La journée sans immigrés : le grand flop !

Publié le 5 mars 2010 - par
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Inspirée d’une initiative similaire aux Etats-Unis »the Great american boycott » organisée en 2006, cette journée intitulée « 24 heures sans nous »était annoncée depuis des mois sur les médias bien pensants. La semaine dernière, nombre de médias annonçaient complaisamment cette journée, forme moderne de la politique citoyenne mobilisée sur face book. Le collectif dispose d’un bien joli site internet(1) et du soutien du Parti socialiste On allait voir ce qu’on allait voir, la France sans immigrés, c’était la France en panne économique, ni plus ni moins. On en tremblait d’avance ou en frémissait d’aise, c’est selon.

Samedi, une maigre manifestation appelée pourtant par une centaine d’organisations avec évidemment le MPRA, le NPA et les sans papiers a recueilli 1600 manifestants demandant la suppression du ministère de l’immigration. Un bide habituel, où l’on compte autant d’appelants que de présents dans la rue.

Lundi, 1er mars l’espoir était permis. Las ! Personne ne se sera aperçu de rien et on ne comptait que quelques centaines (moins de 500 personnes) place de l’Hôtel de ville à Paris ; une poignée de sans papiers comme quoi même dans la France de la répression permanente on peut être en situation irrégulière et manifester publiquement, ostensiblement sans aucun problème. Mais que fait la police ? Sur la place également une centaine d’artistes « du vivant » c’est comme cela qu’on appelle paraît-il des gens hirsutes, habillés en noir généralement et qui s’apitoient sur la situation « trop injustes » des sans papiers.
Les médias ont tiré un bilan très discret, quelques lignes en brève, pas de quoi pavoiser en effet. Il est vrai que l’actualité était bien remplie par les suites de la tempête Xinthia qui aura eu au moins le mérite de cacher ce lamentable fiasco.

On ne cherchera pas à tirer de leçons définitives d’un non évènement mais au minimum montre-il premièrement qu’il ne suffit pas d’imiter les Etats-Unis pour que ça marche en France. Deuxièmement, que les immigrés ne constituent pas un groupe social et qu’ils n’éprouvent pas le besoin ni la nécessité de se manifester en tant que tel ce qui est plutôt bon signe. Troisièmement que les immigrés clandestins ou non ont sans doute une situation plus enviable en France qu’aux Etats-Unis et que l’appel qui leur étaient lancé ne les a pas fait bouger. Espérons que les initiateurs en tireront la leçon et nous épargneront pour l’année prochaine une telle initiative.

Gabrielle Desarbres

(1) http://www.la-journee-sans-immigres.org/

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