La discrimination positive, ce nouveau racisme !

Publié le 16 février 2009 - par - 653 vues
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Yazid Sabeg, commissaire à la diversité et à l’égalité des chances, surfant sur « l’effet Obama » a brutalement déclaré, mercredi 21 janvier, Interrogé dans l’émission Questions d’info (LCP-France Info-AFP) : « Aujourd’hui, on est en train de creuser un sillon qui nous conduit tout droit à l’apartheid : territorial, dans les têtes, social, faisant allusion au système de ségrégation raciale pratiqué en Afrique du Sud jusqu’en 1990. La place des minorités dans l’ensemble de la société française est posée depuis un demi-siècle dans notre pays. Elle évolue peu », analyse-t-il, rajoutant que « les pauvres, les exclus sont essentiellement, massivement des minorités », le commissaire à la diversité prévient: « la période qui s’ouvre est la dernière chance que nous ayons » sous-entendu, pour donner nos faveurs à la discrimination positive.

M. Sabeg est un menteur ! La ségrégation raciale en France est un mythe politique

Si depuis 1975, la part des immigrés dans la population est restée stable, elle a intégré à tour de bras ceux d’hier, pour faire changer la physionomie générale de la population française. L’immigration a beaucoup changé comme le voit l’INSEE (enquête basée sur le recensement), les entrées pour motif familial ont augmenté, la population immigrée s’est féminisée et les immigrés proviennent de pays de plus en plus lointains. Autrement dit, ces populations viennent de cultures plus éloignées qui posent des problèmes nouveaux d’intégration que l’on tait derrière ces bons sentiments de notre commissaire à la diversité main dans la main avec les gauchistes. Plus de la moitié des couples composés d’au moins un immigré sont des couples mixtes, montrant cette France du mélange sur laquelle se déverse M. Sabeg, qui est aux antipodes du modèle américain pour qui le couple mixte reste une exception.

Du fait de la taille de leur famille, de la faiblesse de leurs revenus et de leur concentration dans les grandes villes, les immigrés sont plus souvent locataires du secteur social, ce qui souligne combien encore ici ils sont bien accueillis au pays des Droits de l’homme parce qu’ils bénéficient du principe d’égalité lorsqu’ils sont en règle avec la loi. Les immigrés sont davantage affectés par le chômage en raison de leur manque de qualification, mais on doit rappeler que ceci est souvent lié à un déficit de formation antérieur à leur venue et non à la France. On a l’habitude de dire qu’ils occupent plus souvent des postes d’ouvriers ou d’employés, notamment non qualifiés, mais contrairement aux idées reçues, 11% d’entre-eux sont chefs d’entreprise, 12% cadres, 15 % dans les professions intermédiaires et 31 % ouvriers qualifiés ! (Chiffres INSEE). Leur sur-représentation dans l’industrie et la construction s’atténue. Les enfants d’immigrés présentés comme particulièrement touchés par les difficultés scolaires, ne le sont en fait pas plus que les autres enfants ayant les mêmes caractéristiques sociales, selon cette enquête.

« À origine sociale donnée, les descendants de migrants ont le même destin social que les autres », voilà la conclusion de cette enquête assez parlante pour pouvoir affirmer que les exagérations délirantes d’un Sabeg qui voit un apartheid en France, visent autre chose que la résolution des problèmes de discrimination qui peuvent y exister, très secondaire vis-à-vis de la question sociale qui touche une large majeure partie de la population dont une part des familles issues de l’immigration qu’il n’est pas question de mettre à part, comme le propose cet avocat improbable de l’immigration sous le prisme des minorités. On voit à travers cette analyse et ces chiffres combien la dynamique de l’égalité à la française avec sa laïcité et son modèle social qui y sont adossés, est performante pour intégrer et permettre un mélange qu’aucun autre pays ne peut présenter, combien malgré une crise qui dure depuis les années 70 en France après le premier choc pétrolier, et une reprise du creusement des inégalités depuis 1984 avec l’accélération d’aujourd’hui, la France républicaine reste un pays porteur d’un modèle de société qui est à creuser. Aujourd’hui, en raison de la façon dont le problème de la raréfaction de l’emploi est perçu, des manifestations de rejet de l’immigré apparaissent en Espagne, en Italie ou en Grande-Bretagne, ce qui est inimaginable en France, malgré la crise qui frappe dur!

Le mensonge de M. Sabeg est nourri par une volonté politique de formatage de la société française au modèle anglo-saxon de segmentation du tissu social par une politique des minorités de toutes sortes, faisant le tombeau de l’égalité, véritable credo du sarkozysme cynique qu’il représente, rêvant de créer un nouveau « Veau d’or » divisant la société par le clientélisme immoral et dangereux pour la démocratie et les droits de l’homme du communautarisme. Le multiculturalisme, qui est fondé sur la reconnaissance des minorités, est la fabrique du communautarisme, qui est à leurs yeux la réponse adaptée à leur modèle individualiste, car il s’oppose dans son essence à toute idée d’action collective à but social et donc universel.

Le multiculturalisme est un instrument d’adaptation du capitalisme à sa propre crise, pour continuer de repousser encore les frontières de l’exploitation par la division du peuple à laquelle il procède et qui affaibli les résistances à ce qu’il détruit pour se continuer.

Le combat social anéanti par la discrimination positive

Une récente étude du CSA montrait que la présence de la population non-blanche dans les programmes télé atteignant 20 % dans le divertissement, 19 % dans l’information, 11 % dans la fiction française alors qu’on voit dans les programmes seulement 2% d’ouvriers pourtant bien plus nombreux dans la population française (23%). On pourrait faire la même remarque concernant une équipe de France de foot qui a une représentation mondiale supérieure à la classe politique française. La visibilité donnée à cette question des minorités s’est fait jour à travers des coups d’éclats du type du « squatt de Cachan », où s’exprime une minorité dans la minorité qui entend obtenir des droits de la société française devant les autres, un logement en l’occurrence, y compris en passant devant leurs propres compatriotes qui passent par les procédures classiques de demande de logement pour accéder au logement social après des années d’attente.

Les forces politiques de droite ou de gauche étant emportées par cette dynamique victimaire qui sert à merveille la bonne conscience d’une société fondée sur les inégalités sociales, voient à travers cette grande cause de l’immigration, chacun de leur point de vue, l’avantage de décaler la lutte sociale contre le libéralisme vers une cause secondaire, l’extrême gauche anti-nationale surfant de façon inespérée sur cette vague, le PCF quant à lui y voyant ici une grande cause à saisir à défaut d’un communisme français qui a été jeté avec l’eau du bain de l’échec du « socialisme réel ». Au final, tout ce petit monde concoure, peu ou prou, à tuer la cause sociale en la remplaçant par celle de la discrimination positive.

On aime à assimiler l’action sociale qui peut permettre de corriger des déséquilibres entre des quartiers à de la discrimination positive, pour justifier que cette dernière se mette en place en donnant l’impression fausse que l’on ne ferait ainsi que la continuer en l’étendant, alors qu’il est question à cet endroit d’une vraie rupture avec nos valeurs républicaines. Une telle action sociale ne vise pas un groupe communautaire mais un territoire de la terre commune en raison de problèmes sociaux qui concernent toute la société. Ce n’est en réalité ainsi jamais que la mise en œuvre du principe d’égalité d’autant que ce type d’action s’adresse à tous ceux qui y vivent à travers des projets publics et quelles que soient les différences de religions, « ethniques » ou autres entre eux. Cette politique sociale de lutte contre des déséquilibres entre territoires tendant à une égalité de traitement, n’est possible qu’en raison d’une mutualisation d’une partie des richesses mise au service ici du bien commun par ce principe républicain de l’impôt qui veut que, chacun participe selon ses moyens et reçoive selon ses besoins, sous une logique de complémentarité entre les classes sociales que la société sollicite. C’est un modèle qui intègre au lieu d’écarter du tout, elle rassemble et ramène le citoyen vers un même projet de société où chacun compte pour un, au lieu d’en éloigner en figeant une situation entre des groupes aidés sur une basse ethnique qui soudain n’ont plus rien en commun.

L’action sociale mise en œuvre ici, dont la logique rejoint le principe du quotient familial ou de la sécurité sociale, vise par essence à maintenir la cohésion de la nation et du peuple dans le prolongement de la vocation d’une République laïque et sociale qui est la nôtre. On voit ici que l’action sociale ramène vers la nation par l’égalité, au lieu d’en éloigner comme la discrimination positive qui remplace cette action sociale par des avantages donnés à des groupes ethniques sans distinction de classes, des groupes dont les citoyens n’ont soudain par cette division plus rien en commun avec la nation ni avec ceux des autres groupes, en dehors de la concurrence, des droits relatifs à ces avantages, entre eux.

Le victimage permanent porté par les Abd El Malik et autre Jamel ne fait que rajouter de la confusion en utilisant les bons sentiments pour tout ramener à la question des discriminations. Ils agissent comme si ceux qui viennent d’ailleurs, serait condamnés à être toujours traités à part, comme des sous-individus incapables d’accéder à l’égalité alors que seule elle peut permettre à tous, d’ici ou de là-bas, de trouver une vraie place dans la nation. Celui qu’on dit discriminé, en regard d’une situation d’infériorisation que la discrimination positive est censée rehausser, ne sera pas moins rabaisser en lui donnant l’impression qu’il ne peut réussir qu’en étant aidé plus qu’un autre, l’homme de l’Occident. Ce sera reproduire toujours la même situation de discrimination, en créant encore le même sentiment d’infériorité, au lieu d’aller vers le progrès de la mise en œuvre du principe universel d’égalité.

La politique des minorités visibles, qui veut être une réponse entre autres à la « crise des banlieues », vise à faire disparaître la question sociale, les enjeux de redistribution des richesses, derrière celle des discriminations, qui, si elles existent, ne peuvent trouver à se résoudre que par une mobilisation de l’égalité de tous.

Un contexte idéologique qui cultive la culpabilité, l’ignorance et un sentiment anti-français

La parité a ouvert malheureusement la voie à la notion de quotas et préparé les esprits à des revendications communautaires, comme Elisabeth Badinter a contribué à le montrer (Fausse route, Odile Jacob, 2003). L’usage de la loi mémorielle, telle que celle déclarant l’esclavage européen « crime contre l’humanité » sur l’initiative de Christiane Taubira, en 2001, faisant tomber dans l’oubli le fait que jamais sous la République, l’esclavage n’eut droit de cité, et par cet oubli introduisant l’idée de rachat collectif et de droit à compensation des Noirs vis-à-vis de celle-ci, a largement préparé le terrain à la discrimination positive. L’esclavage pratiqué par l’islam ne devait jamais être par elle dénoncé qui pourtant a fait encore plus de victimes (17 millions) que la traite occidentale, et qui continue dans certaines Républiques islamiques à avoir cours. Elle n’hésitait pas d’ailleurs à la suite, à se présenter à l’élection présidentielle comme représentante des Noirs, une négation pure et simple de la politique censée représenter l’intérêt général et de la République. En raison de sa laïcité qui incite au mélange, la France est sans doute le pays qui pense le moins en races ou en couleurs, en différences, c’est toute sa richesse, par-delà ce qu’il peut rester parfois de racisme qu’il faut combattre sans concession.

Remettons-nous un instant en mémoire le score de 82,21 % de Jacques Chirac contre Le Pen au second tout des Présidentielles de 2002, mais aussi les manifestations monstres contre le danger de cette situation, s’il faut encore nous convaincre des choix antiracistes du peuple de France ! Un rappel à l’attention d’organisations comme le CRAN (Conseil représentatif des Associations Noires de France), dont le fondement est la discrimination par la couleur et la mise en accusation de la France comme raciste utilisée comme une banalité dans leur propagande. D’aucuns assimilent la République au colonialisme fait en son nom, mais en oubliant de souligner que cela le fut contre ses principes et pour des intérêts financiers au profit de quelques-uns. Les Français identifiés à cette déviance grave de la république sont ainsi présentés comme héritiers d’une conception raciste des rapports entre les peuples. Certains en arrivent même, comme les Indigènes de la République et certains historiens qui s’y perdent, à présenter fallacieusement le colonialisme comme un génocide pour mieux expliquer, en ne s’embarrassant pas de nuances, que la République à travers sa domination coloniale aurait été le laboratoire des pires tragédies de l’histoire du XXe siècle, jusqu’à en arriver à renvoyer cette responsabilité aux penseurs des Lumières où la République plonge ses racines, présentant les progrès de la raison comme initiateurs des pires crimes.

C’est une insulte faite à l’histoire elle-même, à ce que l’on doit au courage de ces nouveaux philosophes du XVIIIe sous une monarchie face à laquelle ils risquaient tout, caractérisés par l’idée de progrès, par la défiance de la tradition et de l’autorité, par la foi dans la raison, la science et dans les effets d’élévation du peuple par l’instruction. C’était l’invitation à juger et à penser par soi-même, en un temps dominé par une Eglise officielle et une morale chrétienne entravant la liberté de pensée, promoteurs de l’émancipation de la domination des ordres et de tous les corps intermédiaires aliénant la vie des individus à un ordre immuable.

Sans les Lumières de ces penseurs et sans la Révolution française qui s’en est inspirée, il n’y aurait rien de ces libertés et des grands acquis sociaux qui bénéficient à tous aujourd’hui et que nombre de candidats à l’immigration viennent chercher en France. Ces amalgames et ces confusions volontaires sont le fait de gens qui rêvent d’un renversement de l’histoire en marche arrière toute vers le tribalisme et l’éradication de toute référence à l’égalité, pour aboutir à une nouvelle domination souvent barbare de la religion et arriérée de la tradition, au nom du respect des identités, piétinant le progrès des avancées universelles des Droits de l’homme et du Citoyen, des grands acquis sociaux, à destination de tous.

La discrimination positive n’est-elle pas l’émergence finalement d’un nouveau racisme ? N’est-ce pas reproduire toujours les mêmes mises à part en livrant, sous prétexte de droit à la différence à la différence des droits, et finalement à une nouvelle ségrégation bien que désignée comme positive ?

Guylain Chevrier

Docteur en Histoire

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