La curieuse lecture de Respublica, sur la fin de la présence juive en terre d’islam

Publié le 29 septembre 2009 - par
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Monsieur le rédacteur en chef

Je viens de prendre connaissance du dernier numéro de Respublica.
Une question et une observation d’abord : vous y faîtes état, pour vous en féliciter, de la décision de 1000 établissements scolaires de Belgique, interdisant le port du foulard islamique dans l’enceinte de ces écoles.
Le sentiment que dégage l’article est rassurant.

De Belgique viendrait l’espoir d’une résistance sérieuse à une cléricalisation de la vie sociale via l’islamisation. Permettez donc que je m’étonne que l’on ne dise pas au lecteur que : cette Belgique qui réagit au hijab à l’école est dans le même temps la proie de troubles graves qui la laisse comme inerte, désarmée. Ces troubles ont été provoqués délibérément par les assauts violents du salafisme, assauts dont sont sorties l’émeute de Moellenbek ainsi que la honteuse capitulation du Bourgmestre, ou sa solidarité de fait avec les émeutiers restés maîtres de la rue.

Votre collaborateur, Arabdiou, présente l’ouvrage collectif sur la fin de la présence juive en terre d’islam. Je n’ai pas encore lu ce travail dont on m’a dit le plus grand bien. Permettez cependant une critique. On ne saura pas, à lire la présentation d’Arabdiou, que les deux tiers du million de Juifs qui vivaient en « pays d’islam » vivent présentement en Israël où ils y constituent la majorité de la population.

Je vous avoue que j’ai été étonné de lire sous la plume d’Arabdiou, que l’expropriation totale des Juifs des pays d’islam devait être mise sur le compte de choix ou « d’orientations socialistes » et de « mesures d’arabisation »…sans autre commentaire.

Que je sache, pour ne prendre que cet exemple : l’expulsion et la spoliation totale des Juifs de Libye par la monarchie libyenne n’avait pas grand-chose à voir avec des mesures « socialistes ». Socialiste, la monarchie du roi Idriss renversée par le colonel fondateur du prétendu « socialisme arabe » ?

Une question encore : qu’est-ce qu’un socialisme qui n’exproprie les moyens de production et d’échange, ne seraient-ils qu’une modeste échoppe, que si le propriétaire en est un Juif ? Moi je dirai que ce « socialisme » là n’est qu’une version orientale du national socialisme hitlérien, une version acclimatée aux pays de la dhimmitude. Pas vous ?

J’allais oublier, votre rédacteur mentionne « l’arabisation » pour expliquer la spoliation générale des Juifs, comme si leur expropriation, au nom de l’arabisation, n’était pas une grossière et inacceptable violence raciste qui n’a de précédent comparable que les expulsions expropriations du Moyen-Âge en Europe ?

En 1940, la France de Vichy, adaptait au pays vaincu les lois dites de Nuremberg. Elle arianisait les biens juifs, boutiques et entreprises. Pour dire les choses autrement, les pays dits d’islam, adopteront à partir de 1948 des lois de type nazi contre leur minorité juive présente depuis des siècles et même plus de 2000 ans dans certains cas.

J’ajoute que ces lois raciales et religieuses (arabo-islamiques) n’étaient pas dressées que contre les Juifs. En se déclarant république « Arabo islamique », l’Algérie dirigée par le FLN dépossédait de la propriété de son pays la majorité autochtone berbère d’Algérie.

Arabdiou n’indique pas non plus que ce million de Juifs dhimmis (sauf ceux d’Algérie, Tunisie, Maroc, du fait de la législation française), expulsés brutalement, chassés tous d’un coup, ou poussé progressivement au départ, interdits le plus souvent de prendre plus qu’une valise, n’ont bien sur jamais été indemnisés mais, qu’en outre ils n’ont donné lieu à aucune mesure de la part des nations unies. Israël les a intégrés, sans recevoir ni demander quoi que ce soit.

Le contraste est évidemment flagrant avec les six à sept cent mille « arabes » d’Israël qui ont quitté le pays, ont été et sont l’objet d’une mobilisation financière et humaine permanente des Nations Unies, mobilisation sans précédent avant et dont le « droit au retour » est l’objet d’une mobilisation politique visant à spolier les Juifs de leur état restauré après des siècles de destruction. Tandis que les Juifs d’Algérie ne sont pas autorisés à revenir, même pour voyager quand leur opinion connue est « sioniste ». Lorsqu’ils peuvent revenir visiter le pays et revoir leur ancien logement généralement occupé, il ne leur est pas possible d’aller prier sur la tombe de leurs morts, parce qu’un minyan pour dire le Kaddish, en supposant dix hommes groupés pour la prière, contrevient à la loi algérienne sur la sécurité et les attroupements.
Normal, la loi c’est la loi me direz-vous ! La loi, c’est la loi ? On bien a vu cela à Moellenbek et on le voit tous les vendredis, dans le haut de la rue Jean Pierre Thimbaud, devenue une annexe de la mosquée, comme si elle était la propriété de salafistes démonstratifs. La loi, c’est la loi. Quelle loi ? La loi républicaine ou la charia ?

Alain RUBIN

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