La taxe carbone mise au rencart : l’aboutissement d’une prise de conscience de classe

Publié le 31 mars 2010 - par - 293 vues
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L’annonce du retrait du Grenelle de l’environnement de la Fondation Nicolas Hulot, en réaction au renoncement de Nicolas Sarkozy à la taxe carbone, a été l’occasion une nouvelle fois de montrer la duplicité des médias avec ce qui apparait de plus en plus comme une des plus grandes imposture politico-médiatique de tous les temps, une manipulation énorme : la thèse de la programmation de la fin de notre planète pour cause de développement humain, portée par les écologistes.

L’écolo-scepticisme s’étend : c’est une prise de conscience de classe !

Le renoncement de Sarkozy à la taxe carbone n’a rien du hasard et est loin de n’avoir pour cause que les résultats des dernières élections. Il y a à cette décision un contexte nouveau de montée en puissance de ce que l’on désigne du terme négatif d’écolo-scepticisme. L’imposture du réchauffement climatique comme le dénonce Claude Allègre fort à propos, fait contagion de prise de conscience dans la population. Il faut dire que beaucoup en ont assez qu’on justifie toutes sortes de restrictions sous couvert de ce thème en cette période de crise dans un contexte politique dominé par la question écologique dont le credo se décline à travers une philosophie rétrograde résumée dans la formule « régresser pour durer ». Les gens en ont assez qu’on les culpabilise pour les faire taire, en désignant l’individu-consommateur comme responsable d’une future fin du monde hypothétique dont l’utilité est surtout de faire rentrer la tête dans les épaules des citoyens. Le peuple dit stop ! Il en a assez d’être catalogué d’euro-septique ou d’écolo-septique par ce que refusant simplement de ne pas se laissez piétiner par la nouvelle idéologie libérale qui s’installe derrière ces thèmes. Le niveau de l’abstentionnisme des récentes élections européennes reflète pour une large part ce sentiment populaire.

A côté du fantasme du catastrophisme d’un Nicolas Hulot, qui a fait sa fortune en défendant les marques de groupes industriels derrière des émissions grand public militant pour « l’amour de la nature », il y a des millions de personnes en France qui connaissent la détresse de la pauvreté et des injustices, il y a toute les huit secondes un enfant qui meure de la faim dans le monde pour cause de capitalisme. N’y aurait-il pas dans ces situations révoltantes de plus importantes priorités que ce fantasme, n’y aurait il pas plus urgence à réagir face à ce cynisme insoutenable des actionnaires qui s’engraissent sur la mort et la surexploitation de combien de nos semblables?

Cela devient véritablement insupportable que l’écologisme prenne le pas systématiquement sur la question sociale, sur la réalité de la misère planétaire qu’on doit à un capitalisme que les écologistes défendent précisément sans état d’âmes pour nous faire oublier l’essentiel. Face aux malheurs du monde, au problème de la faim qu’entre autres les OGM contribueraient à permettre de vaincre, ces écologistes qui n’ont que la peur de l’avenir comme leitmotiv n’ont rien à dire de sérieux. Ils sont trop occupés à se préparer à aller gouverner avec les socialistes demain pour continuer d’appliquer le Traité de Lisbonne dont ils défendent les grands principes en européens libéraux convaincus.

Comme à toutes les époques de crise, l’obscurantisme reprend force et trouve ses propagandistes, ceux qui y voient l’occasion historique de briller en s’improvisant prédicateurs d’un temps alors qu’en d’autres circonstances ils resteraient à la marge de l’histoire. Ils sont d’autant plus invités à se mettre dans la lumière que le pouvoir en place y voit toujours son intérêt, celui de jouer sur les peurs pour attirer le regard ailleurs que sur les enjeux essentiels autour desquels se joue l’issue des choses, qui passe par la rupture avec un ordre ancien qu’il représente et refuse de laisser la place.

A bas ! Les contrefaçons écologistes de l’homme et de la nature !

Dans sa dernière émission « Vu du ciel », Yann-Arthus Bertrand se hisse à un niveau de niaiserie jamais atteint. Il nous vante les mérites du requin évidement beaucoup plus humain que les hommes dans ce reportage où on nous montre les choses à la façon de National Géographic, la superficialité y étant à la mesure de la crédulité que l’on flatte avec ces bons sentiments qui facilitent l’adhésion à cette énorme contrefaçon scandaleuse de la nature et de la place qu’y tient l’homme.

Les choses évoluent même jusqu’à autoriser ces paranoïaques saouls de fantasmes à penser qu’ils puissent imposer aux politiques, ceux désignés par les citoyens pour nous représenter, leurs vues, alors même que le peuple par la voix des urnes ne leur en a jamais reconnu l’influence. Le WWF, organisation mondiale de protection de l’environnement, qui est invité régulièrement dans nos écoles publiques pour faire du bourrage de crâne paranoïaque genre fin du monde en 2012, intime Nicolas Sarkozy d’organiser « dans les plus brefs délais » une réunion avec les ONG parties prenantes « pour confirmer réellement les engagements du Grenelle qu’il a pris publiquement en octobre 2007. »

Voilà le type même d’association écologique qui ne doit son influence qu’à une propagande dominée par le catastrophisme relayé par les grands médias et les politiques, qui réclame d’en imposer aux citoyens par ce lobbying antidémocratique face auquel on ne permet quasiment aucune critique. Les commanditaires du système sont trop contents de pouvoir justifier leur refus de partager les richesses et le pouvoir avec le peuple, derrière ce paravent de faiseurs. Voilà ce qui se voit de plus en plus, les grosses ficelles par lesquelles tiennent ces associations qui drainent des fortunes de moyens pour faire leur commerce.

Sur France-Infos, une fois par semaine, on fait le point sur les questions climatiques avec un membre du GIEC, ce regroupement de chercheurs organisé par les Etats pour donner du crédit à la thèse du réchauffement climatique qui sont grassement payés pour être les bons petits soldats de cette idéologie dominante. Bien que cette organisation soit de plus en plus contestée, sur cette radio on ne met personne en face du dit chercheur qui peut ainsi sans aucune opposition développer ses thèses et faire les questions et les réponses si ça l’amuse, en toute complicité avec des journalistes acquis à sa cause.

L’écologisme, entre fantasme psychanalytique et frein au développement

Le renoncement à la taxe carbone est aussi le fruit des effets économiques des contraintes propres aux exigences écologistes en matière de CO2, qui portent le risque de freiner la dynamique des entreprises, en créant des limites dans ce domaine qui servent la concurrence internationale en regard des entreprises françaises. Le MEDEF ne s’y est pas trompé qui a joué son rôle dans le renoncement à cette taxe, en raison de quoi il a été mis en accusation par la Secrétaire d’Etat à l’Ecologie Chantal Jouanno, de crime de lèse majesté.

Juste retour de bâton, car le MEDEF participe depuis bien longtemps de ce fantasme collectif d’une fin du monde programmée par les écologistes. Tant que les choses ne servaient qu’à faire ployer le peuple en l’accablant de culpabilité, le MEDEF n’y voyait que du bien, mais dès qu’il a été question que cela coûte à l’économie, à l’entreprise, par voie de conséquences il n’y avait plus personne. Il faut dire que la taxe carbone aurait eu dans ce domaine aussi ses conséquences catastrophiques, comme pour la consommation des ménages qui bat déjà de l’aile. En pleine période de crise économique la France a autre chose à faire que de se créer des handicaps sous la pression de cauchemars qui ne relèvent que des divans des psychanalystes.

L’écologie, un instrument de soumission obscurantiste mis au service du système

Les écologistes ne sont en réalité que le produit d’un système qui y trouve un argument dans la panoplie de ceux qui le protègent et servent à le continuer. L’écolo-scepticisme est un combat moderne. Il est facteur de progrès face à ceux qui, écologistes bobo convaincus se donnent bonne conscience de croquer au système en faisant partager leur culpabilité à travers ce discours obscurantiste qui leur colle à la peau, désignant l’homme comme responsable de tous les maux pour se déculpabiliser eux-mêmes et continuer d’en profiter.

Les propagandistes du réchauffement climatique et des énergies renouvelables en dehors d’être des fumistes qui font commerce de la lutte contre le progrès par l’entremise des peurs en politique, n’ont pas grand-chose pour eux à bien y regarder : derrière l’air de ne pas y toucher ils défendent sans la moindre hésitation l’Europe libérale qui est tournée contre les peuples, ils sont contre le progrès qui est le seul salut de l’homme. Ce sont des paranoïaques qui développement une nouvelle forme d’intégrisme et nous font passer à côté de l’essentiel chez l’homme, à côté de sa faculté à créer des réponses toujours neuves qui lui permette d’aller de l’avant. Car ce n’est pas en faisant faire à l’histoire marche arrière, en reculant, en s’abaissant, que le monde a jusque-là a avancé vers l’amélioration du sort commun, mais en cherchant par le haut à se dépasser.

Il y a une nouvelle forme de fanatisme dans cette écologie là, une forme de religion assise sur la croyance dans le jugement dernier venu de la faute des hommes eux-mêmes par leur destruction présupposée de la nature. Une vision qui ne repose sur aucune certitude scientifique bien au contraire, sur une superstition partagée et autosuggérée avec des médias et un système politicien qui en renvoie l’image et qui finit par passer aux yeux de ceux-là mêmes qui l’ont fabriquée pour la réalité.

L’antidote au fantasme du réchauffement climatique : le combat républicain pour le progrès économique, social, et scientifique

L’écologie telle qu’elle est centrée aujourd’hui sur le fantasme de la fin de la planète pour cause de réchauffement climatique est un instrument dans l’arsenal des moyens de domination et de soumission collective. L’antidote à tout ceci, à n’en pas douter, est dans le combat républicain pour le progrès social, le développement économique rimant avec partage des richesses et une science libérée de tout principe de précaution mutilant la recherche, mise enfin pleinement au service du bien public. La fin de la taxe carbone à bien y regarder, c’est une victoire à mettre au compte de la lutte des classes.

Guylain Chevrier

Historien

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