La mécanique “anti-raciste” à travers l’obscur M. Maschino

Publié le 17 janvier 2011 - par

LA MECANIQUE « ANTIRACISTE » A TRAVERS L’OBSCUR M. MASCHINO.

Souvent, les articles du Monde, à propos de l’islam, se caractérisent par l’usage abondant de clichés, que ce soit pour nous présenter cette religion comme étant de paix et de tolérance, ou que ce soit pour dénigrer et disqualifier de façon éhontée tous les opposants vigilants à l’emprise croissante (sans jeu de mot) islamique. Mais avec la parution d’une contribution de Maurice Maschino, dans l’édition du 11 janvier (1), le record ès clichés est allègrement battu.

L’intérêt de l’article réside dans le fait que ce M. Maschino a recours, là, à la mécanique pseudo anti-raciste habituelle.

L’INTEGRATION VIDEE DE SON CONTENU

Face à la montée, accélérée ces derniers temps, des inquiétudes émises quant à la non-intégration d’un trop grand nombre de musulmans dans nos sociétés, celui qui nous est présenté comme un journaliste écrivain, rejette ce soupçon de non-intégration en 6 lignes et par le titre de son intervention : « les musulmans sont bien intégrés à la société » ! Sa justification consiste à affirmer qu’à partir du moment où vous partagez l’usage de la langue, et mangez des aliments en commun (2) avec les membres d’un groupe, vous êtes intégré au groupe. Point à la ligne !

Or tous ceux qui ont eu l’occasion de devoir s’intégrer à un club de sport, à une quelconque association, ou plus simplement à une bande d’amis, savent bien que ces seuls critères ne suffisent pas pour être pleinement intégré. Tout le monde connaît le sens de l’expression « il n’est pas vraiment intégré », en parlant de quelqu’un, et sait que cela ne repose alors pas uniquement sur une histoire de langue ou de pratiques culinaires communes. En fait, le nouvel entrant doit être capable et avoir la volonté d’acquérir et d’adhérer à un minimum de codes du groupe.

Cette minoration volontaire des critères d’intégration, de la part de M. Maschino rappelle ces journalistes naïfs, qui, au lendemain des attentats à Londres en juillet 2005, commis par de jeunes Britanniques, musulmans, d’origine pakistanaise, exclamaient leur surprise, puisque « ces jeunes étaient intégrés, en effet ils avaient tous un emploi ». Comme si là aussi, le seul fait d’exercer une profession pouvait être une garantie d’intégration !

L’INTEGRATION N’EXISTE PAS

De toute façon, que M. Maschino n’ait rien compris à ce qu’est l’intégration, ou qu’il fasse semblant de ne pas comprendre importe peu, puisque quelques lignes plus loin, il affirme que « l’intégration n’est qu’un pseudo concept, [prétexte à] exprimer son rejet de l’autre. Son racisme. »

Ah ! L’intégration ne serait qu’une vue de l’esprit ?! Eh bien, il est sacrément gonflé ; comme dirait Michel Audiard, « … ça ose tout ». Evoquer l’intégration et son échec actuel est si dérangeant pour ce monsieur, qu’il lui paraît préférable de nier la réalité opérante de ce concept. Cette façon de procéder rappelle l’anthropologue Jean-Loup Amselle, qui, lors d’un débat le 29 septembre dernier à « Ce soir ou jamais » sur F3, gêné par les arguments de Malika Sorel et d’Hugues Lagrange, concernant l’ouvrage de ce dernier « le déni des cultures », avait nié avec aplomb l’existence de la culture, « la culture, ça n’existe pas » (3) !!! Un problème contrevient à la vision du monde de ces messieurs ? Nions l’existence de ce problème, ou mieux nions même le concept, autour duquel s’étudie et donc pourrait se résoudre le problème. Nions allègrement l’existence de la culture et de l’intégration !

CULPABILISER LES FRANCAIS

L’intégration étant devenue une illusion, il devient alors loisible d’accuser les inquiets vis-à-vis de l’islam d’être des racistes ! Bien joué l’escamoteur, puisque l’existence d’une crainte à l’égard de l’islam (et non pas des musulmans), en principe motivation première de l’article, passe aux oubliettes. Au lieu de passer en revue les raisons menant à ces inquiétudes afférentes à l’idéologie islamique et de nous démontrer éventuellement qu’elles ne sont pas fondées, notre illusionniste se laisse aller à la facilité et à une paresse maintenant si usuelle ; en effet son tour de passe-passe se réduit à renverser le questionnement qu’on attendait de sa part sur l’islam, à un réquisitoire contre la France : la majeure partie de son texte consiste ensuite à énumérer des reproches adressés aux Français.

Il nous « révèle » donc que la France est hypocondriaque, malade, fébrile ; le rejet de l’étranger, prétexte de l’intégration, est une constante nationale. « Tout au long de leur histoire, LES Français se sont inventé des bouc émissaires ». L’usage, ici, de l’article défini, laisse penser que l’auteur prête à tous les Français ce travers ; diantre, l’usage de la généralisation d’actes de quelques membres d’un peuple à ce peuple entier ressemble à ces généralisations honteuses effectuées contre les juifs ou les Arabes. N’y aurait-il pas là une manifestation de racisme ? Attention M. Maschino à ne pas vous retrouver devant un tribunal. Derrière sa constante nationale évoquée, on retrouve d’ailleurs les miasmes, là aussi très généralisants de « l’idéologie française » de Botul Hasard Lévy (4), ouvrage en son temps réprouvé par d’authentiques intellectuels, à l’image de Raymond Aron et de Pierre Nora.

Décidément cette auto-stigmatisation semble satisfaire nos adversaires masochistes. Ils sont tout à leur obsession de traquer du racisme, même là où il n’y en a pas, et même surtout là où il n’y en a pas, comme l’actuel procès contre Eric Zemmour en est la sinistre farce ; ils ne se rendent ainsi pas compte que la recherche égoïste de leur petit orgasme masochiste auto-destructeur stigmatise le peuple français qui leur sert de bouc-émissaire : un comble pour des anti-racistes.

LE DENI N’EST PAS LA OU IL LE VOIT

Le dernier reproche émis consiste à indiquer que les Français (eh oui, toujours ce « les » les englobant tous) sont la proie de fantasmes nous faisant voir les musulmans (5), comme une menace pour nos valeurs. Et tenez vous bien, ces fantasmes seraient liés à un déni de la part des Français. La suite de son raisonnement relève tellement de l’hallucination que je vous livre l’intégralité du paragraphe. « Déni : “Liberté, Egalité, Fraternité” ne sont jamais descendues du frontispice des mairies et moins que jamais elles n’informent ni ne structurent les réalités de la société française. La liberté reste celle du renard dans le poulailler, l’écart ne cesse de croître entre riches et pauvres, de plus en plus de citoyens perdent logement et travail, les classes moyennes ne cessent de s’appauvrir et l’école n’a qu’une fonction : dégager une élite, en laissant en friche des centaines de milliers de potentialités. »

Maurice Maschino montre là son mépris pour notre nation. Quand on ment aussi cyniquement ou inconsciemment, ce ne peut-être là qu’une marque de mépris à l’égard de tous les citoyens attachés à leur devise. Nier les libertés existant en France nous indique l’absence totale de lucidité du personnage (même si des personnages de son acabit visent à restreindre la liberté d’expression (cf le procès Zemmour). Son évocation de l’égalité illustre son ignorance ; comment peut-il méconnaître notre Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen ? S’il l’avait un peu étudié, il saurait que l’égalité qui y est invoquée est une égalité en droits et non une égalité d’ordre économique. Quant à nier la fraternité, n’a-t-il pas entendu parler des prestations sociales, de la CMU, du RSA ; on peut estimer qu’elles sont insuffisantes, mais on ne peut nier qu’elles existent !

Record ès clichés, vous avais je dit au départ ; et donc toujours en forme, notre escamoteur enchaîne expliquant que notre accusation fantasmée de non-respect des femmes que nous portons contre l’islam est une projection inconsciente de notre propre non-respect des femmes dans la société française. Et de nous citer des chiffres : « chaque jour, 200 femmes sont violées (654 000 en 2010, soit 25 % de plus qu’en 2009), tous les deux jours et demi, une femme meurt d’avoir été battue. » Le seul problème est qu’il a mal digéré les données (6). Ce qui est déplorable quand on a la prétention de les analyser. De plus, alors que personne ne remettra en cause, qu’il faut lutter contre toutes ces trop nombreuses brutalités commises contre des femmes en France, M. Maschino aurait dû nuancer son emportement à l’égard des machos français ; en effet, il s’avère que proportionnellement, le nombre des personnes issues d’autres cultures, pratiquant le machisme de façon extrêmement musclée à l’égard des femmes, est nettement supérieur au nombre de ces machos français qu’il a repérés (7).

Enfin, nous pourrions lui demander si les femmes qui reprochent à l’islam, son non-respect de la gent féminine, sont, elles aussi, victimes de projection inconsciente. Il perçoit peut-être aussi du machisme chez les femmes !

Nous retrouvons à travers cette volée de reproches contre les Français, une des armes préférées des bien-pensants islamocompatibles : la culpabilisation des Français ; elle est associée généralement à la victimisation des musulmans, ce qui est bien entendu le cas dans le texte. Puisque les Français sont accusés de reprocher finalement aux musulmans d’être ce qu’ils sont. Cette accusation est fondamentale, car, au-delà de la mauvaise foi de notre journaliste écrivain, elle explique pourquoi notre combat n’est pas toujours bien perçu dans la société par des témoins honnêtes, soucieux de se faire une opinion réfléchie sur la question. Effectivement, nombreux sont ceux qui ne comprennent pas notre combat, car ils croient de façon erronée que nous nous attaquons à une culture et à un mode de vie. Ils n’ont pas saisi que nous critiquons uniquement une religion.

MUSULMAN ET MUSULMAN

Cette incompréhension de notre combat est le plus souvent due à une méconnaissance de la religion islamique et de ses aspects totalitaires. Le défi consiste donc entre autres à enseigner cette réalité religieuse à nos concitoyens, y compris et même surtout ceux de culture musulmane. Je ne reprocherai à personne d’écouter du raï, de la musique arabo-andaloue (j’ai vécu personnellement une période où j’en écoutais assez régulièrement), de se nourrir de cuisine orientale, d’aménager sa maison de tapis orientaux, etc… Les seuls comportements que nous serons tous à réprouver unanimement sont les comportements directement dérivés de la religion, et pratiqués en public.

Nous devons donc bien faire comprendre au public, et même à des Maschino (là, il y a du boulot !) que le mot musulman a 2 sens : religion musulmane diffère de culture musulmane, et l’ennui, c’est que l’on utilise le même mot. Ce souci de distinguer les 2 sens me semble un des chantiers sur lequel nous devons être performants, afin de clarifier notre combat laïc et d’effacer les soupçons de racisme qui pèsent sur nous. C’était d’ailleurs, la 1ère contribution que j’ai faite pour Riposte Laïque (8). Si nous réussissons, nos adversaires seront démunis d’une grande partie de leurs munitions habituelles.

Pour finir, comme il est toujours négatif de considérer son adversaire comme ne débitant que des erreurs, j’ai remarqué tout de même un point d’accord avec lui. M. Maschino a raison de souligner, que la laïcité, en France, bat de l’aile, que notre président de la République a perdu une occasion de se taire avec sa comparaison inique de l’instituteur et du curé. Mais l’ennui, c’est que ce sont les raisonnements analogues aux siens qui participent considérablement, par leur effet de sape, à l’affaiblissement de la laïcité.

Jean Pavée

(1) http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/01/10/les-musulmans-de-france-sont-bien-integres-a-la-societe_1463404_3232.html

(2) M. Maschino minore ici les interdits alimentaires islamiques et leurs éventuelles conséquences discriminatoires bien réelles : refus d’utiliser les mêmes cuisines pour la préparation des plats, et même parfois refus de manger à la même table, pour exemples.

(3) http://ce-soir-ou-jamais.france3.fr/?page=emission&id_rubrique=1145 ou
http://fr.audiofanzine.com/le-pub-des-gentlemen/forums/t.398713,alerte-citations-hors-af,p.27.html (voir la vidéo à partir de la 9° minute)

(4) Oui, le même BHL qui tire au hasard entre Pierre Cassen et Bernard Cassen ; d’autres méchantes langues le surnomment même Botul Histrion Lévy, lassés de constater le manque de sérieux et de préparation de ses interventions et mises en spectacle médiatiques.

(5) Je crois que nous nous exténuerions à lui répéter que ce ne sont pas les musulmans que nous voyons comme une menace, mais l’islam, qu’il ne modifierait pas d’un iota sa position.

(6) http://www.lavoixaufeminin.fr/actualites/viepratique/2010/11/24/article_audio-julie-bissiau-victime-de-violences-conjugal.shtml* 654.000 femmes ont déclaré avoir subi des violences, physiques ou sexuelles, en 2009 ; ce n’est donc pas 200 femmes qui ont été violées chaque jour en France, et en 2009, comme le prétend de façon très approximative Maurice Maschino ; il oublie qu’une violence physique n’est pas forcément un viol.

(7) http://www.metrofrance.com/x/metro/2008/07/07/U8wothoANoarU/index.xml
* Concernant les violences conjugales, nous atteignons un taux de plaintes de l’ordre de 20 % seulement. Le rapport pointe des inégalités territoriales. Au niveau national, la moyenne est de 18,7 faits pour 10 000 femmes majeures, mais certains départements dépassent les 50 faits. C’est notamment le cas de la Seine-Saint-Denis.

(8) https://www.ripostelaique.com/Sur-les-sens-d-islam-et-de.html

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