L’affligeante complaisance d’Henri Pena Ruiz vis-à-vis de l’offensive islamique

Publié le 9 avril 2009 - par - 1 479 vues

Ceux qui ont eu la chance de participer aux 2es Rencontres Laïques Internationales (RLI) à Saint Denis ont pu certainement apprécier, comme moi, l’excellent discours de M. Pena Ruiz. Oui, je l’ai écrit et je récidive : ce fut un excellent discours ! A la sortie, j’ai même été féliciter son auteur, une bonne poignée de main à l’appui.

Ce discours était excellent parce qu’il relatait bien des vérités, mais surtout pas celles qui fâchent. Et, comme tout le monde le sait, toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire car, bien des fois, la bonne foi est mauvaise conseillère. Elle peut être sœur de niaiserie si l’on ambitionne d’entrer ou bien de rester dans le cercle des intellectuels bien installés.

1 – Les voilées chrétiennes investissent l’école publique

C’est lors de la dernière séance des 2es RLI que M. Pena Ruiz nous a entretenu de la laïcité. A qui voulait bien l’entendre, il a expliqué (et nous a ainsi rassurés) que la loi contre les signes religieux ostentatoires à l’école publique n’était pas dirigée contre les voiles islamiques ! Bonne nouvelle !

On peut tout de même penser qu’il s’agit là d’une affirmation aussi grotesque que le faux-cul qu’affiche Alice Sapritch dans La folie des grandeurs. Mais il faut avouer qu’en matière de discours, plus c’est gros, mieux ça passe !

Il s’agit ici d’un vrai faux constat qui évite de prendre le taureau islamique par les cornes. La corrida que M. Pena Ruiz nous rejoue avec brio, choisit à chaque fois l’Eglise catholique comme vachette. Il est vrai qu’elle est la bête noire de tout les aficionados, même si elle a été mille fois terrassée par nos preux prédécesseurs. Ainsi reste-t-elle la cible privilégiée de toutes les piques que lui assènent nos matadors contemporains. Quant aux voiles et cornettes des Sœurs Musulmanes, nos picadors les évitent en restant souvent hors l’arène.

La commission Stasi à laquelle appartenait M. Pena Ruiz a, elle aussi, choisi de mettre en avant le principe de laïcité et d’inclure toutes les religions. Ceci, avouons-le, était fort opportun car interdire tous les signes ostentatoires convenait tout à fait à une loi dont la portée se doit d’être générale. De plus, cela permettait d’éviter l’ire des musulmans qui l’auraient pris comme prétexte pour se considérer “discriminés”.

Mais M. Pena Ruiz et la commission Stasi ne peuvent nous faire oublier qu’aujourd’hui, comme en 1989, ce sont avant tout les voiles et autres prescriptions islamiques, totalement archaïques, qui nous posent problèmes. Non pas uniquement à la sortie des écoles, des collèges et lycées, mais aussi dans bien des domaines du vivre-ensemble:

– la non-mixité dans les hôpitaux, dans la pratique du sport, dans les relations matrimoniales, dans les cimetières,

– l’égorgement à vif peu respectueux des animaux et le manque d’hygiène à l’occasion de l’abattage massif, le premier jour de la « fête » du mouton,

– les voiles intégraux que doivent supporter aussi bien les voilées que les concitoyens qui les croisent sur la voie publique,

– les petites filles qu’on voile avant l’âge où elles pourraient oser dire merde à tous les voiles et les renvoyer au diable,

– les mosquées financées à hauteur de 30% aux frais de Marianne(1)…

Ces épineuses questions actuelles, ces questions qui fâchent, ces belles chevelures féminines enserrées et transformées en têtes de morts, ces voiles hideux et dégradants… M. Pena Ruiz ne les aborde pas, même lorsqu’ils nous crèvent les yeux et osent se présenter aux gîtes des Vosges.

2 – Fanny étant tombée, il faut donc l’achever !

A chaque fois, devant nos yeux ébahis, juché sur sa jument pimpante nommée Laïcité, bien caparaçonnée et bandée des yeux, notre picador garde une lance pour le gîte des Vosges. C’est là que Fanny, femme courageuse a simplement osé demander à deux voilées (2) d’ôter leurs oripeaux, ségrégationnistes des êtres, avant d’entrer dans les parties communes du gîte.

Laïcité ! D’accord pour que vous nous rappeliez ses beaux principes M. Pena Ruiz ! Mais quid de l’égalité des sexes, du vivre-ensemble, de la mixité, de l’émancipation de la misogynie des religions, de la convivialité dans les gîtes des Vosges et de Navarre ?

Et la dignité des femmes, musulmanes et non musulmanes, dans tout cela ?

Laïcité, laïcité, laïcité ! Nos ténors n’ont que cela à la bouche.
Laïcité ! Bien des bêtises sont débitées en ton nom !
Belle amie, tu en es venue à servir de paravent à nos lâchetés.

Et c’est ainsi que M. Pena Ruiz peut se montrer progressiste et anti-raciste ; sur le dos de Fanny et de Riposte Laïque. Le voile islamique, machiste à souhait, drapeau balisant les filles et les femmes réservées aux musulmans et aux convertis bien circoncis, ce voile et cette religion ne l’interpellent point. L’émancipation des musulmanes n’est pas encore inscrite à l’ordre du jour de nos intellectuels. C’est celle du “racisme” à l’égard d’une religion et de ses oripeaux qui l’est. Aussi bien à l’ONU que près de chez-nous. M. Pena Ruiz fait lui aussi partie de la procession avec ceux qui ont résolu, depuis longtemps, à mettre le voile islamique dans la case des « signes religieux ». Très spirituel et clairvoyant !

3 – Averroès et la supercherie philosophique

Aux héritiers d’Averroès, M. Pena Ruiz se croit obligé de faire un clin d’œil accompagné de ronds de chapeau. Pour que les mots « raison » et « laïcité » deviennent agréables aux oreilles des musulmans, notre professeur agrégé de philosophie fait un détours par l’Andalousie du XIIe siècle. Il cite Averroès comme précurseur du triomphe de la raison en Europe. Ce théologien-philosophe andalous pensait en effet -comme le dit bien M. Pena Ruiz- que s’il apparaissait que le texte sacré était contraire à la raison, nous devons user de la raison pour interpréter le Texte, en conformité avec cette dernière.

Ceux qui n’ont pas lu Le Discours Décisif d’Averroès, succombent facilement à cette énorme supercherie intellectuelle. Elle date du XIIe siècle, mais elle est encore colportée, entre autres, par M. de Libéra et M. Pena Ruiz.

Et voici le fond de l’affaire : dans son Discours Décisif, Averroès nous explique ceci : « Car nous en avons vu certains qui croyaient avoir appris la philosophie, et compris grâce à leur merveilleuse sagesse des choses contredisant la Révélation de toutes les manières, c’est à dire des choses non interprétables, et qui se sont estimés dans l’obligation de les exposer à la foule ».

A ses contemporains qui pointaient les incohérences du Texte et en informaient les masses populaires, notre philosophe Averroès, qui était aussi garde des sceaux (3), avait prévu « la perdition dans ce monde et dans l’autre » (4).

C’est que la raison a ses limites que la raison théologique ou la raison d’Etat peuvent expliquer très simplement. Mais ça, M. Pena Ruiz et M. de Libera(5) ne prendront pas le temps de vous l’expliquer. Ils préfèrent charmer les masses populaires d’aujourd’hui, toutes acquises qu’elles sont à la critique du pouvoir et de l’Église ; à l’aide de discours brillants… mais pas décisifs pour un sou !

Pascal Hilout

Nouvel islam

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(1) [Enquête sur le financement des nouvelles mosquées. Le figaro 22/12/2008->http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2008/12/13/01016-20081213ARTFIG00745-enquete-sur-le-financement-des-nouvelles-mosquees-.php]

(2) L’une d’entre elles portait une djellaba marocaine

(3) Qâdi al qudât, équivalent de notre garde des sceaux, veillant à la bonne marche de la justice et de la jurisprudence.

4) Averroès, Le Discours Décisif, §58, p. 159, GF-Flamarion, Paris 1996. Traduction inédite de Marc Geoffroy, introduction d’Alain de Libera

(5) Alain de Libera est un des spécialistes et thuriféraires d’Averroès. Il n’a jamais daigné me répondre ni corriger sa vision de son idole, même si j’avais démontré, lors d’un colloque à l’Institut du Monde Arabe, devant un parterre de spécialistes internationaux que le Discours Décisif était tout simplement une fatwa de censure contre des philosophes. M. de Libera, dont le commerce sur fond d’Averroès et de physique géocentrique, chère à Aristote, ne tient plus debout, a aussi été une figure de proue dans la campagne organisée contre Sylvain Gougenheim :

[Landerneau terre d’islam – par Alain de Libera->http://www.telerama.fr/idees/landerneau-terre-d-islam-par-alain-de-libera,28252.php ]

[Pétition de l’Ecole Normale Supérieure – Lettres et sciences humaines->http://www.telerama.fr/idees/petition-de-l-ecole-normale-superieure-lettres-et-sciences-humaines,28371.php]

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