Le ramadan est-il une pratique obscurantiste ? Divergence amicale avec Leila Babes

Publié le 7 février 2008 - par - 405 vues

1 – Le débat tel qu’il a eu lieu

L’éditorial du magazine Riposte Laïque n° 26 traitait du moratoire sur la loi 1905. Ce moratoire a été demandé, comme on le sait, par Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris et président du CFCM. Cet éditorial abordait bien évidemment le sujet de la laïcité et, par la force des choses, la question islamique, devenue centrale dans l’oeuvre visant le démantèlement de la laïcité. A cette occasion, notre éditorialiste Cyrano a eu le malheur d’écrire la phrase suivante : « Les ministres viennent le [Boubakeur] voir en plein ramadan, pratique obscurantiste s’il en est, pour rompre le jeûne avec lui ». Et voilà que notre amie Leila Babès use de son clavier pour nous interroger à ce sujet. Rappelons que Mme Babès est sociologue, intellectuelle et écrivain. Elle enseigne à l’Université catholique et à l’Institut d’histoire des Religions de Lille ( pour plus de détails voir Wikipedia). Dès notre premier numéro, Rosa Valentini a rendu hommage à cette femme libre, courageuse et auteur, entre autres, du livre « Le voile démystifié » Comme Mme Babès m’a autorisé à reproduire l’échange que nous avons eu et que je lui ai promis de ne point trahir ses propos, il me semble que le mieux est de donner à lire ici l’intégralité de cet échange avant d’essayer d’en tirer quelques leçons.

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1 – Question laconique de Mme Babès

Citation d’une phrase de l’éditorial :
« Les ministres viennent le voir en plein ramadan, pratique obscurantiste s’il en est »

En quoi ?
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2 – Ma première réponse

Chère Leïla, La réponse à votre question est simple comme bonjour : Se goinfrer la nuit pour ne pas manger et surtout ne pas boire, même pas de l’eau plate, de toute la journée, est une connerie des plus incroyables. Le premier médecin venu, en dehors de Dalil Boubakeur, vous le dira. J’ai suffisamment été réveillé en pleine nuit pour faire ripailles (ass-hour) aux aurores, pour savoir que le Ramadan est la plus grande bêtise qui existe dans la pratique humaine. Tout enfant de 12-13 ans arrive à inverser ses rythmes culinaires, mais tout enfant musulman y perd bien de sa raison. Faire semblant de jeûner alors qu’il s’agit de faire la teuf pendant la nuit et de somnoler toute la journée est tout de même scandaleux Obscurantisme, cela rappelle la nuit et le réveil en pleine nuit ; nuits de folie musulmane.
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3 – Premier commentaire de Mme Babès

Cher Pascal, Je suis profondément et régulièrement choquée par les articles que vous publiez. Je ne parle pas de vous en particulier, mais de “Riposte laïque”. Je vais vous dire le fond de ma pensée : je pense que votre combat n’a rien à voir avec la laïcité, que vous instrumentalisez (c’est un vous global), pour distiller de la haine et de l’intolérance à l’égard des musulmans. Je ne me reconnais nullement dans vos analyses et vos positions que je trouve extrêmes, haineuses et outrancières. Vous menez un combat solitaire et vous desservez la cause de la laïcité. Pour ce qui est de ma réaction sur votre jugement (le ramadan est obscurantiste) : soyons sérieux, je n’ai pas besoin de savoir comment ça se passe. Vous condamnez et vous jugez 1 milliard et demi de musulmans. De quel droit ? Au nom de la Laïcité ? Foutaises ! Les gens qui observent le ramadan le font volontairement (sauf dans des pays comme l’Arabie saoudite où ils n’ont guère le choix). En quoi cela vous concerne ? Vous utilisez des mots dont vous ne comprenez pas le sens, à seule fin d’exprimer votre haine. Dalil Boubeker a pris une position inacceptable, tenez-vous en à ce sujet. Pourquoi déraper sur le ramadan ? Je vous ai donné mon point de vue en toute amitié. La prochaine fois, je devrais réagir publiquement pour dénoncer vos dérapages. Cordialement, Leïla Babès P.S : un certain Cyrano m’a répondu. Il ne semble manifestement pas savoir qui je suis, et croit que j’ignore tout du ramadan. Très drôle…
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4 – Ma deuxième réponse

Chère Leïla, Je vous ai répondu sur le fond : la pratique même du ramadan que j’ai expérimenté au Maroc en toute “liberté”. Si vous ne discernez pas encore entre ma liberté à moi, homme musulman, de mettre un voile et de baisser les yeux pour raser les murs et la liberté d’une musulmane française de se voiler en se conformant aux prescriptions du Coran, c’est que vous êtes aussi loin que Mme Kintzler de comprendre comment fonctionnent les religieux et les prescriptions pauliniennes et coraniques. Vous avez choisi le VOUS GLOBAL et donc amalgamant pour échapper à la question de détail et de fond que je vous ai mise sur la table. Vous pouvez mieux faire ! Je sais que vous en êtes capable. Et pour être spirituel et terre à terre, je vous envoie ma photo : Très drôle…, dites-vous. Notre Cyrano vous connaît très bien Pièce jointe : ma photo avec un voile islamique qui ne laisse apparaître que mon visage avec une moustache artificielle de Dali et une pancarte sur le buste proclamant « Homme = Femme et vice versa »

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5 – Deuxième commentaire de Mme Babès

Je ne comprends pas bien ce que vous dites, et trouve assez désagréable ce basculement vers l’ironie et le sarcasme. De plus, je ne suis pas douée pour faire l’exégèse des phrases alambiquées.

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6 – Ma dernière réponse

Chère Leïla, Il est vrai que je ne suis ni drôle ni très clair. C’est mon côté obscurantiste qui prend toujours le dessus ! Même avec ma moustache, je fais toujours un flop ! Ma formation arabe puis allemande font que mes écrits ressemblent plutôt à du deutscharabia. Rien que pour vous, je vais faire quelque effort et essayer d’être clair : Je vous rappelle ce que vous venez d’écrire Vous condamnez et vous jugez 1 milliard et demi de musulmans. De quel droit ? Au nom de la Laïcité ? Foutaises ! Les gens qui observent le ramadan le font volontairement (sauf dans des pays comme l’Arabie saoudite où ils n’ont guère le choix). En quoi cela vous concerne ? Vous utilisez des mots dont vous ne comprenez pas le sens, à seule fin d’exprimer votre haine. Or, je vous avais expliqué en quoi le jeûne du ramadan est obscurantiste. Le jeûne (comme le port du voile ou l’inscription de la soumission dans le corps, l’espace et le temps) est une pratique religieuse et non pas un être humain. L’ayant pratiqué “librement” dès l’âge de 12 ans, j’use d’un mot dont je connais très bien le sens pratique et théorique. Ma mère est une voilée intégrale et ma grand-mère l’a été aussi. C’est au nom de l’émancipation que je fais cela Leïla. Au procès de Michèle Vianès, j’ai juré de remuer ciel et terre s’il le fallait pour renvoyer ces horreurs de voiles à leur Moyen-âge et à leur désert arabique, où il n’y a âme qui vit. Et vous, vous me parlez de MUSULMANS, d’être humains à propos desquels j’ai toujours rappelé ceci : “la dignité humaine est sacrée ; pas les religions !” et surtout pas l’islam qui n’a que peu de respect pour les êtres. Vous êtes bien placée pour le savoir, Leïla. Comme je l’ai recommandé à Mme Kintzler, active à Lille comme vous, il vous faut d’abord discerner entre “prescriptions d’une religion”, dont la critique sans merci est nécessaire, et les êtres humains qu’il nous faut émanciper justement de ces prescriptions lorsqu’elles portent atteinte à leur dignité ou réservent, par exemple, ma soeur musulmane aux musulmans et convertis bien circoncis. Comme MM. Sifaoui, Arkoun, Ghaleb, Malek et bien d’autres progressistes, vous croyez pouvoir épargner le noyau dur de l’islam =Coran+Mahomet pour continuer à ne vous occuper que de ses “mésusages”, “lectures” et “instrumentalisations”. En somme, pour culpabiliser des pratiquants qui n’auraient rien compris ou compris de travers. Allez Leïla, soyons sérieux et de bonne foi ! Discernons pour une fois, comme diraient nos voisins Belges. Je ne crois pas que mon langage soit si difficile à décoder, mais c’est mon discours auquel vous n’êtes pas habituée, que vous n’arrivez pas à contredire. Soyez raisonnable, faites un petit effort et vous verrez que nous pouvons nous entendre. Et surtout ne vous braquez pas dans une attitude intenable. Je suis votre ami qui vous veux du bien !

2 – Quelles leçons en tirer ?

Cet échange est une excellente illustration d’un combat d’idées que nous livrent des amis-contradicteurs. Les joutes intellectuelles que nous soutenons face à Mmes Fourest, Kintzler, Perret, Babès, MM. Kintzler, Teper etc. ont une réelle vertu : elles permettent de clarifier le débat en mettant à nu la logique profonde de chacun des deux camps. La violence des termes et des anathèmes que nos amis-contradicteurs nous jettent à la figure prête non seulement à rire, mais elle participe aussi de la véhémence qui accompagne toute douloureuse prise de conscience chez nos bienveillants progressistes. Cette violence révèle la faiblesse de leur argumentation. Elle nous indique que nous touchons justement à des endroits où ça fait mal, là où leur mauvaise conscience est poussée dans ses derniers retranchements. Nos autres amis-contradicteurs avaient explicité le sujet de notre discorde : l’affaire Truchelut où ils s’en tiennent à un légalisme derrière lequel ils se barricadent tout en répétant, à qui veut l’entendre, qu’ils abhorrent les voiles. Quant à Mme Babès, elle nous reproche très concrètement le fait d’avoir qualifié d’obscurantiste la pratique du ramadan. Elle entend mes griefs à ce sujet, les admet tacitement puisqu’elle évite de m’accuser personnellement. Mais c’est pour mieux nous accuser d’instrumentaliser la laïcité. Elle choisit un « VOUS » globalisant dont le flou lui permet de se dérober à la question qu’elle a posée et enfin NOUS reprocher de distiller la haine et l’intolérance à l’égard des musulmans, d’avoir des positions extrêmes, haineuses et outrancières, de desservir la laïcité, de mener un combat solitaire, de condamner et de juger un milliard et demi de musulmans, de nous mêler de ce qui ne nous concerne pas, d’user de mots que nous ne comprenons pas à seul fin d’exprimer notre haine et de déraper sur le ramadan au lieu de nous limiter aux déclarations de Boubakeur. S’en suit un avertissement avec l’autorité d’un professeur : « la prochaine fois, je devrais réagir publiquement pour dénoncer vos dérapages ». Si seulement elle savait que j’ai débuté ma carrière comme enseignant à l’Université de Mannheim !

2.1 – Les religions séparent avant même de faire lien Il s’agit donc aujourd’hui d’une question de lucidité au sujet de l’islam et des religions. Leïla Babès et nos autres amis-contradicteurs ne le savent que trop : malgré toutes les incantations idéologiques, y compris celles de Régis Debré et de Sarkozy, les religions sont faites avant tout pour séparer le bon grain de l’ivraie. La racine latine (religere : relier) qui a donné le mot religion ne peut nous faire oublier la compétition, les luttes et même les guerres et massacres auxquels les religions peuvent nous mener. Au nom de l’émancipation et du vivre-ensemble (très différent du vivre à côté, à part ou à l’écart), il nous incombe de remettre en cause les pratiques islamiques foncièrement séparatistes, cloisonnantes et ségrégationnistes. C’est dans le respect et pour le respect des êtres et de leur dignité que nous devons nous atteler à cette entreprise. Faute de quoi nous contribuerons passivement à la consolidation des ghettos communautaires. Ils s’ajouteront ou se superposeront aux ghettos sociaux que notre système économique sécrète tout naturellement. Il nous faut à tout prix éviter que dans deux mille ans il n’y ait encore lieu de parler de diaspora musulmane en Europe. L’islam partage avec le judaïsme bien des mécanismes de socialisation qui s’immiscent dans plusieurs aspects de la vie quotidienne des individus et de la société. Ces mécanismes sont d’une terrible efficacité pour lier l’enfant à la famille, mais aussi au clan et à la communauté. En allant jusqu’à le marquer dans sa chair et en l’impliquant dès sa tendre enfance dans des pratiques sociales plus ou moins absurdes et anachroniques, il est fragilisé et rendu ainsi dépendant de la communauté, du clan et de la famille, dont la solidarité devient un élément essentiel pour sa survie, surtout dans un environnement étranger plus ou moins perçu comme hostile.

2.2 – En islam, la liberté individuelle ne pèse pas lourd Contrairement à ce que Mme Babès veut nous faire croire, le milliard et demi de musulmans n’observent le ramadan que sous contrôle social : bien des Marocaines peu croyantes ne cuisinent rien pendant les journées du ramadan. Elle ne veulent surtout pas détonner dans la famille, dans le quartier ou dans la cité. Leurs enfants sont ainsi amenés, par la force de la loi religieuse et sociale, à observer “volontairement” les prescriptions islamiques. La nuit venue, tous le monde est de la fête. C’est pendant ce mois que la vente des produits riches et des sucreries est bien florissante. Le dernier repas de la nuit est pris juste avant l’aube pour tenir le coup durant la journée. Il y a même des préposés pour faire sonner une longue trompette à cette heure indue, réveillant ainsi toute la population : enfants, adultes, athées et pratiquants compris. En matière de respect des libertés individuelles, la pratique islamique au Maroc peut être nominée chaque année championne de l’humanité, tout autant que celle de l’Arabie Soudite, contre laquelle Mme Babès a visiblement une dent. Très certainement pour se présenter comme progressiste à si bon compte. Tout sociologue qui se respecte, à part Mme Babès, vous dira que même dans nos sociétés plus ou moins libérales, nous agissons sous contraintes, lesquelles vont au-delà des lois promulguées.

2.3 – L’islam et les ghettos qu’il consolide Nous savons comment le judaïsme a vécu ou plutôt vivoté au sein des sociétés européennes et nous ne pouvons que le déplorer. Mais il nous faut aussi comprendre que même l’attitude ouverte sur la gentilité païenne, gréco-romaine, a fini tout de même par un sérieux clash et à une explication entre l’héritage greco-romain et le judéo-christianisme. Cette lutte, plus que deux fois millénaire, entre les monothéismes, bel et bien orientaux, et l’Occident, n’en est pas à ses derniers flux et ressacs. Derrière l’offensive islamique d’aujourd’hui, il se peut qu’il y ait des chanoines enclins à reprendre la main afin de promouvoir les communautés dans leurs cités et quartiers, beaucoup plus que dans la Cité. N’en déplaise à Mme Babès et à nos autres amis, il est patent que, par le biais de ses prescriptions les plus fondamentales, l’islam est programmé pour me maintenir dans mes multiples ghettos : Culinaire, en m’empêchant de goûter à tous les produits du terroir pour ne pas m’y enraciner par les papilles ; alors que « le cochon est bon, aussi bien pour l’intégration que pour l’assimilation ». J’ai forgé ce slogan aussi bien pour les rabbins que pour les muftis révolutionnaires, de Marseille ou d’ailleurs, qui seraient prêts à déclarer caducs certaines prescriptions judéo-islamiques devenues, grâce à notre hygiène moderne, complètement anachroniques. Linguistique, en me faisant croire que le coran ne peut être enseigné ou psalmodié qu’en arabe du VIIe siècle ; que les prêches ne peuvent être bien formulés que dans cette langue complètement étrangère à nos banlieues. Ceci afin de nous maintenir prisonnier d’un ailleurs spatio-temporel mythique. L’arabe classique, l’hébreu ancien et le latin prêtent un pouvoir exorbitant aux ancêtres, aux détriment des vivants. Sépulcral, en recommandant que ma dépouille soit rapatriée au pays d’origine (comme si l’Europe ne pouvait être ma patrie) ou bien mise à terre dans des carrés à part ou à l’écart, alors qu’il est si simple d’être enterré en rang à côté de mes voisins et concitoyens du cimetière communal, qui n’est pas confessionnel. En voici un autre slogan à l’intention des rabbins et des muftis révolutionnaires : « réintégrons les morts pour intégrer les vivants ! » Matrimonial, le voile de ma soeur musulmane crie à ceux qui voudraient bien l’entendre qu’elle ne se bécote pas sur les bancs publics ; surtout pas avec un juif portant kippa. Il nous indique qu’elle ne se reproduira qu’au sein de la communauté musulmane. Quant à moi, le musulman, j’ai le droit d’épouser une non-musulmane puisque, en tant qu’homme, je suis censé imposer ma foi à notre progéniture commune. Esthétique, pour m’empêcher d’estimer la beauté du nu divin, d’adorer les Vénus et Apollon, de chérir les odalisques et de dépasser mes arabesques aussi abstraites et alambiquées que la pensée du Moyen-âge. Il nous faut à tout prix envoyer nos enfants aux Beaux-Arts et les inciter à donner libre cours à leur expression.

2.4 – Entre le Moyen-Orient et l’Occident, il nous faudra bien choisir Par la grâce de la religion, il est tout à fait probable que je sois maintenu dans mon étrangeté diasporique qui me rattache beaucoup plus à la légitimité et à l’héritage historique de la Mecque, de Médine et de Jérusalem qu’à ceux de Rome, d’Athènes et de Paris. Nous ne le savons que trop bien : il y a une incompatibilité intrinsèque entre l’islam et la légitimité européenne qui est loin d’être uniquement judéo-chrétienne. Elle est avant tout gréco-romaine et humaniste. Malgré l’incantation de Sarkozy et de la gauche prompte à retourner sa verste pour profiter du marché florissant des religions et de ses clientèles, ce sont les humanités et la renaissance de l’héritage païen, gréco-romain qui constituent le fondement de l’Europe moderne et actuelle. Cette Europe ne peut ingérer l’islam que s’il est mis à nu (dans tous les sens du termes), élagué et repoussé dans son lit naturel : le coeur. Il est donc nécessaire d’amener l’islam à devenir une simple foi, ce qu’il n’a jamais été vu sa structure interne ayant le pouvoir de transformer la vie sociale en vie monacale. Il faut le faire renoncer à submerger quotidiennement bien des pans de la vie sociale, donc politique. Mais nos amis-contradicteurs font mine de ne rien entendre, de ne rien voir et de ne rien comprendre à mon “charabia”. Leur aveuglement n’a d’équivalent que leurs dérobades qui confirment leur évidente mauvaise foi.

3 – Il n’y a pas que la laïcité dans la vie

A l’instar de nos autres amis-contradicteurs, Mme Babès aimerait tant nous emmailloter dans une sorte de camisole nommée « laïcité ». Pourtant, comme Mme Kintzler, elle sait que, par bien des aspects, notre « combat n’a rien à voir avec la laïcité ». Elle ne s’empare de ce bouclier que pour mieux nous accuser de l’instrumentaliser ! Combien de temps devrions nous expliquer que les républicains qui se respectent doivent aussi défendre vigoureusement, et sur le terrain, d’autres principes comme l’égalité homme-femme qui passe par l’émancipation des prescriptions religieuses, peu importe qu’elles soient bibliques, coraniques, pauliniennes ou édictées par des hommes parlant au nom d’Allah. L’émancipation des musulmans de prescriptions moyenâgeuses est un autre combat citoyen. Il dépasse le cadre étroit de la laïcité où nos amis se barricadent ; la transformant ainsi en ligne Maginot. Mme Babès en est encore à estimer que qualifier le ramadan de pratique obscurantiste équivaut à juger et à condamner un milliard et demi de musulmans. Manque évident de discernement entre pratiques dignes de critique et pratiquants digne d’émancipation. Mme Babès est visiblement encore loin de comprendre qu’une critique sans merci de la religion musulmane est LE signe tangible de son acceptation comme religion d’Europe pour laquelle nous prescrivons le même traitement (y compris caricatural) que celui qu’on administre depuis quelques siècles au judéo-christianisme, avec des piqûres de rappel hebdomadaires dans Charlie Hebdo. Les Danois ont osé nous intégrer au concert des nations libres qui rient de toutes nos bêtises monothéistes. Moi, un spécimen du troisième larron musulman, je les remercie du fond du coeur ! Charlie Hebdo m’a même permis de l’exprimer publiquement dans son édition de la semaine qui coïncidait avec son procès. Mais on dirait que notre sociologue ne sait pas que les Français ont, soi-disant, très longtemps toléré et ménagé les prescriptions islamiques en Algérie pour maintenir la musulmane et sa progéniture dans un statut de mineures à vie !! Elle en est encore à se demander de « quel droit », nous autres Français de Riposte Laïque, musulmans ou pas, nous pourrions qualifier d’obscurantistes certaines pratiques musulmanes. Dans son esprit, les musulmans nous seraient-ils encore étrangers ?! Ne sont-ils pas des concitoyens adultes, libérés de la couveuse coloniale et paternaliste (ou maternaliste) qui les étouffait ?! Ne sont-ils pas aujourd’hui des concitoyens capables de soutenir un regard critique sur leur pratiques religieuses ou tout simplement sociales ?! Pourquoi est-ce que Mme Babès jette un milliard et demi de musulmans dans la balance en rappelant que nous menons un combat solitaire ?! Le poids spécifique des ses arguments serait-il si léger que cela ?! Jusqu’à ce qu’elle nous explique précisément ce qu’elle nous reproche, la violence des propos de notre amie Babès nous paraît aujourd’hui gratuite.

4 – Conclusion – Nos profondes divergences

Il me semble qu’à Riposte Laïque, nous pensons que c’est aux religions, à leurs prescriptions et à leurs pratiques qu’il faut aussi s’attaquer. Nous le faisons théoriquement et dans la pratique en soutenant Fanny Truchelut et en demandant l’interdiction des voiles dégradants. Dans leur bienveillance, pleine de “tolérance”, nos amis-contradicteurs se satisfont de vilipender les déviants parmi les croyants, c’est à dire les intégristes et les islamistes. Ils ne s’aventurent pas à dire que, dans bien des cas, c’est l’islam=Coran+Mahomet qui est l’origine de ces pratiques et prescriptions séparatistes, cloisonnantes, ségrégationnistes et autoritaires. Il me semble qu’il est trop facile de culpabiliser les êtres qui, soi-disant, n’auraient rien compris ou compris de travers. Pour hâter et garantir la guérison, il ne suffit pas de procéder à l’ablation d’un membre malade. Il faut aussi avoir le courage de nommer et de traiter directement la souche pathogène. Il y a longtemps que j’ai osé prononcer le diagnostic que d’aucuns aimeraient taire : c’est bien l’islam très classique qui entrave, handicape et rend malades ses pratiquants. Il nous rend tous malades par la même occasion.

Pascal Hilout Initiateur du nouvel islam en France Site : http://nouvel-islam.org

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