La Libre Pensée compare les écrits de RL à ceux des antisémites des années 30 !

Publié le 21 décembre 2009 - par - 201 vues
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Lors de mon passage à Roanne pour la tenue de la Conférence sur Jean Jaurès : humanisme et laïcité, pour le 15Oe anniversaire de sa naissance, organisée par le Grand Orient de France et le Cercle Condorcet, l’un des organisateurs m’a confié un texte publié par le Président de la « Libre Pensée » de la Loire, un certain Pierre Roy, ignoble, où à côté de sa propre logorrhée, ce dernier citait un texte de Christian Eyschen, secrétaire national de la même association, faisant dans la même veine, daté du 4 décembre 2009. Une source incontournable pour les historiens qui travaillent sur le sujet de la calomnie (1). Un de ces textes qui vous donne des hauts de cœur tellement il rejoint ceux du pire genre, dont la méthode consiste à jouer avec l’histoire et ses pages les plus sombres pour jeter l’opprobre sur celui que l’on désigne comme l’ennemi.

Les libres penseurs de la LP font de la morale avec l’histoire pour calomnier Riposte laïque

Le thème principal de ce texte consiste à comparer notre journal, Riposte Laïque, en raison des critiques qu’il fait des dangers de l’islam politique, à ceux qui dans les années trente à coup d’antisémitisme le plus primaire préparaient les persécutions contre les juifs qui préludaient à la solution finale. En attaquant ainsi Riposte laïque lors de ma venue à Roanne, c’était évidemment s’en prendre par cette entremise à moi-même. Ces individus appartenant à l’association « La libre pensée » qui n’a d’intérêt pour la liberté de pensée que les mots, son assez lâches pour ne pas nous affronter sur le terrain du débat, incapable d’argumenter face à nos analyses. Ils préfèrent de loin pratiquer un niveau de l’insulte qui confine à la haine, joue sur le rejet de la liberté de pensée et le droit démocratique à la confrontation des idées, à la libre critique, avec des arguments qui les salissent eux-mêmes.

Ils sont de ces beaux penseurs qui utilisent le ressentiment, la délation, l’insulte et la diffamation, les comparaisons les plus ignobles porteuses de haine, en guise de gage de leur conviction de soi-disant libres penseurs. On en connait la méthode, c’est celle en général de l’extrême-droite, flattant ce qu’il y a de plus infréquentable en l’homme.


Christian Eyschen, un « libre penseur » qui empêche la libre pensée.

Cette méthode d’intimidation par la calomnie procède de la souillure qu’on entend jeter sur autrui pour le désigner en pâture à la foule comme un pestiféré. On empêche par cette méthode à la libre critique de jouer ce rôle essentiel de veille qui lui est dévolu, en regard de cette bête immonde du fascisme qui ne dort jamais que d’un œil, comme Berthold Brecht nous en mettait en garde.

Combattre sans concession l’islam politique, notre seul crime !
L’islam politique entend peser, à travers une confessionnalisation de l’espace public qui vaut prise de pouvoir par la multiplication des voiles et des djellabas, de la burqa, cette abjection, sur les décisions des citoyens dans la plus pure tradition cléricale, pour obtenir des accommodements de nos élus, de la République contre les droits inaliénables de certains membres de notre société, bafoués par une logique communautariste qui les prend en otage au nom d’une origine.



Des procédés qui déshonorent à jamais leurs auteurs.

Une logique qui conduit un peu plus chaque jour à imposer une réduction inconcevable des libertés aux femmes en France considérées comme inférieures juridiquement par l’islam, selon une logique religieuse néoconservatrice portant le projet d’une République islamique partout au nom de la soumission à un dieu, en réalité un projet nationaliste mondial sans frontières articulé à une religion. Un mélange détonnant et un piège pour ceux qui croient y voir un moyen de se donner une forme de reconnaissance derrière l’idée dune vengeance contre la République, montrée du doigt comme responsable de tous les maux alors que du colonialisme au chômage de masse en passant par la mise en panne de l’ascenseur social c’est le libéralisme qui doit être mis en accusation devant l’histoire.

Celles qui mettent volontairement le voile ou la burqa croyant y voir une résistance poste-coloniale, sont induites par une propagande à se tromper de colère, pour que demain si le communautarisme l’emportait, le piège de leur soumission se referme sur elles pour réduire à néant leur volonté et leur libre-arbitre. C’est la méthode de toutes les sectes : victimisation, séduction, soumission et destruction.
Les Suisses ont eu raison : le symptôme ce n’est pas eux, c’est cet islam liberticide.

Ces « libres penseurs » de pacotille nous reprochent de défendre le vote des Suisses rejetant les minarets, autrement dit, ils nous reprochent de défendre le droit à la libre expression des peuples. Quand celle-ci ne leur convient pas, elle est désignée comme un poison, exactement comme en mai 2005 les éditorialistes serviles des grands médias face au rejet par le peuple du Traité Constitutionnel Européen expliquaient que les Français ne comprenaient rien où que leur vote reflétait un fond mal réprimé de nationalisme.

Oui, les Suisses ont osé voir dans l’opportunité d’un vote contre les minarets la possibilité de dire combien l’islam faisait aujourd’hui symptôme comme instrument de division et de régression des droits, comme retour à un pouvoir religieux archaïque totalement étranger à nos démocratie, qu’on laisse se faire bousculer, déstabiliser, au risque de créer des litiges qui conduisent à tous les risques y compris à un moment donné à celui du racisme si on ne fournit pas d’analyse, si on laisse sans réagir s’installer le communautarisme dont l’islam est porteur. Ne pas critiquer cet islam là, c’est se mettre au service d’un libéralisme avec lequel cette religion est complice pour faire taire les intérêts populaires, et avec eux la lutte des classes.

La religion pour gouvernement en lieu et place de la cité gouvernée par des lois dont les citoyens sont les garants, conduit inévitablement par dogmatisme à une fascisation des relations sociales, à la division communautariste qui fabrique les racismes de tous bords et pousse la société française vers un éclatement voulu par le libéralisme qui peut ainsi, à travers cette fuite en avant aux plus grands risques, appliquer à souhait la formule « diviser pour régner ».

Yazid Sabeg veut ethniciser la France en s’appuyant sur l’islam, la libre pensée fait pour lui le ménage

Yazid Sabeg, le Monsieur « diversité » du gouvernement Sarkozy, peut dimanche dernier sur la 5 ainsi, pousser plus loin les choses grâce au cheval de Troie que constitue l’islam contre la République, pour proposer les statistiques ethniques en s’appuyant sur une organisation comme le CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires) fondée sur une démarche raciale qui rejette l’égalité à la faveur de la discrimination positive, autrement dit poursuivant des buts clairement communautaristes.

Le but avec l’aide de ce type d’association est de permettre de transformer la question sociale en questions ethnico-raciale, empoisonnant le vivre ensemble et pourrissant les rapports entre les individus pour qu’ils ne se pensent plus qu’en couleurs, en religions et en races, au lieu du mélange que propose la laïcité à porter au-dessus des différences le bien commun, l’intérêt général, sans pour autant nier les différences mais faire prévaloir sur elles ce qui rassemble, ce qui fait histoire commune au lieu de ce qui désunit.
« Il faut que les enfants (de l’immigration) soient fiers de ce que leurs parents ont apportés par leur travail et leur culture » encore selon Yazid Sabeg, par exemple : Le retour de la religion comme instrument de ré-encadrement de certaines populations traitées comme des entités à séparer des autres comme si elles n’avaient pas le droit à l’égalité ? Où encore, une conception de la religion relevant d’une lecture littérale du coran liberticide qui va avec la burqa ?

« Il faut apprendre aux enfants que le peuplement de ce pays a changé » (…) « mieux enseigner cette religion » sous-entendue l’islam, dit-il encore ! Ah ça ! L’islam et les libéraux peuvent dire merci à « la libre pensée » servile à jouer ainsi de l’insulte la plus grave, du procès en xénophobie, pour tenter d’étouffer les critiques à cette situation catastrophique, alors qu’il y a le feu dans la maison de la République et que la laïcité est en péril, cette digue qui nous protège contre le communautarisme que veut Sarkozy pour mieux encore être roi !

Voilà comment, en traitant de xénophobes ceux qui écrivent dans RL , en interdisant la critique de l’islam, ils favorisent la politique de Sarkozy qui rêve de remplacer la laïcité et l’égalité par l’équité, sur le mode anglo-saxon qui se traduit par l’organisation des mises à parts selon les identités faisant disparaitre jusqu’à l’idée même de peuple, rendu ainsi par ces divisions incapable de réagir collectivement face au capitalisme et à ses excès, au chômage que crée ce dernier comme armée de réserve pesant sur ceux qui travaillent pour mieux les exploiter.

Nous ne nous tromperons pas de camp quant à nous, c’est bien la laïcité que nous avons choisi de défendre sans concession, n’en déplaise aux oiseaux de mauvaise augure, aux faux chevaliers blancs qui prennent la défense avant tout du droit à la différence qui conduit à la différence des droits avec ses conséquences dont la fin de toute citoyenneté commune. Nous, nous combattons pour l’égalité entre tous !

La « Libre Pensée » par son sectarisme divise dangereusement le camp des laïques

Ces gens qui nous comparent aux xénophobes des années 30 ressemblent comme deux gouttes d’eau à ceux qui dans cette même période insultaient les détracteurs du pacte de Munich de Daladier et Chamberlain vendant contre un peu de lâche répit, avant la guerre, la Tchécoslovaquie à Hitler, au lieu de s’apprêter à le combattre sans concession, lui laissant ainsi le temps de se doter de tous les moyens d’anéantissement qui aboutirent finalement à la shoah. Ces « libres penseurs », qui ne voit dans l’islam d’aujourd’hui qu’une religion à soutenir dans sa liberté à s’exprimer jusqu’à s’attaquer à l’édifice républicain, sont des alliés objectifs des ennemis de la République, de la laïcité, des droits des femmes, du droit des peuples à dire leur mot en toute indépendance et plus généralement de toutes nos libertés.

On sent derrière cette prose de La libre pensée à notre égard toute l’étendue du sectarisme qui divise dangereusement le camp des laïques. Ces gens-là passent leur temps à jeter l’anathème et par cette attitude rendent un service irremplaçable aux nantis qui tirent les ficelles politiques de cette éclatement des sociétés avancées par le retour des religions, islam en tête donnant l’exemple. Ces gens là peuvent se vanter de ne rien déranger ni personne là où on prépare une société invivable, clivée, détruite.

Rien ne justifie de jouer avec cette mémoire de l’héritage de l’antisémitisme qui conduisit à la shoah

Pour la petite histoire qui vaut tout autant que la grande, j’ai quelques noms des membres de ma famille gravés sur le mémorial des Juifs déportés de France qui ne sont pas revenus. Une tante arrêté un 17 octobre 1942 parce qu’elle refusait de porter l’étoile jaune comme une pestiférée, emmenée à Drancy avant de partir pour Auschwitz. Ses enfants venaient d’être mis à l’abri pour la guerre et échappèrent de justesse à l’Holocauste. Un arrière-grand père maternel que les Allemands sont venus chercher sur son lit d’hôpital à la limite de quitter ce monde, pour l’emmener à l’âge de 89 ans vers une fin certaine, qui ne devait sans doute jamais atteindre à Birkenau ces baraques désignées comme servant à la « désinfection » où se trouvait des pommes de douche qui n’ont jamais délivrées d’eau. C’est pour eux aussi que j’ai répondu ici, qu’il ne faut jamais perdre de mémoire et laisser être pris en otage de cette façon de faire de la morale avec l’histoire pour assassiner par la calomnie le droit à la libre pensée.

N’oublions donc jamais avec Hannah Arendt que le dogmatisme, appliqué à la lettre à toutes les chances de conduire à la terreur du génocide, lorsqu’il considère l’autre, celui qu’il désigne comme l’impur, telle une catégorie d’individus à éliminer de l’histoire comme l’islam peut en être porteur à travers les condamnations à mort qu’elle prononce envers celui qui veut le quitter pour une autre religion (crime d’apostasie) ou qui ne croit en rien (crime de mécréance) ou qui le critique (fatwa appelant à la suppression physique comme pour Salman Rushdie). Prévenons-nous du risque qu’un jour, ce soit cette religion qui gouverne le sens des choses, ou ce sera à coup sûr le retour vers l’enfer. On peut compter sur nos pour ne rien lâcher contre ce péril.

Il fut évoqué lors de cette conférence sur Jean Jaurès donnée à Roanne dans les meilleures conditions, l’humanisme du personnage, le rôle qui fut le sien pour porter la laïcité au cœur même de l’Etat jusque dans la Séparation d’avec les Eglises qui érigeait le fait de croire ou de ne pas croire en droit, et interdisait l’accès du religieux au politique à l’ombre d’une histoire encore chaude où le cléricalisme s’était livré aux pires exactions contre les libertés. Il fut aussi évoqué comment il envisageait que la République laïque poussée jusqu’au bout réaliserait la République sociale.

Quoi de mieux que de se référer à la sincérité de son engagement, à son intégrité intellectuelle et morale, comme contre-feu à la calomnie qui nous touche. Cette calomnie, cette haine, on la connait, c’est elle qui conduisit Salengro au suicide et c’est encore elle qui guida le doigt du nationaliste Raoul Villain lorsqu’il tira sur Jean Jaurès pour l’assassiner après une campagne de dénigrement hystérique parce qu’il était pacifiste alors que l’on ne pensait qu’à préparer à la guerre les esprits.

La libre pensée condition de l’humanisme et du respect de la personne humaine

Nous n’avons rien de commun avec cette façon de certains de traiter la divergence dans le domaine des idées. Nous, nous aimons les Lumières, nous nous inscrivons résolument dans le droit fil de l’héritage des humanistes comme Rousseau, Diderot ou Condorcet, ces fameux philosophes caractérisés par l’idée de progrès, par la défiance de la tradition et de la morale religieuse, la défiance de l’autorité d’un seul, la foi dans la raison et dans les effets émancipateur de l’instruction, l’invitation à penser et à juger par soi-même. Nous considérons que la fin ne saurait justifier les moyens, car de nombreuses fois dans l’histoire, on a pu voir où cela conduisait, au totalitarisme. A des buts humanistes des moyens qui le soient, dans le débat d’idée ou dans l’action, la personne humaine mérite ce respect.

Guylain Chevrier

historien

1 – « De l’Ignoble et de ses propagateurs » signé Pierre Roy, Président de la Libre Pensée de la Loire, texte envoyé par mail à un certain nombre de participants à l’organisation de la Conférence en référence.

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