L’humoriste Olivier Perrin ose faire rire de l’islam : il est forcément suspect !

Publié le 27 septembre 2010 - par - 976 vues
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Lors de sa participation à l’émission «On ne demande qu’à en rire», Olivier Perrin a choisi de divertir les spectateurs en parlant de la nourriture halal, du communautarisme, des barbus marxistes et islamistes, des femmes voilées, de la burqa et de la loi qui s’y rapporte, des homosexuels qu’on n’hésite pas à pendre en Iran, et de notre laïcité – qui, au vu de cette énumération, a de bonnes raisons de craindre pour son avenir.

http://www.youtube.com/watch ?v=bNHSrqnZsAU&feature=player_embedded

Qu’Olivier Perrin n’ait pas réussi, ce jour-là, à faire rire la salle entière est une évidence : Laurent Gerra lui-même n’y parvient pas tous les soirs ! Mais que son sketch ait été qualifié par Jean Benguigui de «très sévère», de «démagogique», de «dangereux» et de «catastrophique pour la démocratie» est affligeant, car c’est le contraire qui est vrai.

En effet, le sketch d’Olivier Perrin n’est pas sévère : il est lucide. Il n’est pas démagogique : il est corrosif. Il n’est pas dangereux : il est salutaire. Il n’est pas catastrophique pour la démocratie : il en est la garantie !

En mettant le doigt sur la plaie majeure de notre temps qu’est l’islamisme, Olivier Perrin n’a fait qu’appeler les services d’urgence au chevet de la République. Il a pris le risque de la parole pour sauver de ce risque tous ceux qui n’ont pas la possibilité ou le cran de s’exprimer sous les feux de la rampe. Il a eu le courage de dénoncer les périls anti-laïques qui sont aujourd’hui les nôtres et qui ne peuvent être niés qu’à la condition de voir un renouveau laïque dans l’islamisation de notre pays ! Il fut, durant ce court spectacle, le défenseur de la liberté d’expression, et, par suite, l’âme de tous ceux qui se réjouissent de vivre en démocratie.

Car enfin, que serait une démocratie qui censurerait les humoristes ? Que vaudrait un spectacle où les acteurs joueraient sous l’œil inquisiteur des «gardiens de la vertu» ? L’artiste – a fortiori comique ! – est transposition, transformation, transmutation, transfiguration, transcendance, et, par suite, légèreté ! Comment donc ne se dégagerait-il pas des lourdeurs du politiquement correct, du religieusement correct, du socialement correct, du moralement correct, bref du conventionnel ? Comment pourrait-il être estampillé par quelque valeur que ce soit ? En s’attaquant comme bon lui semble à ce que bon lui semble, l’artiste est par-delà le bien et le mal !

C’est donc un mal que de vouloir juger un artiste au nom du bien, car en agissant ainsi, ce n’est pas le bien que l’on sert, mais le mal ! Et c’est ce mal qui, en l’occurrence, provoque nos amputations laïques et républicaines – que nous dissimulons, depuis plus de vingt ans, sous le prétendu respect de l’autre, surtout si ce dernier est musulman. Car tout est là ! Les chrétiens ou les juifs auraient été la cible du spectacle d’Olivier Perrin que Jean Benguigui n’aurait pas eu cette réaction sans appel qui fut la sienne.

Mais fut-elle réellement la sienne ? Ne fut-elle pas la marque de l’amputation de soi qui est le langage même de la dhimmitude ? Que demande, au demeurant, la dhimmitude sinon de faire taire en soi comme en autrui l’esprit salvateur qui refuse la dhimmitude ? Sus donc aux humoristes, aux imitateurs et aux caricaturistes ! Sus à la plaisanterie, à la satire et à la dérision ! Sus à l’homme qui se veut «homme» et non «copie conforme» de quoi que ce soit !

Jean Benguigui a encore beaucoup de choses à apprendre, et d’abord ce truisme selon lequel une tyrannie commence par le bâillonnement des frasques de l’esprit, car rien ne gêne plus le tyran que cette faculté d’humour et d’ironie que tout amuseur porte en lui, et qui le fait être «humain» et non «machine». L’homme qui en est dépourvu n’est-il pas qu’un géniteur ? L’artiste, qu’un copiste ? Le politique, qu’une marionnette ? L’enseignant, qu’un magnétophone ? La valeur, qu’un leurre ? La vérité, qu’un dogme ? La pensée, qu’un garde-à-vous ?

Qu’on ne s’y trompe donc point : Olivier Perrin n’a provoqué personne : il a simplement essayé, sous le mode badin, de nous faire participer à la chronique d’une mort annoncée, pour que cette mort jamais ne se produise !

Maurice Vidal

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