Kosovo : quand des dessins d’enfants dérangent la vérité officielle…

Publié le 29 juin 2009 - par - 413 vues
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Le 26 mai dernier, se tenait le vernissage de clôture d’une exposition singulière au Centre culturel russe : des dessins d’enfants du Kosovo. Celle-ci, pour des raisons obscures*, avait été expulsée fin février de la mairie du 17e arrondissement où elle avait été initialement mise en place.

Bel et bien installés dans cette gracieuse enclave russe en territoire parisien, les dessins d’enfants du Kosovo ne risquaient plus de troubler l’ordre public. Je veux dire : isolés dans cet espace confidentiel, à la diplomatie spécifique, les dessins des enfants du Kosovo ne risquaient plus de contredire la vérité officielle sur cette guerre édictée par la « communauté internationale ».

Les porte parole médiatiques de cette version officielle s’étant évidemment appliqués à ignorer cette exposition, les visiteurs y étaient venus par les chemins buissonniers de la Résistance et du bouche à oreille, conférant à cette manifestation une ambiance rare, recueillie, où l’on devinait que chaque personne présente était amie ou bien amie d’amis.

Accrochés dans deux salons élégants et contigus, baignés de lumière naturelle, les dessins des enfants du Kosovo interpellaient comme des cris lointains et silencieux.

Comme tous les dessins d’enfants qui connaissent la réalité de la guerre, ils présentent cet émouvant paradoxe de représenter le pire avec la beauté que confère la grâce ingénue de l’expression enfantine. Ils relatent pourtant sans concession la brutalité et la violence de la guerre, la tragédie humaine qu’elle charrie : le feu des incendies et des armes, le sang et la détresse de ceux qui la subissent. Ce sont là, hélas, des images qui valent pour toutes les guerres, aux quatre coins du monde.

Il y a toutefois quelque chose de singulier qui frappe dans ces dessins d’enfants du Kosovo, qui se manifeste en premier plan : la représentation de la destruction radicale d’une civilisation. Par le meurtre de ses derniers témoins vivants et par l’effacement conjoint, méthodique, de toutes les traces architecturales et culturelles de ceux qui les ont précédés : monastères, icônes et croix chrétiennes sont représentés avec insistance dans ces dessins, disparaissant comme dans la réalité dans des brasiers géants.

Une autre particularité interpelle, parce qu’elle est rare dans les dessins d’enfants : leur caractère didactique qui confère à certains la puissance évocatrice de dessins de presse. Je pense notamment à ce tragique visage d’enfant tracé à l’encre noire dans les contours d’une carte du Kosovo grillagée et barbelée. Et aussi à ce remarquable dessin gouaché représentant un soldat de la KFOR, tenant en laisse une colombe de la paix baillonnée. Ces dessins, qui contredisent avec éclat la vérité officielle, ouvrent une large fenêtre sur la réalité politique et la vie quotidienne des derniers Serbe du Kosovo.

Cette réalité dessinée par les enfants du Kosovo fut confirmée à l’issue du vernissage de l’exposition par la projection d’un film aussi éprouvant qu’émouvant On y découvre les derniers habitants serbes du Kosovo, contraints de vivre enfermés dans des villages minuscules entourés de barbelés, enclavés dans un environnement si hostile qu’il leur faut, pour en sortir, être accompagnés de forces militaires. Une modalité de déplacement assurée par la KFOR, force armée de cette « communauté internationale » entichée de « multiculturalisme », mais qui participe dans les faits du séparatisme ethno-religieux et, implicitement, de cette injonction bien connue qui le conditionne, faite aux derniers chrétiens du Kosovo : la valise ou le cercueil.

Valentin Harbal

Cette exposition, organisée par l’Association Vérité et Justice, avait été tout d’abord mise en place à la mairie du 17e qui, la veille de son inauguration, était revenue sur son accord et avait exigé son décrochage, au motif que c’était une exposition moins « humanitaire » que politique. Le bruit courut aussi que des menaces avaient été proférées envers les responsables de la mairie pour annuler cette exposition.

http://www.b-i-infos.com/association_verite_et_justice.php

Presse : B.I. : http://www.b-i-infos.com

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