L’art de la rhétorique de Caroline Fourest pour démolir Fitna et Wilders

Publié le 8 avril 2008 - par
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Pour découvrir sur Internet la première réaction de Caroline Fourest au film « Fitna » de Geert Wilders, il a fallu attendre cinq jours après la mise en ligne du court-métrage. J’avoue que j’attendais avec intérêt l’opinion de Caroline Fourest, qui s’était jadis illustrée dans ses combats féministes contre l’obscurantisme, y compris celui de l’islam. Rappelons-nous comment elle a courageusement dénoncé la dérive d’une certaine gauche vers l’islamogauchisme, ce pacte contre-nature entre les fous d’Allah et ceux qui devraient défendre les Droits de l’Homme. Rappelons-nous sa dénonciation du double discours d’un Tariq Ramadan ou de la connivence entre l’UOIF et les Frères Musulmans.

Caroline Fourest a su faire attendre sa réaction à « Fitna », mais nous lui pardonnons volontiers ce privilège d’artiste, car son opinion publiée sur le site de Prochoix (1) est un summum de rhétorique qui laisse pantois d’admiration. Heureusement, dans un récent article de Riposte Laïque, Radu Stoenescu nous a brillamment exposé comment « déjouer quatre rhétoriques classiques des défenseurs de l’islam » (2) ; nous avons bien besoin de cette leçon pour nous aider à décrypter le chef d’œuvre de Caroline Fourest.

Dans son article, elle décrit très brièvement le film. Puis elle enchaîne : « Le clip de Wilders ne méritait ni la publicité du gouvernement néérlandais (…), ni l’émotion feinte de certains pays islamiques (…) Il ne méritait pas non plus d’être censuré par un diffuseur sur internet. »

On remarque l’utilisation, par deux fois, de l’expression « ne méritait pas », ce qui est une manière de réduire d’emblée le mérite du film sans avoir à expliquer pourquoi ce mérite serait limité.

Puis Caroline Fourest affirme péremptoirement : « Fitna est clip émotionnel, qui fait appel à l’instinct et non à la réflexion. »

Elle reviendra en fin d’article à ce jugement, et nous verrons comment elle le justifie. Mais poser l’affirmation dès le départ et bien avant la démonstration permet de préparer le lecteur à cette idée.

Elle conclut immédiatement : « Il a donc bien sa place sur internet, où l’on trouve déjà des milliers de clips de ce genre, réalisé par des djihadistes ou des paranoïques nous expliquant que le 11 septembre est un complot américain. »

Le coup du mépris

Le mépris déjà exprimé par le double « il ne méritait pas » est réaffirmé, toujours sans démonstration, en disant que le film est juste bon à être mis sur Internet. Evidemment, Caroline omet de rappeler que le film est sur Internet parce qu’aucune chaîne de télévision n’a voulu le diffuser, et aussi qu’Internet regroupe certes des vidéos exécrables mais aussi comme de bonnes réalisations. Pour dénigrer encore plus la médiocrité supposée de « Fitna », Caroline évoque comme un cheveu sur la soupe des clips réalisés par des jihadistes ou des adeptes de Thierry Meyssian, ce qui provoque une assimilation entre ces clips méprisables et le film de Geert Wilders. Quel est le rapport entre le négationnisme sur le 11 septembre 2001 et « Fitna » ? Aucun ! C’est ce qu’on appelle un amalgame, et celui-ci est particulièrement calomnieux.

On aurait pu tout autant vanter Internet comme un espace de liberté d’expression où Geert Wilders peut s’exprimer malgré la censure médiatique, puis rappeler qu’on trouve sur ce média des milliers de vidéos de libre expression et de qualité, comme par exemple toutes les interventions audiovisuelles de Caroline, postées par elle-même (3). Donc Caroline choisit tout à fait arbitrairement de dénigrer « Fitna » en le rapprochant de films détestables qui n’ont aucun rapport, plutôt que d’œuvres intéressantes.

Caroline va poursuivre le rapprochement insensé et burlesque entre « Fitna » et ces vidéos exécrables : « Bizarrement, d’ailleurs, les sites de partage de vidéo en ligne comme Daily motion rangent le film de Wilders dans la catégorie « inapproprié » (il faut vous enregistrer pour le voir), alors que les films complotistes sur le 11 septembre sont en libre accès. Pourtant, ces films-là contiennent des informations erronées et des manipulations qui peuvent vraiment induire un internaute en erreur. Alors que le film de Wilders, malheureusement, n’a même pas eu besoin de recourir à ce type de stratagème. »

Les oublis volontaires de Caroline

Donc Caroline nous explique que les films « complotistes » sont menteurs, mais que le film de Geert Wilders ne rentre « malheureusement » pas dans la même catégorie. Pourquoi « malheureusement » ? Caroline ne le précise pas, elle laisse donc cet adverbe négatif sans explications, mais elle aura réussi à l’associer à « Fitna ». On remarque aussi que Caroline Fourest aurait pu dire que « Fitna » ne contient pas « des informations erronées et des manipulations », mais elle préfère dire qu’il « n’a même pas eu besoin de recourir à ce type de stratagème » ce qui permet d’associer le mot « stratagème » à « Fitna », et de le renforcer par l’expression « même pas ». Ainsi, Caroline Fourest évite de dire très simplement que « Fitna » dit… la vérité ! On voit donc que tout ce paragraphe n’a strictement aucune utilité, sinon de dénigrer le film de Geert Wilders uniquement par des rapprochements habiles de choses sans rapport avec lui.

Caroline poursuit : « Il se contente d’aligner les images d’horreurs commises au nom de l’Islam ces dernières années »

Notons l’expression « il se contente », ce qui laisse penser que « Fitna » n’est que cet alignement d’« images d’horreur », alors qu’il y a aussi des citations coraniques, des prêches, et toute une seconde partie sur laquelle Caroline va revenir juste après. Ainsi, Caroline réduit « Fitna » à des images horribles. Caroline omet soigneusement de préciser que chacune de ces images est rapprochée d’un verset coranique qui prescrit ces horreurs, et de prêches allant dans le même sens en rappelant les prescriptions du Coran et de Mahomet. Caroline passe donc totalement sous silence la démonstration de Geert Wilders qui est pourtant l’objet principal de son film : les horreurs actuelles sont directement attribuables à des prescriptions islamiques. On a tout au contraire droit à l’expression consacrée : « horreurs commises au nom de l’islam », ce qui dédouane l’islam de ces horreurs et qui en fait même une victime de ceux qui perpétuent les horreurs, ceux qui en quelque sorte usurpent le nom de l’islam.

Caroline poursuit : « Sans les jihadistes et les intégristes, ce film n’existerait donc pas, puisque Wilders n’aurait aucune image à montrer. »

Le coup du racisme, pour empêcher tout vrai débat sur l’immigration

Ainsi, les fous d’Allah sont présentés non pas comme ceux que dénonce Geert Wilders, mais comme ses fournisseurs exclusifs d’« images horribles ». Par cette approche saugrenue, Caroline Fourest fait donc apparaître Geert Wilders comme redevable aux islamistes, ce qui renforce l’idée de proximité qui était déjà suggérée par les amalgames précédents. C’est vraiment du grand art dialectique !

Caroline poursuit : « Bien que minimal, le commentaire n’en demeure pas moins problématique. Vers la 10ème minute, Wilders fait le lien entre ces images de haine et le nombre grandissant de musulmans aux Pays-Bas, pour finir par dénoncer l’« islamisation ». Son film ne vise donc ni l’islamisme ni même l’Islam en tant qu’idéologie religieuse, mais le fait qu’il y a trop de musulmans en Europe. C’est un message xénophobe. »

Caroline présente ainsi la thèse principale de son article : « Fitna » est un « message xénophobe ». Mais avant d’y revenir, notons que Caroline dit que le film de Wilders « ne vise donc ni l’islamisme ni même l’Islam en tant qu’idéologie religieuse » ; cela est parfaitement faux puisque « Fitna » cite explicite des préceptes idéologiques inacceptables de l’islam que sont ces fameux versets que Caroline a habilement éludés juste avant. Ainsi, Caroline renforce l’idée que « Fitna » n’a rien à voir avec l’islam.

Revenons maintenant à l’admirable raccourci : « Fitna » suggère « qu’il y a trop de musulmans en Europe » et donc ce serait « xénophobe ». Caroline présente ce raccourci comme si c’était un postulat indiscutable. Elle reprend d’ailleurs une méthode déjà utilisée par le Mrap il y a quelques années dans un communiqué intitulé « Les français toujours « plus ou moins » racistes » (4). Pour affirmer cela, le Mrap se basait sur un sondage de la CNCDH qui disait entre autres que « 60% jugent qu’il y a trop de personne d’origine étrangère en France, les premiers touchés par ce rejet étant les arabes dont 63% des interrogés pensent qu’ils sont trop nombreux en France ».

Notons au passage que Caroline rapproche « xénophobe » du « trop de musulmans », ce qui étymologiquement suggère que les musulmans sont des étrangers, donc que ce ne sont pas des Français. Les musulmans apprécieront !

En mettant l’étiquette de « raciste » ou de « xénophobe » à toute personne disant qu’il y a trop d’étrangers ou trop de musulmans, on agit par anathème, comme quand on qualifie d’« islamophobes » des gens qui critiquent l’islam. On transforme la critique d’un concept (l’islam, l’immigration) en dénigrement des personnes qui critiquent (racistes, xénophobes). On les classe dans une catégorie haïssable sans démontrer qu’ils appartiennent à celle-ci. C’est l’une des méthodes rhétoriques décrites par Radu Stoenescu dans son article en citant Arthur Schopenhauer : « Nous pouvons rapidement éliminer ou du moins rendre suspecte une affirmation de l’adversaire opposée à la nôtre en la rangeant dans une catégorie exécrable, pour peu qu’elle s’y rattache par similitude ou même très vaguement. Par exemple « C’est du manichéisme, c’est de l’arianisme, (…) c’est de l’idéalisme, etc. » En faisant cela nous supposons deux choses : 1) que l’affirmation en question est réellement identique à cette catégorie, ou au moins contenue en elle, et nous nous écrions donc : « Oh ! Nous sommes au courant ! », et 2) que cette catégorie est déjà totalement réfutée et ne peut contenir un seul mot de vrai. »

En effet, peut-on assimiler toute personne qui se plaint du trop d’étrangers en France ou en Europe à un xénophobe, c’est à dire à une personne hostile aux étrangers en général et à une personne raciste ? Quelques métaphores permettent d’infirmer aisément le postulat de Mouloud Aounit et de Caroline Fourest. Par exemple, au soir du 6 mai 2007, Caroline Fourest qui n’aime pas trop Nicolas Sarkozy, a pu trouver qu’il y a eu « trop d’électeurs » pour Sarkozy au second tour de l’élection présidentielle. Mais Caroline Fourest est une républicaine et une démocrate adepte du débat d’idées, et donc nous ne l’accuserions pas de détester ces « sarkozystes », d’être en quelque sorte coupable de « sarkozytophobie », de racisme anti-sarkozystes. Un autre exemple. J’avais remarqué, dans un autre article, que Caroline Fourest défend l’interdiction aux hommes d’un festival cinématographique lesbien (5). En approuvant cette interdiction sexuelle, elle désire qu’il n’y ait pas le moindre homme assistant à ce festival dont elle veut préserver la « culture sur la base d’une identité ». A fortiori, on peut dire qu’elle ne veut pas qu’il y ait « trop d’hommes » à ce festival. Pourtant, il ne me viendrait pas à l’idée de dire que Caroline Fourest est « androphobe » ou raciste anti-hommes !

De même, il n’est pas du tout automatique que souligner les problèmes d’une immigration qu’on juge trop importante traduise une quelconque hostilité ou haine contre les étrangers. Bien au contraire, une immigration raisonnable permet de mieux intégrer les étrangers, et donc de réduire les sentiments et les conflits racistes. Le postulat de Mouloud Aounit et de Caroline Fourest ne résiste donc ni à l’analyse, ni à la réalité. C’est une contrevérité. D’ailleurs un sondage fait récemment aux Pays-Bas dit que 57% de Néerlandais pensent que l’immigration massive et récente a été la plus grande erreur de leur histoire (6). Qui pourrait prétendre que 57% des Néerlandais seraient racistes ou xénophobes ?

Le postulat de Mouloud Aounit et de Caroline Fourest est hélas largement matraqué par une certaine bien-pensance de gauche. Ce véritable terrorisme intellectuel qui consiste à qualifier de raciste quiconque s’interroge sur une immigration trop massive est hélas dramatique, puisque non seulement il veut étouffer un débat démocratique, mais en plus il relègue la levée de ce tabou à droite voire à l’extrême droite. Il faut pouvoir parler de l’immigration en général ou de la présence musulmane en France pour en régler les problèmes, et Caroline Fourest pourra difficilement nier que plus il y a de musulmans dans notre pays, plus leur intégration est difficile et pose des problèmes, en particulier envers les femmes. Elle ne peut pas le nier puisqu’elle a participé à un débat des « Insoumises » que nous avons déjà commenté (7) avec extrait audio à l’appui un extrait audio (8), où Nadia Amiri et Sonia Chikh mettaient clairement en cause l’islam et ses prescriptions religieuses sexistes.

Vouloir opposer la « gentille » Ayaan au « méchant » Wilders

Le postulat de Mouloud Aounit et de Caroline Fourest est extrêmement dangereux parce qu’il ne se fixe aucune limite à partir de laquelle on pourrait avoir le droit de dire qu’il y a trop d’étrangers sans se faire insulter. Autrement dit, il ouvre la porte à une immigration sans fin et donc difficilement intégrable, avec tous les problèmes de conflits que cela entraîne, jusqu’à risquer de faire disparaître notre « culture sur la base d’une identité », et accessoirement ma culture d’amateur de charcuterie et de bons vins, et l’identité lesbienne de Caroline Fourest. Si la présidente de Prochoix est candidate au suicide culturel et identitaire, pas moi.

Nous parlions de sexisme islamique, revenons à l’article de Caroline Fourest sur « Fitna ». Elle poursuit : « En cela, le film de Wilders est très différent de Soumission, écrit par Ayaan Hirsi Ali et réalisé par Théo Van Gogh, qui s’attaquait aux versets sexistes du Coran de façon féministe et anti-religieuse. »

Alors que quelques lignes plus haut, Caroline Fourest omettait soigneusement de rappeler que des versets jihadistes du Coran cités dans le film étaient rapprochés d’« horreurs » contemporaines, voilà qu’elle reconnaît soudain que ce livre contient des « versets sexistes ». On remarque aussi qu’Ayaan Hirsi Ali et Théo Van Gogh ont une démarche « anti-religieuse » tout à fait respectable, alors qu’on a vu plus tantôt que Caroline Fourest dit que Geert Wilders ne s’attaquerait même pas à l’« idéologie religieuse » de l’islam. Allez comprendre !

Pourquoi cette différence de traitement fallacieuse ? Parce qu’on ne parle plus du méchant film « xénophobe » de Geert Wilders – qui évoque pourtant lui aussi des « versets sexistes » et leurs conséquences ! – mais du gentil film féministe « Submission » de Théo Van Gogh et d’Ayaan Hirsi Ali, qu’on cherche à opposer à « Fitna ». On voit donc que Caroline Fourest utilise des arguments à géométrie très variable selon ses besoins de persuasion. La contorsion est d’autant plus grande que d’habitude, Caroline a plutôt tendance à vanter le côté « progressiste » du Coran et le « féminisme » de Mahomet, comme dans un forum de nouvelobs.com (9) ou une intervention radiophonique sur RMC (10) évoqués sur Riposte Laïque par Christine Tasin (11).

Ah bon ? Le Coran est féministe ?

Caroline Fourest avait fait également la promotion d’un Mahomet féministe – donc sans « versets sexistes » – dans une conférence en Italie en 2006 (12) et je prendrai juste un extrait pour montrer comment elle accommode avec finesse l’Histoire et les faits à sa façon, puisque là encore c’est de la dialectique de haut niveau : « Si vous prenez par exemple la question des droits des femmes, vous sauriez surpris de découvrir à quel point Maomet était loin d’être un prophète plus sexiste que certains pères de l’église. Maomet a vécu plus tard que les deux précédents prophètes, il était entouré de femmes à fort caractère, comme sa première femme khadija ou sa très jeune femme Aïcha, et il s’est plutôt battu pour certaines avancées dans ce domaine. »

Donc ce « prophète » – c’est Caroline qui le dit, pas moi – est comparé à « certains » pères de l’Eglise. Lesquels ? On ne saura pas. De toute façon, si l’on voulait comparer les religions (et c’est ce que veut faire ici Caroline Fourest), il faut alors comparer les fondateurs entre eux, donc comparer Mahomet à Jésus. Caroline confond une institution (l’Eglise catholique) et une religion (le christianisme). Si elle veut comparer « certains » pères de l’Eglise à quelque chose d’équivalent en islam, elle doit choisir les premiers califes ou les gens qui ont mis en forme le Coran et codifié la charia sous leur autorité. Comparer Mahomet à « certains » mystérieux pères de l’Eglise, c’est donc fausser totalement l’étude des fondements des deux religions. A ce compte-là, on peut comparer Bouddha et les Croisades en religion, ou Proudhon et Brice Hortefeux en politique !

Mais revenons à Jésus et Mahomet. Et là, sur le plan du féminisme, la réalité dément Caroline, puisque le Coran dit – entre autres amabilités misogynes – de battre son épouse si on la soupçonne d’un quelconque délit – et même sans preuves – alors que Jésus ordonnait de ne pas lapider la femme adultère et de lui pardonner, et qu’il fréquentait des femmes qualifiées de pécheresses. Et cela six siècles avant Mahomet, qui avait été instruit par des moines chrétiens en Arabie préislamique, donc qui devait connaître le message évangélique ! L’islam apparaît plus « régressiste » que « progressiste » sur ce coup.

On notera aussi que Caroline Fourest prend comme argument « féministe » envers l’islam que deux épouses de Mahomet avaient « fort caractère ». Deux épouses sur plus de vingt – sans compter les concubines, les esclaves et les prises de guerre -, c’est un peu court, non ? Et on ne voit pas pourquoi le fait d’avoir une tête de bois rendrait automatiquement l’époux « progressiste » et « féministe », ainsi que la religion qui va avec. D’autant plus que les deux exemples sont assez mal choisis. Khadija était une veuve âgée qui épousa le jeune Mahomet bien avant que celui-ci commença à énoncer ses versets coraniques qu’il prétendait recevoir d’une divinité par l’intermédiaire d’un ange. Khadija mourut trois ans avant que Mahomet émigre à Médine, et qu’il fonde l’islam (début de l’Hégire !) avec des versets dogmatiques bien plus racistes, jihadistes et sexistes que ceux (abrogés) de la période mecquoise précédente.

Donc l’islam n’y est pour rien dans le choix de Khadija comme épouse par Mahomet : Khadija est tout simplement préislamique et par conséquent ne peut être invoquée pour accréditer l’idée d’un islam « féministe » ou « progressiste ». Et cela est d’autant plus vrai que Khadija est morte avant d’avoir connu le Mahomet voleur et assassin qui répand sa religion toute nouvelle en exterminant ses ennemis. Dire cela n’est pas raciste ou insultant : c’est une vérité historique confirmée par le tribunal administratif de Paris le 6 février 2008 qui a reconnu la validité historique de propos de l’enseignant Louis Chagnon contestés par l’Education Nationale et le Mrap. Espérons que la France ne vote jamais les lois que l’ONU réclame suite à la sortie de « Fitna », et qui interdiraient toute critique négative des religions donc toute recherche historique ou scientifique sur elles. Par contre, cela ferait bien entendu l’affaire de Caroline Fourest, puisqu’il serait alors interdit de démontrer qu’elle embellit à tort l’islam.

Quant à Aïcha, la dernière épouse officielle de Mahomet, la simple évocation de son cas comme exemplaire devrait faire sursauter n’importe quel défenseur des droits de l’enfant ! Pour résumer, citons Ayaan Hirsi Ali, justement, qui en disait la chose suivante dans une interview à l’Express (13) : « Oui, le Prophète a désiré et volé Zaïnab, la femme de son disciple, qu’il a épousée en prétendant qu’il le faisait avec la bénédiction de Dieu. Oui, il est tombé amoureux d’Aïcha, la fille de son meilleur ami, quand elle avait 6 ans et a refusé d’attendre qu’elle ait atteint la puberté. Le Prophète a demandé la main de la petite fille à 6 ans et le mariage a été consommé quand elle a eu 9 ans : dans nos sociétés occidentales, c’est ce qu’on appelle un pédophile. » Voilà donc une « avancée » féministe un peu surprenante.

Veuillez m’excuser de cette longue parenthèse spirituelle et historique, mais elle permet de saisir combien Caroline Fourest sait réécrire l’Histoire suivant les besoins du discours du moment, quitte à dire le contraire de la vérité. Le Coran « progressiste » ici devient « sexiste » là, et le « beau modèle » – selon Caroline Fourest d’hier – du couple Mahomet et Aïcha est contredit par Ayaan Hirsi Ali dont Caroline Fourest nous vante aujourd’hui le film « Submission » qui dénonce le sexisme de l’islam. (Je sais que c’est difficile à suivre, mais comment démontrer cette brillante rhétorique sans en coucher noir sur blanc les multiples contorsions contradictoires ?)

Caroline oublie de préciser qu’Ayaan soutient Wilders, et a écrit le scenario original de Fitna

Non, le film de Geert Wilders n’est pas « très différent de Soumission, écrit par Ayaan Hirsi Ali et réalisé par Théo Van Gogh », comme le prétend habilement Caroline Fourest. Tous deux dénoncent des dogmes coraniques inacceptables, tous deux en montrent les conséquences modernes. La différence de degré – et non de nature – est que « Submission » ne traite que du sexisme islamique tandis que « Fitna » porte sur plusieurs prescriptions de l’islam mais la démonstration est la même. Et évidemment, Caroline Fourest oublie de rappeler qu’Ayaan Hirsi Ali avait écrit le scénario initial de « Fitna » et qu’elle a soutenu Geert Wilders dans une tribune libre du journal néerlandais De Volkskrant dès le lendemain de la diffusion du film (14). Donc c’est tout à fait artificiellement et fallacieusement que Caroline Fourest oppose Ayaan Hirsi Ali et Geert Wilders qui ont d’ailleurs milité dans le même parti conservateur néerlandais, et qu’elle oppose « Submission » et « Fitna ».

Caroline Fourest dit que ce serait cette histoire de jugement sur l’immigration musulmane qui différencierait les deux auteurs et les deux films. Mais « Submission » ne traitait pas de l’immigration et donc n’avait pas à en parler. On peut alors se demander ce que pense Ayaan Hirsi Ali sur l’immigration et les musulmans en Europe pour voir si son avis diffère de celui de Geert Wilders. Nous avons la chance de le savoir, car elle en parle – entre autres sujets – en novembre 2007 dans une interview en anglais au magazine Reason (15).

C’est un peu long à recopier, alors je résume. Ayaan a l’impression que les musulmans sont mieux intégrés aux Etats-Unis qu’en Europe, et que davantage d’entre eux deviennent « radicaux » en Europe. Elle dit qu’aux Etats-Unis, les musulmans immigrés doivent trouver obligatoire un travail. C’est très différent, selon elle, en Allemagne, en Hollande et au Royaume-Uni. Les Européens sont plus réticents à refuser l’entrée à des étrangers. Selon Ayaan Hirsi Ali, les immigrants musulmans ne sont pas venus initialement en Europe pour s’assimiler et rester. Quant aux nouvelles générations, elles sont venues non pas tant pour travailler comme leurs aînés mais plutôt pour bénéficier de prestations sociales. Donc l’assimilation n’est pas non plus dans leur esprit, tout comme pour leurs prédécesseurs. Ayaan Hirsi Ali compare ensuite les ethnies par pays d’émigration et d’immigration. Elle remarque également que les Etats-Unis contrôlent mieux leurs frontières que l’Europe qui par conséquent ne trie pas trop les étrangers qui entrent sur son territoire.

Ayaan Hirsi Ali convient donc que l’immigration musulmane pose des problèmes d’intégration en Europe. Son avis est-il « très différent » de celui de Geert Wilders ? Et sinon, serait-elle xénophobe, si l’on applique le postulat de Mouloud Aounit et de Caroline Fourest ? Et quand elle évoque Voltaire et l’avancée de la civilisation européenne par rapport aux pays musulmans, elle est raciste ?

Notons enfin, pour conclure sur l’opposition entre Ayaan Hirsi Ali et Geert Wilders que Caroline essaie d’induire chez ses lecteurs, que tous deux sont menacés de mort par les islamistes, doivent vivre sous haute protection et en voient leur vie totalement bouleversée. Caroline Fourest a toujours insisté sur cette situation pour Ayaan Hirsi – tout comme pour Mohamed Sifaoui – et elle en fait le motif du soutien qu’elle leur montre ; mais elle n’a pas un seul mot de compassion pour Geert Wilders qui se trouve dans les mêmes difficultés. Nous avions déjà noté cette curieuse absence de compassion à propos de l’attitude de Caroline Fourest et de tous ceux qui ont joint leurs pierres à celles des islamistes contre Fanny Truchelut (16). Cet humanisme variable selon le faciès politique réel ou supposé des victimes des islamistes paraît donc quelque peu suspect.

Je m’arrête là afin de ne pas faire trop long. Mais ça valait la peine de décortiquer en détail une partie de la prose de Caroline Fourest pour montrer combien, à chaque phrase et avec une densité admirable, les mots et les expressions sont choisis et assemblés de façon non pas à rendre compte des réalités, mais pour servir une thèse bien éloignée desdites réalités, et parfois totalement opposée à la vérité.

Les lecteurs pourront poursuivre l’exercice jusqu’à la fin de l’article de Caroline Fourest. Ils remarqueront qu’elle prête la même vision à Geert Wilders d’une caricature de Mahomet que celle que Mouloud Aounit utilisait pour traiter France-Soir d’appel à la haine et à la violence contre les musulmans. On notera enfin que Caroline termine sur « l’instinct » soi-disant « éveillé » par Geert Wilder chez ses spectateurs – assimilant ainsi ceux-ci à des gens peu raisonnables – et qu’elle oppose l’« engagement sincère » – qu’elle fait évidemment sien – avec « l’acte de propagande » qu’elle prête à Geert Wilders. Puis elle brasse magistralement encore une fois ensemble les islamistes et l’auteur de « Fitna » pour bien les « amalgamer » afin de faire croire c’est la même démarche guerrière qui les anime.

La recette de la « Fitna » à la grimace proposée par Caroline Fourest mériterait donc un 20 sur 20 au palmarès du politiquement correct et de l’islamiquement correct. C’est ce type d’article qui explique pourquoi par exemple le reportage vidéo de Caroline Fourest sur la réfection d’hymen – aucun rapport avec l’islam non plus selon l’auteure – a eu droit à un « prime time » sur la très officielle chaîne française France 2, tandis que Geert Wilders n’a trouvé aucune chaîne publique néerlandaise ou européenne qui a osé diffuser « Fitna » et a dû se contenter de la liberté d’expression fournie par Internet et un courageux site américain de publications de vidéos.

Néanmoins, je ne mettrai que 19 sur 20 à l’article de Prochoix, puisque la toute dernière phrase gâche un peu la sauce. Caroline Fourest, dans son amalgame entre les jihadistes et Geert Wilders, dit des premiers que « leurs films incitant à la haine trouvent des mains pour tuer. Ce qui fait tout de même une sacrée différence ».

Une nouvelle tarte à la crème du terrorisme intellectuel

Certes, l’auteur veut ainsi montrer qu’elle n’est pas absolutiste. Mais le lecteur risque de s’interroger sur cette « sacré différence ». En effet, une majorité de Néerlandais partage les inquiétudes de Geert Wilders sur l’islam ; et les musulmans qui seraient d’esprit jihadistes sont – nous dit-on – une infime minorité. Or les partisans de je ne sais quelle supposée « xénophobie » ne se font pas sauter au milieu de civils musulmans, ils ne crient pas en foules hystériques « mort à l’Orient » ou des choses de genre accompagnées de slogans « Jésus Akbar ! ». Caroline Fourest le reconnaît tout à fait. Mais la différence est tellement énorme numériquement – le rapport est quasi infini – que le lecteur peut tout de même rechercher s’il s’agit d’une différence de degré ou d’une différence de nature.

Et là, il risque d’utiliser toute sa science de la recherche sur Internet pour éplucher tous les discours, toutes les interviews, et la moindre déclaration de Geert Wilders, et il va revoir « Fitna » image par image, et il va tout de même constater que le député hollandais n’a jamais appelé à la haine et à la violence, et encore moins au meurtre évidemment (contrairement aux jihadistes !). Du reste, si d’aventure le moindre fait ou geste de Geert Wilders serait allé dans ce sens, nul doute que tous les cyber-délateurs l’auraient transmis aux lyncheurs bien-pensants qui en auraient fait leurs choux gras.

L’internaute va donc suspecter une autre tarte à la crème du terrorisme intellectuel, après celui de la « xénophobie – immigration » : on nomme « appel à la haine et à la violence » tout et n’importe quoi, sans même qu’il n’y ait d’appels du tout à quoi que ce soit, et on va jusqu’à qualifier ainsi des choses comme « Fitna » qui ne fait que décrire de VRAIS appels EXPLICITES à la haine et à la violence. Par exemple le Mrap traite le film de Geert Wilders et sa diffusion de « criminogènes » (17) et le compare d’une manière dégueulasse au film nazi de propagande « Le Juif Süss ». Quelle abjection quand on constate que Geert Wilders défend les homosexuels et les Juifs ! Et Mouloud Aounit ou Caroline Fourest seraient bien en mal de citer un seul « crime » exécuté par des « instincts éveillés » par « Fitna » ou par des films analogues.

Donc la remarque finale de Caroline Fourest risque fort de faire réfléchir le lecteur et lui faire jeter la suspicion sur toute les efforts pourtant magistraux qui ont consisté à suggérer à l’encontre de Geert Wilders l’application consécutive de deux poncifs du terrorisme intellectuel actuel :

a) « Fitna » dit qu’il y a « trop de musulmans » en Europe, donc « Fitna » serait un « message xénophobe ».

b) Cette prétendue xénophobie « vise à éveiller l’instinct » du spectateur à l’instar des films jihadistes.

Autrement dit, après avoir collé à tort l’étiquette de « raciste » à quelqu’un, on suppose que cette personne en appellerait automatiquement à la bestialité, à la haine et à la violence de lecteurs ou de spectateurs animalisés.

Une position difficilement compréhensible

Caroline Fourest considère « Fitna » comme un « acte de propagande » ; encore un qualificatif péjoratif glissé sans démonstration ! Mais bien entendu, l’excellent exercice de rhétorique de Caroline Fourest que constitue sa réaction à « Fitna » ne saurait être de la « propagande », pas plus que son insistance répétitive à dédouaner l’islam de tous les maux qu’il provoque, ni sa relance d’un terrorisme intellectuel que le Mrap a poussé jusqu’au ridicule, ni son jugement sur « Fitna » qui ne repose sur aucune réalité, ni son instrumentalisation d’Ayaan Hirsi Ali, ni ses procès d’intention à l’encontre de Geert Wilders. Surtout pas d’amalgames !

Je reste perplexe devant ce lynchage très élégant de « Fitna » et de son auteur, surtout que je n’ai pas trouvé d’arguments factuels et vrais dans l’admirable exercice rhétorique de Caroline Fourest. Quel est le but ? Je me suis posé la même question lorsque j’ai lu ses charges multiples à l’encontre de Fanny Truchelut ; ou quand je constate sa volonté récurrente d’embellir l’islam et de masquer la relation de cause à effet entre certaines de ses prescriptions et les crimes contemporains que ces prescriptions justifient. J’arrive d’autant moins à cerner les motivations de Caroline Fourest que ses efforts sont contre-productifs de tous côtés : ils n’empêchent pas les défenseurs de l’islam de la considérer toujours comme une ennemie, et en isolant Prochoix du combat féministe et laïque contre les dogmes religieux obcurantistes, ils privent ce combat d’une de leurs meilleures plumes.

Roger Heurtebise

(1) http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2008/04/01/1975-que-pensez-de-fitna-le-film-de-wilders-caroline-foures

(2) http://www.ripostelaique.com/Dejouer-quatre-rhetoriques.html

(3) http://carolinefourest.canalblog.com/archives/interventions_audiovisuelles/index.html

(4) http://www.mrap-nord.org/article.php3?id_article=109

(5) http://www.ripostelaique.com/Halde-la-12-Reserve-aux-femmes-et.html

(6) http://www.elsevier.nl/nieuws/nederland/artikel/asp/artnr/198704/

(7) http://www.ripostelaique.com/Insoumises-a-l-islam.html

(8) http://www.youtube.com/watch?v=XHwHalD8Hgw

(9) http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2006/01/09/384-caroline-fourest-repond-aux-questions-des-internautes

(10) http://fr.youtube.com/watch?v=izgMCOsKSi0

(11) http://www.ripostelaique.com/Wafa-Sultan-la-mauvaise-conscience.html

(12) http://carolinefourest.canalblog.com/archives/2006/10/index.html

(13) http://www.lexpress.fr/info/monde/dossier/islamisme/dossier.asp?ida=433059

(14) http://extra.volkskrant.nl/opinie/artikel/show/id/157/Fitna_is_een_blamage_voor_kabinet

(15) http://www.reason.com/news/show/122457.html

(16) http://www.ripostelaique.com/Le-petit-choeur-sans-coeur.html

(17) http://www.mrap.fr/communiques/fitna/view

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