin qui lui demandera s’il avait été « le nègre littéraire d’Aussaresses ». Pourquoi une telle question ?

Attardons-nous quelques instants sur cet épisode pour en comprendre la portée et saisir l’usage dévoyé de « diffamation publique à raison de son origine, son appartenance ou non appartenance à une ethnie, une nation, une race, une religion » qu’en a fait Monsieur Ribbe.

En 2003, le général Paul Aussaresses comparaissait devant la Cour d’appel de Paris pour complicité d’apologie de crimes de guerre après avoir, dans son livre « Services spéciaux, Algérie 1955-1957 » publié en 2001, revendiqué les tortures, les exécutions sommaires de suspects, les massacres de civils auxquels il avait participé ou qu’il avait ordonnés.

Dans un article paru dans Libération le 21.02.03, Brigitte Vital-Durand revient alors sur la polémique qui a accompagné ce procès :

« Le magistrat tourne sa question autrement : « Quels sont les motifs pour lesquels vous avez écrit cet ouvrage ? » Il [le général Aussaresses] finit par bredouiller : « J’ai considéré comme mon devoir d’informer les lecteurs sur les faits dont j’ai été le témoin actif. » Les éditeurs avaient fourni un « nègre », un écrivain nommé Claude Ribbe. « Qui a rédigé ce livre ? lui demande le président, C’est vous-même ? C’est Claude Ribbe ? » Réponse : « Je n’ai pas entendu votre question. » Le général Aussaresses finira par affirmer être le seul véritable auteur de ses souvenirs. Car, bon soldat, il assume tout. »

Le 20 mai 2001, 7h44, soit deux ans avant le procès du général Aussaresses, voici ce que révélait pourtant une dépêche de l’AFP :

« Le romancier Claude Ribbe a réfuté samedi avoir en partie réécrit le manuscrit du général Aussaresses à l’origine de son livre « Services spéciaux, Algérie 1955-1957 », dans lequel le militaire revendique des tortures et exécutions pendant la guerre d’Algérie. « J’ai été des gens qui l’ont relu et qui y ont apporté des corrections mineures. Je n’en suis pas l’auteur. Il n’y a pas eu de travail de réécriture à ma connaissance », a-t-il déclaré à l’AFP »

« Il n’y a pas eu de travail de réécriture » : non seulement Monsieur Ribbe reconnaît avoir « apporté des corrections mineures » et donc avoir eu connaissance du manuscrit d’origine, mais plus inquiétant, à partir du moment où il n’aurait apporté que des corrections mineures au dit manuscrit, n’est-ce pas là la preuve qu’il accréditait, sur le fond, l’apologie des crimes de guerre amplement développée par Monsieur Aussaresses dans son livre « Services spéciaux, Algérie 1955-1957 » ? Dans le cas inverse, Monsieur Ribbe aurait dû au moins refuser d’apporter des corrections, fussent-elles « mineures », à l’ouvrage du général Aussaresses.

Dans ces circonstances, chacun de nos lecteurs comprendra alors pour quel motif sérieux, en avril 2009, Monsieur Ribbe paraîtra soudainement très embarrassé par la question de Jean Robin : « Avez-vous été le nègre littéraire d’Aussaresses ? » Il n’y avait là absolument aucune intention de diffamer publiquement Claude Ribbe mais simplement, à mon humble avis, la volonté de connaître l’exacte vérité sur le rôle exact joué par Claude Ribbe dans l’affaire du livre du général Aussaresses « Services spéciaux, Algérie 1955-1957 ».

Qui peut reprocher à un éditeur, un journaliste ou à un écrivain, de tenter de faire la lumière sur des dossiers aussi lourds que celui-ci ? Les chantres de la repentance coloniale pour qui toutes les manœuvres, fussent-elles intellectuellement malhonnêtes, deviennent légitimes, voire « légales », du moment qu’il s’agit de faire expurger à la France son passé colonialiste et/ou esclavagiste. Sauf que dans ce dossier, Claude Ribbe n’est pas à une incohérence près puisqu’il traîne devant les tribunaux un homme, Jean Robin, qui n’a fait qu’exercer son métier en ce mois d’avril 2009, alors que Claude Ribbe, lui, a concouru, même « à petite dose », aux rectifications d’un ouvrage dont il n’a donc, par définition, pas contesté le fond, à savoir les actes de tortures commis en Algérie !

Je ne suis, du reste, pas surprise par ce que j’ai découvert en étudiant ce dossier. En effet, Claude Ribbe avait déjà habitué l’opinion publique aux manœuvres douteuses, aux diatribes incendiaires, aux assertions diffamatoires ainsi qu’aux incohérences de sa démarche intellectuelle.
Pour mémoire, revenons sur quelques épisodes illustratifs des différentes manières de procéder de Claude Ribbe :

1/ Les atteintes portées à la réputation des personnes :

En 2008, Claude Ribbe parle sur son blog de Patrick Karam comme d’un « délégué interministériel » qu’il qualifie « d’inculte notoire », de « cancre » et « de braque interministériel ». Non content d’avoir lynché publiquement Patrick Karam, Claude Ribbe n’en reste néanmoins pas là et ajoute : « En réalité, il organise un véritable flicage des Antillais de métropole, insultant, persécutant ou harcelant ceux qui lui déplaisent et dont il est jaloux, s’efforçant de faire échouer des demandes de subventions déjà difficiles à obtenir. »

A titre d’information, je précise ici qu’en guise d’ « inculte notoire » et de « cancre », Patrick Karam est Docteur en Sciences politiques et titulaire d’un DEA de Droit international. D’autre part, Patrick Karam a été, de février 2003 à novembre 2006, le président-fondateur du collectif des Antillais, Guyanais, Réunionnais et Mahorais, dit « Collectifdom ». On imagine donc mal que Patrik Karam ait été la fois à l’origine de la création de ce collectif et, dans le même temps, l’organisateur d’un « véritable flicage des Antillais de métropole ». Il est tout à fait stupéfiant, au demeurant, que Claude Ribbe, pourtant ancien élève de l’Ecole normale supérieure d’Ulm, soit incapable d’attester d’un quelconque raisonnement rigoureusement logique dont témoignent pourtant aisément tant les littéraires que les scientifiques de haut niveau.

La 17ème chambre du Tribunal correctionnel de Paris reconnaîtra récemment Claude Ribbe coupable d’avoir injurié et diffamé Patrick Karam, délégué interministériel pour l’égalité des chances des Français d’Outre-mer.

2/ La réécriture tronquée de l’Histoire de France par Claude Ribbe :

Le 1er décembre 2005 est publié « Le crime de Napoléon » de Claude Ribbe, ouvrage dans lequel l’auteur affirme que Napoléon avait organisé le génocide des Noirs de Guadeloupe et d’Haïti, oubliant de se souvenir que ce qu’il qualifie de « génocide » n’en était pas un, au sens où l’entend le Code pénal français (articles 221-1, 213-1 à 213-5). Ce qui n’enlève évidemment rien à la gravité des faits : tout républicain digne de ce nom sera d’accord sur ce point. Pour autant, quand je revois la couverture de l’ouvrage « Le crime de Napoléon » sur laquelle Hitler vient s’incliner sur la tombe de l’empereur, quand je constate que Claude Ribbe enfonce davantage encore le couteau en dévoilant l’existence d’un film que Goebbels aurait produit à la gloire de Napoléon, je m’interroge : n’y avait-il pas une volonté délibérée d’assassiner une seconde fois, outre-tombe, Napoléon Bonaparte ? Plus grave peut-être encore est l’occultation délibérée de toute vérité historique à laquelle procède Claude Ribbe, dès lors qu’elle nuit aux « vérités » imposées par la culture de la repentance chère aux anticolonialistes. A ce titre, dans « Le crime de Napoléon », Claude Ribbe omet de remémorer qu’une fois Haïti devenu indépendant en 1804, l’empereur Jean-Jacques Dessalines avait fait massacrer tous les Blancs, plongeant ainsi l’île dans les heures noires de la purification ethnique.

Devant le rappel de ces faits, je me dis que Claude Ribbe n’avait déjà, en 2005, aucune volonté de se placer dans l’analyse distanciée et sereine qu’impose toute démarche sérieuse et la plus objective possible de l’historien mais dans la quête d’une soif de vengeance sans doute refoulée depuis trop longtemps à l’encontre d’une France métropolitaine que, de toute évidence, il abhorre profondément.

A l’époque où la polémique née de la publication du livre a éclaté, rappelons que plusieurs historiens ont démenti, voire déconstruit avec pertinence les allégations fallacieuses de Claude Ribbe qui l’avaient ni plus ni moins que conduit à établir l’équation suivante ; Napoléon = Hitler. Des historiens ainsi que quelques élus politiques, parmi lesquels Nicolas Sarkozy. Et comme par hasard, Patrick Karam fut l’un des soutiens actifs de Nicolas Sarkozy lors de la campagne électorale de 2007.

En conclusion à l’analyse de ce dossier, moi, Bonapartine, je pose une question simple : Claude Ribbe ne s’est-il pas, en vérité, servi de la question initiale posée par Jean Robin « Avez-vous été le nègre littéraire d’Aussaresses ? » comme d’un prétexte pour régler, au travers de Jean Robin, des comptes politiques personnels avec l’actuelle majorité politique en place ? Claude Ribbe n’aurait-il, en fin de compte, tout simplement pas digéré sa condamnation dans le précédent procès intenté et gagné par Patrick Karam en avril 2010 ?

Bonapartine

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