Le Canard Enchaîne a choisi son camp : la burqa et la polygamie

Publié le 30 avril 2010 - par - 697 vues
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Au mois d’avril 2009, j’avais, à deux reprises en une semaine, épinglé l’hebdomadaire qui se veut anti-clérical. J’avais remarqué son étonnante complaisance pour la burqa, quand l’office HLM de Vénissieux avait refusé d’accorder un appartement à une femme intégralement voilée (1) et sa complicité avec des salariés musulmans réclament des jours fériés religieux. (2)

Il faut admettre que, depuis que le débat sur la burqa est lancé, notre palmipède, si prompt à éreinter, avec talent, l’Eglise catholique, se montre d’une rare discrétion sur ce sujet.

Dans le numéro 4670, daté du 28 avril 2010, le moins qu’on puisse dire est qu’il rattrape le temps perdu. Sous prétexte de se moquer du gouvernement – jusque là pas de problème – il se montre d’une incroyable tolérance pour la tenue des Belphegor. On croirait lire soeur Marie-George Buffet ou Martine Aubry, avec un zest de Cohn Bendit, une pincée de Besancenot et un chouia de Blondel !

Commençons par le surtitre de la page une : « Il s’est emballé dans l’affaire de la conductrice en burqa et de son mari islamiste »

Continuons par le titre de page une : « Pas de doute, Hortefeux est un vrai polygaffe ! »

Rien que cette entame résume la ligne politique de ce numéro : Défense de la conductrice et de son mari, et haro sur le gouvernement.

Le texte d’ouverture est intitulé : « Se voiler la farce ».

Dans un article d’un relativisme incroyable, laissant entendre que seuls quelques intégristes défendent la burqa – alors que Moussaoui et tout le CFCM se battent contre son interdiction -, le journaliste laisse entendre, par son argumentation, que c’est le Front national qui est derrière la loi contre la burqa, et que finalement, aller dans ce sens, c’est faire son jeu ! Un grand moment de manipulation politicienne qui fera saliver de bonheur les islamistes !

Le comble de l’ignominie sera atteint par un encadré, en page une, intitulé : « Ciel, ma femme défend la polygamie ! » Cet encadré se veut un parallèle entre la polygamie de l’intégriste de Nantes et les propos de Carla Bruni, qui, avant d’être la première dame de France, avait une vie plutôt libertine, qu’elle résumait ainsi : « Je suis monogame de temps en temps, mais je préfère la polygamie et la polyandrie ». Certes, ce parallèle se veut de l’humour, mais cet humour ne fait que reprendre l’argumentation du taliban nantais, qui osait comparer sa situation, ses douze enfants, ses quatre concubines et les allocations de « parent isolé » revenant à chacune, à celle des citoyens ayant des maîtresses. Là encore, chapeau bas, les islamistes pourront bénir « Le Canard ».

Le seul intérêt de ce numéro, sur ce dossier, se trouve en page 2. Bien évidemment, l’hebdomadaire multiplie les anecdotes montrant que cette loi ne sert à rien, sinon à masquer les échecs sociaux du gouvernement. On avait déjà entendu cela en 2003, lorsqu’on parlait d’interdire les signes religieux, dont le voile, à l’école !

Dans l’encadré de tête, le journal parle de « surenchère » du gouvernement, quant au projet de loi, et fait dire à un haut responsable de la majorité que « s’emmerder pour un morceau de tissu qui ne concerne que 2.000 personnes est une connerie ! ».

Il accrédite l’idée que cette loi pourrait être retoquée par le Conseil constitutionnel (sans dire sur quelle base) et par les instances européennes, alors qu’Hubert Sage a démontré le contraire, devant la mission parlementaire, au nom de l’Association des Libres Penseurs de France.

La page 2 est surtout intéressante quand elle montre le revirement de Sarkozy et Fillon, qui avaient reproché à Copé de vouloir absolument une loi. La complaisance du Canard pour la burqa s’affiche par les choix des brèves : parole donnée à Accoyer, qui s’oppose à la loi, reprise d’arguments éculés sur l’impossibilité de faire respecter la loi, et sur les riches saoudiennes qui viendront consommer français sur les Champs-Elysées. Par contre, Fadela Amara, qui défend une loi, est ridiculisée.

Surtout, cette page épingle impitoyablement deux ministres « d’ouverture » du gouvernement, Kouchner et Mitterrand.

Commençons par l’ineffable Kouchner, cité par le palmipède : « Il faut envisager les indignations prévisibles des Etats-Unis, du fait de leur conception de la liberté individuelle ». Incroyable ! Imaginons, à l’époque où l’URSS était la deuxième puissance au monde, et qu’en France, on décide de privatiser EDF, un ministre oser dire : « Il faut envisager les indignations prévisibles de Moscou, de par leur conception de l’économie » !

On en trouve sympathiques les ricanements de Pierre Lellouche « Cela va même choquer les talibans en Afghanistan ».

Cerise sur le gâteau, les inepties proférées par Frédéric Mitterrrand, faisant du Aubry et ses piscines communautaristes : « si on interdit la burqa, ces femmes vont rester chez elles ».

Bref, on l’aura compris, cet hebdomadaire, qui se réclame anti-clérical, est bien plus à l’aise pour crier « A bas la calotte » que  » A bas la burqa ». Et il préfère continuer à bouffer du curé, dont la moyenne d’âge est de 71 ans, en France », que de regarder de près ce qui se cache sous la burqa, et derrière l’offensive de l’islam.

Un discours qui nous rappelle la croisade du journal « Le Monde », en 2003, contre la loi sur les signes religieux à l’école, où le journaliste Xavier Ternisien, ami de Tariq Ramadan, avait multiplié les articles crapuleux contre les laïques, défendant le voile à l’école de toutes ses forces. Le Canard, sept ans plus tard, tient un discours militant de gôche, politicien contre ce gouvernement, une ligne éditoriale politiquement correcte, qui poignarde le combat d’une Sihem Habchi, présidente de Ni Putes Ni Soumises, et de toutes les féministes, qui, de l’autre côté de la Méditerranée, espèrent que la France fera une loi contre la burqa, et fera reculer les disciples des ayatollahs.

Mais c’est bien connu, au Canard, on est entre mecs, et, finalement, les histoires de curés pédophiles intéressent bien plus la rédaction qu’un morceau de tissu de quelques centimètres, porté par des simples femmes.

Qu’est-ce qu’ils attendent pour embaucher Plantu ? (3)

Jeanne Bourdillon

(1) http://www.ripostelaique.com/Quand-Le-Canard-Enchaine-se-montre.html

(2) http://www.ripostelaique.com/L-etonnante-complaisance-du-Canard.html

(3) http://www.ripostelaique.com/Quand-donc-Plantu-qui-ironise-sur.html

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