La leçon du professeur Bauberot aux députés : bonnet d’âne laïque !

Publié le 23 octobre 2009 - par - 262 vues
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Pauvres députés de la mission parlementaire ! Ce n’est pas tous les jours qu’ils ont le loisir d’écouter, en une matinée, des Sihem Habchi ou des Elisabeth Badinter. La semaine dernière, ils avaient eu droit au numéro d’équilibriste des représentants du CFCM, qui refusaient de condamner le port de la burqa, et surtout s’opposaient à toute loi. Ils ont eu droit également, sur pression de Marc Blondel, à l’audition du président de la LDH, Dubois, qui a joué une partition semblable à celle du CFCM : il est urgent de ne rien faire ! Ce mercredi matin (pluralisme des auditions oblige !), ils ont commencé leur matinée avec l’ineffable professeur Bauberot, pour la finir avec le soporifique Jean-Michel Ducomte, président de la Ligue de l’Enseignement. Nous ne dirons rien de ce dernier, il fit du Bauberot, en plus ennuyeux encore, en se permettant de remettre en cause la loi du 15 mars 2004 !

Une matinée de perdue, à entendre la négation de la réalité, au nom d’un dogme. Rappelons que Bauberot, membre de la commission Stasi, avait été le seul des vingt membres à ne pas voter pour une loi contre les signes religieux à l’école. Ce triste personnage avait condamné les propos de Robert Redeker, refusant d’apporter sa solidarité au professeur de philosophie menacé de mort. Cela avait, à l’époque, provoqué le légitime courroux d’Antoine Peillon, relayé par Caroline Fourest. (1) Invité à l’émission de télévision par Frédéric Taddéi, il avait prêté la main à Tariq Ramadan, pour défendre le droit de porter la burqa, provoquant l’ire de Guylain Chevrier. (2)

Il n’y avait donc rien à attendre de l’audition de ce personnage. Nous avons eu droit au relativisme : « Pourquoi vous occupez-vous de la burqa, et pas du statut d’Alsace-Moselle ? ». Nous avons eu droit à la culpabilisation : « Pourquoi ne vous occuper pas du social, plutôt que de la burqa ? ». Nous avons eu droit, grand moment, à la défense du modèle anglo-saxon, quand fut évoqué l’égalité des religions, qui n’est absolument pas l’esprit de la loi de 1905, et surtout les accommodements raisonnables, défendus au Canada par Bouchard-Taylor, que Bauberot défend bec et ongles. Il était réconfortant d’entendre ce professeur, par ailleurs très imbu de lui-même, gémir, devant la mission parlementaire, que personne ne le comprenait, en France, alors qu’à l’étranger, on se bousculait pour l’entendre !

Naturellement, l’éminent universitaire osa reprocher à la loi du 15 mars 2004 d’avoir stigmatisé une partie de la population, la même qui sera, selon lui, pointée du doigt si on légifère sur la burqa. Il croyait sans doute avoir affaire à des élèves, il avait en face de lui des élus du peuple qui, tels Myard ou Glavany, surent lui faire remarquer, sans tourner autour du pot, que son discours était celui d’un universitaire qui ne devait pas souvent aller sur le terrain, et qu’il était totalement déconnecté des réalités quotidiennes, et de la gravité de la situation. Teigneux, l’universitaire essaya de jouer l’intellectuel outragé, mais il se fit renvoyer dans ses buts poliment, mais fermement, par des élus qui n’avaient pas envie de se voir administrer des leçons de laïcité par un professeur qui est à la laïcité ce que Benoit XVI est au droit des femmes.

Au piquet, professeur, et bonnet d’âne laïque !

Lucette Jeanpierre

Bauberot : mms://video.assemblee-nationale.fr/wmv/voile-integral/voile-integral-20091021-1.wmv

Ducomte : http://www.assemblee-nationale.fr/13/commissions/voile-integral/voile-integral-20091021-3.asp

(1) robert-redeker-ignoblement-injurie-et-diffame-par-jean-bauberot-antoine-peillon

(2) http://www.ripostelaique.com/Frederic-Taddei-organise-un-debat.html

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