L’immigration par escroquerie sentimentale, de Marie-Annick Delaunay

Publié le 5 mai 2009 - par - 2 186 vues
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Riposte Laïque publie régulièrement des analyses (en particulier celles de Robert Albarèdes) sur la situation et les risques de l’immigration dans notre pays. Son importance en quantité de flux est non seulement injustifiée, mais produit au contraire des effets aussi pervers sur la situation des salariés en faisant le jeu du capitalisme outrancier, que dévastateurs sur la cohésion nationale.

Mais il est tout un pan de la façon dont cette immigration se met en place qui est moins souvent mis en avant, c’est celui de l’utilisation sans scrupules des sentiments sincères de certains (souvent certaines d’ailleurs) dans le cadre de mariages « intéressés » et, de plus en plus, de la conception d’enfants « fabriqués » comme on fabrique de faux papiers…

C’est cette face cachée et honteuse que Marie-Annick Delaunay nous propose de découvrir dans son ouvrage « L’immigration par escroquerie sentimentale », et on sort de cette lecture encore un peu plus dégoûté par l’aveuglement de nos gouvernants qui finit par ressembler à de l’inconscience, voire de la perversité…

Ce livre est constitué de trois parties : tout d’abord, le constat, avec chiffres et témoignages ; ensuite l’analyse de l’auteur sur ce qui a amené et fait perdurer cette situation ; et enfin plusieurs pages d’annexes avec les diverses lois sur l’immigration en France et à l’étranger, les accords bilatéraux entre certains pays et la France qui aggravent encore le problème, et des courriers types pour aider les victimes de ces « escroqueries » à porter plainte.

En effet, ce livre est plus qu’un cri de colère de M.A. Delaunay, qui a été sensibilisée à ce problème par une expérience personnelle, mais c’est aussi un ouvrage ancré dans le concret, qui souhaite éveiller les consciences, encourager les victimes potentielles à la méfiance, et aider les victimes lorsqu’elles se sont fait piéger et qui vivent souvent un véritable cauchemar à agir. M.A. Delaunay a créé une association en 2004 à cette fin « Non aux mariages et paternités de papier »(1) Cette association est apolitique, d’ailleurs ni la droite ni la gauche ne trouvent grâce à ses yeux et on la comprend à la lecture du livre.

Toutefois, les « dégâts » ont sérieusement commencé en 1998 sous le gouvernement Jospin, qui a les honneurs d’être caricaturé en couverture du livre – avec en dessous la caricature d’une femme qui porte un bébé et pleure ; cette femme ressemble étrangement à Ségolène Royal qui elle aussi figure en bonne place dans les politiques dénoncés par M.A. Delaunay pour leur refus de voir le problème en face. M.A. Delaunay porte donc une rancune particulière à la « gauche plurielle » dont les deux règles de base sont pour elle : « niveler par le bas et persévérer dans l’erreur »…

C’est donc la loi RESEDA de 1998 du gouvernement Jospin qui a permis à la « filière enfant » de devenir un mode opératoire pour l’immigration au même titre que la « filière mariage », ajoutant ainsi un degré de lâcheté à l’exploitation de l’innocence. Comme le dit M.A. Delaunay, « la longue chaîne du dévoiement de la loi s’est déplacée le long du curseur de la cellule familiale vers le maillon le plus faible, l’enfant ».

En effet tout le monde connaît les « mariages blancs », par contre la « paternité blanche » est, elle, bien moins connue alors que les dégâts qu’elle occasionne sont de plus en plus considérables et particulièrement dramatiques.

M.A. Delaunay nous informe d’ailleurs sur les diverses catégories de ces « escroqueries sentimentales » :

• le mariage gris, où le conjoint français est de bonne foi et est manipulé et utilisé par le conjoint étranger qui lui ne s’intéresse qu’aux papiers. C’est le cas le plus fréquent car le plus difficile à détecter, ces personnages étant dénués de tout scrupule et prêts à jouer la comédie de l’amour le temps nécessaire.

• la paternité blanche : les mères viennent accoucher sur le territoire français (souvent dans les Dom-Tom) et rémunèrent un homme qui servira de « père de papier » afin que l’enfant acquière la nationalité française.

• la paternité grise : comme dans le mariage gris, il y a tromperie sur les véritables intentions du père étranger qui fait un enfant à une femme française uniquement pour en tirer les avantages qui y sont liés, car « reconnaître un enfant rend pratiquement inexpulsable ». (le cas de mères étrangères est plus rare mais existe). Humainement l’escroquerie la plus honteuse…

• le mariage et le PACS blancs : ils représentent un véritable « business ». Le plus souvent les deux conjoints sont d’accord car ils en tirent chacun des avantages, mais il arrive aussi que soient exploitées des situations de détresse ou de précarité voire même de fragilité psychologique ou de handicap. Les mariages blancs représentent de 40 à 70% dans certaines communes en France. Et désormais le PACS a lui aussi droit aux « honneurs » des réseaux, et il y a le risque que les homosexuels soient instrumentalisés avec la complicité d’associations comme Act Up.

• le mariage forcé : où la jeune fille (car plus rare pour les garçons) représente un « visa vivant » pour le conjoint auquel elle sera mariée sans son consentement mais en échange de substantielles sommes d’argent pour la famille. Il est à noter que les cas de mariages forcés sont devenus rares sur le sol français depuis que la loi a porté l’âge légal du mariage à 18 ans, mais que ces unions forcées continuent d’avoir lieu à l’étranger, en particulier dans les pays ayant des accords bilatéraux avec la France.

Toutes ces « escroqueries sentimentales » se font donc avec la complicité de la justice, de nombreux élus et parfois leur soutien, de celle des médias qui donnent la parole aux « rentiers de la bien-pensance » et aux « humanistes catégoriels » comme les appellent M.A. Delaunay, et toujours avec l’appui des associations qu’elle surnomme les associations « touche pas à mon immigration » ; on aura reconnu la LDH, le Mrap et autres collectifs de soutien aux sans-papiers… Ces associations ont réussi à effectuer une inversion des notions fondamentales de la justice : « celui qui transgresse les lois est la victime et sa victime à lui devient le coupable ». Il s’agit d’ailleurs ici de profiter d’un état d’esprit assez français de « complaisance et d’accoutumance envers tout ce qui est répréhensible, voire illégal ».

La France est aussi un pays de choix pour les « abuseurs » car ils exploitent le passé colonial et la culture de la culpabilité qui est toujours sous-jacente ici, à laquelle il faut ajouter la culture de « l’excuse généralisée » véhiculée par la gauche plurielle. Sans oublier l’argument ultime du « racisme » qui vient couronner le tout…

Pour M.A. Delaunay, « la France est devenue un Droit au nom Des droits de l’homme ». Et tant que l’article 8 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme ne sera pas encadré par un texte du parlement français, « les lois françaises cherchant à réguler les flux migratoires resteront sans effet ».

Le constat que dresse M.A. Delaunay est amer et dénué de toute illusion, au point qu’elle conseille en conclusion aux Français de quitter la France ! En tout cas, il est à craindre que si rien n’est fait pour enrayer cet état de fait, tout cela constitue une véritable bombe à retardement qui éclatera à la figure de ceux qui nous ont vendu du vent – et hélas aussi à la figure de ceux qui n’ont rien demandé et ne font que subir l’inconscience de leurs gouvernants…

Laurence Vuillemot

Editions Tatamis

16 euros

(1) http://2jong.free.fr/associationnon/informations.php

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