L’arche des zozos ou les dérives du spontanéïsme humanitaire

Publié le 10 novembre 2007 - par
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J’ai déjà dénoncé dans les précédents numéros de Riposte laïque comment à partir de bons sentiments, la défense des sans papiers portait en elle des dérives absurdes. On a vu à nouveau les people descendre dans la rue et soutenir à grands coups de trémolos dans la voix des familles instrumentalisées par le DAL rue de la banque.

Au lieu de condamner le DAL qui encourage ces pauvres femmes et enfants à passer la nuit dehors, ils préfèrent dénoncer la ministre du logement. Elle a pourtant raison de dénoncer ces gesticulations. Jamais un gouvernement n’a pas dépensé autant d’argent d’abord dans le cadre de la rénovation urbaine, jamais construits autant de logements sociaux depuis au moins trente ans et l’Etat ne dépense pas moins d’un million d’euros par jour pour l’hébergement d’urgence.

Mais certains vivant de cette médiatisation, s’agitent comme les don quichotte et leurs tentes rouge le long du canal Saint Martin. Tout est bon pour faire parler de soi et tant pis pour ceux qui restent sur les listes d’attente. Heureusement qu’ils ne savent pas combien de sans papiers régularisés passent avant eux, exigeant d’être logés ici ou là et se plaignant d’être trop loin de Paris.

Mais ce qui compte depuis le campement de Vincennes début des années 90, c’est au travers de la pauvreté et de la misère de faire pleurer les journalistes et les bonnes âmes qui se contrefoutent par ailleurs du sort de la classe ouvrière.

Comme il faut toujours en faire plus, des zozos se sont dits que eux ils étaient tellement plus intelligents que les autres , ils allaient au mépris de toutes les lois, de toutes les conventions aller chercher des petits enfants noirs, c’est tellement tendance ! Malgré les mises en garde, ils se sont fait financer leur aventure en jouant sur le désir d’enfants des familles et ont sciemment trompés les autorités sur leur véritables intentions. Faisant fi de la souveraineté du Tchad, eux ils allaient sauver les enfants.

Cette dérive de l’humanitaire a déjà maintes fois été dénoncée et c’est déjà sur cette fibre larmoyante que la famine du Biafra avait été utilisée lançant les french doctor et Kouchner et son fameux droit d’ingérence.
Et cette histoire était tellement chouette que les journalistes se sont embarqués dans l’aventure. Malheureusement, l’affaire ayant mal tournée, ils se drapent alors dans leur statut sacré de journalistes toujours au dessus de la mêlée.

Pour eux la mobilisation joue toujours a fond, pour les infirmières bulgares c’étaient autre chose. Le corporatisme chez ces gens là, c’est bien. Enfin, grâce à notre grand zoro, ils sont revenus mais les ingrats ont bien du mal à dire merci et quand ils le font, ce n’est que du bout des lèvres…Mais la presse se déchaîne , scandale : il a laissé les autres, il répond : j’irai les chercher aussi, les Tchadiens disent, nous déciderons en toute indépendance, la presse se déchaîne encore… du moment qu’elle peut taper sur Sarko c’est tout bon !

Cette pitoyable histoire illustre parfaitement la dérive de tous ceux qui s’autoproclament justiciers et redresseurs de torts. Dans un pays qui dispose d’un système social élevé, de multiples organismes d’assistance sociale, doit-on encourager ceux qui instrumentalisent la misère et les passe droits, la violation des règles ? Le droit au logement pour ceux qui n’ont pas de droit de séjour, ?

Ces élucubrations extrêmes de l’arche de Zoé, du DAL ou des don quichotte ne sont que la dérive poussée à l’extrême des comportements de tous ceux qui, au nom de bonnes raisons, légitiment leurs actions de contestation ou de violation de la légalité et par la même remettent en cause les lois, les principes de la République et en réalité l’essence même de la démocratie.

Gabrielle Desarbres

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