Le Nepal abolit la monarchie, vive la République !

Vive la République !
« Vive la République » titrait, le 29 mai, en français le Kathmandu Post, premier quotidien anglophone du Népal, au lendemain de l’abolition de la monarchie et de la proclamation de la République Fédérale.
Cette information est pourtant passée presque inaperçue dans bien des médias. Pourtant, elle aurait pu retenir l’attention autant que celles des manifestations tibétaines ! Visiblement l’instauration de la République après de longues années de guérilla puis un processus démocratique assez remarquable intéressent beaucoup moins les médias et les reporters sans frontière que les moines birmans ou tibétains. Le départ de ce roi usurpateur qui avait trucidé la moitié de la famille royale en 2001 était réclamé massivement par le peuple. Il a fallu beaucoup de courage et de détermination pour ceux qui sont présentés comme des « maoïstes » pour remporter cette victoire d’abord par une guérilla puis pas les élections législatives qu’ils ont remporté sans équivoque. Arte avait passé il y a quelques temps un reportage caricatural et bidonné comme elle l’a fait récemment sur le Tibet où l’on sentait à plein nez la propagande ciaesque.
Nul ne sait ce que réservera l’avenir dans ce pays surpeuplé qui a connu une explosion démographique dont les ressources sont limités, coincé entre l’Inde et la Chine. Mais le fait que si loin une République soit proclamée ce qui déjà est une bonne chose mais qui de plus se réfère explicitement à ma tradition française, méritait d’être salué.
Victor Charles
Capture d’écran de la Une du quotidien népalais, The Kathmandu Post.
L’Assemblée constituante à majorité maoïste, issue des élections du 10 avril, doit maintenant accomplir la lourde tâche de rédiger une Constitution malgré les oppositions partisanes. Les principales divisions concernent la nature de l’exécutif ou encore, le type de fédéralisme.
Fait symbolique, le drapeau royal du palais a été remplacé par celui du Népal.
Déjà, en 1956, pendant l’insurrection de Budapest, les Hongrois chantaient, dit-on, La Marseillaise. Et les étudiants chinois, en 1989, en faisaient autant, semble-t-il, pendant les manifestations sur la place Tiananmen. Preuve que la République française s’exporte bien !

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