Le mépris des biens-pensants du milieu cinématographique pour « Bienvenue chez les ch’tis »

Publié le 16 février 2009 - par
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Il y a un an, sortait le film de Dany Boon qui a connu un immense succès populaire, Il y un an, à la sortie du film, j’écrivais, dans un article intitulé « Les raisons du succès de Bienvenue chez les ch’tis » tout le bien que je pensais de ce film qui certes n’était pas du point de vue cinématographique un grand moment de cinéma, mais qui avait l’immense talent de renouer avec le cinéma populaire en donnant la parole au peuple, aux gens ordinaires, aux gens de tous les jours, avec humour (1).

Ce film depuis a été vu par vingt millions de Français et donc reçu la plus belle des médailles, celle de du référendum populaire. Mais Dany Boon, le petit gars du Nord espérait la reconnaissance de ses pairs. C’est important quand on travaille la reconnaissance des pairs. Mais non. Une fois de plus, la dictature des bien-pensants a décidé de ce qui était bien et de ce qui ne l’était pas. Déjà, l’année dernière, je dénonçais la cérémonie des Césars qui avait récompensé outre mesure un film, Oh! Combien bien pensant que tout le monde a oublié depuis « La graine et le mulet ».

Pour Dany Boon, c’est une énorme claque et on comprend qu’il ait été blessé d’apprendre qu’il n’était pas nominé ou si peu. Quel mépris, quelle fatuité ! La bien pensance impose sa loi sur le cinéma et ignore le véritable succès, celui du nombre des entrées… Même si le nombre n’est pas en soit suffisant, il est tout de même significatif d’ignorer à ce point un tel succès. Mais le film n’avait pas reçu l’imprimatur de la critique qui l’a trouvé trop ceci, pas assez cela. Il fallait entendre les réflexions dans les salons branchés : « Franchement ce film, c’est nul, grossier ».

Bien sur ce film, c’est pas leur monde. La moitié des films, voire les trois quarts racontent des histoires de bobos qui se regardent le nombril et nous livrent en grand écran leurs petits adultères et parties de jambes en l’air dont on a que faire. Quand ils ont trouvé un filon, on a droit à quarante re-sucées. Après la boom, la lol… et quand Sophie Marceau sera grand mère on n’y échappera pas. S’y ajoutent quelques films bien pensants, dont Télérama se fait le porte parole officiel, plein de bons sentiments, un zest de social, beaucoup de diversité. A tel point qu’il suffit ou presque quand cet hebdomadaire encense un film, pour que je me dise : courage, fuyons !

Alors, soutenons Dany Boon. Boycottons cette cérémonie du fric, de l’hypocrisie, des dégoulinades de compliments sirupeux . Au mieux, supprimons cette cérémonie emmerdante au possible, ce spectacle insipide de cinéastes, réalisateurs, acteurs qui se congratulent à en vomir et que tous ces marchands d’illusions frelatées croupissent ensemble.

Espérons que la crise les balayera. Souvent les crises sont propices à la création. A quelque chose le malheur est bon. Après la guerre, un courant issu du front populaire avait permis l’existence d’une culture accessible au plus grand nombre. Sous l’impulsion du Général de Gaulle et d’André Malraux la culture par le biais notamment du TNP ou des Maisons de la culture a été accessible au plus grand nombre. Las, Mai 68 est passé par là et à partir du slogan tout est culture, on nous a infligés une décomposition où toute création était indifféremment qualifiée de culture. Parallèlement, une petite caste autoproclamée s’est appropriée l’apanage de la création et se reproduit au travers d’un népotisme qu’il ne semble choqué personne.

Marin Karmitz a été nommé à la tête d’un conseil artistique. Espérons qu’il redonne du sens à la création artistique et à la culture et qu’elle soit plus monopolisée par les germanopratins et consorts.

Gabrielle Desarbres

(1) http://www.ripostelaique.com/Les-raisons-du-succes-de-bienvenue.html

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