L'illusionniste Sarkozy présente un énième plan de relance pour les entreprises, mais toujours rien pour les salariés…

L’inénarrable Sarkozy continue à inonder les ondes pour nous faire croire qu’il a la solution pour éviter à la France la récession.
Lors son discours de Toulon (25/09/08), Sarkozy, sous la plume de Gaino nous avait expliqué que l’on devait refonder le capitalisme financier, et qu’il fallait moraliser le système pour redonner confiance aux ménages aux entrepreneurs et aux investisseurs.
A Rethel (28/10/08), Sarkozy s’était penché sur l’emploi des français, et le résultat a été percutant, car le chômage est reparti à la hausse dans notre pays (46000 demandeurs d’emploi supplémentaires pour le mois d’octobre)
A Douai (06/12/08), Sarkozy en rajoute une louche, en nous présentant un plan de relance pour doper notre économie par l’investissement, ce qui veut dire que les résultats ne se feront pas sentir avant quelques années.
De nombreux économistes confirment que ce plan aura une portée très limitée sur notre économie déjà profondément anémiée.
Depuis le G20 s’est réuni (15/11/08), rien n’a changé sur les marchés et la récession s’est propagée à l’ensemble des économies occidentales et a déstabilisé sérieusement les pays émergents.
Nos gouvernants dont Sarkozy avaient longtemps minimisé la gravité de la crise en tentant de la circonscrire aux Etats Unis, alors qu’il était évident que celle-ci ne s’arrêterait pas comme le nuage de Tchernobyl à notre frontière.
Les plans de sauvetage des banques à l’échelle mondiale n’ont pas suffi à ramener la confiance des marchés et n’ont pas permis que les banques réinjectent de nouveaux crédits aux entreprises toujours en manque de liquidités.
Des suppressions de postes sont annoncées dans tous les secteurs d’activité, ce qui ne devrait pas permettre à nos concitoyens de consommer plus pour relancer notre économie en pleine déroute.
Le secteur du bâtiment envisage des réductions massives d’emploi du fait de la baisse de l’immobilier.
Dans toute l’Europe, comme aux Etats Unis, l’immobilier s’effondre et provoque des faillites de nombreux promoteurs. Le Royaume Uni et l’Espagne sont les plus touchés.
En France, on a constaté une très forte baisse des ventes de l’immobilier. La construction de logements est en baisse de 20,6% sur un an. Le prix des logements anciens devrait connaître une baisse oscillant entre 15 % et 30%. Cette chute vertigineuse devrait entrainer la perte de 25 000 à 30 000 postes en 2009.
En Angleterre, les prix de l’immobilier ont baissé de 2,6% en Novembre 2008 par rapport à Octobre 2008 et de 14,9% sur un an.
En Espagne, la crise immobilière amorcée en 2007 ne semble plus s’arrêter. La vente des logements urbains a reculé de29, 6% en un an. Le logement ancien subit une baisse plus importante sur un an, soit 38,9%.
Aux Etats Unis, la crise des subprimes, née de la course au profit inconsidéré des banques a conduit des centaines de milliers de familles américaines à perdre leurs logements. La crise du crédit s’est traduite par l’effondrement des Bourses, et donc de l’épargne retraite placée en actions pour bon nombres de ménages américains.
Aux Etats Unis, le nombre de chômeurs dépassent maintenant 10 millions. Il y en avait 10,3 millions en novembre 2008, soit 2, 7 millions de plus depuis de l’année 2008.
Les Bourses européennes ont réagi brutalement à ces chiffres en provenance des Etats Unis: la Bourse de Paris a plongé de 5,48% à la clôture pour s’établir sous les 3.000 points, Londres a cédé 2,74%, Francfort 4,0% et l’indice européen Eurostoxx 50 4,92%.
Et la liste serait encore longue pour comprendre que les dérives du capitalisme financier ont entrainé dans une crise sans précédent des pans entiers de l’économie réelle.
En France, le marché de l’automobile a chuté et les grands groupes tels que Renault ou Peugeot ont annoncé des plans sociaux et mis au chômage technique un nombre important d’ouvriers, et prédisent d’ores et déjà une année 2009 très difficile voire sinistre.
Le secteur financier devrait connaître une purge important de ses effectifs, après l’effondrement massif des actifs détenus dans les bilans des banques.

Toutes les grandes institutions financières prévoient de supprimer des centaines de milliers d’emplois. City Groupe, l’ex numéro un bancaire américain, a annoncé la suppression de 50.000 postes pour ramener ses effectifs à 300 000 personnes, soit 20% de l’effectif global. L’action de la banque a fondu de 24% en bourse en une semaine au mois de novembre 2008 et a perdu plus de 70% de sa valeur depuis le début de l’année.
Freddie Mac et Fannie Mae, deux organismes de refinancement hypothécaire pesant plus 850 milliards de dollars à eux deux, ont évité la faillite de justesse par un renflouement de la FED.
Bear Stearns, cinquième banque américaine a été sauvée et a été adossée à JP Morgan, via des fonds de la FED.
Lehman brothers, la quatrième banque américaine, se déclare en faillite et ne sera pas sauvée cette fois-ci par la FED, et sera à l’origine de la crise systémique du système bancaire international.
AIG (l’un des plus grands assureurs mondiaux) sera aussi recapitalisé par la FED, car si cet organisme avait été mis en faillite, la situation serait devenue totalement incontrôlable.
Il en sera de même pour les banques anglaises, qui auront commencé par la nationalisation de Northen Rock en Février 2008 et de HBOS et Lloyds TSB (réciproquement deuxième et première banques d’Écosse).Dès à présent, 60 000 emplois seront supprimés à la City.
Les sauvetages de ces grandes institutions entraineront inévitablement des réductions massives de personnel.
Des centaines de milliards de dollars réinjectés dans le circuit financier par les banques centrales n’y auront rien changé. En réalité des injections massives de liquidités vont entrainer un nouvel accroissement des dettes publiques et bancaires, contrairement aux dires de nos Gouvernants.
Dans ce contexte d’une économie mondiale en perdition, Sarkozy le populiste, le démagogue, l’opportuniste s’agite dans tous les sens en faisant des annonces bien souvent contradictoires.
A chaque fois, que notre Président « je sais tout » nous propose des plans de relance ou de sauvetage ; ils sont destinés exclusivement à exonérer de charges sociales les entreprises, sans que les salariés ne puissent en tirer un quelconque bénéfice.
Le dernier plan de relance par l’investissement de 26 milliards d’euro présenté par Sarkozy à Douai, ne devrait pas redonner le moral aux ménages, car il n’y a strictement rien pour le pouvoir d’achat ou si peu (€200,00 pour les bénéficiaires du RSA et pas avant le mois de mars 2009).
Ce plan est composé de trois parties :
– un remboursement par l’état de 11 milliards d’euros de dettes fiscales aux entreprises
– une enveloppe de 11,5 milliards d’euros de l’Etat destinée au profit de grands travaux d’infrastructures, comme les lignes TGV ou des universités ou de défense
– les quatre autres milliards seront destinés aux chômeurs, aux plus démunis et aux deux secteurs en crise le BTP et l’automobile.
Ce plan de relance n’en est pas un, mais tout simplement un tour de passe passe. Une bonne partie de ces milliards annoncés représente une avance en trésorerie et l’autre moitié était déjà budgétée.
Ceci sous entend, qu’en réalité, les moyens financiers consacrés à ce plan seront extrêmement limités et ne devraient nullement permettre de gagner en 2009, 0,5% de croissance, comme le prétend le Gouvernement.
Par exemple, la prime à la casse pour l’automobile soit €1000,00, ne relancera nullement le marché de l’automobile ou de façon conjoncturelle et d’ailleurs qui pourrait acheter une voiture sans avoir un crédit.
Les gouvernants nous ressortent les vieilles recettes qui ne sont malheureusement pas à la hauteur de la crise que nous vivons.
Ce que l’on n’ose pas dire aujourd’hui, c’est que les libéraux au Pouvoir nous feront payer très cher la facture de leurs complices incendiaires(les banquiers, les grandes puissances financières), qui leur auront permis de s’enrichir pendant des décennies sur notre dos.
En effet, la bourgeoisie dont Sarkozy est le digne représentant, ne manquera pas de présenter la note de sa crise à la classe ouvrière. Au programme : diminution des salaires réels, des aides et des allocations (pour le chômage, la santé…), allongement de l’âge de la retraite, hausse des impôts et multiplication des taxes. D’ailleurs, Georges W. Bush a déjà prévenu : son plan de 700 milliards de dollars sera financé par les « contribuables ». Les familles ouvrières devront débourser plusieurs milliers de dollars chacune pour renflouer les banques au moment même où une grande partie d’entre elles n’arrive même plus à se loger !
Les ménages européens seront logés à la même enseigne et devront être mis à contribution pour régler les errements de nos financiers pyromanes et les français seront au premier rang, on peut faire confiance au libéral Sarkozy.
Sarkozy voulait faire une politique de rupture. Il y a quelques mois, sa préoccupation, c’était la dette et l’inflation. Aujourd’hui, il tente d’éviter la dépression en essayant de faire une politique de relance, alors qu’il n’a aucune marge budgétaire.
La relance par l’investissement sera vouée à l’échec, si les français ne consomment plus, faute d’avoir un pouvoir d’achat suffisant pour le faire.
Monsieur Sarkozy redescendez de votre piédestal, il est grand temps que vous vous aperceviez que la France est en train de souffrir et que vos plans à répétition n’empêcheront pas que vos compatriotes perdent leur emploi.
Un signe révélateur : les bourses mondiales ne s’y sont pas trompées, car elles continuent à baisser malgré les interventions des états, des banques centrales et des plans de relance de nos gouvernants.
Nous ne devons pas oublier que « le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage » (dixit Jean Jaurès). Nous ferions bien de nous en souvenir avant qu’il ne soit trop tard.
Le désespoir peut conduire à la colère et la colère conduire à la révolte…
Fabrice Letailleur

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