Le discours haineux de SOS Racisme ressemble à celui de l’extrême droite raciste

Publié le 21 juin 2010 - par - 201 vues
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SOS Racisme lance une campagne phobophobe nauséabonde

« Logique de haine », « apéro de la haine », « discours haineux », tels furent les qualificatifs employés pour désigner l’initiative entreprise pour dénoncer l’occupation illégales des rues de la Goutte-d’Or par des contempteurs de la cochonnaille et des fruits de la vigne. SOS Racisme devrait se rebaptiser SOS Haine, cela correspondrait mieux à ce qu’est devenu le racisme dans la bouche de ses dirigeants. A défaut d’avoir des racistes sous la dent, on se déchaîne contre les gens « haineux », comme je l’avais déjà analysé il y a un an. (1)

On pourrait rédiger des pages entières de rappels philosophiques afin de montrer que la haine, c’est une partie essentielle de la vie, et que combattre la haine, c’est tout bonnement combattre la vie. Empédocle, philosophe présocratique, en faisait déjà il y a deux millénaires un des principes fondamentaux du monde. « Le combat, disait Héraclite, est le père de toute chose. » Dans le christianisme, sans Satan, pas de tentation, ni de péché, ni de Salut, ni de pardon, ni d’histoire chrétienne. Plus proche de nous, la résistance à l’oppression, cette haine des tyrans, des théocrates et des voyous, est consacrée comme un droit fondamental de l’Homme par la déclaration de 1789. La négation, le négatif, sont structurellement indispensables à l’hégélianisme, cette somme philosophique, et à son rejeton, le marxisme.

Même pour SOS Racisme, c’est la haine qui est le moteur fondamental, mais il s’agit d’une haine spéciale et tout à fait spécieuse : la haine de la haine, la phobophobie. Les anti-racistes ne sont que des personnes animées d’une haine diabolique de la détestation, et qui voudraient passer ainsi pour les personnes les plus aimantes au monde. Cependant, jamais leur haine de la haine ne devient de l’amour, elle reste une haine ordinaire, voire une sous-haine, une haine de seconde main, geignarde et émasculée, se plaignant d’une voix doucereuse du caractère conflictuel de la vie réelle.

Une haine de belles âmes, de celles dont Pascal disait qu’à force de vouloir « faire l’ange », elles finissent par « faire la bête ».
Si la phobophobie antiraciste n’est qu’une haine perverse, c’est parce qu’elle n’a pour objet qu’un autre sentiment. Elle ne surgit pas comme une haine normale, saine, celle qui réside dans le mouvement d’éloigner de soi un objet que l’on perçoit comme nuisible. (2) Elle est proprement angélique dans la mesure où elle ne considère pas la nocivité réelle des objets. Le phobophobe n’a pas de corps, il condamne les mouvements d’âme d’autrui, sans interroger le bien fondé de l’aversion qu’il constate. Le phobophobe n’aime rien de concret dans le monde, des choses discrètes comme la patrie particulière où il est né, la langue qu’il parle, la culture qui le laisse s’exprimer, ou sa communauté de destin historique, c’est-à-dire son peuple. Le phobophobe veut tout embrasser, mais étreint peu.

Cependant, ainsi sublimée, sa haine trouve d’autant plus de haines à combattre, les haines de ceux qui aiment véritablement quelque chose, qui s’y attachent et qui ne veulent pas les voir périr. La phobophobie se déploie malignement sur le constat de cette injustice qu’est l’amour véritable. Car aimer en vérité, c’est s’attacher injustement, unilatéralement, à un être précis, à une terre délimitée, à une culture particulière, à une œuvre d’art unique. Celui qui aime tout et tout le monde, n’aime rien ni personne. Toutefois, lorsque l’on aime réellement, lorsque dans le grand bazar qu’est le monde on élit une personne, un pays, une langue, et on en fait TOUT pour soi-même, alors on craint pour ce qu’on aime, et on déteste tout ce qui pourrait lui nuire. C’est à ce tournant que vous attend le phobophobe, l’antiracisme à la bouche, pour vous sommer de ne rien détester en particulier, c’est-à-dire en fait de ne rien aimer en particulier. Le phobophobe a le cœur sec, et son indignation vertueuse n’est que le cri de désespoir de la vacuité de son âme. Et si vous résistez, si vous persistez dans cette injustice criante vis-à-vis de « l’universel » dont il a plein la bouche, si vous continuez à aimer et donc à défendre ce que vous aimez, si vous dites comme Camus « Je crois en la justice, mais je défendrai ma mère avant la justice », alors sa haine de la haine devient passionnée et farouche.

C’est ainsi que SOS Racisme vient de franchir un cap dans son délire persécuteur avec sa nouvelle campagne qui titre sans vergogne « Méfiez-vous des idées qui puent ». L’antiracisme commence à parler littéralement comme le racisme le plus ancien, celui qui affirmait que le « juif pue ». « Il y a une baisse des anti-corps contre le racisme dans la société française » a déclaré le phobophobe en chef, M. Sopo, ne remarquant même pas qu’il s’exprime avec le même vocabulaire biologisant que ceux qui voulaient éradiquer les virus juif, tziganes, etc. Voilà où on en arrive quand on a complètement oublié la réalité, quand on ne sait plus en débattre, et que l’on juge les idées et les discours en dehors de tout référent vérifiable.
Des idées qui puent ? Platon, qui avait essayé de toutes ses forces de les approcher, est battu à plate couture par M. Sopo, qui s’est tellement élevé dans les airs qu’il a réussi à se moucher avec, et sait même nous décrire leurs parfums, et nous détailler les fragrances du ciel des idées.

Cependant, moi qui n’ai pas l’odorat intellectuel aussi développé que les antiracistes, j’aimerais bien savoir : est-ce que les hommes dont les idées puent, puent eux aussi ? Ce qui me taraude, moi qui n’ai ni deuxième nez, ni troisième œil, c’est que si on accepte que la haine pue, alors la haine de la haine doit véritablement chlinguer. Or, si un phobophobe empeste plus qu’un phobe, le premier doit avoir beaucoup de difficultés pour distinguer les odeurs du second, enivré des effluves que doit dégager sa propre haine. Aussi je me méfierais de ceux qui me disent que les idées d’un autre puent. Si ça se trouve, ce sont les siennes qui sentent si fort qu’il les perçoit partout où il se déplace, mais ne se rend pas compte que depuis longtemps elles lui ont fait dessus.

Radu Stoenescu

(1) https://www.ripostelaique.com/Pour-sauver-leur-fonds-de-commerce.html

(2) Voir la lumineuse analyse de Thomas Hobbes, Léviathan, chapitre VI.

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