La misère peut-elle justifier le terrorisme islamiste ?

Publié le 4 janvier 2010 - par
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On arrive toujours à justifier l’injustifiable. Au moment où, en France, se construisent de nombreuses mosquées, l’acte terroriste, tenté comme par hasard le jour de Noël, nous ramène brutalement à la réalité. Face à ceux qui s’inquiètent de l’intégrisme grandissant dans notre paysage, de bonnes âmes expliqueront toujours que le radicalisme et le terrorisme naissent de la misère. N’y a-t-il vraiment que cela ? N’est-ce pas un peu trop simple ? Et en quoi le terrorisme résout-il la pauvreté ? Si, depuis 2001, on analyse les attentats visant les occidentaux, on se rend compte qu’ils ont été commis par des musulmans très pratiquants, fréquentant assidûment les mosquées, parfaitement éduqués, diplômés et souvent issus de familles fortunées.

C’est à la mosquée Al-Quds de Hambourg que trois, dont Mohamed Attah, des quatre terroristes du vol 11 du 11 septembre furent endoctrinés par les prêches subversifs de l’imam salafiste Mohammed Fazazi (1). D’autres sont passés par le Londonistan dont certaines mosquées ont couvert la logistique des attentats commis, au départ, hors des frontières du Royaume Uni. Le chef dont ils se réclament, Oussama Ben Laden, est l’un des 54 enfants de Mohammed Ben Laden, Yéménite qui fit une fortune colossale en Arabie Saoudite. Le dernier terroriste, jeune Nigérian se réclamant du réseau Al Qaïda, est lui aussi fils de bonne famille, père banquier et ancien ministre du pétrole.

Des jeunes gens de familles richissimes peuvent être sincèrement révoltés par la misère mais alors que n’inventent-ils autre chose ? Agir contre la pauvreté passe d’abord par une analyse des causes de la paupérisation des sociétés islamiques alors que les plus grosses fortunes de la planète sont dans le monde musulman. En condamnant les femmes à un statut d’infériorité, en ne voyant en elles que des reproductrices aptes à faire de nombreux croyants, l’Islam n’est-il pas le principal responsable de sa propre misère? Le jeune nigérian est, dit-on, passé par le Yémen, pays dans lequel de nombreux hommes pauvres, adulant le prophète polygame, se croient obligés d’avoir plusieurs épouses et de nombreux enfants, quitte, ensuite, à vendre leurs petites filles de 9 ans au premier venu (2).

N’y a-t-il pas là une évidence de la nocivité de ces us islamiques ? Devrions-nous tous être responsables de la nombreuse progéniture de ces hommes polygames ? La polygamie a des conséquences dramatiques sur les ressources familiales. Alors, on arrive à la question de l’œuf et de la poule, n’est-ce pas l’Islam qui fait la misère dans une grande partie du monde? On peut aussi se demander si Oussama Ben Laden, qui ne bénéficiait que d’une part infime (1/54) de l’amour de son père, n’est pas un cas d’école du traumatisme que subissent les enfants de pères polygames, même riches ?

Les occidentaux ont compris depuis plus d’un siècle que les progrès de leurs sociétés passaient par l’éducation des filles et par l’amélioration du statut des femmes. L’égalité s’est petit à petit imposée, la contraception, le droit à l’IVG sont venues, au grand dam des papes, parfaire le dispositif. La liberté des femmes crée une dynamique et un mieux-être bénéfique à tous. Qu’attend le monde musulman pour comprendre cette chose simple et évidente? La plupart des responsables religieux restent figés dans une lecture rigide du Coran, rien ne doit bouger et comme il leur faut un coupable : c’est l’occident qui est responsable de tout ce qui ne va pas en terre d’Islam.

Notre richesse peut être mise au service des autres et, si nos joyeux et riches terroristes voulaient vraiment changer le monde, il y a tant de choses que nous pourrions faire ensemble, plutôt que se faire sauter dans un avion. Ils sont instruits, que ne mettent-ils leur savoir dans l’éducation des leurs ? Avec l’argent de leurs riches familles, avec l’argent du pétrole, ils pourraient lutter contre l’illettrisme. Ouvrir des écoles, pas des écoles coraniques d’où sortent des petits croyants tous bien formatés, petits taliban en herbe, mais des écoles favorisant l’épanouissement individuel des enfants et des filles en particulier. Ils pourraient construire des hôpitaux et dispensaires, pas des mosquées.

Cela impliquerait qu’ils agissent pour la libération et le bien-être des individus et pas en jouant la misère pour grossir le nombre de « bons croyants » sur terre ou comme source possible de recrutement de futurs kamikazes. La lutte contre la misère passe avant tout par l’émancipation des cerveaux. Cela impliquerait que ces jeunes hommes ne restent pas enfermés dans l’Islam et ne se laissent pas prendre dans les filets des religieux intégristes, ne s’y laissent pas prendre jusqu’à en mourir.

L’objectif premier de Ben Laden n’est pas de lutter contre la pauvreté mais de débarrasser à tout prix les terres d’orient des kâfirs. Pour lui, « l’occidental », « l’infidèle » est interdit de « terre sainte » sauf à se convertir. On se rend bien compte que cette idéologie porte un nom : le fascisme. Qu’a fait cet homme fortuné dans les pays dans lesquels il a vécu ? De quelle manière a-t-il aidé les pauvres ? En approvisionnant en armes et en munitions les moudjahidines et talibans, en créant des camps d’entraînement pour terroristes en herbe, en encourageant aux martyrs de très jeunes gens dans la force de l’âge, en programmant des ordres de massacres ?! On voit bien que là encore l’explication de la misère ne tient pas la route. Pour les terroristes islamistes, la misère est l’alibi, le sésame permettant la justification d’actes violents dont l’idée directrice reste d’exterminer l’infidèle comme il est recommandé dans le livre Saint.

Quant au duel fratricide sunnite /chiite qui s’étend maintenant partout en terres musulmanes on ne peut même plus compter les morts. Alors, quand on analyse tous ces faits, on ne peut pas dédouaner l’Islam. C’est au nom de l’Islam que ces jeunes agissent, la plupart sont encouragés au djihad par des imams dans des mosquées. Ils sont happés par une idéologie poussée à l’extrême mais qui est fidèle au Coran. Ne promet-on pas mille délices aux martyrs et la meilleure place dans le paradis d’Allah ? Ne meurent-ils pas au cri de « Allah Akbar » ?

En France, notre gouvernement ferme les yeux, ne fait rien pour stopper l’idéologie salafiste, qui, rappelons-le, est derrière bien des attentats. Nos responsables auraient tort de croire, comme pour le nuage de Tchernobyl, que les idées de ces intégristes s’arrêtent à nos frontières et ne se sont pas déjà infiltrées dans les mosquées françaises depuis vingt ans. Si nos politiques manquent de lucidité et de courage, que peuvent faire alors les citoyens ? Une initiative vient de voir le jour sous la forme d’une pétition internationale « contre toute forme de terrorisme. » (3) C’est un début, mais ça ne suffira pas car, à en juger par la violence des slogans de certaines manifestations londoniennes, sur le sol européen, les « infidèles » que nous sommes sont déjà jugés « indésirables » aux yeux des extrémistes.

Chantal Crabère

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(1) Mohammed Fazazi a quitté l’Allemagne sans être inquiété en octobre 2001

L’acteur allemand Manfred Zapakta à prêté sa voix pour lire les prêches de cet imam salafiste, dans un film de Romuald Karmakar

[Hamburger Lektion (La leçon de Hambourg) : 133 min – 3 mai 2009->http://www.veoh.com/browse/videos/category/educational_and_howto/watch/v18172113DatB3KdT#]

(2) Moi Nojoud, 10 ans divorcée Editions Michel Lafon

(3) Pétition internationale « NON AU TERRORISME » : http://www.petitionnonaut.org

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