La France n’a pas besoin d’immigration (3/4)

Publié le 21 octobre 2008 - par - 400 vues
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Quand M. Bouygues, qui emploie sur ses chantiers 80% de main d’œuvre immigrée en 1970, justifie cet apport de travailleurs au nom de leur souplesse et de leur dévouement (1), il ne fait qu’illustrer cette volonté du système capitaliste d’avoir « sous la main » un volant d’employés qui va peser sur les salaires et être en concurrence avec la main d’œuvre autochtone…Mais quand, lors du même interview, il prône le « regroupement familial » pour fixer ces immigrés et les motiver davantage, il ouvre la porte à cette immigration « de peuplement » dont toute la société française paie aujourd’hui les dégâts…et qui constitue actuellement l’essentiel des flux migratoires : seuls 7% des immigrés accueillis en 2005 l’étaient pour « motif de travail » (www.ladocumentationfrancaise.fr sous le titre : « Besoins de main d’œuvre et politique migratoire »).

L’immigré qu’a fait venir M. Bouygues va travailler, mais, en s’en tenant à la notion de « famille » qui est la nôtre (ce qui ne rend pas vraiment compte de la réalité maghrébine ou subsaharienne), sa femme puis ses 2, 3 ou 4 enfants (nés à l’étranger ou sur place), une fois sortis de l’école, vont potentiellement s’ajouter à une demande d’emploi que l’économie de cette période ne peut satisfaire en totalité …Ce n’est donc pas par hasard que le taux d’emploi des étrangers se situe 20 points en dessous de celui des nationaux , différence qui , pour les ressortissants du Maghreb, s’étend aux enfants de la deuxième génération même s’ils sont de nationalité française. Les mêmes observations sont faites par le rapport de mars 2006 publié sur www.ladocumentationfrancaise.fr cité ci-dessus, par l’économiste Michel Godet dans un article du 09 / 06 /08, par M. Richard Castera, inspecteur général de l’Administration au terme d’une mission d’évaluation faite en 2005 à la demande du ministre de l’Intérieur (« Le Monde »enligne du 24 /03 /06).

Au seul plan de l’insertion sur le marché du travail, on a donc du mal à croire à «l’ enrichissement du pays » par le biais de l’immigration…

Mais il y a plus important : l’immigration a un coût et il n’est pas négligeable. C’est une question restée longtemps tabou, et, aujourd’hui encore, les documents de référence sont rares, mais ils existent. Dès 1989, Pierre Milloz (prix René Cassin de l’Académie des sciences morales et politiques) publia un premier rapport aux Editions Nationales, qu’il actualisa dans son livre paru en 1997 : « L’immigration sans haine ni mépris » ( sous-titré : « les chiffres qu’on vous cache ») pour aboutir à un coût de 280 milliards de francs pour une population immigrée qu’il évaluait à 6,6 millions de personnes. On comprend la réaction de « l’establishment » qui critiqua les paramètres utilisés par Pierre Milloz mais qui refusa de s’engager dans une analyse comptable et un examen de la réalité pour, selon les discours de l’époque, « ne pas donner prise au délire anti-immigration du FN ». Cette attitude, qui est celle des institutions et associations favorables à l’accueil des immigrés, laisse en fait le champ libre à ceux qu’ils prétendent combattre …Et surtout elle prive le citoyen de la connaissance totale des faits et des chiffres qui devrait présider à tout débat et à toute formation d’une opinion responsable.

En novembre 2004, la Cour des Comptes, dans un rapport intitulé « L’accueil des immigrants et l’intégration des populations issues de l’immigration » a pu regretter que les données nécessaires, les comptes réels, les éléments d’information indispensables soient insuffisants et dispersés, mais elle a donné comme une sorte de signal à diverses études sur la question du coût réel de l’immigration qui, dès lors, se sont multipliées.

On citera ici l’étude de Gérard Pince, expert financier auprès de la Banque Mondiale et du FMI ( « Le monde et le vie » -avril 2006) et celle de Jacques Bichot parue en 2004 « Ces migrants qui changent la face de l’Europe » (Ed. L’Harmattan) en y ajoutant les actes du colloque du 17 / 12 /05 de l’Institut de géopolitique des populations publiés chez « L’Harmattan » (directeurs : Jacques Dupaquier et Yves-Marie Laulan).

Toutes aboutissent à un coût significatif de l’immigration après en avoir étudié les impacts en dépenses et les apports en recettes. Jacques Bichot, professeur d’économie l’Université LyonIII a avancé le chiffre de 24 milliards d’euros pour le coût de l’immigration et de 12 milliards pour celui de l’intégration (voir le dossier publié par « Le Point » le 17 /01 /07).

La brochure reprenant les actes du colloque précité donne les mêmes résultats. C’est aussi à un chiffre global comparable (36,4 milliards d’euros par an de charge pour les pouvoirs publics) que parvient Jean-Paul Gourévitch, expert international spécialiste des migrations, dans une monographie de mars 2008 : « Le coût réel de l’immigration en France » que l’on peut télécharger sue le site des « Contribuables Associés » (www.contribuables.org) et qui semble être l’étude la plus complète sur cette question de l’immigration dont nul ne peut sous estimer l’importance et qu’il convient de porter dans le débat démocratique en en appréhendant tous les aspects, même les plus « désagréables »… tandis que la contribution de l’immigration à l’augmentation du PIB a pu être évaluée à 3,85 milliards d’euros en 2006 sur les 35 milliards d’euros d’augmentation globale de la richesse nationale cette année-là.

En quantifiant, à partir de données éparses, mais attestées, qu’il reprend et recoupe, les coûts de l’immigration vers la France, ceux de l’immigration en France (coûts sociaux, sécuritaires, éducatifs, fiscaux et sociétaux), les investissements nécessaires à l’intégration ( « politique de la ville », notamment) les recettes liées à l’immigration (contributions aux budgets nationaux, territoriaux, sociaux), il adopte une méthodologie convaincante et une démarche qui entraîne l’adhésion, d’autant que chaque source est identifiée, chaque chiffre explicité.

Mais il souligne aussi les difficultés d’accès aux chiffres réels, aux statistiques certaines, et les limites des extrapolations et autres recoupements. La discussion est donc ouverte : l’ennui, c’est que ce document est soigneusement ignoré des « élites gouvernantes et bien pensantes » et que , de discussion, il n’y a pas, le citoyen étant laissé dans l’ignorance du réel pour être assommé de slogans et d’assertions incantatoires qui font office de vérités incontestables. La politique « de l’autruche » ainsi pratiquée risque de ne pas résister longtemps à la tension manifeste face à une situation dont les effets pervers apparaissent de plus en plus.

Tout au long de notre analyse, nous avons vu qu’il convenait d’ouvrir les yeux sur le réel et que l’immigration n’était pas vraiment une richesse pour notre pays…C’est, d’ailleurs, ce qu’avouent sans le dire tous ceux qui , favorables à l’immigration sans limites, nous affirment, la main sur le cœur, que si ce n’est pas un enrichissement économique et financier, c’est , au moins, un enrichissement culturel…Et de nous vendre les concepts fumeux de multiculturalité, de métissage des cultures…sans jamais, d’ailleurs, nous préciser ce qu’ils renferment.

Car la « Culture », ce n’est pas seulement apprécier les pâtisseries orientales, se régaler d’un couscous ou déguster un savoureux canard laqué…Ce n’est pas seulement danser au rythme d’une salsa, se déhancher dans une « danse du ventre » endiablée ou marteler fiévreusement la peau tendu d’un djambé …Pour cela, comme pour connaître les modes de vie répandus sur notre planète, au XXI ème siècle, on n’a nul besoin de susciter des flux migratoires pour les représenter sur place ou d’implanter un « chinatown » en plein Paris : tous les vecteurs des différentes formes de la communication, de la connaissance, sont à notre disposition pour satisfaire pleinement notre curiosité.

Et pour qu’il y ait osmose entre deux cultures différentes dont l’une reçoit l’autre, pour que cette osmose soit enrichissante pour celle qui reçoit, encore faut-il que celle qui percole soit comme une « une valeur ajoutée ».

Or, que peut apporter à notre « culture », à nos valeurs, à nos idéaux, une « culture » qui ne reconnaît pas la liberté de conscience à l’individu et qui ne lui permet pas de se construire librement par l’exercice de la raison et du libre arbitre en l’enfermant dans « la soumission » dès sa naissance ?

Que peut apporter une « culture » qui laisse à l’état d’infériorité totale Celles qui représentent « la moitié de l’Humanité » en les stigmatisant par des costumes chosifiants, en les soumettant, de fait, à l’autre « moitié », en ne reconnaissant pas leur identité individuelle ?

Que peut apporter une « culture » dont les coutumes sont celles des mutilations sexuelles, des mariages forcés, de la polygamie, de la sexualité brimée de la femme ?

Que peut apporter une « culture » qui prétend régir l’âme et le corps de chacun par delà son individualité, qui prétend régler l’ordre social par-delà les lois de la République ?

Que peut apporter « une culture » qui regroupe les humains en « communautés » en excluant celui (celle) qui « n’est pas de la communauté » ?

Que peut apporter une « culture » qui transforme les quartiers où elle sévit en zones de non-droit républicain, en lieux de refus des valeurs autres que celles portées par une « parole supposée sacrée », en espaces où l’on écrit sur les murs sa haine de celui qui a accueilli ?

Que peut apporter une culture où le « grand frère » a le droit de battre la petite sœur qui s’habille « trop court », où les gamins ont « le droit » de jeter des pierres sur celui qui ne respecte pas le « jeûne », où le mari peut refuser les soins à sa femme si le médecin est « un homme » ou qui peut la battre si elle ose relever son voile intégral ?

Chacun des aspects ici soulevés (et il y en a bien d’autres) montre que si, toute culture est «explicable et justifiable » en soi et en son Histoire, tout n’est pas acceptable dans une culture qui viendrait imposer à la nôtre des valeurs, des comportements, des traditions, des discours, des modes de pensée et d’expression qui nous feraient retomber en des époques obsolètes, encore plus obscurantistes qu’a pu l’être le Moyen Age, et dont notre peuple a su s’extraire par un long et douloureux processus de maturation idéologique, économique, politique et sociétale.

Il faudra donc que les tenants de la « multiculturalité » ou du « métissage des cultures » répondent à ces questions essentielles – et à bien d’autres encore – avant de nous convaincre…car ce n’est pas ce qui se passe dans nos cités et banlieues, dans ce qui est devenu « territoires de non droit républicain » pour laisser place au droit du plus fort et du plus religieux, qui est de nature à le faire…Pas plus que l’injurieuse agressivité du « rap » n’est de nature à nous convaincre de l’avancée musicale et poétique qu’il représenterait : le concert de « Booba », le 4/10/08, au Stade de France est plutôt significatif d’une décadence … Par parenthèse, le « parler banlieue » qui « métisse » notre langue n’est qu’une régression intellectuelle et linguistique qui enferme ceux qui le pratiquent dans l’impuissance à saisir toutes les formes de la réalité et à les exprimer.

Non, l’immigration de peuplement que nous connaissons n’est pas plus nécessaire que l’immigration de travail, elle n’est ni un enrichissement économique ni une valorisation culturelle…
Alors se posent ces questions de manière lancinante : pourquoi tant de « chantres » de l’immigration ? Pourquoi vouloir l’imposer de manière massive à un peuple qui la refuserait si on lui donnait la possibilité de se prononcer… ?

Nous avancerons des éléments de réponse dans le prochain article.

Robert Albarèdes
www.laic.fr

1- http://www.dailymotion.com/video/x4f7ad_1970-bouygues-demande-le-regroupeme_politics

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