Le livre de Louis Chagnon résume la capitulation des institutions françaises devant l’islam

Publié le 12 janvier 2009 - par - 312 vues
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Je viens de terminer le livre de Louis Chagnon, « L’Ecole française et l’islam », sous-titré « l’histoire d’un professeur victime du terrorisme intellectuel ». Qui est cet enseignant ? Il n’est pas « issu du moule ». Il a d’abord travaillé dans un autre secteur professionnel, a repris des études, a eu sa licence, et a passé le Capes d’histoire et de géographie. Il n’est donc pas « formaté » Education nationale.

C’est sans doute à cause de cela que, dès les années 1990, où il commence son nouveau travail, ce militant de gauche, longtemps membre du Parti communiste, voit immédiatement la déliquescence de l’Education nationale, et les dégâts occasionnés par les pédagogistes.

Il constate rapidement la violence et les insultes que subissent, au quotidien, de nombreux enseignants, et l’abandon de ceux-ci par leurs structures.

Malgré tout, comme Fanny Truchelut, il n’avait pas prévu qu’une anecdote allait lui changer durablement sa vie professionnelle, et sa vie tout court.

Professeur d’histoire dans un collège, il est surpris du contenu des manuels scolaires. Il voit qu’on parle, à juste titre, des massacres de la Saint-Barthelémy, et des autres « exploits » de l’église catholique, au fil des siècles, et s’étonne de voir que, sur Mahomet, on fait totalement l’impasse sur des actes violents pourtant historiquement incontestés.

Il a donc le « malheur », en septembre 2003, période où le débat sur les signes religieux à l’école, dont le voile, est très vif, d’expliquer, lors d’un cours fait aux élèves de cinquième, que, sous la direction du prophète, furent égorgés, en mai 627, de 600 à 900 hommes juifs, de la puberté à la plus extrême vieillesse. Les biens de leur tribu furent pillés, et les femmes et enfants faits prisonniers. Il conclut donc que Mahomet s’était comporté comme un voleur, et comme un assassin.

Ce n’est que plusieurs jours après que la machine s’emballe. Un « Collectif des parents d’élèves » envoie un communiqué à l’AFP, parlant de « racisme anti-musulman ». L’AFP relaie l’information, sans rien contrôler. Deux journaux, « Le Parisien » et « Metro » relaient l’information de l’AFP, sans contrôler davantage leurs sources.

Dans les faits, le fameux « collectif des parents d’élèves » se résume à sept personnes, dont deux seulement ont des élèves dans la classe de Louis Chagnon ! Il sera facile de démontrer que la seule pièce à conviction est le cahier d’un élève, grossièrement gribouillé. La phrase de l’enseignant « tuera 600 à 900 élèves en un jour » a été remplacée en un grossier faux, « par jour », ce qui remplace une réalité historique par un mensonge.

Mais la machine s’emballe. Sous la direction d’un militant signataire de la pétition des « Indigènes de la République », Kamel Zmit, docteur algérien, le fameux collectif saisit bien évidemment le Mrap et la Ligue des Droits de l’Homme. Le recteur de l’académie de Versailles, par ailleurs militant socialiste, entame une procédure disciplinaire, suite à un rapport d’un Inspecteur d’académie dont l’enseignant ignore tout, n’ayant jamais été entendu. Le rectorat poussera la complaisance vis-à-vis du « collectif » de deux parents jusqu’à demander, sous l’autorité de la remplaçante de Louis Chagnon, qu’on arrache des cahiers scolaires les pages relatives au cours d’histoire qui fit scandale !

L’enseignant se verra adressé un blâme par le conseil de discipline du rectorat. Il n’acceptera jamais cette sanction, pas davantage qu’il n’acceptera les diffamations du Mrap (qui dans un premier temps osera demander 8000 euros de dommages et intérêts et 2000 euros d’amende à son encontre), ni celles de celui qui forme un collectif à lui tout seul, Kamel Zmit. Le Mrap, sentant le dossier vide, décide alors de retirer sa plainte. Mais c’est Louis Chagnon qui décidera de poursuivre devant les tribunaux Mouloud Aounit et Kamel Zmit, pour diffamation.

C’est cette histoire, et ce parcours juridique, qui le mène de la fameuse 17e chambre correctionnelle de Paris, au procès en appel, puis en cassation, que raconte Louis Chagnon, dans un ouvrage qui résume, à lui tout seul, la dérive d’un ensemble d’institutions et d’organisations de notre pays.

Qui a aidé cet enseignant, pendant cette difficile épreuve ? Deux spécialistes reconnus de l’islam, Anne-Marie Delcambre et Rémy Brague, qui témoigneront au conseil de discipline de la justesse des faits rapportés par l’enseignant, lors du cours d’histoire incriminé.
Le journaliste du Figaro Ivan Rioufol sera également un précieux soutien. Quelques associations comme la Libre Pensée, Perec, Chrétienté Solidarité (dirigé par l’intégriste catholique Bernard Antony), l’Ufal, le Mouvement des Maghrébins Laïques et son président, Kebir Jbil, l’Union rationaliste, quelques sites comme Primo Europe et Respublica, quelques organisations syndicales enseignantes minoritaires, comme le Snalc et Force ouvrière. Le Front national et le Mouvement pour la France, de Philippe de Villiers, soutinrent également l’enseignant, ainsi que deux députés de l’UMP et le député-maire communiste de Vénissieux, André Gérin.
Cela fait peu.

Sinon, tous les protagonistes de ce scandale sont connus. D’abord, le militant islamiste de service, cette fois donc le nommé Kamel Zmit, qui sut remarquablement, sans aucune légitimité autre que le fait d’avoir monté un collectif bidon ne représentant que lui, médiatiser l’affaire. On ne peut réussir une telle opération sans la médiocrité professionnelle, ou la complaisance, voire les deux, de journalistes de l’AFP qui ne vérifient pas leurs sources, et qui livrent en pâture à l’opinion un enseignant, sous la seule accusation d’un islamiste qui téléphone, et envoie un communiqué !

L’Education nationale, de l’inspecteur d’Académie au recteur, se montrera égale à elle-même dans sa couardise, se montrant honteusement complice, politiquement correct et bien-pensance obligent, d’un seul parent d’élèves. Elle ne daignera jamais avertir l’enseignant de ce qui se tramait contre lui, comme si la seule volonté de protéger leur carrière, de la part de bureaucrates bien au chaud, était plus importante que la défense de l’école laïque et de l’honneur d’un enseignant.

On retrouve également toute la dégénérescence laïque du principal syndicat, le Snes, qui vota le blâme, ainsi que les gauchistes de Sud-Education. Il faut tout de même souligner que le représentant du Snes de la région lyonnaise, Jean-Claude Santana, qui fut auditionné par la commission Stasi, témoignera pour Louis Chagnon, sauvant l’honneur de son organisation syndicale.

On ne peut que constater que, tout comme lors de l’affaire Fanny Truchelut, notre justice peut paraître indigne des valeurs républicaines de ce pays, l’acquittement scandaleux du Mrap et du parent d’élèves en atteste. Lors du premier jugement, l’enseignant fut même condamné par cette fameuse 17e cour à payer 500 euros de dommages et intérêts à la malheureuse victime, Kamel Zmit !

Enfin, le rôle du Mrap et de la LDH comme relais institutionnels de l’offensive des islamistes fut encore mis en valeur dans cette affaire où, sur leur site, Mouloud Aounit et ses amis n’hésitèrent pas à travestir la vérité pour mieux salir un enseignant, et dérouler le tapis rouge à un islamiste Indigène de la République.

Plusieurs esprits chagrins, les mêmes qui ont reproché à Fanny Truchelut d’avoir accepté le soutien de l’avocat de Villiers, reprocheront sans doute à Louis Chagnon d’avoir accepté ceux du Mouvement pour la France et du Front national. L’enseignant explique combien cette affaire a bouleversé ses repères, qui se situaient à gauche, et combien il a été blessé, dans cette épreuve, par toutes les bassesses et les trahisons venues de ce qu’il croyait être son camp. Il avoue que sa vision politique des choses, aujourd’hui, a beaucoup changé, et pense qu’il faut une résistance de tous les Français, sans limite d’opinion, contre l’offensive islamiste.

C’est un débat auquel notre journal a été confronté, lors de la pétition de soutien à Fanny Truchelut, et nous avons eu une réponse différente de celle de Louis Chagnon. Mais l’essentiel de l’ouvrage n’est pas là. Ce livre confirme comment les petits commissaires politiques de la bien-pensance sont capables, dans la France du XXIe siècle, de vouloir interdire toute critique de l’islam, en n’hésitant pas pour cela à briser des vies professionnelles, Fanny Truchelut et Louis Chagnon en sont des exemples bien vivants. Mais il montre aussi que, quand on n’accepte pas de se laisser intimider, et qu’on veut se battre, comme l’a fait Louis Chagnon, il y a des relais disponibles, dans la presse, dans les associations, chez certains syndicalistes et chez quelques politiques, pour empêcher Mouloud Aounit et ses amis islamistes de faire leur loi, à l’école et dans la société française. Quatre ans après de nombreuses procédures, le blâme de l’enseignant a été retiré, et on sent, à travers cet ouvrage, que cette réhabilitation était importante pour lui.
Un livre révoltant, mais encourageant par sa conclusion.

Jeanne Bourdillon

L’Ecole française et l’islam
Louis Chagnon
17 euros
Editions Godefroy de Bouillon

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