L’apostasie racontée par un musulman

Publié le 6 mai 2008 - par - 511 vues
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Le mardi 24 avril 2008 j’écoutais la radio britannique Radio 4.
A 21h, heure française, ils ont diffusé un programme intitulé « Pourrais-je cesser d’être musulman ? » animé par Shiraz Maher, que j’ai ensuite retrouvé sur Internet et que vous pouvez écouter en cliquant sur le lien en bas de page.

Shiraz Maher est un jeune musulman né et élevé à Birmingham. Lorsqu’il était étudiant, il était membre d’un groupe islamiste radical et faisait campagne pour un califat islamique dont la constitution autoriserait l’exécution des musulmans qui osent renier leur foi.
Un beau jour Shiraz a quitté le groupe, a été accusé d’apostasie et a été menacé de mort.

Dans l’émission il a mené une sorte d’enquête en interviewant des musulmans venant d’horizons différents (salafistes/waahbites, soufis) et des musulmans convertis au christianisme.
Son but était de savoir ce qu’est l’apostasie, si elle est vraiment justifiée et condamnée par le Coran et si elle est condamnée dans les régimes islamiques.

Apostasie signifie reniement de la foi.
Shiraz n’a pas renoncé à sa religion. Il a juste souhaité quitter son groupe de fanatiques islamistes et clamer que les musulmans doivent s’intégrer dans la société britannique et aider les autorités à lutter contre le terrorisme. C’est pour cela qu’il est considéré pas simplement comme un traitre, un renégat, mais aussi comme un apostat.

Ce qui est certain, c’est que le Coran ne prescrit aucune sanction à l’encontre d’un musulman qui renonce à l’Islam.
Par contre il existe un hadith qui prescrit l’exécution de quiconque abandonne sa religion pour en embrasser une autre.

Cinq états punissent les apostats de mort : l’Arabie Saoudite, l’Iran, la Mauritanie, le Soudan et la Malaysie. Heureusement la peine n’est pas souvent appliquée grâce à la pression internationale. La nature de l’exécution est laissée à la discrétion de l’imam (ou du juge) : décapitation, pendaison, crucifixion.

Par contre des groupes d’intégristes agissant un peu partout dans le monde, y compris dans les sociétés occidentales, se permettent d’assassiner des musulmans qui renient leur foi ou bien gardent leur foi mais condamnent l’intégrisme et la violence.
A Birmingham un jeune musulman qui était rentré dans l’armée britannique a été décapité par une bande d’intégristes qui ont filmé la décapitation afin de la diffuser sur Internet et mettre en garde les autres musulmans.

Tout musulman qui ose rentrer dans la police ou même servir d’interprète risque aujourd’hui d’être tué par ces terroristes.
Tout musulman qui collabore avec l’état occidental dans lequel il vit est considéré comme un traitre vis-à-vis de l’oumma, la communauté musulmane, et se voit condamné à mort par ces bandes de fanatiques.
De telles pratiques s’expliquent sans doute par l’influence des waahbites ou des salafistes, originaires d’Arabie Saoudite, où l’apostasie est considérée comme un crime. L’état étant une théocratie, dieu et autorité se confondent ; religion et politique ne font qu’un.

Le waahbite interviewé tenait à préciser que c’est le gouvernement qui doit prescrire et appliquer la sentence, non pas des individus ou des groupes d’individus. Car ceux-ci commettraient un péché. (Le gouvernement ne commet pas de péchés !)
Shiraz Maher rappelle que malheureusement ce sont les formateurs des imams en Grande-Bretagne qui enseignent à leurs disciples que l’apostasie est un crime alors que le gouvernement de Sa Majesté promeut la formation des imams sur son territoire pensant que ceux-ci échappent ansi à l’influence néfaste des formeteurs en Arabie-Saoudite et dans d’autres pays islamiques.

Je salue non seulement le courage de ce jeune musulman, mais aussi le courage des producteurs de la BBC.
Ce genre d’émissions devrait se développer pour promouvoir la réflexion, faciliter la prise de conscience, inciter d’autres musulmans à suivre l’exemple de Shiraz.

Rosa Valentini

http://www.bbc.co.uk/radio/aod/mainframe.shtml?http://www.bbc.co.uk/radio/aod/radio4_aod.shtml?radio4/couldistopbeingamuslim

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