Le manichéisme de Respublica et d’Arabdiou sur le colonialisme français en Algérie

Publié le 5 mars 2010 - par - 220 vues
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Réflexions autour du journal Respublica

http://www.gaucherepublicaine.org/lettres/respublica_lettre-633.htm

Pour écrire à Évariste: evariste@gaucherepublicaine.org

Les deux articles de Hakim Arabdiou nous présentent un réalisateur Nasredine Guenifi ne voyant, comme beaucoup d’autres, que des défauts dans le colonialisme français et attisant la haine anti-française. Ceci m’a beaucoup déplu (soyons modérés!).

Son héros, « Daniel Timsit, l’Algérien » a une vision déséquilibrée des réalités. Il n’hésite pas à parler de: « la misère insoutenable dans laquelle le colonialisme avait jeté les «Indigènes» ». Rien que ça! Et aucun commentaire (ni Guenifi ni Arabdiou) pour nuancer cette prise de position extrémiste probablement conforme au bourrage de crâne communiste de l’époque. Lui, bien sûr, est sans défaut: il faisait simplement des bombes destinées à tuer des civils innocents! (parmi lesquels des « indigènes »). Condamnons ce « colonialisme qui a également «bloqué le développement historique normal des sociétés» qui furent soumises à sa domination ». Vocabulaire qui sent l’idéologie communiste à la mode et fidèlement propagée par D. Timsit.

Comme si cela ne suffisait pas, il ajoute qu’il ne faut pas: « occulter la « vérité historique » qu’ont été les méfaits du colonialisme. Ils doivent être reconnus par la France. On a traduit en justice les criminels de guerre serbes, a-t-on jamais traduit en justice, s’est-il interrogé, des militaires français de hauts rangs, qui ont pratiqué officiellement la torture sur des milliers d’Algériens ? » . Un journaliste et un cinéaste sérieux s’interrogeraient sur la psychologie de cet individu qui a peut-être été le témoin d’agressions particulières. Il n’y a pas lieu de généraliser mais Arabdiou et Guenifi ne s’en aperçoivent pas. Et mieux vaut ne pas comparer avec certaines abominations commises sur ordre des dirigeants du FLN.

J’ai personnellement eu un témoignage presque direct sur un jeune médecin du contingent (plutôt idéaliste) se déplaçant de villages en villages, non armé, pour soigner ceux qui en avaient besoin. Son action étant contraire aux mensonges du FLN, celui-ci a décidé de le faire supprimer en lui faisant subir un supplice épouvantable de façon à ce que personne d’autre n’ait envie de le remplacer. Et malheureusement pour de nombreux autres militaires français (ou harkis), ce cas n’est pas isolé et les supplices odieux des prisonniers ont été la règle avant leur assassinat. De même d’ailleurs pour certains villageois jugés pas assez favorables: le FLN s’est imposé par la terreur et non par une adhésion libre du peuple. Du point de vue crimes de guerre et surtout atrocités, certains adeptes du FLN sont imbattables, même s’ils ont été égalés en horreur dans certains crimes de la « sainte » Inquisition Catholique il y a quelques siècles (pour être équitable, il faut préciser que Calvin et Luther ne sont pas des innocents non plus). Après cela, il n’y a pas lieu de s’étonner en disant: « Il regrette aussi le départ massif des Algériens d’origine européenne et juive, qu’il considère comme un drame ».

Les « pieds noirs » ont su ce qui les attendait avec ces gens sans parole. Beaucoup de harkis sont restés malgré eux (c’est la grande honte de De Gaulle): qu’à fait d’eux le FLN?? (malgré l’engagement donné lors des accords de « paix »). Certains septuagénaires ayant fait la guerre d’Algérie témoignent quelquefois des cauchemars qu’ils ont encore de temps en temps: bien des jeunes ont été traumatisés à vie par ce qu’ils ont vus, même sans avoir été victimes eux-mêmes. De Gaulle a fait une erreur monumentale en donnant le pouvoir aux assassins indignes du FLN. Algérie indépendante, oui, mais dans d’autres conditions.

A l’opposé de la thèse anti-française de Guenifi-Timsit, ils en existent de nombreuses pour vanter les mérites et les réalisations innombrables de la colonisation. Cette colonisation doit pouvoir supporter sans dommages la comparaison avec la colonisation du Maghreb faite par les Arabes il y a plus de mille ans. A noter d’abord qu’ils sont toujours là! Et en plus, les Berbères, Kabyles et autres indigènes survivants ont été relégués dans les montagnes et ont dû abandonner les basses terres fertiles (et leurs religions). Dépossédés pour toujours, même de leur culture. Quelles améliorations ces envahisseurs ont-ils apporté en échange après une si longue présence? Et peut-on détailler les conditions (quelquefois abominables) de cette conquête? Il paraît que la barbarie est conforme à certains exemples vécus par Mahomet car seul est moral ce qui favorise la progression de l’islam.

A noter aussi que Guenifi habite en France (depuis quinze ans), pays honni, alors qu’on est si mal en France et si bien dans l’Algérie du FLN! C’est ce qu’on appelle avoir le courage de ses opinions. A propos du juif D. Timsit, il remarque qu’il s’est engagé dans « une guerre qui, en principe, ne concernait que les musulmans, uniques victimes du colonialisme ». Seuls les Français sont coupables et seuls les Algériens de culture musulmane sont victimes (tous, bien entendu). Même si certains colons ont pratiqué le mépris des autochtones, ce n’est pas la majorité. Les militaires du contingent ont eux-mêmes remarqué ces colons (très minoritaires) qui les méprisaient alors qu’ils étaient là pour protéger leurs cultures ou leurs caves.

L’article précise en note: « Les «Qui-tue-qui ?» désignent, pour le peuple et les démocrates républicains algériens, ceux qui, en France, principalement des islamogauchistes (….) se sont déshonorés en essayant d’absoudre les islamoterroristes algériens de leurs innombrables crimes, … » . L’idéologie religieuse ou politique génère la barbarie. Quand aux « islamoterroristes », ils ont été formés par des religieux égyptiens recrutés par le FLN pour arabiser l’enseignement en Algérie, mais ces auteurs n’en parlent pas.

On peut polémiquer sans fin. Arguments contre arguments, on n’en sortira jamais. Les hommes sont partout les mêmes, soumis à leur conditionnement dont ils sont esclaves. De vrais robots! Il serait plus constructif pour l’avenir de chercher dans ces faits des éléments nous renseignant sur les lois du comportement humain et sur les méfaits des idéologies religieuses sources de discorde et de guerre. Expliquer les choses de façon rationnelle permet de les comprendre et de les dépasser.

La repentance de certains Français est une erreur tout comme les attaques anti-françaises des ex-colonisés car les faits du passé ne peuvent pas être effacés et nous leurs devons la vie. Notre conception et notre venue à l’existence dépendent de tous les évènements qui se sont produits avant cette conception si hautement improbable. Si les évènements de la colonisation avaient été un tant soit peu différents, aucun de nous ne serait là aujourd’hui pour se chamailler sur des faits antérieurs à nous. Les lignées généalogiques seraient différentes et adieu l’existence! Et même si, par miracle, nos géniteurs avaient été là, ils ne se seraient pas rencontrés au même instant (ou même pas du tout). Car au moment de la fécondation de l’œuf maternel, c’est des centaines de millions de gamètes masculines qui se bousculent pour être la seule élue privilégiée: il suffit de changer les choses d’une fraction de seconde pour que ce ne soient pas les mêmes gamètes qui se retrouvent dans la meilleure position pour arriver au but et donc ce n’est pas le même individu qui est conçu.

Si l’on avait ces réalités présentes à l’esprit, on serait probablement plus coulant. Un de mes lointains ancêtres plutôt insoumis (vers 1775) a été persécuté lorsqu’il était très jeune par le seigneur propriétaire de la ferme de ses parents et il a dû fuir loin de sa famille. C’est ainsi qu’il a rencontré son épouse et assuré la lignée me permettant d’arriver au jour. La tradition dans ma famille est plutôt de mépriser ce seigneur despote alors que l’on devrait également le remercier puisque notre lignée doit la vie à son action inhumaine. Nous devons la vie aussi bien à nos ancêtres admirables qu’à nos ancêtres méprisables. Rien que sur mille ans (soit quarante à cinquante générations), nous avons des dizaines de millions d’ancêtres de toutes catégories! (tous indispensables à notre existence, quels qu’ils soient). Cessons de nous battre comme des ignorants! La compréhension et l’explication des réalités par les lois de la nature favorise la paix. Je reproche à Guenifi et acolytes leur prise de position déséquilibrée et partisane sans envergure.

La parution de ces articles à une période d’élection est peut-être due à certaines arrières pensées. Cela mérite réflexion!! Je crains que l’honneur de certains ne soit pas très élevé.

Armand Lanlignel

Enseignant retraité (dont 9 années d’enseignement des sciences au Maroc)

Compléments:

à voir: http://www.amazon.fr/Pour-finir-avec-repentance-coloniale/dp/2081213060/ref=sr_1_1ie=UTF8&s=books&qid=1266997489&sr=1-1

ou à:

http://www.amazon.fr/Pour-finir-avec-repentance-coloniale/dp/2082104400/ref=sr_1_2ie=UTF8&s=books&qid=1266997489&sr=1-2

Extraits : Après celle de la guerre d’Algérie, une nouvelle génération d’anticolonialistes s’est levée, qui mène combat pour dénoncer le péché capital que nous devons tous expier : notre passé colonial, à nous Français. Battons notre coulpe, car la liste de nos crimes est longue Nous avons pressuré les colonies pour nourrir notre prospérité, les laissant exsangues à l’heure de leur indépendance ; nous avons fait venir les « indigènes » au lendemain des deux guerres mondiales pour reconstruire la France, quitte à les sommer de s’en aller quand nous n’avions plus besoin d’eux ; surtout, nous avons bâti cet empire colonial dans le sang et les larmes, puisque la colonisation a été rien moins qu’une entreprise de génocide : Jules Ferry, c’était, déjà, Hitler ! Contrevérités, billevesées, bricolage… voilà en quoi consiste le réquisitoire des Repentants, que l’auteur de ce livre, spécialiste de l’Algérie coloniale et professeur d’histoire à l’université Paris-8, a entrepris de démonter, à l’aide des bons vieux outils de l’historien – les sources, les chiffres, le contexte. Pas pour se faire le chantre de la colonisation, mais pour en finir avec la repentance, avant qu’elle transforme notre Histoire en un album bien commode à feuilleter, où s’affrontent les gentils et les méchants.

(….) Les « repentants » abusent de la statistique déconnectée de son contexte historique, déconnectée de la série datée dans laquelle elle s’inscrit, tronquent les citations d’ouvrages décrivant les guerres coloniales, l’intégration des immigrés, purgent les références et exposent leur grande ignorance de l’histoire de France (pré et post Révolution française).

En réalité, ces « repentants » rendent hommage aux méthodes expéditives et criminelles des tribunaux révolutionnaires où la République française et plus globalement la Nation française est jugée, condamnée à mort et exécutée.

à voir aussi:

http://www.amazon.fr/dp/2020551179/ref=pe_20811_18857121_pe_vfe_d5

Extraits: L’essai de Pascal Bruckner,  » Le sanglot de l’homme blanc « , est une charge sans complaisance contre les errements des pensées tiers-mondistes. (…) ce syndrome de la culpabilité et de la haine de soi est tout simplement le point de départ des errements de la pensée tiers-mondiste. Celle-là même qui vit dans la guerre de libération algérienne, une lutte universelle de l’oppressé contre l’oppresseur. (…) le mépris des nuances et les pensées bornées par la compassion et la haine de soi peuvent déboucher sur les pires non-sens. Ainsi Mao, Boumediene, la révolution islamiste Iranienne, l’invasion soviétique en Afghanistan (le droit à l’autodétermination faisant place à l’universalisme socialiste contre le fait féodal), ou les Khmers rouges, ont-ils trouvé de fervents partisans au sein des intelligentsias occidentales. Les victimes de ces régimes sanglants ? Au mieux ignorés. Au pire détestés. (…)
(…) « Le tiers-mondisme accrédite cette vision manichéiste qui voudrait que le péché des uns témoigne indéfiniment pour la grâce et la vertu des autres ». « La règle d’or de ce masochisme est simple : ce qui vient de nous est mauvais, ce qui vient d’autrui est parfait. » (…)
Le tiers-mondisme est folie : « Me proclamer solidaire des malheurs du genre humain, renier amis, parents, patrie au profit d’une vague sympathie universelle, c’est à proprement parler se moquer de tous. » (…) l’occident n’a pas le monopole de la violence et de l’oppression.

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