L’islam d’aujourd’hui, une source de danger pour les libertés (2e partie)

Publié le 5 octobre 2007 - par
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Il n’y a aucune tolérance à avoir avec le délit de blasphème, la polygamie, le mariage forcé, avec le machisme et l’infériorité juridique décrétée des femmes par la religion il y a plus d’un millénaire et appliqués aujourd’hui dans nos quartiers par des imams, des prédicateurs, des religieux qui ont, quel retour en arrière ! un droit de regard sur la vie privée des familles de leur confession, comme si en raison d’une origine ils en étaient propriétaires.

La tolérance contre l’égalité, un piège à humanistes naïfs et aveugles

Il n’y a, dans cette description, aucune islamophobie, mais la nécessité d’une prise de conscience, de réagir à une atteinte profonde de libertés fondamentales qui est intolérable, et un caractère impératif à ce que l’islam de France balaie devant sa porte. Parallèlement, du côté du pouvoir politique à droite et à gauche, on laisse faire, espérant en toucher les dividendes clientélistes, sous couvert du sacro-saint principe de la tolérance que défendent aussi une partie des altermondialistes, le PCF ou la LCR…

Certains, pour illustrer l’esprit de tolérance qui doit prévaloir en faveur du droit à la différence, utilisent cette citation d’Octavio Paz : « Toute la culture naît du mélange, de la rencontre, des chocs. A l’inverse, c’est de l’isolement que meurent les civilisations. » Certes, mais la rencontre entre gens de pays différents ne se fait pas dans un espace abstrait, en dehors du temps et des choses, hors d’une réalité tangible qui est celle par exemple de ceux qui quittent leur pays vers un autre où ils vont rencontrer d’autres gens, des gens différents, un autre peuple.

Le mélange, pour qu’il soit rendu possible, n’est pas que l’affaire du peuple qui accueille mais tout particulièrement de la capacité des nouveaux venus à ouvrir une fenêtre au-delà de leur culture ou religion vis-à-vis de là où ils s’installent, c’est le moins que l’on puisse en attendre. Corrélativement, s’ouvrir à ceux-ci ne saurait impliquer de se diluer mais au contraire d’avoir des exigences propres à permettre de préserver, dans l’ordre de ces conquêtes sociales et libertés qui nous sont chères, ce qui peut bénéficier à tous ici et y compris à eux, ce qui n’est pas sans remettre en cause parfois la façon de voir et de vivre de ces derniers.

D’autant que ceux qui arrivent d’ailleurs ne sont pas interchangeables dans leurs mentalités avec ceux qui les accueillent, sur le plan de la place de la croyance ou des pratiques sociales et culturelles de ceux-ci, souvent en rupture avec le droit français largement en avance vis-à-vis de leurs différents pays d’origine, concernant par exemple les droits de la personne. Ce n’est pas parce que l’on rêve d’une citoyenneté universelle que les individus sont spontanément culturellement et politiquement interchangeables, croire cela est le fait d’une inconscience ou d’un dogmatisme politique qui confine au gauchiste.

Si tous les hommes sont égaux du point de vue de leurs facultés, ils suivent dans l’histoire des chemins aussi différents que, par exemple, la République islamique des Comores et la France, avec des sorts bien différents faits par les uns et les autres aux libertés… Pour prendre un sujet d’actualité, il ne suffit pas de profiter des bienfaits de la Sécurité sociale pour comprendre spontanément pourquoi il faut en défendre le principe d’égalité sur lequel elle a été fondée, qui veut que « chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins », battant en brèche le sens inégalitaire de la franchise médicale qui s’applique indistinctement à tous les assurés sociaux.

L’égalité, une culture à défendre contre le principe du droit des minorités

L’égalité n’est pas un principe abstrait, c’est une culture, ce sont des droits et des responsabilités, un sens de l’histoire d’une société qui n’a pas d’équivalent, ce qui identifie, envers et contre tout, notre nation. La montée des revendications communautaires comme le traitement particulier des femmes musulmanes à l’hôpital public uniquement par des femmes, qui remet en cause le principe de l’égalité de traitement des individus devant la loi, l’égalité homme-femme, la demande de banalisation du port du voile chez les fonctionnaires, par certaines organisations, renvoyant une image discriminée du traitement de leur dossier aux usagers des services publics, l’ouverture de piscines uniquement à des femmes selon des horaires aménagés, financées par les recettes publiques, pour satisfaire à une demande communautaire de les séparer des hommes, la viande halal s’imposant à la cantine au nom d’un traitement à la carte des religions dans le cadre d’un service municipal, l’encadrement de sorties d’enfants scolarisés à l’école publique par des mères musulmanes affichant leur conviction religieuse en portant le voile, l’enseignement d’une histoire, à l’ombre de l’enseignement du fait religieux à l’école, au nom de l’intégration des élèves d’origines diverses par leurs différences, qui détruit toute idée d’histoire commune d’où l’on vient et à écrire, sont autant de ruptures avec la mission d’intégration sociale et politique qui se réfère à notre socle républicain.

La reconnaissance d’un droit des minorités est à l’œuvre derrière ces revendications communautaires. Ce n’est pas parce que ceux qui, venant d’ailleurs, sont accueillis en France pour des raisons de misère économique et que le colonialisme à une époque est passé par là, que cela doit justifier d’accepter qu’ils imposent au pays d’accueil ce avec quoi ils viennent, malgré eux ou non, avec pour conséquence des régressions de droits et de libertés.

L’Europe et l’ONU ne cessent de défendre la reconnaissance du droit des minorités comme constitutive des droits de l’homme, de façon indifférenciée, assimilant ainsi la situation des kurdes en Turquie, contraints par une mise à part à l’état de minorité opprimée, à celle toute artificielle des musulmans de France, invitant ainsi ceux qui rêvent de mettre ces derniers en état de minorité sous contrôle religieux, à passer à l’acte, en en réclamant les moyens à l’Etat français.

Pour prendre des exemples européens, on est passé en 30 ans de la promotion de l’intégration à celle de la ségrégation linguistique, prônant les droits collectifs concurrents et favorisant l’avènement de modèles d’Etats ethniques (Hongrie, Roumanie, Turquie) censés prévenir les conflits entre les différentes communautés, aboutissant sur le terrain à des tensions croissantes entre celles-ci dans ces pays. Par ailleurs, l’introduction de droits collectifs (Bulgarie, République de Macédoine), faisant coexister plusieurs systèmes d’éducation à l’intérieur d’un même pays, ont régénéré les nationalismes allant à l’encontre même de l’Etat de droit et finalement de la démocratie. Défendre le principe d’égalité, c’est résolument combattre toute idée de reconnaissance, en France, de droits des minorités.

La citoyenneté, une propriété collective inaliénable à aucune différence

Cette situation n’échappe qu’à ceux qui ne veulent pas la voir. Sans combatte le communautarisme, qui est fondé sur une fermeture identitaire adossée à une conception de la pureté de l’origine qui crée les mises à part, il n’y a aucun mélange des populations à espérer. Que dire de ce point de vue du fait que la famille pratiquante musulmane est invitée par les représentants religieux à rejeter toute idée de mixité culturelle ou religieuse, lorsqu’il s’agit de marier les enfants qui en sont issus?

Les enfants musulmans se retrouvant ainsi de plus en plus fréquemment, à la mesure de la montée en puissance de la dynamique communautaire, à ne pas pouvoir choisir en réalité celle ou celui avec qui ils veulent faire leur vie, et qui en sont réduits à faire leur choix dans un espace communautaire limité lorsqu’il ne s’agit pas de mariage « arrangé », c’est-à-dire de mariage forcé. Comme le constatent tous les observateurs, les conversions à la religion musulmane sont quasiment systématiques lorsque dans le futur couple d’époux l’un des deux n’est pas musulman, ou alors l’union ne se fait pas. Tendance de plus en plus lourde qui va avec l’extension constante du port du voile.

On voit comment la notion de tolérance est un piège pour les démocrates et les humanistes, car elle justifie la construction d’un droit des minorités au nom de la reconnaissance d’un point d’identité de l’individu lié à une origine, qui aboutit à faire prévaloir la religion sur les valeurs communes et amène à une régression des droits et des libertés. L’égalité des individus doit toujours prévaloir sur le respect des cultures, non seulement pour protéger la liberté des individus, mais aussi pour préserver un principe qui est constitutif de la nation, celui du gouvernement par la volonté du peuple, la citoyenneté étant une propriété collective inaliénable à aucune différence.

à suivre

Guylain Chevrier

Historien

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