La burka n’est pas une  » valeur essentielle de la communauté française « 

Publié le 15 juillet 2008 - par - 267 vues
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Dans un arrêt du 27 juin, le Conseil d’Etat refuse la nationalité française à une Marocaine de 32 ans, mariée à un Français et mère de trois enfants nés en France, au motif qu’elle  » a adopté, au nom d’une pratique radicale de sa religion, un comportement en société incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française, et notamment le principe d’égalité des sexes « .

Faiza M. et son époux ont donc utilisé les recours juridiques jusqu’à l’instance suprême du Conseil d’Etat. En effet, le conjoint d’un Français peut obtenir la nationalité française par simple  » déclaration « , après quelques années de mariage. (Le délai d’un an a été porté à deux ans en 2003, puis à quatre ans en 2006, et cinq si le couple réside à l’étranger).

Cette obtention de la nationalité française est souvent considérée comme un automatisme et un droit absolu par les intéressés, alors que la loi fixe un certain nombre de conditions :

– un séjour régulier en France ;

– l’absence de condamnations pour atteinte aux intérêts de la Nation ou pour terrorisme, ou à une peine de plus de six mois de prison ;

– une communauté de vie  » affective et matérielle  » ;

– une connaissance  » suffisante  » de la langue française et des  » droits et devoirs conférés par la nationalité française  » ;

– l’absence d’ » indignité  » et de  » défaut d’assimilation « .

Pour apprécier ces critères, les deux membres du couple sont soumis à une enquête diligentée par la préfecture ou le consulat. Cette investigation est généralement menée par un officier de police judiciaire, qui auditionne séparément les conjoints et enquête auprès du voisinage, des services sociaux, des Renseignements Généraux, etc. Les circulaires ministérielles proposent aux enquêteurs un canevas de questions habiles afin de détecter par exemple  » les éléments révélateurs d’une attitude intolérante ou discriminatoire  » chez la personne auditionnée, ou dans  » ses relations sociales, son comportement familial, ses activités de loisir « .

Faiza M. s’était présentée à cette audition, puis à celles qui ont suivi, dans une tenue d’ » abaya « , ce voile intégral (et intégriste) saoudien qui ne laisse voir que les yeux. Mais tout autant que cet accoutrement que la presse a appelé  » burka « , c’est les déclarations et le mode de vie du couple qui a suscité l’avis négatif du commissaire du gouvernement, puis de la préfecture le 16 mai 2005, puis du Conseil d’Etat trois ans plus tard. En effet, Faiza M. vivait  » recluse « , et approuvait  » la soumission à l’autorité des hommes de sa famille « . La justice a donc conclu que cette  » absence d’adhésion à certaines valeurs fondamentales de la société française  » constitue un  » défaut d’assimilation « , et une connaissance insuffisante des  » droits et devoirs  » des Français, alors que l’intéressée remplissait les autres critères requis par la loi.

Les Français se réjouissent très majoritairement de cet arrêt du Conseil d’Etat, si l’on en croit les premières réactions d’internautes sur les sites d’information. C’est effectivement une très belle victoire pour tous les militants de la laïcité et du féminisme. Mais au-delà de notre satisfaction immédiate, voyons pourquoi cet arrêt du Conseil d’Etat est de la plus haute importance.

Tout d’abord, il ne s’agit pas d’une demande de  » naturalisation « , mais d’une acquisition de la nationalité  » par mariage « , qui est trop souvent considérée comme un  » droit  » absolu sans aucun  » devoir « . Cela permettait bien souvent de conférer cette nationalité à des personnes qui ne cessent de cracher sur la France et ses valeurs. Le Conseil d’Etat rappelle donc que le fait d’être Français, ce n’est pas n’importe quoi.

Le Conseil d’Etat fonde sa décision non pas sur des propos et des actes condamnables (appel au jihad ou au sexisme par exemple), mais sur l’appréciation d’une  » pratique radicale  » d’une religion  » incompatible  » avec nos  » valeurs essentielles « . C’est donc un coup d’arrêt à l’utilisation par les islamistes du prétexte de la  » liberté religieuse  » pour prôner des pratiques inacceptables.

Mais surtout, c’est une pierre dans le jardin de ceux qui, dans le camp laïque, tentent de théoriser artificiellement sur une séparation fictive entre  » espace privé  » et  » espace public « . Caroline Fourest, par exemple, ne s’oppose pas au port de la burka dans la rue considérée curieusement par ces théoriciens comme relevant de l’ » espace privé « , et s’interdit de condamner les  » pratiques fondamentalistes  » quelles qu’elles soient en les distinguant fictivement des  » pratiques intégristes « .

Ainsi donc, en suivant ces thèses diamétralement opposées à la réalité vécue par les Français, on pourrait au nom d’un relativisme culturel ou d’un multiculturalisme condamner le port du voile et de la burka à l’école, mais pas à l’Université, à la maison ou dans la rue. Les prosélytes de l’islam radical n’en demandaient pas tant ! Ils pouvaient ainsi prôner leurs dogmes sexistes, racistes et jihadistes sans entrave dans les mosquées (espace privé), dans les appartements des cités (espace privé), ou afficher les signes ostensibles de ces dogmes sur les grands boulevards (espace privé), dans les commerces (espace privé), dans les usines (espace privé), bref dans la majorité de l’ » espace  » de la société civile. Si d’aventure une tenancière d’un gîte rural ou un patron d’entreprise osait s’y opposer, le Mrap, la Halde et Prochoix s’empressaient de les traîner en justice ou dans la boue.

Les principales intéressées, à savoir les jeunes femmes issues de l’immigration musulmane, ne s’y étaient pas trompée. Dans son dernier congrès, Ni Putes Ni Soumises apportait un soutien massif à Fanny Truchelut victime d’une petite soldate de l’islam conquérant, rejoignant ainsi la quasi-majorité des féministes. Et NPNS vient de saluer la décision du Conseil d’Etat concernant Faiza M. Dans un communiqué, l’association estime que  » la République ne peut en aucun cas cautionner un tel outil de soumission et d’oppression envers les femmes « . NPNS fustige ceux qui considéraient  » le voile ou la burqa comme un outil d’intégration « .

Dans son combat contre les islamistes, Mohamed Sifaoui nous a rappelé qu’il ne suffisait pas de s’attaquer policièrement et juridiquement aux conséquences (menaces de mort, violences, actes de racisme, de sexisme, de terrorisme), mais qu’il fallait surtout éradiquer l’idéologie et les dogmes qui provoquent ces conséquences. En considérant une  » pratique radicale  » de l’islam comme  » incompatible  » avec les valeurs de la République Française, et en particulier la laïcité et l’égalité des sexes, le Conseil d’Etat sort enfin de l’hypocrisie d’un relativisme culturel qui menaçait les fondements même de notre société.

Roger Heurtebise

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