L’aveuglement de la direction de la Libre Pensée sur l’offensive islamiste

Publié le 8 novembre 2010 - par
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Par un communiqué du 16 octobre 2010, la Fédération nationale de la Libre Pensée précise : « c’est avec un certain étonnement juridique qu’elle a pris connaissance de la décision du Conseil constitutionnel sur la loi interdisant la burqa et le voile intégral dans « l’espace public ».

Je m’abstiens de commenter la partie du communiqué de la LP (Libre Pensée) où elle glose avec des arguments dignes de la casuistique et du jésuitisme sur la définition de l’espace public : si on la suivait, « la rue, les cinémas, les restaurants, les bars, les magasins » relèveraient de la sphère privée.

Le communiqué s’achève ainsi : « la décision du Conseil constitutionnel illustre aussi le véritable caractère raciste et xénophobe de cette loi (« interdisant la burqa »), qui ne vise qu’à stigmatiser une certaine catégorie de la population. Diviser la classe ouvrière pour mieux régner, selon des critères ethniques, religieux et culturels, telle a toujours été la méthode des Maîtres des Forges, que continue le MEDEF aujourd’hui ».

La LP n’a pas l’exclusivité de la prétendue défense des libertés individuelles pour justifier son opposition à la loi sur la burqa. Tout une gauche communautariste, droitdelhommiste et germanopratine disserte à longueur de temps en utilisant la même argumentation, à la grande satisfaction des autres intégrismes, chrétiens et juifs.

Tous ceux qui raisonnent ainsi font preuve d’aveuglement. En effet la question du port de la burqa et du niqab n’est pas un problème de liberté individuelle, mais un problème de prophylaxie politique et, à certains égards, de civilisation. Cela relève de la problématique définie par Saint-Just : « pas de liberté pour les ennemis de la Liberté ».

En outre la question existe en tant que telle : elle est indépendante de son évidente instrumentalisation politicienne de la part du Pouvoir actuel.

Le fondamentalisme musulman est une réalité objective ; il nie purement et simplement le principe de séparation de la « Mosquée et de l’Etat ». Pour lui, l’Etat, ses lois, ses valeurs, ses institutions doivent être musulmanes et coraniques et s’imposent à tous y compris aux non musulmans. De la sorte, la neutralité de l’Etat, la liberté de conscience et le pluralisme, toutes caractéristiques et conséquences de la laïcité n’ont pas lieu d’être ; aussi l’Etat doit cesser d’être laïc afin d’être soumis à la Charia.

Une autre caractéristique essentielle du fondamentalisme musulman est qu’il nie l’égalité juridique entre homme et femme. La seconde est entièrement soumise au premier et dispose d’un statut juridique qui la place, ainsi, en position d’infériorité.

Il n’est que de voir ce qu’il en est dans tous les pays islamiques dont la constitution est en quelque sorte la Charia, ne serait-ce qu’en Algérie avec son « code de la famille ».

Il existe un peu partout en France des agitateurs intégristes musulmans, dont la volonté politique affichée est de s’attaquer à nos valeurs laïques et républicaines et de contaminer tous les domaines de l’espace public. Pas plus tard que le 17 septembre dernier place de la Motte à Limoges, on en a vu un à l’œuvre, entouré de quelques énergumènes, sans que cela émeuve beaucoup de monde parmi nos « valeureux défenseurs des Droits de l’Homme » ou les forces dites de l’ordre d’habitude plus promptes à casser du jeune ou du manifestant protestant contre les réformes du gouvernement. Libre à certains de jouer les idiots utiles, en encourageant par leur mutisme consensuel ce genre de farce et de déguisement sinistres.

François Mairey-Louveloup

Au forum du quotidien régional L’Echo, édité à LIMOGES(*), parue le 4 novembre 2010 sous le titre :

« Loi interdisant la burqa et le voile intégral dans l’espace public
ARGUMENTS »

(*) la diffusion de l’Echo s’étend sur la Région Limousin plus une partie du sud Berry et une partie du Périgord.

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