Le maire PS de Lognes fait appel aux religieux pour prévenir la délinquance

Publié le 8 juin 2009 - par - 919 vues
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Dans le numéro 88 du 18 mai 2009 de Riposte Laïque, nous vous révélions l’existence d’une salle de prières non répertoriée dans la ville de Lognes (77). Plusieurs questions se posaient, les réponses nous sont parvenues via un article du Parisien (édition de Seine et Marne du 3 juin 2009).

Interrogé par le Parisien, M. Michel RICART, PS, maire de Lognes, président du SAN (Syndicat d’Agglomération Nouvelle) de Marne la Vallée reconnait « on avait un problème à résoudre avec quelques éléments de l’AFML qui faisait la prière à l’extérieur ». Une fois de plus la manœuvre de passage en force a bien marché.

La mairie a fait construire, aux frais des contribuables, un bâtiment de 90 000 € sur un terrain municipal et le loue pour la modique somme de 250€/mois à une l’AFML, association fraternelle multiculturelle de Lognes. Le prix demandé par la mairie est largement avantageux par rapport au marché locatif commercial, pour un local de 71 m2 à Roissy en Brie, ville voisine, le cout est d’environ 1355 €…

Pour se dédouaner de toute responsabilité, le dit maire précise que cette décision a été prise en conseil municipal le 9 février 2009 à l’unanimité moins une voix et donc pour lui « tout est en règle ».
Un peu plus loin dans l’article, M. Michel RICART nous rappelle que dans le passé la mairie a vendu un terrain pour faire un lieu de prières bouddhiste, qu’une communauté juive a acquis un terrain pour y construire une synagogue et qu’enfin la municipalité est propriétaire de l’église.

Entre patrimoine culturel, vente de terrain et construction sur les deniers publics, M.RICARD mélange tout !!!

Personne ne remet en cause l’héritage du patrimoine national, personne ne remet en cause l’achat en toute légalité d’un terrain. Mais dans ce cas précis une subvention caractérisée à une religion, par la construction d’un bâtiment à but cultuel, est une entorse grave à la loi de 1905.

Loi 1905, article deux : La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l’État, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l’exercice des cultes.

Cette loi fut l’aboutissement de deux siècles de lutte acharnée de nos ainés et est balayée d’un revers de la main par cet élu et par bien d’autres. Que devient-il de l’héritage d’Aristide BRIAND, Jules FERRY, Victor HUGO, Adolphe THIERS et Jean JAURES, ces grandes figures historiques défenseurs de la laïcité ?

Or, un maire est le premier représentant de l’Etat dans sa ville et se doit de respecter la loi. « Il ne s’agit pas de modifier les grands équilibres de la loi de 1905… Il s’agit …d’avoir pour principe de faciliter la vie quotidienne des grands courants spirituels plutôt que de chercher à le leur compliquer » voilà ce que disait Nicolas SARKOZY dans son discours du Latran du 20 décembre 2007.

M. RICART est donc un zélé serviteur du Président de la République tout comme M. René ROUQUET, député –maire d’Alfortville qui fait construire une mosquée sur les deniers publics, M. Jean –Paul PLANCHOU maire de Chelles qui favoriserait l’implantation d’une école coranique, Mme Maud TALLET maire de Champs qui s’apprêterait à céder un terrain à un prix fort avantageux pour la construction d’une mosquée et tant d’autres.

Tous ces édiles PS et PC facilitent l’établissement de lieux cultuels au nom de quoi ? La paix sociale ? Leur réélection ? L’adhésion aux projets présidentiels ? La soi-disant tolérance des hommes de gauche ? La peur d’être accusé d’islamophobie s’ils appliquent une loi républicaine ?
En aucun cas, ils ne se référent à l’article premier de la constitution qui précise que la France est une république démocratique, laïque et sociale. Aucun d’entre eux n’a le courage ou la conviction de refuser l’implantation de lieu de culte en s’appuyant sur nos lois qui nous permettent de vivre ensemble malgré nos différences.

La France est laïque même si elle est critiquée pour cela, voir le discours d’Obama le 4 juin 2009 au Caire qui fustige les pays occidents qui refusent le port de signe religieux à l’école.

De quoi ce mêle le président d’un état qui jure sur la bible ? N’a–t-il pas compris que le voile porté par les femmes musulmanes est l’odieux symbole de leur soumission ?

De quel droit M.Obama vient-il nous faire la morale, ce n’est pas parce que la France a réintégré le commandement de l’OTAN, merci Nicolas Sarkozy, que les Etats-Unis vont dicter notre conduite !!!

C’est la France qui a écrit dès 1789 les droits de l’homme et le 10 décembre 1948, les 58 Etats Membres qui constituaient alors l’Assemblée générale de l’ONU ont adopté la Déclaration universelle des droits de l’homme à Paris au Palais de Chaillot.

La France est différente des autres nations mais notre histoire mouvementée nous a donné un cadre de vie où jusqu’à présent chacun pouvait vivre en toute sérénité avec sa foi ou sa non-foi.

Revenons à Lognes, l’AFML, association bénéficiaire des largesses du maire, n’est pas répertoriée comme association culturelle sur le site de la mairie. Les diverses activités, selon le responsable sont « soutien scolaire, cours d’arabe, local de prière et prévention de la délinquance ». Donc à Lognes, ville dans laquelle il existe des quartiers dits sensibles, désormais il y aura trois polices : la nationale, la municipale et la religieuse.

La religion nous le savons bien est un des moyens de pression les plus efficaces sur la population. On fait croire en un monde meilleur pour supporter sans rébellion la dureté de la vie quotidienne. La politique des « grands frères » dans les banlieues est de plus en plus utilisée car l’Etat a failli dans son rôle d’éducation, d’intégration et de sécurité des citoyens.

Les politiques ne savent pas comment résoudre les problèmes actuels et pactisent avec les religieux pour assurer la tranquillité de leurs communes. C’est ainsi qu’on favorise la montée du communautarisme dont ne mesure pas à terme les conséquences et les dérives.

C’est au nom de la religion que Galilée a dû abjurer, car il énonçait une vérité scientifique contraire aux dogmes théologiques d’alors.

C’est au nom de la religion que le pape émet des contre-vérités au sujet des préservatifs et du SIDA.

C’est au nom de la religion que l’on opprime les femmes par le refus de la contraception ou par le port du voile qui les coupe du reste de l’humanité.

C’est au nom de la religion qu’on lapide les femmes, qu’on fait pendre ou castrer les homosexuels.

Nous avons mis des siècles à sortir du joug des religieux et ce sont désormais des élus, dits républicains, qui veulent nous y faire retourner.
En France depuis 1905, l’Etat a adopté un devoir de neutralité vis-à-vis des religions, il faut que cette attitude perdure. Comme disait Victor Hugo en 1850 : « L’Etat chez lui, l’Eglise chez elle. »

L’article premier de notre constitution : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. »

Cet article doit être le rempart à toute dérive politique opportuniste. Nous appelons en tant que laïque tous les élus qui se font élire au nom de la République à respecter scrupuleusement les lois qui régissent notre République et qui s’imposent à tous.

Marie-José LETAILLEUR

Présidente de l’UFAL de Champs sur Marne

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