La surenchère irresponsable de certains défenseurs des « sans-papiers »

Publié le 28 septembre 2007 - par
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Chulan Liu Zhang qui vivait avec une demi douzaine de compatriotes dans 25 m2 est décédée après s’être précipitée dans le vide en voyant des agents de police venus enquêter sur un vol..
Sans surprise, le MRAP déclare : « la victime a été arrachée à la vie par la terreur d’une politique du chiffre, cruelle, inhumaine et désormais criminelle. » L’occasion est trop belle et, à l’unisson, les belles âmes entonnent la même chanson et dénoncent la politique sécuritaire de Sarkozy et d’Hortefeux, les flics, les rafles et les traques responsables évidemment de cette mort comme de la chute du jeune Ivan à Amiens cet été.

Rien que de très classique dans ces discours. Mais la question dérangeante que devraient enfin se poser ceux qui le tiennent c’est de s’interroger sur leur responsabilité de fait dans ces comportements qui connaissent un fin tragique.
En attisant les craintes des clandestins, en les incitant à se maintenir en situation irrégulière, en caricaturant un Etat comparé à Vichy, des contrôles d’identité à des rafles, des expulsions à des départs vers les camps de la mort ?
Au lieu de protéger les immigrés, ceux qui tiennent ce discours contribuent à alimenter parfois aux limites du raisonnable le sentiment d’insécurité dans lequel vivent les clandestins qui finissent par commettre des gestes insensés, disproportionnés avec la réalité d’une police qui, quoiqu’on dise, exerce ses activités dans le cadre de la loi. Elles ont beau se draper de toutes les vertus, les associations de défense des sans-papiers doivent s’interroger sur leur responsabilité et parfois même leur dangerosité.

Faut-il, comme elles le réclament, pour rassurer tous les étrangers en situation irrégulière que les forces de l’ordre désertent les métros, les villes, les quartiers… et laissent ainsi faire tous ceux qui les exploitent ? Car les migrants chinois clandestins ont plus à craindre des mafias chinoises que de la police française.
Que les sans papiers redoutent de retourner dans leur pays, soit. Encore faut-il savoir qu’ils craignent moins les autorités de leur pays que la honte vis à vis de leur famille, de leur clan d’avoir échoué dans leur tentative d’immigration, et souvent s’agissant de l’immigration chinoise les représailles des mafias auprès de qui ils se sont endettés.
Mais l’atmosphère paranoïaque que propagent les associations est gravissime. Lorsque l’on entend certains clandestins faisant la grève de la faim à Lille déclarer qu’ils ne quitteront la France que morts et que retourner qui en Algérie, au Maroc ou en RDC est assimilé à un retour vers la mort démontre une totale irresponsabilité. Dans le cas de Lille, soyons honnête, de nombreuses associations se sont heureusement désolidarisées des jusqu’au-boutistes de la grève de la faim

Ces discours conduisent bien souvent des étrangers en situation régulière à se mettre dans des situations inextricables alors que, même si c’est au prix de quelques heures d’attente et de tracasseries administratives, leur situation se règle sans problème. De plus, l’Etat français tant dénoncé régularise plus de 20 000 personnes par an et délivre près de 140 000 titres de séjour. On est loin d’une forteresse. Alors pourquoi dramatiser et chercher systématiquement à obtenir toujours plus pour des cas de plus en plus injustifiés, quitte à maintenir bien des étrangers dans une situation de précarité, de vulnérabilité qui ne leur donnent aucune chance d’intégration ? On peut réellement s’interroger si, pour continuer à vivre et à recevoir des subsides de l’Etat qu’elles dénoncent si violemment, nombre d’associations n’ont pas besoin d’alimenter la peur pour justifier leur existence.

Au lieu d’aider les immigrés à s’intégrer, elles ne cessent de surfer depuis les années 70 sur la victimisation, la dramatisation, la surenchère. Elles n’hésitent pas à instrumentaliser les enfants, encourageant les parents à mettre au monde des enfants dans des conditions d’extrême précarité pour que les parents justifient ainsi leur droit au séjour. Et à ceux à qui ces propos paraîtraient excessifs, sévères, injustes, qu’ils disent si une seule association s’est préoccupée à Cachan ou ailleurs de donner de l’information sur la contraception. Elles n’ont jamais dénoncé les mariages forcés, l’excision, la polygamie ou, quand elles l’ont fait, c’était pour justifier le droit d’asile.

Contrairement à ce que l’on voudrait faire croire, la police n’est pas obsédée par la lutte contre les étrangers irréguliers. C’est pour cela qu’il a fallu rappeler à l’ordre et aux objectifs les préfets. En renvoyer 25 000 alors que les estimations vont de 100 000 à 300 000 clandestins présents en France, est-ce vraiment le fait d’un pays possédant un gouvernement obnubilé par les rafles ? Le bon sens voudrait que les étrangers qui n’obtiennent pas le droit de séjourner en France retournent dans leur pays, sauf à penser que la France est le seul pays où même avec Sarkozy comme président on peut vivre. Ou alors que tout étranger qui vient en France à le droit de s’y installer, d’y obtenir un logement (c’est la position du DAL qui revendique pour les clandestins l’application de la loi DALO sur le droit au logement)

Il est trop facile de se complaire dans la posture de la compassion permanente sans s’interroger sur les conséquences de cette posture. Croyant aider les clandestins, beaucoup d’associations favorisent les filières clandestines qui perçoivent bien les bénéfices qu’elles tirent de cette aide certes involontaire mais objective, les trafics en tous genres de faux papiers. Elles portent aussi en partie la responsabilité de ceux qui, au risque de leur vie, traversent les mers sur les embarcations de fortune, pensant qu’une fois arrivés en Europe et en France, ils seront pris en charge et défendus par les dites associations.

Il est temps de réfléchir aux conséquences de ces discours portés par ceux qui, le coeur en bandoulière, se croient forcément du bon côté. L’enfer est pavé de bonnes intentions.

Gabrielle Desarbres

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