Le quart d’heure islamique de la Mairie de Nogent-sur-Oise

Publié le 30 septembre 2008 - par - 502 vues

Dans un entrefilet du 23 septembre 2008 intitulé « Le conseil de Nogent à l’heure du ramadan », le quotidien Le Parisien nous donne une information apparemment anodine (1) :

« Les élus de Nogent-sur-Oise vont retarder le conseil municipal d’un quart d’heure. Jean-François Dardenne, maire, réunira ses conseillers le lundi 29 septembre, à 20 h 45, au lieu de 20 h 30 « pour permettre aux élus musulmans de pratiquer la rupture du jeûne », explique Benoît Lamy, premier adjoint. En effet, pendant ce mois de ramadan, les pratiquants ne peuvent s’alimenter qu’à partir de 20 heures, au coucher du soleil. »

Un petit quart d’heure de délai pour un conseil municipal, ça peut sembler sans importance. Et c’est présenté comme un signe de bonne volonté, un acte de civilité. Il n’y aurait que les « ultra-laïcistes » qui trouveraient à y redire.

Mais sur le principe, cette petite concession au culte musulman est non seulement anti-laïque, mais elle représente le début d’un engrenage dangereux.

Tout d’abord, le premier adjoint nous explique que ce quart d’heure est destiné à rendre service aux « élus musulmans ». Ainsi, des conseillers municipaux, élus de la République française et représentants de celle-ci dans leur commune, sont désignés par leur appartenance religieuse. C’est un mépris de la neutralité laïque qu’on attend d’eux et de ce premier adjoint. Ces « élus musulmans » sont certainement aussi républicains que leurs collègues, mais ils sont désormais qualifiés non pas comme élus du peuple, mais élus représentants d’une communauté.

Benoît Lamy fait donc du communautarisme en désignant des élus par leur confession, tout comme le faisaient les deux principaux candidats aux élections municipales d’Amiens dans une interview au site islamiste oumma.com (2). Et comme le faisait Nicolas Sarkozy, qui voulait nommer un « préfet musulman » (et non pas un préfet issu de l’immigration) ou qui se félicite à la mosquée de Paris que des ministres « font ramadan » (3).

Qui plus est, le premier adjoint de Nogent-sur-Oise désigne par « élus musulmans » les élus qu’il suppose faire le jeûne du ramadan. Il fait une confusion entre l’appartenance à une religion ou une origine familiale, et une pratique dogmatique. Pour lui, un musulman « pratique la rupture du jeûne » parce qu’il est musulman. C’est une atteinte à la liberté de croyance et de culte, tout comme Nicolas Sarkozy supposait que le préfet Aïssa Dermouche était « musulman », ou comme il prenait tous les Juifs pour des juifs au dîner du Crif (4), en déblatérant sur l’alliance biblique entre Yahvé (une divinité) et Abraham (un personnage de légende dont l’authenticité n’est établie par aucun historien).

L’autre atteinte aux principes laïques de la République se trouve dans le motif même du report du conseil municipal : « la rupture du jeûne » du ramadan. Ainsi, la municipalité de Nogent-sur-Oise fait une concession à une pratique religieuse supposée de certains de ses membres. Ce petit quart d’heure, ce n’est pas grand-chose. Mais si l’on commence à faire ce type d’« accommodements raisonnables », où va-t-on s’arrêter ?

Dans les cinq piliers de l’islam, il y a un autre dogme : les cinq prières quotidiennes. Elles doivent être effectuées à des heures précises, qui varient selon un comput complexe (5). Par exemple, pour le 30 septembre à Paris : 5h37, 12h46, 15h54, 18h37,19h46. Si l’une de ces prières rituelles tombe au milieu d’un conseil municipal, va-t-on le suspendre « pour permettre aux élus musulmans de pratiquer la prière » ? Doit-on adapter, comme en Iran et en Arabie Saoudite, nos horaires de travail ou d’école à ces horaires islamiques ? Où est la différence de nature et de degré entre la déclaration du premier adjoint de Nogent-sur-Oise, et une déclaration identique due à l’heure des prières rituelles ?

Et puisqu’on parle du jeûne du ramadan, on sait maintenant que celui-ci est préjudiciable à la pleine capacité physique et intellectuelle des pratiquants, à tel point que même les sportifs mahométans peinent à concilier cette pratique et leur activité (6). Et dans les pays musulmans, les horaires des entreprises et des administrations sont adaptés en conséquences (7).

Alors, à quand un maire qui dira que telle ou telle activité municipale sera reportée de plusieurs jours « pour permettre aux musulmans de pratiquer le jeûne du ramadan » ? Ce n’est plus une hypothèse d’école, puisqu’un tribunal français a reporté une audience sur la demande d’un avocat qui disait que son client « ne sera pas en pleine capacité de se défendre » parce qu’il pratique ce jeûne islamique (8).

Nicolas Sarkozy prétend qu’il a créé le CFCM pour « franciser » l’islam, pour en faire un « islam de France ». Non seulement c’est totalement raté, puisque ce CFCM est totalement, aux mains de lobbies étrangers (Algérie, Maroc, Frères Musulmans via l’UOIF), mais c’est exactement le contraire qui se déroule : ce n’est plus l’islam qui s’adapte à la République française, ce sont les politiciens, de droite comme de gauche, qui trahissent cette République en l’islamisant.

Cette islamisation ne concerne pas seulement des pratiques religieuses comme le ramadan et les prières. Azouz Begag, ministre délégué à la promotion de l’égalité des chances sous Jacques Chirac, avait déclaré à propos de Maliens polygames résidents en France : « Pour ceux qui sont là depuis 20 ans ou 30 ans, on peut trouver des arrangements avec la République » (9). Une élue de la République porte le voile en conseil municipal à Echirolles (10), et le maire communiste prend sa défense.

Par des accords avec des pays musulmans, la justice française considère par exequatur comme « divorce » de véritables répudiations islamiques. La circoncision, qui est une mutilation anatomique, continue à être pratiquée chez nous sur des bébés et des gamins contre leur gré, malgré la charte européenne signée par la France, qui protège « l’intégrité physique » des enfants (11) et l’article 16-1 du code civil (12). Aucun politique, aucun magistrat, aucun « droitsdelhommiste » ne s’en émeut.

Le tout petit « accommodement raisonnable » du maire de Nogent-sur-Oise est donc une porte ouverte à un engrenage que nous ne connaissons que trop bien, et contre lequel nous ont pourtant mis en garde nombre d’amis algériens ou marocains. Ne laissons aucun centimètres carrés, aucun quart d’heure devenir l’amorce de nouveaux « territoires perdus » de la République.

Roger Heurtebise

(1) http://www.leparisien.fr/abo-oise/le-conseil-de-nogent-a-l-heure-du-ramadan-23-09-2008-247587.php

(2) https://www.ripostelaique.com/Elections-ethniques.html

(3) http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20071002.OBS7598/sarkozy_a_la_grande_mosquee_lislam_de_france_avance.html

(4) http://www.elysee.fr/download/?mode=press&filename=CRIF.pdf

(5) http://www.oumma.net/spip.php?page=priere

(6) http://www.larep.com/sport_28-6953.html

(7) http://www.infotunisie.com/ramadan-lhoraire-de-travail-de-9h00-a-15h00-a-partir-du-1er-septembre

(8) https://www.ripostelaique.com/Proces-reporte-pour-cause-de.html

(9) http://www.primo-europe.org/showdocs.php?rub=12.php&numdoc=Ac-642650571

(10) https://www.ripostelaique.com/Une-femme-voilee-au-Conseil.html

(11) http://www.coe.int/t/f/droits_de_l’homme/cse/7_ressources/fiche_enfants.pdf

(12) http://www.droit.univ-paris5.fr/cddm/modules.php?name=Encyclopedia&op=content&tid=136

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