Le Sénat de Hawaii vote la création d’un « islam day » (jour de l’islam) : l’islamophilie est-elle une phobie ?

Publié le 18 mai 2009 - par - 823 vues
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Quelle mouche a donc piqué les parlementaires du Sénat d’Hawaii, l’un des Etats des USA, et les a poussé à prendre une bizarre et absurde décision rapportée par le « Honolulu Advertiser » du 6 mai (1) et confirmée par le « Washington post » daté du même jour (2).

Examinons les faits : le Sénat d’Hawaii a approuvé, début mai 2009, à une majorité écrasante, une résolution visant à reconnaître le 24 septembre 2009 comme « le jour de l’islam » (Islam Day). Cette résolution a été votée par 22 voix contre 3.

Selon le site de la télévision Al Arabiya des Emirats Arabes Unis (financée également par l’Arabie Saoudite), qui se réjouit ouvertement de ce vote, cette résolution reconnaît « les riches contributions religieuses scientifiques, culturelles et artistiques de l’islam et du monde islamique depuis leur fondation ». Selon ce texte législatif « Les artistes, savants et philosophes musulmans ont une riche histoire de contribution à la littérature mondiale et aux connaissances scientifiques de la collectivité ». La résolution affirme également que « la doctrine islamique encourage la générosité de ses adhérents et soutient que la paix est une qualité divine nécessaire au bonheur collectif humain » et parle de la « longue et noble histoire » de l’islam.

D’après Al Arabiya, le 24 septembre marque, selon le calendrier grégorien, le jour où le prophète Mahomet a quitté la Mecque pour Médine dans ce qui est devenu ultérieurement l’hégire (hijra). Ce jour marque la naissance de l’islam.

A noter que cette résolution ne prévoit aucune dépense spécifique ni aucune célébration organisée de cet « Islam Day ».

Les deux parlementaires républicains du Sénat d’Hawaii ont voté contre, ne voulant pas honorer une religion en relation avec les attentats du 11 septembre 2001.

Ils ont argumenté sur le fait qu’une minorité d’extrémistes islamiques ont tué de nombreux innocents dans des attaques terroristes.
« Je me souviens des manifestations de joie des islamistes radicaux célébrant les horeurs du 11/9. C’est ce jour dont devraient se souvenir les gens civilisés de toutes religions » a déclaré le Sénateur républicain Fred Hemmings (sous les applaudissements de l’assistance).

Le Sénateur Républicain Sam Slom a quant à lui argumenté sur le fait que les USA sont devenus trop amicaux avec les terroristes islamiques : « Je ne crois pas que dans l’histoire du monde il y ait eu de nation plus tolérante que les USA. A cause de cette tolérance, nous avons fait semblant à de nombreuses reprises de ne rien voir, et des milliers de nos concitoyens ont été tués par des terroristes. »

Un seul démocrate, le Sénateur Josh Green, a voté contre cette résolution, craignant à juste titre que celle-ci ne s’oppose au principe constitutionnel de la séparation de la religion et de l’Etat.

On pourrait penser que cette pittoresque et exotique résolution du Sénat d’Hawaii ne présente aucun intérêt pour le citoyen français, mais on aurait tort. En effet , de nombreux enseignements peuvent en être tirés, qui s’appliquent à notre pays.

1°) Cette résolution traduit un profond dysfonctionnement de la démocratie. Il y a en effet fort à parier que rien, dans les promesses électorales des futurs Sénateurs qui, une fois élus, ont voté ce texte, n’indiquait qu’ils avaient une quelconque intention d’instaurer cette célébration. Auraient-ils fait preuve d’honnêteté, et annoncé par avance cette mesure dans leur programme, qu’ils auraient probablement perdu les élections, si l’on en juge par le tollé quasi général et la fureur que suscite cette décision chez les très nombreux lecteurs du Honolulu Advertiser qui l’ont commenté ! Comment un électeur peut-il voter en connaissance de cause si les candidats qui se proposent à leur suffrage dissimulent le fait qu’ils prendront des décisions qui, si elles avaient été connues à l’avance, auraient, sans nul doute, modifié leur choix ?

Plus généralement, à quoi sert un parlement ? En principe, il sert à faire de nouvelles lois quand le besoin s’en fait sentir aux citoyens qui mandatent les parlementaires, lois qui se doivent d’être conformes à la Constitution de l’Etat. Il sert également à modifier ou supprimer d’anciennes lois si celles-ci s’avèrent obsolètes ou s’il s’avère que leur application entraîne plus d’inconvénients que d’avantages, et enfin il sert à voter le budget de l’Etat. Il n’entre nullement dans les attributions d’un quelconque parlement de prendre position officiellement sur des opinions , qu’elles soient religieuses ou philosophiques, tant qu’elles ne troublent pas l’ordre public, et encore moins de célébrer officiellement l’une de ces opinions. Cette indifférence totale de l’Etat vis à vis des croyances propres à chacun s’appelle la laïcité.

2°) Cette résolution est donc une atteinte à la laïcité et une violation de la constitution américaine. En effet aux USA, depuis la fin du XVIIIe siècle, la religion est officiellement séparée de l’État et ce principe est assuré par la constitution (article VI et premier amendement). Dans la constitution et dans la Déclaration des Droits, il n’est jamais fait référence à Dieu ou à la Providence. Le fait pour un Etat américain d’instituer un jour célébrant une religion particulière semble donc une violation caractérisée de la constitution des USA. Toute ressemblance avec les violations de la constitution laïque de la République Française que se permettent nombre d’élus Français, à commencer par le premier d’entre eux, n’est pas du tout fortuite…

3°) Quel peut donc avoir été la motivation d’une telle décision ? Si l’on considère les statistiques hawaïennes (4 ), la population totale de l’Etat d’Hawaii est de 1.275.194 habitants, qui se répartissent en :

– chrétiens 351 000 ( 28,9 % )

– Bouddhistes 110 000 ( 9% )

– de religion juive 10 000 ( 0,8 % )

– d’autres religions ou sans religion : 750 000 ( 61 % ) .

Parmi cette dernière catégorie figurent 3500 musulmans, si l’on en croit Al Arabiya, qui se fonde sur les chiffres donnés par la « Muslim association of Hawaii », soit un chiffre confidentiel de 0,27% d’une population d’un état dont la religion ne semble d’ailleurs pas la principale préoccupation… (Rappelons que les musulmans représentent 0,6 % de la population dans tous les USA).

On peut dire que la contribution de l’islam à l’état d’Hawaii et à ses coutumes est à peu près égale à zéro. On peut se demander qui a réclamé une telle mesure. Seuls 0,27% de la population est éventuellement intéressée par l’existence de cet « islam day », ce qui rend d’autant plus surprenante la décision de ses sénateurs, d’autant que rien n’indique que les rares musulmans hawaïens aient émis la moindre requête d’une telle journée.

Le Sénat d’Hawaii(5) est composé de 23 démocrates (92 %) et 2 républicains (8%).

On peut imaginer une première hypothèse, c’est que le Sénat démocrate d’Hawaii ait voulu faire allégeance, par ce vote, au Président démocrate Barack Obama. En effet, celui-ci est né à Hawaii, et bien qu’il se déclare chrétien, est de père musulman. Cela dit, on peut supposer que Obama ait d’autres problèmes à résoudre que de demander au Sénat de Hawaii de voter ce genre de chose, d’autant que ce genre d’inepties législatives serait plutôt de nature à faire baisser sa popularité.

Une hypothèse beaucoup plus plausible est que le Sénat d’Hawaii, démocrate, ce qui représente vaguement l’équivalent américain de « la gauche », soit atteint de la maladie chronique dont souffrent actuellement la plupart des « gauches » mondiales, maladie qui est la conséquence du multiculturalisme, du relativisme culturel et du politiquement correct.

Cette maladie est une curieuse phobie à caractère obsessionnel, qui consiste, pour les individus qui en sont atteints, à éprouver une crainte anormale de passer pour un raciste, ou même de devenir raciste, doublée d’une appréhension maladive que les adeptes de la religion musulmane soient « choqués ».

Cette phobie est majorée par le fait que les gens qui l’éprouvent ont adopté une extension considérable du domaine de définition du racisme. Rappelons que celui-ci consiste à croire , contre l’avis général des biologistes, que l’humanité est divisée en « races », et à soutenir la thèse selon laquelle certaines « races » sont inférieures à d’autres.

Sous l’impulsion, entre autres, de « sociologues » tels que Michel Wieviorka(6), certains ont voulu étendre le concept de racisme. Est apparu le pernicieux et fumeux concept de « racisme culturel », permettant entre autres, à certains de qualifier de racisme toute critique de l’islam.
Cette phobie, que l’on pourrait appeler auto-racisto-islamophobie, provoque chez ceux qui en sont atteints de curieux symptômes :

– tolérer, sous prétexte de « tolérance » et de « relativisme culturel », des reculs massifs de la civilisation tels que port du voile, de la burqa, l’excision et autres mutilations religieuses,

– soutenir des actions d’apartheid alimentaire dans les cantines scolaires comme à Lyon,

– attribuer des intentions racistes à un certain nombre de conquêtes de la République telles que la laïcité, la loi de 1905 etc.

Dans les cas graves, cette phobie amène ceux qui en sont atteints à perpétrer des actes illégaux, tels que le financement de mosquées (qualifiées de centres culturels musulmans) par de l’argent public. Certains racontent qu’on aurait même décrit le cas exceptionnel d’un maire homosexuel socialiste d’une grande ville européenne qui en serait arrivé à agir contre ses intérêts en projetant de dépenser des millions d’euros pour une mosquée dans laquelle, bien entendu, de virulents prêches y condamneront l’homosexualité (y compris celle du bailleur de fonds, ou plutôt du bailleur des fonds de ses administrés). L’on a du mal à prêter foi à ce récit, et pourtant ce maire a déjà bel et bien organisé une grande soirée de fin de ramadan, toujours aux frais de ses administrés !

Cette phobie, qui touche préferentiellement des personnes de gauche, aboutit paradoxalement à leur faire adopter des positions diamétralement opposées à certaines valeurs traditionnelles de la gauche que sont la laïcité, le rationalisme et un certain degré d’anticléricalisme. On en voit souhaiter le rétablissement du délit de blasphème, ou approuver le fait que soient intentés des procès contre des journaux publiant des caricatures religieuses (qui étaient pourtant une spécialité traditionnelle des journaux de gauche). On décrit maintenant des cas dans le clergé : en effet , un archevêque chrétien anglican, probablement atteint, ne vient -il pas de réclamer l’application de la charia dans son pays ?

On peut donc penser que le vote du Sénat d’Hawaii est symptomatique de cette phobie : telle est la crainte de ces sénateurs « démocrates » de passer pour des racistes qu’ils préfèrent encore fouler aux pieds l’opinion de leurs électeurs, en adoptant un texte qui est une véritable attitude contra-phobique, ou un rite conjuratoire. Ce vote d’un « jour de l’islam » leur donnera à bon compte un brevet d’antiracisme qui va calmer leurs angoisses pendant un certain temps. Mais pourquoi ne votent -ils pas par la même occasion un jour du bouddhisme, un jour de la scientologie, un jour du caodaïsme, un jour du christianisme, un jour de l’hindouisme, du raëlisme, ou de n’importe quelle autre des 3000 religions qui seraient actuellement actives sur notre planète (il n’y aurait pas assez de jours dans l’année !) ? C’est que, étrangement, seule une religion est considérée par ces phobiques comme une « race » : l’islam. Ils ne craignent pas donc d’être taxés de racisme si ils critiquent ou ignorent les autres religions !

4°) L’éloge de l’islam fait par ce texte est-il justifié ? On peut se faire une idée de la « contribution scientifique et culturelle de l’islam » depuis un siècle en faisant l’inventaire des musulmans s’étant vu attribuer un prix Nobel. En voici la liste jusqu’en 2007 (les prix « Nobel » d’économie, n’étant pas décernés par l’Académie Nobel, sont exclus de la liste ) :

– Littérature

2006 – Orhan Pamuk

1988 – Najib Mahfooz.

– Paix

1978 – Anwar El-Sadat

1994 – Yasser Arafat

2003 – Shirin Ebadi
– Chimie
1999 – Ahmed Zewail (7)

– Physique

1979 – Abdus Salam (8)

On voit que , sur un total de 797 prix Nobel (9), sept seulement ont été attribués à des musulmans, soit 0,87 %, alors que les musulmans représentent environ 20 % des habitants de cette planète : un musulman a donc 22,7 fois moins de chances d’avoir le prix Nobel qu’un non-musulman. Si l’on considère seulement les Nobel scientifiques (physique, chimie, médecine/physiologie), la situation est encore plus catastrophique : deux prix Nobel scientifiques sur 523 soit 0,38 % : un musulman a 52,6 fois moins de chances d’avoir un prix Nobel scientifique qu’un non-musulman !

La thèse de ce texte selon laquelle « la doctrine islamique soutient que la paix est une qualité divine » laissera sceptique les Américains : en effet la seule contribution significative de l’islam à l’histoire des USA se limite aux attentats du 11/09/2001, dont on peut difficilement soutenir qu’il s’agit d’une manifestation de paix.

Enfin , en ce qui concerne les « contributions artistiques » de l’islam, l’apport du monde musulman à la musique hawaïenne est nul , pour ce qui est de la musique américaine , on peut mentionner seulement deux musiciens : un génie du piano jazz, Ahmad Jamal, et un flutiste/saxophoniste de talent , Yussef Lateef . Pour ce qui est de la musique mondiale , il y aurait quelques difficultés à trouver l’équivalent musulman de Bach , Mozart ou Beethoven, pour ne citer qu’eux .
Pour ce qui est de la peinture , qui sont les Vinci , Dürer , Vermeer , Michel Ange , Monet , Van Gogh , Dali musulmans ? Mystère …

Plusieurs remarques en guise de conclusion :

1°) Il n’y a guère de différence entre la gauche hawaiienne et la gauche française, en matière de défense de la laïcité. Elles laissent toutes les deux à la droite parfois la plus réactionnaire le soin de la défendre. Si les républicains à Hawaii (et un seul démocrate) ont sauvé l’honneur du Sénat, en France, ce sont souvent le MPF ou le FN qui sont malheureusement les seuls à attaquer judiciairement (souvent avec succès) les atteintes à la loi de 1905 et à la Constitution que sont les dépenses publiques plus ou moins déguisées en faveur des mosquées.

2°) Encore heureux que les sénateurs Hawaiiens aient décidé de ne pas organiser de festivités particulières : on aurait frémi à l’avance à la perspective de démonstrations de danseuses hawaïennes en burqa, de surfeuses en burkini , ou de chants coraniques accompagnés à la guitare hawaïenne ! Sans compter que les stands de tir forain, dans lesquels on vise des empilements de boites de conserve avec des noix de coco, auraient risqué d’être remplacés par des stands de lapidation (ou plutôt de noix-de-coco-isation) de mannequins en plastique , revêtus préalablement d’un voile pour satisfaire aux exigences de la décence musulmane !

3°) Enfin, le Sénat d’Hawaii aurait du songer a tous ces opprimés du monde musulman, ces savants entravés dans leurs recherches, ces écrivains et musiciens fatwaïsés, ces homosexuels pendus ou pire, ces femmes lapidées ou mariées de force, ces athées ou non-musulmans pourchassés, en Arabie Saoudite, en Iran, en Afghanistan ou ailleurs, tous ces êtres humains pour lesquels c’est malheureusement tous les jours l’islam Day …

Docdory

(1) http://www.honoluluadvertiser.com/article/20090506/BREAKING01/90506084/-1`

(2) http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2009/05/06/AR2009050603832.html

(3) http://www.alarabiya.net/articles/2009/05/07/72251.html

(4) http://en.wikipedia.org/wiki/Hawaii

(5) http://en.wikipedia.org/wiki/Hawaii_Senate

(6) http://www.aup.fr/pdf/WPSeries/AUP_wp40-Wieviorka.pdf

(7) http://fr.wikipedia.org/wiki/Ahmed_Zewail

(8) http://en.wikipedia.org/wiki/Abdus_Salam

(9) http://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_Nobel

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