Le gaucho-fascisme veut nous imposer l’islamo-libéralisme

Publié le 31 janvier 2011 - par

J’ai voulu fabriquer une sorte de fiche signalétique du gaucho-fascisme, afin que le concept en soit vulgarisé. L’idée d’un gaucho-fascisme apparaît généralement pour désigner une sorte de fascisme gauchiste ou, tout simplement, de gauche. Le substantif « gaucho-fascisme » reste assez peu populaire ; en revanche, la forme adjectivale « gaucho-fasciste » connaît une modeste popularité, qu’une simple recherche sur un moteur pourrait démontrer ; je laisse au lecteur le soin de la faire (je
l’ai faite moi-même). Plus de 170 résultats sur Google, à l’heure où j’écris cet article, répartis sur environ 8 pages, ce qui est assez peu, mais pas négligeable. Et, comme un fait exprès, la plupart du temps, l’idéologie gaucho-fasciste est renvoyée, dans les sites qui l’évoquent, à sa complicité avec l’islam, au point de laisser apparaître, assez souvent, l’expression un peu lourde « islamo-gauchofascisme». Il n’en fallait pas plus pour que l’analyse philosophique s’empare du mot, afin d’analyser la chose.

Dans cette fiche, je voudrais tout d’abord rappeler au lecteur ce qu’est le fascisme, puis le gauchisme, fût-ce au risque de la banalité. Le fascisme désigne historiquement un mouvement politique né au début du XX° siècle, et qui domina l’Italie de 1922 à 1945, sous le dictateur Benito Mussolini (1883-1945). Ce fut un régime nationaliste autoritaire, fortement militarisé, expansionniste (Éthiopie), pas tendre avec le
mouvement ouvrier, dirigiste et partisan des nationalisations à l’origine, mais rapidement libéral (au sens économique) et allié du grand capital. Le terme fascisme vient, entre autre, des faisceaux d’armes symbolisant la force virile et guerrière. Les régimes classés à l’extrême-droite, c’est-à-dire les dictatures compatibles avec le capitalisme, ressemblent beaucoup au fascisme : le totalitarisme nazi, notamment, et tous les régimes alliant un étatisme oppresseur à un capitalisme décomplexé.
Le gauchisme est un terme extrêmement difficile à définir. Il peut désigner, pour certains orateurs de droite, l’ensemble des forces politiques qui se réclament de la gauche. Sinon, il signifie essentiellement un extrémisme de gauche, ce qui renvoie, non pas à des événements historiques bien identifiés comme le fascisme, mais à une nébuleuse inextricable de mouvements politiques ou para-politiques, dont certains refusent même l’appellation « gauchiste », et dont le seul point commun est le refus ouvertement revendiqué (ce qui ne veut pas dire réel) du capitalisme.

A noter que les gauchistes n’excluent en aucun cas le recours à la violence, terroriste (avant la prise de pouvoir) ou dictatoriale (après la prise de pouvoir). D’où la proximité avec le fascisme : la tentation
de la terreur existe dans les deux camps, chez les fascistes sans remettre en question le capital, chez les gauchistes au nom du renversement du capital. Une question se pose alors : mais quelle
différence avec le communisme historique, lui aussi autoritaire et anti-capitaliste ? La réponse fut donnée par Lénine dans la brochure « La Maladie infantile du communisme » (ce qui désigne le gauchisme) : le gauchisme est un extrémisme infantile, par définition maladroit et dangereux, qui nuit à la révolution prolétarienne plus qu’il ne la favorise.

En clair, et je n’ignore pas à quel point cette formule est simplificatrice, et je m’en excuse auprès des lecteurs : le fascisme, c’est le capitalisme devenu terreur d’État ; le communisme, c’est l’anticapitalisme devenu terreur d’État ; et le gauchisme, c’est le sous-produit infantile de l’avènement du communisme.

Ces considérations étant posées, nous pouvons passer à l’analyse du gaucho-fascisme contemporain. Et l’on découvrira, avec surprise, peut-être, pour certains d’entre nous, que le gaucho-fascisme ressemble en définitive plus à un fascisme qu’à un gauchisme, comme si, dans
l’alliance de ces deux extrêmes, l’aspect droitier, et c’est le comble, l’emportait sur le côté gauche. Mais ce n’est pas, en réalité, étonnant. Le gaucho-fascisme, c’est avant tout l’opium intellectuel d’une certaine bourgeoisie néolibérale, née dans les années 1980.

J’aimerais commencer par les structures de la pensée gaucho-fasciste en matière socio-économique.

– Le gaucho-fascisme affiche un mépris souverain pour la classe ouvrière, et pour les classes moyennes salariales en général. Le « peuple » est sa bête noire, alors même qu’il exalte les quartiers dit « populaires ». Certes, il affiche régulièrement des positions de défense des droits du salariat. Mais il les renie par caricature : l’anticapitalisme le plus grotesque, et le moins crédible, dissimule à
peine la tacite approbation de la pratique néolibérale.

– Le gaucho-fascisme est, par essence, antisyndical. Il n’approuve les organisations de salariés que lorsqu’elles se laissent infiltrer par les gaucho-fascistes, qui les tordent vers des revendications sociétales et non plus sociales, parmi lesquelles l’immigrationnisme, l’antisécuritarisme, le multiculturalisme… Dès qu’un syndicat relève la tête et tente d’écarter ses éléments gauchofascistes, il devient « une vieille bureaucratie sclérosée ennemie de la classe ouvrière ».

– Le gaucho-fascisme ne défend sincèrement, et avec âpreté, que les intérêts moraux et matériels d’une bourgeoisie « savante », sans culture véritable, sans rigueur intellectuelle, et logée dans des
prébendes au frais du contribuable. On aura reconnu les « bobos ».

En matière sociétale.

– Le gaucho-fascisme est machiste et sexiste, non pas ouvertement, car il exalte les droits de la femme (autant que les droits de l’homme), mais par complicité avec le système totalitaire islamique. Le gaucho-fasciste est homophobe, pour les mêmes raisons que précédemment, et avec la même hypocrisie. Une analyse des insultes proférées par des gaucho-fascistes dans des manifestations ou des forums confirmerait aisément la chose.

– Le gaucho-fascisme est un jeunisme. Il cherche l’embrigadement de la jeunesse, avec un autre folklore, cependant, que le fascisme ou le communisme : un folklore du désordre et du débraillé, qui contraste avec l’ordonnancement des vieilles dictatures de droite ou de gauche.

– Le gaucho-fascisme exalte, d’une manière plus générale, la violence et la terreur, mais dans un discours flasque, où prévaut la duplicité. Il ne s’agit plus d’appeler à la terreur étatique, mais de promouvoir une culture de l’anomie et de l’inversion des valeurs, visant à culpabiliser les victimes, à flatter les criminels et les bandes.

En matière patriotique.

– Soutien sans réserve à l’expansionnisme islamique, au totalitarisme islamiste.

– Soutien sans réserve à la mondialisation libérale, sous couvert d’un altermondialisme qui n’est qu’un mondialisme déguisé. L’exaltation de la « société ouverte », le mépris de l’ordre républicain, la haine des frontières et de la Nation ne pouvant que favoriser cette globalisation.

Au point de vue idéologique.

– Démantèlement de la transmission des connaissances, de l’École, de l’autorité des enseignants, sous couvert de « pédagogie ».

– Promotion d’une élite usurpatoire d’experts, de spécialistes, d’intellectuels et d’artistes gavés de subventions et de crédits d’État, qui sont autant de faux-sages, instillant une pseudo-culture à la fois
moralisatrice et anomique.

– Remplacement du débat rationnel par l’insulte, l’invective, la menace et l’intimidation. Les agressions physiques ne sont, du reste, aucunement exclues.

Au point de vue politique.

– Quel que soit le parcours personnel des gaucho-fascistes, le plan de carrière vise essentiellement l’accession à des prébendes associatives, ou institutionnelles, totalement coupées des réalités du terrain et du peuple.

– Prise de pouvoir indirecte par l’influence et les réseaux.

– Exercice indirect du pouvoir par la promotion systématique d’un terrorisme institutionnel, notamment judiciaire, fait d’hyper-laxisme envers les criminels, et d’oppression de la société civile.

– Inquisition envers les dissidents et les patriotes.

Différence avec le fascisme traditionnel.

– Pour l’instant aucune prise de pouvoir directe (il faudrait pour cela un gouvernement d’extrêmegauche, ce que la sagesse électorale, pour l’instant, nous a épargné).

– Absence de culte du chef, remplacé par une nébuleuse de personnalités usurpatoires.

– Absence totale de militarisme, de patriotisme et de sentiment national.

– Dé-virilisation totale de la société (hors criminalité, bien entendu).

Différence avec le gauchisme traditionnel.

– Méconnaissance totale des grands textes de la culture livresque en général, et notamment la plus grand incurie philosophique, même chez ceux qui se disent philosophes. Abandon complet de la culture humaniste traditionnelle, restreinte mais forte, allant aux fondamentaux, au profit d’un papillonnage idéologique où prédomine le copinage, chacun s’extasiant devant les trouvailles de l’autre.

– Méconnaissance totale des grands textes du mouvement ouvrier, et notamment de Marx ; les anciens gauchistes, ceux qui exerçaient leurs « talents » avant la globalisation néolibérale des années 1980, étaient malgré tout issus d’une culture livresque s’inscrivant dans un contexte où l’École et l’autorité du savoir n’étaient pas encore démantelées. Les gaucho-fascistes, à la différence de leurs prédécesseurs, sont prisonniers de leurs propre système de dévastation culturelle et
scolaire : on peut affirmer sans grand risque de se tromper qu’ils ne savent, en définitive, rien.

– La conséquence majeure de cette incurie intellectuelle de la nouvelle gauche fasciste est l’abandon complet de la notion de prolétariat (et celle de salariat, qui en dérive) au profit d’un prolétariat d’importation et de substitution, largement fantasmatique quant à sa prétendue pauvreté, où prédominent des bandes d’origine immigrée, islamisées et ultra-violentes.

Il me reste à conclure.

Le gaucho-fascisme ne peut être totalement assimilé à un fascisme ou à un gauchisme, tout en relayant les caractéristiques des deux systèmes. Il partage avec le fascisme son goût pour la terreur et l’oppression, et sa complicité avec le capitalisme, puisqu’il n’est que la mauvaise conscience infantile de la globalisation néolibérale, un peu comme, autrefois, le fils de l’industriel du coin qui se prenait de passion pour le communisme, avant de reprendre l’usine de son père, et parfois avec
des méthodes plus dures. Comme le gauchisme, le gaucho-fascisme s’affirme anticapitaliste jusqu’à la caricature. Il préconise, pour renverser le capitalisme, et c’est le point commun avec le gauchisme classique et le communisme historique, la terreur et l’oppression, mais dans un climat d’infantilisme généralisé.

Les gauchistes n’ont jamais eu le pouvoir, évincés par le communisme et par Lénine. Les fascistes, eux, ont lourdement régné, et pendant des années. Les gaucho-fascistes sont entre les deux situations : ils espèrent l’accession au pouvoir de la gauche néolibérale, qu’ils finiront de noyauter, mais sans jamais remettre en question le dogme de la libre circulation des capitaux et des personnes. Si l’on ajoute à cela la collaboration, assumée et ouvertement revendiquée, avec l’islam, un
gouvernement de gauche « modérée » serait la pire horreur totalitaire qui pourrait advenir en France, et sans doute partout en Europe.

En d’autres termes, le gaucho-fascisme, c’est la préparation matérielle et idéologique de l’islamolibéralisme, un monstre bien plus redoutable encore, et qui conjuguerait les effets d’un hyper-capitalisme dévastateur aux cruautés inouïes de la charia.

Jacques Philarchein

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