Le Général Roidot, un exemple de résistance pour tous les jeunes Français

Publié le 22 janvier 2010 - par - 556 vues

Le général de corps d’armée Georges Roidot est décédé samedi 17 janvier 2010 à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris, à l’âge de 88 ans.

Né en 1921, il était sorti de Saint-Cyr en octobre 1942… alors que l’armée française a été dissoute par Pétain le mois suivant, tandis que les Allemands occupaient la zone libre.

Mais Georges Roidot a alors choisi son camp : dès la dissolution de l’armée française, il entre en résistance et en clandestinité, et sert d’agent de renseignement. Il rejoint tout naturellement l’Organisation de Résistance de l’Armée (ORA), créé dès janvier 1943, et qui regroupe les ex-militaires voulant combattre l’occupant nazi. L’ORA fusionnera début 1944 avec l’Armée Secrète (AS) et les Francs-Tireurs et Partisans (FTP) pour former le mouvement de résistance unitaire des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI).

Georges Roidot participa bien sûr aux combats de la Libération, sur l’Atlantique puis en Allemagne, en reformant sa compagnie dissoute en 1942. Après la guerre, il poursuivit sa carrière dans l’infanterie (Indochine, Maroc, Algérie). Il a agi et milité pour sauver de nombreux harkis du massacre par le F.L.N.

Il sera ensuite nommé général à Besançon, puis général de corps d’armée à Paris, et terminera sa carrière en 1981, à l’âge de 60 ans.

Georges Roidot est titulaire – entre autres – de la Croix de Guerre 39/45, de la Croix de Guerre des T.O.E., de la Croix de la Valeur Militaire, de la Médaille de la Résistance, de la Médaille des Blessés, de l’Ordre de la Grand Croix de l’Ordre National du Mérite, de la Légion d’Honneur, de la Croix de l’United States Legion of Merit.

Après la seconde guerre mondiale, les anciens de l’ORA (Organisation de Résistance de l’Armée) se regroupèrent dans une association du même nom, dont le Général Roidot fut président jusqu’à sa mort. L’ORA est membre du Comité d’Action de la Résistance.

J’ai eu l’occasion de connaître Georges Roidot. C’était un humaniste, qui aimait à débattre avec les jeunes, même quand la mode était plutôt à l’antimilitarisme. Il forçait le respect par son sourire permanent, et aussi par sa carrière exemplaire : d’une part il a choisi le camp de la Résistance très jeune, et d’autre part il n’a jamais oublié ses compagnons d’armes musulmans. Et puis il ne s’est jamais reposé sur ses lauriers.

Qu’il soit un exemple pour tous ceux qui embrassent aujourd’hui la carrière des armes, et plus généralement pour tous les Français !

Roger Heurtebise

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