L’islam, l’islamisme et les droits de l’Homme

Publié le 26 août 2008 - par - 583 vues
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Tous ceux qui, par peur d’être taxés d’islamophobie, ou par peur de je ne sais quelles représailles, abordent les « Droits de l’islam » avec pour seul esprit critique l’esprit de bienveillance, ressemblent à ces patients qui consultent leur médecin la peur au ventre, n’attendant de ce dernier que l’éloge de leur santé. Cela se peut comprendre, certes, mais c’est irresponsable, car cela n’aide en rien à lutter contre le mal, si mal il y a.

Ainsi, ceux qui ne veulent dire que du bien de l’islam parce que l’islam est une religion et qu’une religion a le droit d’avoir des Droits, s’interdisent de penser l’ombre que toute lumière – serait-elle divine – ne manque pas de projeter, et, par suite, refusent de regarder en face la vraie nature de l’islam. Que ces personnes sachent donc que l’islam est la religion qui, se présentant comme l’aboutissement universel des monothéismes, affirme être l’unique système d’unification des hommes par l’application – militaire s’il le faut – des droits et des devoirs de chacun dans les domaines politique, économique, social, religieux, culturel, domestique, hygiénique, sexuel et moral !

La liberté, l’égalité et la fraternité telles que les concevait Hugo, ou l’article premier de la « Déclaration des Droits de l’Homme » de 1948, ne correspondent plus à ce cadre : dans l’Islam, les « Droits de l’Homme » n’ont pas droit de cité. Outre l’instauration de la laïcité, il y faudrait, pour le moins, la reconnaissance de l’individu comme tel. Or, en Islam, l’individu doit s’effacer devant l’ »Oumma », c’est-à-dire devant la « Communauté musulmane universelle ». Aux « Droits de l’Homme » s’opposent donc les « Droits de Dieu », et à l’humanité, l’ »Oumma ».

Certes, le « Conseil Islamique pour l’Europe » a rendu public, en septembre 1981, une « Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ». Certes, en août 1990, l’ »Organisation de la Conférence Islamique » a ratifié, à son tour, une « Déclaration des Droits de l’Homme ». Mais les deux « Déclarations » sont dites « dans l’Islam », ce qui les ramène à une suite de principes théologiques et idéologiques aboutissant à la société islamique parfaite. Ainsi, la formule : « Les hommes ne seront condamnés que conformément à la loi » est traduite par : « Les hommes ne seront condamnés que conformément à la Charia » ! C’est tout et ça change tout !

Et pourtant, cela ne semble pas avoir changé l’attitude de nos élus qui, ou bien ignorent les faits ci-dessus – et c’est grave !- ou bien les minimisent en se disant que l’islam finira bien par se dissoudre dans la démocratie. Quelle erreur ! Quelle monstrueuse erreur ! Nos élus savent-ils ce qu’est un Etat de droit ? Savent-ils que, parce qu’il est « de droit », un tel Etat est fragile, comme sont fragiles les valeurs qui le constituent ? Savent-ils que ces mêmes valeurs sont d’autant plus fragiles qu’elles sont précieuses ? Savent-ils au moins qu’elles sont précieuses parce que leur avenir n’est assuré qu’au prorata de ceux qui ont le courage de les défendre (et ils ne sont jamais trop nombreux) ?

Savent-ils enfin que leur sauvegarde est aussi précieuse que ces valeurs mêmes ? En conséquence, loin de devoir nous piéger, les problèmes engendrés en Europe par les différents acquiescements à l’islamisme devraient, au contraire, nous éviter un énième questionnement sur notre droit. Nous n’avons pas à réfléchir sur notre droit : nous avons à le renforcer dans un élan de fierté légitime émanant des principes fondamentaux qui le gèrent. Sans cela, comment faire face au djihad global, dans les mailles duquel se trouvent aujourd’hui nos démocraties ?

On rétorquera sans attendre qu’un tel djihad est une « vue de l’esprit »… et l’on aura raison, puisque c’est « l’esprit divin » qui, aux yeux de l’islamiste, dirige l’islamiste ! Mais si l’on entend par « vue de l’esprit » une fantasmagorie de celui qui écrit ces lignes, on aura tort, car l’islam ne saurait accepter d’être une simple affaire privée : il se veut aussi affaire publique, et entend, de ce fait, avoir une portée juridique – qui, sitôt niée, justifie l’action violente, y compris dans les pays non musulmans ! Et s’il est vrai que ce recours à la violence ne permet pas de passer automatiquement de l’islam à l’islamisme ou de l’islamisme à l’islam – puisqu’il n’y a pas deux milliards d’islamistes sur la planète ! – on est obligé néanmoins de poser quelque dénominateur commun à ces deux termes, sauf à penser que les mots peuvent ne pas avoir le sens objectif auquel on doit se tenir si l’on entend penser.

Voilà pourquoi on est en droit de dire, avec le journaliste français Claude Imbert, que l’islamisme est la « maladie de famille » de l’islam ; ou encore, que « le problème de fond pour l’Occident n’est pas le fondamentalisme islamique – comme l’a compris l’universitaire américain Samuel Huntington – mais l’islam, une civilisation différente dont les peuples sont convaincus de la supériorité de leur culture et sont obsédés par l’infériorité de leur pouvoir ». Le pakistanais Ibn Warraq est on ne peut plus explicite lorsqu’il affirme que la distinction que nous établissons entre « islam » et « islamisme » est « sans fondement », ou encore qu’ »il n’existe pas de différence entre l’islam et l’intégrisme islamique ».

L’imam franco-syrien Bassam Ayachi illustre ce point de vue, en rappelant que si les musulmans vivant en terre non musulmane sont empêchés de pratiquer les actes d’adoration – comme la prière, le ramadan, le pèlerinage de La Mecque ou le port du hidjab – ils doivent émigrer. S’ils ne le peuvent, « ils tuent et se font tuer » ! (Le Monde, 8 avril 2004) Quant aux fondamentalistes, ils lèvent malheureusement les derniers doutes, un de leurs sites Internet déclarant sans détour : « Quiconque renie que le terrorisme fait partie de l’islam est mécréant » !

Voilà pourquoi les « Droits de l’Homme » n’ont qu’un seul devoir : aider ceux qui les chérissent, où qu’ils soient – d’où cette France admirable qu’on appelle « Terre d’accueil » – tout en luttant sans ménagement contre ceux qui les haïssent, s’ils sont sur notre sol, et hors de notre sol s’il leur prenait de vouloir nous menacer de l’extérieur.

Qu’on me comprenne bien : je n’interroge pas ici la possibilité ou l’impossibilité d’un tel devoir. Je sais simplement qu’à force de vouloir adapter la « vérité » que nous nous faisons de l’homme et de ses droits aux exigences de ceux qui combattent les « Droits de l’Homme », ou, pire, de vouloir nous conformer – au nom de nos propres droits ! – à la « vérité » que d’aucuns entendent nous imposer, nous risquons, les uns et les autres, de baigner « véritablement » dans le même sang !

Maurice Vidal

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