Le darwinisme, supercherie de Satan

Publié le 25 novembre 2008 - par - 916 vues
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Nous sommes en novembre 2008, soit 320 ans après le début des Lumières… et le créationnisme accentue son influence en Europe ! Depuis 2007, en effet, collèges, lycées et universités de nombreux pays européens reçoivent – sans l’avoir demandé (!) – un ouvrage intitulé L’Atlas de la Création, dans lequel il est «démontré» que la théorie de l’évolution, de Charles Darwin, n’est pas scientifique mais antireligieuse ! Son auteur, Harun Yahya – de son vrai nom Adnan Oktar –, ne fait mystère ni de son objectif premier, qui est de promouvoir le Coran, ni de son objectif second, qui est d’asseoir la domination musulmane dans le monde, par la destruction de la vérité scientifique en général et de la théorie de l’évolution en particulier, cette dernière étant, comme toute vérité scientifique, un obstacle à la vérité coranique.

Il y a donc un créationnisme islamique qui se veut militant, conformément à la Parole, car le Coran souligne les fondamentaux de notre existence, tels que sa raison même du vivre et les devoirs que nous avons envers Dieu. Embrassant la Vérité de toutes les vérités, il contient le tout des vérités scientifiques. Que dit, en l’occurrence, la science actuelle que le Coran n’aurait point formulé depuis plus de 1400 ans ? Le Saint Livre ne parle-t-il pas du big-bang (Sourate 21, verset 30) ; de l’expansion de l’univers (Sourate 51, verset 47) ; du big-crunch (Sourate 21, verset 103) ; des orbites de la lune et du soleil (Sourate 21, verset 33) ; de la tectonique des plaques (Sourate 27, verset 88) ; des origines aquatiques de la vie (Sourate 21, verset 31) ; de l’embryologie (Sourate 23, versets 13 et 14) ?

Par ailleurs, ne nous demande-t-il pas de nous affranchir de nos préjugés, et notamment du plus «satanique» d’entre eux : l’évolutionnisme ? Puisqu’il s’agit d’un préjugé, il ne peut être que faux, n’est-ce pas ? En conséquence, si l’on aborde la question de l’origine des êtres vivants, et a fortiori de l’homme, on doit choisir entre deux hypothèses : la première déclare que tous les êtres humains ont été créés par Dieu ; la deuxième prétend que «la vie est le fruit de coïncidences inconscientes et fortuites». Au dire d’Harun Yahya, c’est cette dernière hypothèse que soutient la théorie de l’évolution. C’est donc elle que l’islam combat. D’où la difficulté croissante d’enseigner, en 2008, la théorie de l’évolution établie par Darwin en 1859.

Cela ne serait pourtant pas bien grave s’il ne s’agissait que d’une contestation théorique, comme il y en a tant : après tout, le « Pourquoi » de notre présence en ce monde, joint à l’agencement «merveilleux» du vivant, autorise l’hypothèse d’un «dessein intelligent». Mais cette hypothèse ne doit pas oublier sa nature «méta-physique», qui la place, de ce fait, «au-delà de la physique» et des preuves expérimentales. Ainsi du fameux «principe vital» invoqué, au XVIIIème siècle par Paul-Joseph Barthez, pour expliquer le vivant ; ainsi de l’«intelligence créatrice» telle que la concevait, dans la deuxième moitié du XXème siècle, Claude Tresmontant, pour rendre compte, entre autres, de l’apparition du code génétique il y a quelque trois milliards d’années ; ainsi de l’actuel «programmisme», de Pierre Rabischong, destiné à remplacer la conception darwinienne basée sur la filiation des différentes espèces évoluant, par mutations aléatoires, de la bactérie à l’homme.

Ce qui est grave, en revanche, c’est qu’une telle hypothèse soit qualifiée de scientifique, et que le sens de ce qualificatif ne soit même pas scientifique. Est scientifique, en effet, ce qui peut être soumis à vérification et à révision : la vérité scientifique est non seulement démontrable, mais encore évolutive. Le créationnisme, au contraire, se donne comme scientifique parce qu’il confond le scientifique avec le définitif de la vérité. Or, si la vérité est définitive, c’est bien qu’elle n’est pas scientifique, et si elle n’est pas scientifique, c’est qu’elle est autre, c’est-à-dire, en l’occurrence, religieuse ! Qu’enseigne donc la vérité religieuse sur l’origine de la vie ? Que cette origine n’est pas fortuite ou spontanée, mais dirigée par une Conscience dotée d’un pouvoir, d’une sagesse et d’un savoir supérieurs à tout. «Cette réalité – affirme Harun Yahya – n’est pas simplement une conviction : elle est la conclusion normale à laquelle mènent la sagesse, la logique et la science» (sic) ! En conséquence, l’évolutionniste doit renoncer à sa théorie, dont le «scénario grotesque» est fondé sur un «matérialisme aveugle» et, qui plus est, «athée».

Cet athéisme ne date d’ailleurs pas d’aujourd’hui, comme le «prouve» le Coran : «Et si nous faisions descendre les Anges vers eux, (comme ils l’avaient proposé) si les morts leur parlaient, et si Nous rassemblions toute chose devant eux, ils ne croiraient que si Allah veut. Mais la plupart d’entre eux ignorent». (Sourate al-An’am, 111)
Partant, ce que maintient donc l’évolutionniste – poursuit Harun Yahya – n’est pas «une pensée scientifique moderne mais plutôt une forme d’ignorance qui prévaut depuis l’époque des païens». Le Coran, de nouveau, en témoigne : «Et même si Nous ouvrions pour eux une porte du ciel, et qu’ils pussent y monter, ils diraient: « Vraiment nos yeux sont voilés. Mais plutôt, nous sommes des gens ensorcelés »». (Sourate al-Hijr, 14-15)

Voilà où nous en sommes ! A écouter Harun Yahya, les évolutionnistes font de l’endoctrinement de masse ! «Cet endoctrinement – écrit-il – a un effet négatif sur le cerveau ; il désactive la faculté de jugement. Etant donné que le cerveau est régulièrement exposé à l’endoctrinement, il commence à percevoir la réalité non pas telle qu’elle est mais telle qu’elle lui a été inculquée… Ce sont bien ces méthodes d’endoctrinement qui imposent aux masses la théorie de l’évolution et la vision matérialiste du monde. Ceux qui sont exposés à cet endoctrinement constant à travers les médias, les institutions académiques et les conférences « scientifiques » n’arrivent pas à se rendre compte que l’adhésion à cette théorie est contraire aux principes élémentaires de la raison». Tel est le «mensonge» (sic) de l’évolution !

Tel est surtout l’obscurantisme islamique, qui s’étend sans relâche sur l’Europe ! Mais c’est peut-être ce à quoi nous aspirons au tréfonds de nous-mêmes, puisque nous ouvrons nos frontières à ceux qui n’ont de science que leur religion, comme si ces deux domaines étaient du même ordre, comme si la religion pouvait démontrer ce que la science démontre, comme si la science pouvait désamorcer la religion, comme si la croyance que toute religion présuppose n’était pas adhésion à un contenu non démontré ou non démontrable, comme si la «croyance» n’avait pas beau jeu là où le «savoir» fait défaut : où je crois, je ne sais point ; où je sais, je ne crois point ; autrement dit, ou je crois, ou je sais !

Il semble aujourd’hui qu’en Europe nous ne sachions même plus cela, et c’est cela qui est alarmant, car laisser faire ceux qui mettent Darwin au bûcher («burning Darwin» disent les créationnistes), c’est contribuer à l’autodafé des Lumières !

Maurice Vidal

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