Le chanteur Corneille réveille la laïcité chez les jeunes avec son dernier album…

Publié le 6 novembre 2009 - par - 2 300 vues
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…le site Paroles-Musique.com en édulcore curieusement les paroles…

Le chanteur Corneille au passé de réfugié qui a vu sa famille décimée au Rwanda, vient de sortir un nouvel album qui a de quoi surprendre, plein de maturité et de lucidité, avec une chanson inspirée de la future naissance de son enfant « En attendant… » bébé. Elle en dit long sur la façon dont il questionne l’avenir où cet enfant devenu adulte devra trouver sa place, selon qu’il soit uni ou divisé…

Cette chanson dénote formidablement en regard du politiquement correct ambiant, car elle questionne la victimisation qui fait l’identité habituelle de l’immigré. C’est toute l’idéologie d’une gauche boboïsante dégoulinante de mièvrerie obsédée par le besoin d’une bonne conscience sur le dos de la misère du monde sans rien vouloir réellement sur le fond en changer qui en prend ici un coup, et même un sacré coup à bien y regarder !

Ceux qui en l’absence de tout programme de changement de la société ont fait du culte de la différence confinant à la différence des droits leur seule revendication sont ici rappelés par un jeune chanteur d’origine immigrée à la réalité. Justifier le communautarisme et les mises à part au nom de la reconnaissance d’une origine sera rendu plus difficile dorénavant, grâce à la voix charmeuse de ce jeune chanteur déjà largement confirmé (un millions d’albums vendus).

La teneure des paroles de cette chanson sous-tend une réflexion autour du besoin d’égalité bien plus que de la différence qui divise, c’est tout son intérêt :

Titre : « En attendant… » (1)

[Refrain]

Je ne suis pas Noir, je ne suis pas Blanc

Je ne suis qu’un Homme, en attendant

Je ne suis qu’un fou, mais pas pour longtemps

Je ne suis qu’un Homme, en attendant, en attendant

[1er couplet]

J’ai lu ton histoire trop vite sur ta peau

Je t’ai résumé en bien trop peu de mot

C’est tendance de dire qu’on vit bien avec nos différences

Mais t’as peur d’en rire et (oh) moi ça m’enchante

On autovictimise, on se culpabilise

Mais ça mène où, dis moi ça mène où, tout ça ça mène où (eh)

Quand même pas nos pères, ne nous ressemblent

Quand même pas nos pères, ne nous ressemblent (ouh)

[Refrain]

[2e couplet]

« Nous, nous » rime à quoi quand on s’entretue

« Vous, vous » c’est quoi si entre vous, vous vous êtes tu

Et si dans mille ans, dans cent ans nos enfants ressemblent au
votre

Qu’adviendra-t-il du sang impure et la cause des nôtres

On se communautarise, et on se ghetto divise

Mais ça mène où, ça mène où tout ça, ça mène où

Quand nos pires pêchés se ressent…

Quand même nos pires pêchés se ressent…

[Refrain]

[Bridge]

Il n’y a pas de morale, juste réflexion (oh, ouh)

Il n’y a pas de morale, juste à faire attention (oh)

Tu peux bien rire de mon utopie, mais avoue que c’est absurde comme on vit

C’est si absurde comme on vit, c’est si absurde comme on vit, c’est si
absurde comme on vit

[Refrain] (x2)

Sur le site « Paroles-Musique.com »2, on retrouve les paroles de la chanson mais bizarrement, on a transformé « on autovictimise » en « on est tous victimes » et on a laissé des blancs à la place des mots les plus forts de la chanson tels que « on se communautarise, on se ghetto divise » précédant l’interrogation «Mais ça mène où, dis moi ça mène où, tout ça ça mène où (eh) »…

Est-ce par crainte des retours de bâtons du politiquement correcte que cette chanson s’est ainsi retrouvée édulcorée ou par pure négligence, ce qui constituerait pour le moins un manque de professionnalisme pour un site de ce renom ? Un constat qui doit nous alerter en tout cas à chaque fois que le risque est annoncé de l’usage de l’art d’endormir les foules lorsqu’au contraire il doit être question de les réveiller !

Une telle bévue mérite au moins un procès d’intentions. Heureusement, comme pour sauver l’honneur, un internaute dans le courrier des lecteurs propose la vraie version de la chanson. Chercher l’erreur !

En conclusion, j’aimerais apporter à cet édifice la modeste pierre du poète, pour continuer cette réflexion du chanteur sur le thème de l’universalité de l’homme autant que sur celui de son caractère unique, l’individu vu comme une entité insoluble et un égal parmi les égaux, véritable bien commun autant que chacun comptant pour l’autre…

Unique et universel

Individus de chair et de sang, de haine et d’amour,

Du noir et du blanc, de la nuit et du jour.

Individus du laid et du beau, de dieu et du diable,

Du vrai et du faux, du particulier et du général.

Individus de l’ancien et du nouveau, du bien et du mal,

Du martyr et du bourreau, du meilleur et du détestable.

Individus de la lutte et de l’indifférence, de la tête et des mains,

Du savoir et de l’ignorance, d’hier et de demain.

Individu unique et universel !

Guylain Chevrier

1 -Lien pour écouter la chanson : Ados.fr: Corneille, « En attendant… »

2-Paroles-musique.com

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