L’islam comme rempart contre la décadence occidentale ? Vous voulez rire !!!

Publié le 11 janvier 2010 - par

C’est pourtant ce que certains imams commencent à clamer(1) Urbi et orbi.

C’est pourtant ce que certains réactionnaires commencent à clamer Urbi et orbi.

D’après ces prophètes de mauvaise augure, la société occidentale, pervertie par la course aux biens de consommation, par le besoin de divertissement permanent, par l’envie de se vautrer dans la fange des plaisirs naguère et/ou aujourd’hui mal vus voire interdits que sont la bonne bouffe, l’alcool, la cigarette, le sexe…aurait perdu toute morale, toute valeur et… comme nos grands-pères naguères qui disaient qu’il n’y a rien de mieux qu’une bonne guerre pour remettre de l’ordre, appellent de leurs vœux la restauration d’un monde où la religion prime.

La démarche se comprend :

Que des frustrés et des phallocrates craignant d’être cocus puissent préférer la burka à la minijupe est logique.

Que des nostalgiques de Louis XIV ou de Pétain craignant la démocratie rêvent d’un pouvoir validé et renforcé par la force du religieux est logique.

Que des religieux avides de contrôler les âmes et les corps de leurs ouailles les préfèrent frustrés et malheureux en leur pouvoir que libres de choisir et d’agir est logique.

Mais si nous ne pouvons que partager le constat d’une société en perte de valeurs, qui cherche un sens, nous ne pouvons accepter la solution proposée !

D’abord, parce qu’à aucun moment de l’histoire une des religions du Livre, quelle qu’elle soit, n’a été un bienfait pour l’humanité.
Qu’on se souvienne des sommes exorbitantes dépensées pour les Croisades et du prix exorbitant payé en hommes de valeur morts en Terre Sainte. Il faudra des siècles pour rattraper le retard pris en terme de progrès, de civilisation.

Qu’on se souvienne de l’Inquisition et de ses méfaits, de Giordano Bruno brûlé vif pour avoir démontré que l’univers était infini, peuplé de mondes identiques aux nôtres, du médecin Michel Servet brûlé vif pour hérésie, de l’imprimeur Etienne Dolet brûlé vif pour avoir professé l’athéisme et avoir regardé favorablement les thèses d’un Martin Luther, du chevalier de La Barre brûlé après avoir eu la langue arrachée et le poing coupé pour blasphème : il avait chanté des chansons libertines et ne s’était pas découvert devant une procession. Crime supplémentaire, il détenait un exemplaire du Dictionnaire Philosophique de Voltaire !

On se souviendra des désordres politiques et des guerres incessantes provoquées au XVI° siècle par les Ligueurs(2), voulant à tout prix extirper le protestantisme de France.

Même les Protestants, pourtant durement touchés par la Saint-Barthélemy, quand ils eurent obtenu, grâce à l’Edit de Nantes, la liberté de culte à leur tour voulurent interdire dans les places-fortes qui leur avaient été accordées le catholicisme et persécutèrent les papistes.
J’entends les bons apôtres, ceux de gauche, notamment, qui veulent bouffer du curé mais adorer l’imam, dire que l’islam n’a rien à voir avec le christianisme.

J’en suis bien d’accord, il est pire. Pire parce que les exactions de l’Inquisition appartiennent aux âges obscurs, ceux d’avant la démocratie, ceux d’avant l’invention des Droits de l’Homme, alors que l’islam, en 2010, partout dans le monde, montre sa face hideuse : condamnation à mort de Redeker, Rushdie, Taslima Nasreen, Theo van Gogh (exécuté), des caricaturistes danois pour avoir simplement exercé leur droit de penser et de parler, pour avoir dénoncé l’obscurantisme et les dangers de l’islam ; homosexuels persécutés et pendus en Iran ; chrétiens déterrés des cimetières du même Gaza parce qu’ils pollueraient la terre des musulmans(3) ; filles et femmes interdites d’école en Afghanistan ; statues de Bouddha appartenant au patrimoine de l’humanité détruits par les Talibans ; citoyens juifs et roms interdits d’élection en Bosnie-Herzégovine(4) ; quant au 11 septembre, aux attentats de Madrid, Londres ou Jakarta… il n’y a plus rien à en dire.

Ensuite, parce que tous les bonds de l’humanité ont été faits quand les hommes ont réussi à secouer le joug de la religion : il suffit de penser au fabuleux sursaut de la Renaissance, puisant dans la démocratie grecque et son amour de l’art, de l’instruction, de la culture et de l’homme, tout simplement, ses sources ou encore à celui de 1789, mettant le peuple à l’abri du religieux sans renier pour autant la foi en Dieu, avec le culte de l’Etre suprême. Et puis on n’oubliera pas 1905, qui a permis que les hommes, délivrés dans la vie politique du spirituel se soucient enfin de se prendre en mains et de veiller à leurs concitoyens non pas par un simple esprit de charité laissé à la libre appréciation de chacun mais par invention d’une loi humaine, par respect de valeurs inventées par les hommes qui s’appellent la solidarité et la fraternité. On leur doit les congés payés, la sécurité sociale et la retraite et, avec un peu de retard, le droit de vote des femmes…

Même la civilisation arabe a eu son apogée au moment où le Coran et ses différentes lectures étaient en discussion, quand un Averroès (5), pourtant théologien musulman, qui voulait séparer foi et science et séparer le politique du religieux, voyait ses livres brûler. Est-ce un hasard ? Non, il n’y a ni progrès ni civilisation possible sans contestation du religieux. Sans séparation du religieux et du politique. Or, l’islam n’a pas fait sa révolution copernicienne, ses imams continuent d’affirmer que la voix du Coran est celle de Dieu et qu’elle doit s’appliquer à tous les hommes (surtout les femmes !), musulmans ou pas, dans leur vie publique et privée. Accepter que l’islam prenne la place qu’il demande c’est accepter de revenir au XII° siècle, c’est accepter la mort de la culture, de l’art, de la démocratie, de la liberté et de la fierté d’être homme. Rien de moins.

Enfin, parce que, tout simplement, il est des solutions bien plus agréables et douces pour échapper à la décadence, voire à l’autodestruction qui nous menace. La plus simple relève tout simplement d’un projet de société qui ne donne rien sans exiger quelque chose en retour. Sans aller jusqu’à l’exemple des anciens Grecs capables de choisir le cheval comme activité physique parce qu’il fallait être prêt à faire partie de la cavalerie en temps de guerre, autrement dit, le divertissement de l’individu ne perd pas de vue l’intérêt de la patrie, on peut estimer qu’il paraît normal que l’élève qui bénéficie de la gratuité scolaire donne en échange ses efforts, nécessaires non seulement pour lui-même mais aussi pou r la collectivité.

Restaurer et rappeler sans cesse le primat du bien commun, comme objectif indiscutable.

Restaurer le respect de la loi, par les élites politiques comme par le pékin de base : prévention, punition et… carotte et bâton en utilisant le nerf de la guerre, l’argent. Je ne serais pas choquée que l’on suspende ou supprime les retraites dorées de nos ministres ou de nos grands patrons quand ils sont convaincus de malversations ou de délits d’initiés ou les allocations familiales de ceux qui se refusent à faire l’effort d’élever leurs enfants et à leur imposer le respecter de tous et de la loi.

Restaurer l’appétit de savoir, de connaître, d’évoluer, de faire des efforts, en remettant à l’ordre du jour la méritocratie, à l’école comme dans la vie publique et professionnelle. Un peu d’exigence… et la face du monde pourrait être sauvée !

Redonner du sens à la proximité, à l’enracinement dans une nation et/ou l’Europe par le protectionnisme, ce qui donnerait aux entreprises, aux exploitations agricoles les moyens de survivre sans concurrence déloyale et donc de créer des emplois et de la richesse, et donc la possibilité de retrouver l’art et le goût de vivre au travail, dans le stress de la compétivité. Il suffit de presque rien : dissoudre l’Europe actuelle, remettre en cause OMC et FMI…

Instaurer des relations Nord-Sud équilibrées qui empêchent que le Nord ne pille le Sud mais aussi qui conditionne l’aide du Nord au Sud à une utilisation des fonds pour le pays et le peuple et non pour les dirigeants corrompus, afin de permettre à chacun de pouvoir vivre dans son pays, avec ses coutumes, sa religion, sans fuir son pays d’origine, ce qui permettrait à la fois à ceux qui, en France, brûlent le drapeau français pour le remplacer par le drapeau algérien de pouvoir aller vivre dans le pays de leurs rêves et à ceux qui apprécient le mode de vie français de pouvoir le savourer sans être malmenés et sans voir remis en cause le statut égalitaire de la femme ou la shoah…

Mais trop peu de gens sont prêts, pour le moment, à abandonner les miroirs aux alouettes pour la construction d’une société qui ait l’homme pour objectif. Et il est paradoxal de voir les plus acharnés défenseurs de l’islam, la plus réactionnaire des solutions, combattre les solutions républicaines parce qu’elles seraient réactionnaires…

Christine Tasin

http://christinetasin.over-blog.fr

(1) [http://www.drzz.info/article-azzam-tamini-intellectuel-musulman-base-a-londres-l-islam-libere-les-europeens-de-la-stupidite-de-leurs-vies–42290538.html->http://www.drzz.info/article-azzam-tamini-intellectuel-musulman-base-a-londres-l-islam-libere-les-europeens-de-la-stupidite-de-leurs-vies–42290538.html

(2) [http://fr.wikipedia.org/wiki/Ligue_catholique_%28France%29->http://fr.wikipedia.org/wiki/Ligue_catholique_%28France%29]

(3) [http://www.juif.org/go-blogs-20067.php->http://www.juif.org/go-blogs-20067.php]

(4) [http://voltaire.republique.over-blog.com/article-les-balkans-des-1994-nous-avions-raison–42287758-comments.html#c->http://voltaire.republique.over-blog.com/article-les-balkans-des-1994-nous-avions-raison–42287758-comments.html#c]

(5) [http://fr.wikipedia.org/wiki/Averro%C3%A8s->http://fr.wikipedia.org/wiki/Averro%C3%A8s]

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