La droite et la gauche vous mentent sur l’avenir de nos retraites…

Publié le 27 septembre 2010 - par
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Cela fait des mois, pour ne pas dire des années que la Droite et la Gauche se querellent sur l’avenir de nos retraites, alors qu’ils soutiennent un système économique libéral qui nous a conduits à la situation actuelle de quasi faillite des comptes sociaux de la Nation.

Pour comprendre ce qui se passe, il faut revenir aux politiques économiques qui ont été menés depuis la fin des trente glorieuses.
La crise du système capitalisme a commencé au premier choc pétrolier de 1974 et tous les gouvernements qui se sont succédé, se sont adaptés à cette nouvelle donne, en imposant à leurs populations des mesures d’austérité et de régression sociale.

Nous avons connu les plans Barre, sous le régime de Giscard D’Estaing, le tournant de la rigueur sous l’ère Mitterrand, ce pour soi disant éviter que nous sortions du serpent monétaire européen en 1983.
Les politiques ont la mémoire courte et tentent bien souvent de reporter sur l’opposition ou la majorité du moment les échecs de leur propre turpitude.

C’est sous la Gauche que nous avons remis en cause l’indexation des salaires sur l’inflation. C’est sous la Droite de Balladur en août 1993 que nous avons changé le mode de calcul des retraites dans le secteur privé (moyenne des 25 meilleures années au lieu des 10 dernières années pour calculer la future pension des retraités).

C’est sous la Droite de Chirac que l’actuel premier Ministre François FILLON a modifié notre système de retraite en 2003 pour nous faire croire qu’ils avaient l’intention de sauver notre système de solidarité, hérité du Conseil National de la Résistance à la fin de guerre 39/45.
La Droite vient une nouvelle fois de nous sortir une nouvelle réforme des retraites, impulsée par un Nicolas Sarkozy, à bout de souffle, qui entérine une paupérisation des générations futures.

La Gauche voudrait nous faire croire qu’elle reviendra sur cette réforme injuste si elle revient au Pouvoir en 2012.
La Gauche nous ment aussi, car elle ne remettra pas en cause le nombre de trimestres requis pour partir à la retraite, mais donnera la possibilité aux salariés de partir à 60 ans, avec une pension réduite. Ce qui revient à peu prés à la même chose que la réforme défendue par le Gouvernement actuel.

La faillite de nos comptes sociaux a pour origine essentielle la dégradation de la situation économique et financière et les nombreuses exonérations de charges sociales accordées par la Droite et la Gauche réunies aux entreprises pour les aider à investir et à créer des emplois.
Les conséquences de cette politique libérale suicidaire ont été désastreuses pour notre cohésion sociale.

Le développement du travail à temps partiel, la création de contrats à durée déterminés ont provoqué une paupérisation des salariés, entérinant de fait une retraite au rabais.

Les femmes ont été les plus mal traitées, car elles ont été incitées de façon pernicieuse, à retourner dans leurs foyers pour élever leurs enfants.

Toutes ces mesures votées par des gouvernements de droite et de Gauche ont fragilisé les salariés face à des dirigeants d’entreprise soucieux de verser à leurs actionnaires toujours plus de dividendes au lieu de rétribuer à leur juste valeur leurs employés.

La régression de nos droits a été la seule solution trouvée par nos politiques pour contourner la montée inexorable du chômage, qu’ils ont été incapables de faire baisser, seul moyen de réduire de façon pérenne les déficits des comptes sociaux (Sécurité Sociale, caisses de retraite, Caisse d’allocations familiales, Assedic, etc.)

Tous les gouvernements de droite et de Gauche ont réduit la fiscalité des entreprises et créer des niches fiscales qui ont bénéficié en priorité aux classes sociales les plus privilégiés.

Le soutien des sociaux démocrates et des conservateurs à la construction d’une Europe libérale n’a fait qu’aggraver la marge de manœuvre des gouvernements nationaux pour satisfaire les besoins légitimes de leur population.

La Droite et la Gauche ont accepté une perte de souveraineté nationale en pensant que l’aventure européenne leur permettrait de créer des richesses et de la croissance pour leurs mandants respectifs.

La crise financière internationale que nous subissons depuis 2007 prouve que les politiques libérales mises en place par les gouvernements de droite ou de Gauche des pays occidentaux ont été un véritable fiasco.

Les lois de dérégulation des échanges commerciaux qu’ils ont voulus généralisés à l’échelle mondiale, ont accentué la concurrence déloyale et la destruction massive d’emplois dans les pays développés.

Les salaries payent aujourd’hui la facture de la faillite du sytème bancaire international renfloué par les contribuables des pays touchés par cette crise sans précédent depuis celle de 1929, qui, devons nous le rappeler, nous avait conduit à la seconde guerre mondiale.
Après avoir renfloué les banques, les Etats se retrouvent avec un endettement abyssal qui demandera des années avant que nous puissions le résorber, si tenter que nous y arrivions.

La crise est tellement profonde et durable que la préservation de notre système de retraite risque de ne pas survivre très longtemps au chaos économique, financier et social que nous pouvons imputer directement à l’incompétence de nos Gouvernants.

Les Etats vont augmenter les impôts, alors que pendant des années, ils avaient mené des politiques de réduction de la fiscalité pour stimuler, parait –il, leurs économies.

Cette politique de baisse des impôts n’a pas été une stratégie payante sur la durée, car elle a provoqué dans la gestion de nos économies, des dérives perverses qui ont éloigné de l’intérêt général les multinationales et les grands décideurs.

Je ne voudrai pas être pessimiste, mais les années qui viennent, risquent d’être très dures pour les peuples qui sont victimes de ces politiques qui ne servent pas l’intérêt général au regard des résultats calamiteux que nous constatons sur le plan économique, financier et social.

Nos régimes de retraites sont déficitaires et l’on demande au plus faibles et aux seuls salariés de les financer, sans que les politiques n’acceptent de nous dire qu’ils se sont trompés de stratégie et ont pris des décisions non adaptées aux différentes crises économiques que le système capitaliste a générées ces dernières décennies.

IL ne suffit pas de dire qu’il faut relancer la croissance et la consommation quand nous avons autant de familles incapables de subvenir à leurs besoins élémentaires (se nourrir, se loger et élever leurs enfants).

Il ne suffit pas de dire, vous devez nous faire confiance, alors que dans les faits, ce monde est régi par les tenants du capital dont le seul but est de continuer à exploiter le plus grand nombre pour continuer à enrichir une caste de privilégié.

Nous vivons dans un monde de plus en plus inégalitaire et de plus en plus dangereux sur le plan géopolitique. Des grandes puissances commencent à émerger et à remettre en cause la domination du monde par les pays occidentaux (Chine, Inde, Brésil et autres pays émergents…)

Nous rentrons dans une guerre économique au risque incalculable entre les pays émergents et les pays développés qui pourrait engendrer des conflits armés entre grandes puissances, si la crise financière et économique des Etats développés venait à perdurer.

L’histoire nous a montré que lorsque les crises financières et économiques ne trouvaient pas d’issue par des politiques de redressement pouvant être supportées par les peuples, celles-ci se transformaient en crise politique, se terminant souvent, sous l’impulsion des puissances dominantes, par des guerres.

Dans ce contexte de tension sur le plan international, l’avenir de notre système de retraite peut paraître illusoire, si l’on se réfère aux conditions de vie précaire que l’on observe dans les pays les plus pauvres de notre monde contemporain. (Il y aurait un milliard d’individus qui serait touché par la malnutrition).

Il n’en demeure pas moins, que nous devons nous préoccuper de l’avenir de nos retraites, car si les actifs n’arrivent plus à financer la retraite de leurs ainés, c’est que nous aurons été incapables d’’instaurer dans nos sociétés dites civilisées des systèmes de solidarité entre générations, indispensables pour que notre pacte social puisse encore avoir encore un sens, si nous voulons un monde plus solidaire et plus juste.

Les Gouvernements de droite et de Gauche semblent devenus impuissants à proposer à leurs électeurs des programmes politiques susceptibles de les mobiliser et de leur permettre de transmettre à leurs enfants un monde meilleur.

Le débat que nous avons sur les retraites a été mal approché par nos politiques et les syndicats.
Bien entendu, nous avons besoin d’une réforme des retraites, à condition que celle-ci soit comprise par les salariés et leur paraisse suffisamment juste pour y adhérer.

La faiblesse de cette réforme, comme je le disais plus long, c’est qu’elle ne prend pas en compte tous les paramètres (chômage, politique économique et fiscale, recettes, solidarité) pour que les partis toutes tendances confondues puissent être crus par les salariés quand ils nous disent que celle-ci est nécessaire.

La Gauche est mal à l’aise face au Gouvernement de Droite, car elle n’a jamais osé faire une réforme de notre système de retraite quand elle était au pouvoir.

Quand à la Droite, celle-ci n’est pas honnête, car elle n’a nullement tiré les enseignements de la débâcle du capitalisme libéral dont elle s’est inspirée lors de l’élection présidentielle de 2007 pour que nous puissions croire en sa réforme.

Les politiques seront-ils prêts à présenter une nouvelle réforme des retraites, seul l’avenir nous le dira ?

Ce qui est sûr, c’est que la Droite risque d’en faire les frais en 2012, si elle maintient une réforme des retraites aussi impopulaire que celle-ci aux yeux de nos compatriotes.

Fabrice LETAILLEUR

Voir son blog :

http://lebloglaicdechamps.over-blog.com/

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